À quelques pas d’une découverte de pétrole, la compagnie pétrolière Genel avait précédemment décidé de ne pas renouveler sa licence offshore de Lagzira, arrivée à terme en juin 2025, et de ne pas passer à la première période de prolongation.
L’annonce de cette décision, le 8 mai 2025, n’a pas expliqué les raisons de ce retrait, qui paraissait ambigu à l’époque, d’autant plus que la compagnie avait réalisé le forage d’un puits d’exploration, SM-1.
Le rapport des résultats semestriels, publié le 5 août 2025, a révèle que Genel avait renoncé à sa licence après avoir rempli l’obligation de travaux minimum, sans engendrer de coûts supplémentaires.
Lors d’une réunion avec les investisseurs le 6 août 2025, le chef de la direction de Genel a présenté les résultats semestriels de l’entreprise, l’état d’avancement de ses principaux actifs et a expliqué pourquoi la compagnie quittait le Maroc malgré le potentiel précédemment confirmé.
« Nous sommes arrivés à un point où nous étions tout simplement incapables de trouver un partenaire pour partager le risque d’investissement. Nous avons donc conclu que la meilleure chose à faire pour le moment était de nous retirer, de minimiser nos pertes financières et de concentrer nos efforts d’exploration en Afrique sur le Somaliland, qui, selon nous, se situe dans le haut de gamme des opportunités qui s’offrent à nous », a expliqué Paul Weir, chef de la direction de Genel.
En janvier 2025, Genel Energy avait mandaté le cabinet PVE Consulting pour trouver un partenaire financier pour le projet d’exploration du pétrole de Lagzira dans le cadre d’un farmout afin de poursuivre le forage du puits Banasa-1.
« Ce n’était pas une décision facile à prendre, mais dans l’ensemble, nous pensons que c’était la bonne chose à faire pour l’entreprise », a ajouté Paul Weir.
Ce qu’il faut penser du retrait de Genel de la licence de Lagzira
Genel Energy avait initialement exploré plusieurs blocs offshore au Maroc, notamment ceux de Juby Maritime (au large de Cap Juby) et de Mirleft, avant de recentrer ses efforts sur le bloc de Lagzira.
En 2014, le forage du puits SM-1 avait révélé la présence de pétrole, mais les tests de production s’étaient avérés non concluants. Après une réinterprétation des données sismiques pour mieux évaluer la prospectivité du bloc, Genel avait identifié une nouvelle cible de forage, Banasa-1, présentant des risques techniques moindres que ceux rencontrés avec SM-1 et se situant dans une zone plus prospective.

Cependant, les difficultés financières de l’entreprise en 2023 et 2024 l’ont contrainte à suspendre son projet de forage, dans l’attente d’un partenaire qui partagerait les risques financiers du projet.
L’exploration pétrolière offshore est une activité complexe, coûteuse et risquée, nécessitant à la fois des équipes d’exploration performantes et d’importants capitaux. Seuls les majors pétroliers peuvent se permettre plusieurs forages sauvages (wildcat drill) qui, bien que très aléatoires, peuvent mener à des découvertes majeures, comme en Mauritanie, où British Petroleum a transformé le pays en un producteur régional clé de gaz naturel.
Dans le cas de Genel, l’ensemble de ses projets à travers le monde sont traditionnellement développés en collaboration avec d’autres opérateurs, pour partager le risque.
Même si Genel a fait le choix de se retirer, plusieurs autres compagnies continuent de manifester leur intérêt pour cette « zone prospective » entre Tarfaya et Safi. C’est notamment le cas d’Esso, un major d’exploration, qui détient deux licences offshore adjacentes pour les zones d’Agadir-Ifni et de Safi-Essaouira.