Dans le cadre du projet du tunnel de Gibraltar, la Société nationale d’études du détroit de Gibraltar (SNED) recherche un prestataire à l’international pour l’acquisition et la maintenance de trois sismomètres de fond de mer, connus sous l’acronyme anglais OBS (Ocean Bottom Seismometer).
Ces équipements portables de haute technologie assureront la surveillance sismotectonique sur la rive sud du détroit. L’opération bénéficiera d’un budget prévisionnel de 3,9 millions de DH.
De l’autre côté de la Méditerranée, quatre sismomètres ont été loués en novembre 2024 pour des opérations du même type. Le contrat avait été attribué à l’entreprise Tekpam Ingeniería, basée à Guadarrama (Madrid), spécialisée dans les services de sismologie et de télécommunications.
Un projet « stratégique »
Pour l’instant, deux points du littoral espagnol sont envisagés comme possibles terminaux d’accès au tunnel : les environs d’Algésiras, avec sa connexion ferroviaire et son port d’intérêt stratégique, et la côte proche de Tarifa, la ville la plus méridionale d’Europe. De l’autre côté du détroit, le tracé se dirige vers les environs de Tanger.
L’option privilégiée depuis des années envisage une connexion de 38,5 kilomètres, dont 27,7 km sous-marins, au moyen de deux tunnels ferroviaires creusés sous le fond marin, dans une zone à haute complexité géologique en raison de la présence de flyschs et d’une activité sismique.
Bien que les premières études du tunnel datent des années quatre-vingt, l’initiative a pris un nouvel élan avec l’amélioration des relations bilatérales entre l’Espagne et le Maroc, après la visite du président Pedro Sánchez à Rabat en avril 2022. Lors de la réunion de haut niveau tenue en 2023, la ministre de l’époque, Raquel Sánchez, avait qualifié le projet de « stratégique » pour les deux pays.
Il s’agit d’une infrastructure qui s’inscrit dans la vision de faire du détroit un axe prioritaire du corridor euro-méditerranéen, connectant les réseaux de transport européens avec l’Afrique du Nord et au-delà. Cette dimension géopolitique a conduit le gouvernement espagnol à commander des études supplémentaires.
L’un des modèles dont s’inspire le projet est l’Eurotunnel, qui relie la France et le Royaume-Uni, construit dans les années quatre-vingt sous la Manche. Cette infrastructure, gérée par une société privée avec participation d’entreprises, est un précédent technique et financier clé pour la connexion entre l’Europe et l’Afrique.