L’implantation géographique des établissements économiques à but lucratif, hors secteur agricole, reflète avec clarté les inégalités en matière de dynamisme économique et, plus particulièrement, celles liées à l’emploi, à la répartition des salaires, au pouvoir d’achat et aux niveaux de consommation.

Selon les dernières données disponibles, à savoir celles relatives au RGPH 2024, le Maroc compte 1.130.021 établissements économiques à but lucratif, hors agriculture. Ce total se distribue de façon très inégale, confirmant un Maroc à deux vitesses.

La région Casablanca-Settat concentre à elle seule 254.018 établissements économiques à but lucratif, soit 22,5% du total.

Elle est suivie de Rabat-Salé-Kénitra, qui compte 153.387 établissements, soit 13,6% du total, puis de Marrakech-Safi et Fès-Meknès, qui en regroupent chacune environ 12%Tanger-Tétouan-Al Hoceima, portée par l’essor industriel et logistique de Tanger, pèse 11% du total, tandis que Souss-Massa atteint 8,9%.Six des douze régions du Royaume réunissent à peine 20% des établissements économiquesSix régions sur douze, soit la moitié du pays sur le plan administratif, rassemblent moins de 20% des établissements économiques.

L’Oriental en concentre 6,5%, Béni Mellal-Khénifra 6,1% et Drâa-Tafilalet à peine 3,6%. Laâyoune-Sakia El Hamra ne dépasse pas 1,7%, Guelmim-Oued Noun 1,3% et Dakhla-Oued Eddahab seulement 0,7%. Notons que les faibles parts dans les provinces sahariennes s’expliquent aussi par la faible densité de population.

Disparités intrarégionales, une autre dimension des inégalités territoriales

Au-delà de ces écarts entre régions, une autre forme de disparité se manifeste à l’intérieur même de chacune d’elles. Cette inégalité est encore plus prononcée dans les provinces relevant de régions déjà marginalisées.

Sur la région Casablanca-Settat, Casablanca seule concentre plus de 147.000 établissements, soit plus que toutes les autres provinces de la région. Autour de ce noyau, El Jadida, Mohammédia ou Berrechid contribuent également à ce dynamisme, mais à une échelle nettement inférieure.

Concernant Rabat-Salé-Kénitra, Salé et Kénitra apparaissent comme les pôles les plus dynamiques, devant Rabat. En revanche, les provinces comme Sidi Slimane, Sidi Kacem et Khémisset, l’une des plus vastes du pays, restent en marge.

À Marrakech, plus de 61.000 structures témoignent de l’importance de la ville comme hub touristique, commercial et de services. De même, Safi se distingue par un nombre d’établissements supérieur aux autres provinces de la région. En revanche, les provinces de Chichaoua, Youssoufia, Rehamna demeurent marquées par un tissu économique réduit et un dynamisme limité.

Dans la région de Souss-Massa, la province d’Agadir Ida Ou Tanane abrite à elle seule près d’un tiers des établissements économiques.

L’Oriental totalise environ 74.000 établissements, avec une nette concentration à Oujda-Angad et Nador. Le reste des provinces, telles que Jerada, Figuig, Guercif et Taourirt, affichent en revanche des niveaux bien plus faibles.

La région Béni Mellal-Khénifra compte près de 69.000 établissements, dont la moitié est concentrée à Béni Mellal et Khouribga.

Cette répartition traduit un dynamisme entrepreneurial concentré dans les principaux pôles urbains et côtiers, laissant apparaître un écart marqué avec l’intérieur et le sud du pays, où la faiblesse du nombre d’établissements se traduit par un déficit d’activité et d’opportunités.


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Ndlr : sur desktop, survoler une province avec le curseur pour afficher son nom et le nombre d’établissements économiques à but lucratif en 2024. Sur les tablettes et smartphones, appuyer avec le doigt.

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Les établissements économiques comprennent l’ensemble des établissements publics et privés exerçant une activité à but lucratif. Il convient de noter que les établissements privés en constituent l’écrasante majorité.