Le marbre marocain s’impose à l’échelle internationale grâce à la diversité de ses produits matérialisée par des teintes uniques et très prisées.

Au Maroc, l’évolution des standards de construction a accru la demande en pierres ornementales, utilisées en revêtement de façades, sols, margelles, plans de travail et éléments décoratifs…

Bien que le marché marocain soit largement dominé par les importations de pays producteurs majeurs comme l’Italie, l’Espagne et la Turquie, le consommateur marocain a récemment regagné sa confiance dans le potentiel de ses pierres naturelles locales, plébiscitées pour des projets de construction alliant beauté et durabilité.

Ce regain d’intérêt local a quant à lui catalysé les investissements privés qui, à leur tour, vont stimuler la création de nouvelles carrières et d’unités de transformation de dernière génération, renforçant ainsi la chaîne de valeur du secteur marocain de la pierre.

Au Maroc, une étude pionnière d’un catalogue des pierres naturelles établie par l’Association marocaine des marbriers et publiée en 2014 a recensé 17 types de gisements de roches naturelles produisant 27 produits commerciaux distincts.

La pierre de Taza

Extraite dans la région d’Oued Amlil près de Taza (d’où son nom), la pierre de Taza est un calcaire beige à gris, compact et légèrement rugueux. Appréciée pour son esthétique naturelle, elle connaît un succès aussi bien au Maroc qu’à l’étranger.

Sa popularité est également due à son accessibilité et à ses caractéristiques techniques qui répondent aux exigences modernes de durabilité et de performance.

Les professionnels proposent différents types de finitions de cette pierre selon l’utilisation prévue (pierre brute, vieillie, bouchardée ou polie). Au Maroc, on emploie fréquemment cette pierre pour des applications extérieures comme les revêtements de façade ou les pavés. Cependant, sa polyvalence lui permet aussi d’être utilisée en intérieur.

Les semblables à la pierre de Taza sont de la famille des travertins où l’on compte plusieurs produits commercialisés, dont le plus fameux est celui de Volubilis. Ce dernier présente un aspect homogène, mais il est riche en porosité vacuolaire, ce qui le rend adapté aux murs et façades.

S’ajoutent aux fameux semblables de la pierre de Taza, la pierre de Tleta, extraite des environs de Benslimane. C’est un calcaire de couleur blanche à beige. Ses pores sont invisibles à l’œil et son aspect n’est pas lisse. Quelques facettes de calcite lui confèrent un reflet brillant sur les bordures.

Certaines variétés de marbres sont davantage adaptées à des utilisations internes, notamment pour des plans de travail. Les gisements marocains abritent plusieurs variétés de couleurs différentes, des plus claires (blanc de Lakhssass, blanc tigré de Zaiane, crème Atlantique d’Essaouira), aux plus vives (rouge d’Agadir, brèche de Chtouka Ait Baha, rose Opale de Taroudant), et aux couleurs plus sombres (gris de Tiflet, noir de Khénifra, noir port Laurent d’Imi-N-Tanoute, noir fossilisé de Tazarine, travertin doré de Guercif).

La pierre d’Erfoud

Parmi les pierres naturelles les plus prisées du Maroc, le marbre d’Erfoud se distingue par sa renommée internationale. Cette roche fossilifère, vieille de plusieurs millions d’années, est un calcaire riche en trilobites, goniatites ou crinoïdes, témoins d’une époque géologique lointaine où la vie vient de commencer sur Terre.

À Erfoud, des milliers d’artisans se sont spécialisés dans l’extraction et la transformation de ce marbre unique. Le processus commence par l’extraction de gros blocs, que l’on découpe ensuite en plaques. Les artisans travaillent ces pierres avec minutie et les façonnent en divers produits finis. Ils peuvent créer de petites décorations, mais aussi des pièces plus imposantes comme des dessus de vanité, des lavabos, des carrelages muraux, des sculptures et même des baignoires.

Les pièces les plus rares et authentiques peuvent atteindre des prix affolants sur le marché international. Cependant, la popularité de ce marbre a cependant donné naissance à un trafic de faux. Certaines imitations, bien qu’ingénieuses, nuisent à la réputation du commerce local, pourtant reconnu mondialement pour son authenticité et son savoir-faire.

En plus d’Erfoud, la région de Tazarine connait également une production importante de calcaire-fossile abritant principalement des fossiles d’orthocères. Leur produit est connu sous le nom de « Noir de Tazarine« .

L’onyx, le nouveau marbre

Formé par couches successives d’aragonite et de calcite, l’onyx est un matériau fascinant qui gagne en popularité et se décline en une variété de nuances uniques. On l’appelle souvent le « nouveau marbre » car il s’en rapproche par sa formation à partir de calcaire, mais il s’en distingue par son grain rubané et sa structure translucide et multicolore, qui le rendent particulièrement rare.

Exemple d’onyx produit au Maroc

Au cours des dernières années, l’onyx est devenu le matériau privilégié des architectes et designers. Ses tonalités luxueuses (rose, jade, turquoise, bleu…) et ses veines contrastées apportent une opulence que l’on retrouve dans l’architecture d’intérieur, le design et la décoration.

Sa structure unique, translucide et multicolore, la rend idéale pour des applications aussi bien intérieures qu’extérieures, que ce soit pour des revêtements de sol, des revêtements muraux ou des éléments décoratifs. C’est pourquoi on le retrouve souvent dans la décoration de bâtiments soigneusement sélectionnés, en particulier dans les entrées très fréquentées, où l’on peut pleinement apprécier son esthétique.

Le Maroc possède plusieurs carrières d’onyx, notamment dans les régions de Beni Mellal, Taroudant et Ouarzazate. Le pays commercialise plusieurs variétés, dont l’onyx de Tafrent, l’onyx d’Afra Skoura et celui de Beni Mellal, ce qui en fait un acteur important sur le marché de cette pierre précieuse.