Neuf Marocains, dont deux femmes, pourront quitter les prisons irakiennes pour purger leur peine au Maroc. C’est l’une des principales retombées de l’accord signé, le jeudi 28 août à Rabat, entre le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, et son homologue irakien, Khaled Shawani.
Officiellement présenté comme un pas en avant dans la coopération judiciaire entre Rabat et Bagdad, ce texte concerne une poignée de détenus marocains en Irak.
Un détenu depuis l’ère Saddam Hussein
Selon une source autorisée contactée par Médias24, les détenus marocains en Irak sont au nombre de neuf. “Le nombre n’est pas impressionnant, car on parle d’Irak, pas de Syrie”, souligne notre source, qui insiste néanmoins sur la portée symbolique de cet accord pour les familles.
Parmi elles, celle d’un détenu emprisonné depuis plus de vingt-cinq ans, à l’époque de Saddam Hussein et condamné à mort.
Une coopération judiciaire renforcée
La visite officielle du ministre irakien de la Justice (du 27 au 31 août) a permis de sceller deux textes :
- Un accord relatif au transfert des personnes condamnées à des peines privatives de liberté.
- Un mémorandum d’entente sur la coopération dans le domaine des peines alternatives.
Selon un communiqué publié par le ministère de la Justice le 28 août 2025, il est indiqué que ces textes s’inscrivent dans la continuité des discussions entamées à Bagdad en mars 2023 et s’appuient notamment sur la Convention de Riyad de 1983. Ils arrivent aussi dans un contexte particulier au Maroc, marqué par l’entrée en vigueur de la loi n° 43.22 sur les peines alternatives.
Selon le même communiqué, Abdellatif Ouahbi estime que la signature de ces accords ne constitue pas “simplement une démarche technique ou juridique, mais bien la traduction concrète d’une volonté politique sincère d’asseoir l’État de droit”.
De son côté, Khaled Shawani a insisté sur l’importance de permettre aux détenus de purger leur peine “dans leur pays d’origine, auprès de leurs familles”.