Contactée par Médias24, le Dr Fatma Ben Abid, oncologue médicale et secrétaire générale de la MoASCC (Association marocaine des soins de support en oncologie, affiliée à la MASCC), indique que l’association a saisi le chef du gouvernement et le ministre de l’Emploi et des compétences.

Dans cette lettre, la MoASCC attire l’attention des pouvoirs publics sur l’article 272 du Code du travail, actuellement en cours de révision, qui prévoit qu’un salarié en arrêt maladie de plus de 180 jours consécutifs est considéré comme démissionnaire.

L’article 272 : quand la loi fragilise les plus vulnérables

Selon Fatma Ben Abid, cette disposition constitue une véritable injustice pour les patients atteints de maladies graves, en particulier les malades du cancer.

« Concrètement, cela signifie qu’un patient atteint d’un cancer ou d’une autre maladie grave peut perdre son emploi après six mois, son revenu et sa couverture sociale, alors même qu’il lutte pour sa survie, doit financer des soins extrêmement coûteux et gérer l’impact psychologique, familial et professionnel de sa maladie », explique-t-elle. Perdre sa couverture sociale en cas de maladie grave est une condamnation à mort.

Cette démarche de sensibilisation n’est pas isolée et bénéficie du soutien d’acteurs scientifiques et associatifs de premier plan. Plusieurs sociétés savantes en oncologie, tant au niveau national qu’international, ainsi que des associations de patients, se sont ralliées à cette initiative afin de lui donner un poids supplémentaire auprès des autorités.

« Notre initiative est appuyée par les sociétés savantes en oncologie nationales et internationales, ainsi que par les associations de patients. Nous sollicitons que la réforme couvre également les dispositions de l’article 272 en vue de sécuriser les droits des patients déjà éprouvés par la maladie, et particulièrement leur couverture médicale au moment où ils en ont le plus besoin », souligne notre interlocutrice.

« Nous sollicitons une intervention urgente pour que la réforme couvre également cet aspect. La santé est le bien le plus précieux de chaque citoyen, et elle doit être protégée par un cadre juridique équitable ».

Selon Fatma Ben Abid, une simple disposition légale peut bouleverser des vies. « En effet, nous faisons face quotidiennement, dans l’exercice de notre profession d’oncologues, à la détresse et au désarroi de nos patients, sans parler du sentiment d’injustice et d’instabilité financière et familiale générés par les conséquences d’une telle disposition », insiste-t-elle.

« Nous sommes persuadés que cette requête recevra la suite qu’elle mérite auprès des responsables et que le nécessaire sera fait pour préserver le bien le plus précieux de chaque citoyen, à savoir sa santé et celle de ses proches », conclut notre interlocutrice.