Durant cette audience, Abdelwahed Chaouki, patron de Bibankom et actuellement député (PAM) à la Chambre des représentants, a livré un témoignage en défaveur de son ancien ami, Saïd Naciri.

L’un des principaux points contre l’ex-président du Wydad est justement la raison pour laquelle leur amitié a pris fin : en 2023, lorsque la police judiciaire a commencé à s’intéresser à lui, Saïd Naciri a voulu justifier l’argent déposé sur son compte bancaire depuis 2014. Il a assuré que la source en était une soirée de donations de la part de ses amis et supporters du Wydad.

Selon sa version, ces derniers ont fait des dons à son profit pour l’aider à sauver un club en faillite, à l’époque. Cet argent lui aurait donc permis de se présenter à la candidature du club et de le redresser au fil des années.

J’étais prêt à signer pour la somme que j’ai réellement donnée au fil des ans, mais pas pour 8 millions, car ce n’était pas vrai

Mais selon Abdelwahed Chaouki, le seul dîner auquel il a assisté en 2014 était un simple dîner de célébration, et il n’a ni vu ni entendu quoi que ce soit concernant une collecte de dons.

C’est pourquoi il déclare avoir refusé de signer la déclaration sur l’honneur présentée par Saïd Naciri. Ce dernier lui demandait d’y attester lui avoir remis la somme de 8 millions de DH pour le Wydad.

J’étais prêt à signer pour la somme que j’ai réellement donnée au fil des ans, mais pas pour 8 millions, car ce n’était pas vrai”, déclare le témoin à la cour. Son témoignage suffira-t-il à remettre en question la crédibilité des attestations sur l’honneur présentées par Saïd Naciri pour justifier la source de son argent ?

Abdelwahed Chaouki a également présenté des documents en défaveur de son ancien ami et collègue de parti. Il s’agit notamment d’un document de Lydec attestant que la villa appartenait à Hadj Ben Brahim en 2016. Selon le témoin, ce document lui avait été envoyé par messagerie, par Saïd Naciri, en 2016.

L’accusé concerné et sa défense réfutent et demandent au témoin de prouver ce qu’il avance.

Par ailleurs, Abdelwahed Chaouki apporte d’autres précisions qui versent dans le sens de la théorie de la spoliation des biens de Hadj Ben Brahim.

Selon lui, Saïd Naciri a remis, en 2016, la somme de 1 million de DH au bras droit de Hadj Ben Brahim. Ce dernier était à ce moment-là en prison, à Nouadhibou en Mauritanie.

Toujours selon le témoin, le lendemain de cette transaction, Saïd Naciri a pris possession de la villa et y a démarré les travaux par la suite.

Le détail de son témoignage et les remarques de la défense seront publiés sur nos colonnes dans les prochaines heures.