Le jeune Bachir, 13 ans, victime d’agressions sexuelles collectives à El Jadida reçoit désormais une prise en charge psychologique spécialisée. Sur instruction de la Princesse Lalla Meryem, présidente de l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE), le Dispositif national psychotrauma de l’enfant est intervenu pour l’accompagner. Cette mobilisation met en lumière l’ampleur du drame qui secoue et mobilise les Marocains depuis plusieurs jours.
Les faits se sont déroulés lors du moussem Moulay Abdellah Amghar, entre le 11 et le 15 août. Selon les déclarations de proches du jeune garçon et d’activistes impliqués dans l’affaire, ce jeune garçon originaire de Youssoufia avait rejoint le moussem le 11 août où il a retrouvé des hommes originaires de sa ville et de villes voisines. Ils sont 14 au total. Il séjourne alors dans leur tente, faute de moyens.
Bachir est décrit comme un enfant en situation de précarité. Orphelin de père, il habite dans une maison modeste avec sa mère souffrant de troubles mentaux, selon plusieurs témoignages. Le départ au moussem était l’occasion pour lui de se faire un peu d’argent en vendant des mouchoirs, mais aussi d’avoir un semblant de vacances compte tenu de la proximité de la plage.
Selon son récit, rapporté par plusieurs témoins, les trois premiers jours se sont déroulés normalement. Puis, ses souvenirs deviennent flous. Il soupçonne ses accompagnateurs, devenus ses bourreaux, de l’avoir drogué.
Cinq suspects appréhendés
L’adolescent explique qu’il se trouvait dans une tente où se trouvaient quatorze individus. L’ont-ils tous agressé sexuellement ? L’enquête en cours apportera la réponse à cette question. Bachir a pu identifier neuf d’entre eux comme ses agresseurs. Seulement neuf, en raison de ses souvenirs flous. C’est ce qu’indique un activiste proche de la victime.
“Il dit qu’il peinait à ouvrir les yeux, mais qu’il sentait à chaque fois qu’il se réveillait que quelqu’un était sur lui. Malgré son état, il a réussi à en repousser un”, rapporte cet activiste local spécialisé dans la protection de l’enfance, dans plusieurs déclarations à la presse.
Contactée par Médias24, une source judiciaire affirme que cinq suspects ont déjà été appréhendés et placés en détention préventive. “Le garçon a également été entendu en présence de sa mère et a subi une expertise médico-légale”, indique-t-on de même source.
L’avocat du mineur, Me Bouchaib Sofi, précise dans plusieurs sorties médiatiques que les individus ont été confrontés aux accusations devant le parquet et le juge d’instruction. Selon lui, ces accusations sont le viol, l’attentat à la pudeur sur mineur avec violence et la facilitation de la consommation de stupéfiants.
Le dossier est toujours en phase d’instruction. L’enquête continue afin d’identifier et de poursuivre d’éventuelles autres personnes impliquées. Pendant ce temps, le soutien psychologique du Dispositif national psychotrauma permet au garçon de recevoir une aide spécialisée pour surmonter le traumatisme.
Comme un air de déjà-vu…
Cette affaire en rappelle d’autres qui ont secoué l’opinion publique, dont celle qui avait éclaté en août 2023 lorsqu’un homme, âgé de 57 ans à l’époque, avait été arrêté puis placé en détention à la suite de la diffusion d’une vidéo filmée par des estivantes sur une plage des environs d’El Jadida.
Dans cette vidéo, on peut voir l’homme en question en train d’enlacer un enfant de manière insistante, avant de masquer leurs visages avec un vêtement ou une serviette.
Reconnu coupable d’“attentat à la pudeur sur mineur” et “traite d’êtres humains”, il avait été condamné le 12 décembre 2023 à vingt ans de réclusion et au versement de 50.000 DH à la partie civile en guise de dommage-intérêt.
Cette somme a été augmentée en appel, tandis que la peine privative de liberté a été maintenue.