Trois mois après une mission officielle à Ankara, une délégation composée de dix hauts responsables du ministère turc du Commerce et d’une vingtaine d’investisseurs a été reçue à Rabat, le jeudi 4 septembre.

La visite a été suivie dans l’après-midi par une rencontre B2B à Casablanca entre des membres de la CGEM et leurs homologues turcs, dans le but d’identifier des pistes de coopération et de réduire le déficit commercial du Maroc vis-à-vis de la Turquie.

Plusieurs secteurs étaient représentés comme le textile, l’énergie, la construction, l’aéronautique (voir liste). Des groupes opérant sur divers secteurs étaient également de la réunion, comme Hayat Holding, Acarsan Holding, Al Bayrak group ou encore Gurok holding.

Parmi les présents à la réunion de jeudi, on note la présence de MÜSİAD, « l’une des plus grandes associations d’entreprises de Turquie », représentée par le président de la commission chargée des affaires extérieures.

Une commission technique prépare un mémorandum pour le secteur privé turc

Quelle suite sera donnée à cette réunion ? Une source sûre nous explique qu’une commission technique marocaine va étudier les niches exploitables.

« Plusieurs experts des deux pays vont élaborer des propositions qui seront soumises aux importateurs turcs et aux chefs d’entreprise souhaitant investir au Maroc », précise notre source en ajoutant que la grand-messe d’affaires bilatérale qui aura lieu à Istanbul à la mi-novembre aura pour objectif de mettre progressivement un terme au déficit commercial marocain.

La commission y présentera des pistes concrètes d’investissement pour le secteur privé turc, visant à diversifier les lignes de produits exportables et à identifier les secteurs marocains, comme l’industrie marocaine du textile, où des investissements sont nécessaires en raison du manque de production d’intrants sur place.

Des milliards de dirhams à la clé au forum d’Istanbul

Étant donné que la Turquie dispose d’industries semblables à celles du Maroc, telles que l’automobile et l’aéronautique, notre source considère le forum d’affaires comme une opportunité de renforcer la complémentarité plutôt que la concurrence, particulièrement sur certains secteurs comme l’agriculture.

« S’il faudra attendre le forum d’affaires avant de signer des contrats, la réunion entre les membres des deux patronats a déjà permis d’identifier un potentiel d’affaires de plusieurs milliards de dirhams« , estime le haut fonctionnaire en insistant sur le fait que la vingtaine d’entreprises turques reçues s’est montrée très intéressée par les perspectives offertes par le marché marocain.

D’ailleurs les perspectives d’investissements ont aussi fait l’objet d’une réunion entre le vice-ministre turc, Mustafa Tuzcu, et Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques.