Le PSU fonde sa démarche sur un constat : la démocratie ne peut se réduire à un slogan, mais doit être un ensemble de « valeurs et de pratiques » garantissant une participation citoyenne effective. Or, le système actuel est miné par une « profonde fracture entre les citoyens et les institutions, alimentée par la corruption, la fraude et une faible participation, notamment dans les villes ».
Le mémorandum est structuré pour répondre aux différents enjeux du scrutin à travers une série de propositions.
>Création d’une instance indépendante pour « des élections crédibles »
La pierre angulaire de la réforme proposée par le PSU est la création d’une Haute Instance nationale indépendante pour la supervision des élections. Cette mesure, jugée indispensable, vise à retirer l’organisation des scrutins des mains du ministère de l’Intérieur, dont le rôle historique est critiqué pour « son manque de neutralité ».
– Composition et structure : L’instance serait composée de 12 membres (six magistrats de la Cour de cassation et six experts reconnus pour leur intégrité), avec un renouvellement par moitié à chaque cycle électoral. Elle serait complétée par un Conseil de surveillance incluant des représentants des partis politiques, de la société civile et des institutions de gouvernance, assurant un contrôle démocratique de ses activités.
– Missions : Elle aurait la responsabilité exclusive de l’ensemble du processus électoral : de la gestion des listes électorales et du découpage, à l’organisation de la campagne, la supervision du vote, la proclamation des résultats et la réception des recours.
– Présence territoriale : Des comités régionaux, provinciaux et locaux, présidés par des magistrats, assureraient sa présence sur tout le territoire.
>La numérisation pour une plus grande participation citoyenne
Le PSU plaide pour une modernisation du processus électoral en s’appuyant sur la technologie pour garantir transparence et participation.
– Inscription automatique : Le parti appelle à l’abandon du système actuel d’inscription volontaire et à l’adoption d’un système d’inscription automatique de tous les citoyens via la base de données de la carte d’identité nationale (CIN). La CIN deviendrait ainsi l’unique document requis pour voter.
– Plateforme numérique nationale : Une plateforme centralisée permettrait aux citoyens de consulter les informations, aux candidats de déposer leurs dossiers de manière dématérialisée, et au public de suivre en temps réel les informations sur les candidats (parcours, patrimoine, casier judiciaire).
– Vote à distance : Pour faciliter la participation, notamment celle des Marocains résidant à l’étranger (MRE), le PSU propose l’instauration du vote à distance via une plateforme sécurisée, ouverte une semaine avant le jour du scrutin.
>Moralisation de la vie politique et conditions de candidature
Pour « restaurer l’éthique » en politique, le PSU propose des mesures strictes concernant l’éligibilité et la limitation des mandats.
– Conditions d’éligibilité renforcées : L’âge minimum pour être candidat serait abaissé à 18 ans, et la caution financière serait supprimée, jugée comme une « barrière financière » discriminatoire. Un niveau d’instruction minimum (licence) serait exigé pour les membres du Parlement et de ses commissions.
– Inéligibilité pour les corrompus : Instauration d’une inéligibilité à vie pour toute personne condamnée pour des crimes de corruption politique ou financière.
– Limitation des mandats : Pour encourager le renouvellement des élites et mettre fin à la « professionnalisation de la politique », le PSU propose de limiter le nombre de mandats parlementaires à deux consécutifs, avec un maximum de quatre mandats au total au cours d’une vie.
>Promouvoir une représentation équitable et inclusive
Le parti insiste sur la nécessité de « garantir la juste représentation de toutes les composantes de la société ».
– Réforme du découpage électoral : Le PSU appelle à un redécoupage fondé sur le recensement de 2024 pour corriger les « disparités flagrantes » entre les circonscriptions urbaines et rurales. Dans les grandes villes (plus de 300.000 habitants), une circonscription unique par ville serait créée, avec un siège pour 100.000 habitants.
– Participation des femmes et des jeunes : Le mémorandum propose des mécanismes de financement incitatifs pour les partis qui présentent des femmes et des jeunes (moins de 36 ans) en tête de liste, avec un objectif d’au moins 20% des circonscriptions locales menées par ces catégories.
– Inclusion des personnes en situation de handicap : Création d’une liste nationale dédiée avec 12 sièges, mise en place d’incitations financières pour les partis les présentant, et garantie de l’accessibilité des bureaux de vote (urnes au rez-de-chaussée, vote en braille, etc.).
>Transparence du financement et équité médiatique
Le PSU s’attaque à « l’influence de l’argent et au manque d’équité dans la couverture médiatique ».
– Réforme du financement des campagnes : Le financement public serait divisé en deux tranches : une tranche fixe et égale pour tous les partis participants (70%) et une tranche variable basée sur des critères qualitatifs (présence sur le terrain, représentation des femmes et des jeunes, etc.). Le financement public annuel des partis serait, quant à lui, déconnecté des résultats électoraux pour se concentrer sur leurs missions d’encadrement et de formation.
– Équité dans les médias : Le parti exige un accès égalitaire et équitable pour tous les partis, y compris l’opposition, aux médias publics, notamment aux heures de grande écoute, en abandonnant le critère de la représentation parlementaire actuelle pour la répartition du temps de parole.
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