Au troisième jour des manifestations de la GenZ212, la mobilisation ne faiblit pas, malgré l’interdiction annoncée par les autorités.

Des situations différentes d’une ville à l’autre

À Casablanca, ce lundi 29 septembre, aucun slogan n’a pu être scandé. Les interventions des autorités et la mobilisation des forces de l’ordre, d’abord à Derb Ghallef, puis à Derb Soltane, ont été telles que les rassemblements ont été impossibles.

Sur le terrain, les contextes ont été différents d’une ville à une autre. À Oujda, par exemple, la situation a dégénéré. Des jets de pierres et des confrontations avec les forces de l’ordre ont eu lieu.

Les interpellations ont été nombreuses. Les personnes interpellées le sont pour vérification de l’identité et des téléphones.

Est interpellée toute personne qui donne une déclaration à la presse ou qui filme les événements (à l’exception des représentants des médias).

Le mouvement poursuit sa mobilisation. Après trois jours de manifestations, il appelle à de nouveaux rassemblements ce mardi 30 septembre, à 18 h, dans dix villes marocaines, dont Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger, Fès et Oujda.

Pas de données officielles

À ce stade, aucune donnée officielle ou précise n’est disponible sur le nombre de manifestants et sur celui des interpellations ou arrestations.

Le constat sur le terrain indique que :

  • les manifestants continuent de sortir dans les rues par dizaines, voire quelques centaines, en fonction des villes ;
  • les interpellations sont nombreuses.

Le serveur Discord, d’où tout est parti, et qui comptait à peine 9.000 membres il y a cinq jours, approche ce mardi les 90.000 membres.

Un individu déféré devant le parquet pour diffusion de fausses vidéos

Dans le sillage de ces événements, le procureur du Roi près le tribunal correctionnel de première instance de Casablanca annonce que, « suite aux sit-in non autorisés ayant eu lieu dans certaines villes du Royaume, le samedi 28 septembre 2025, les éléments de la police judiciaire ont procédé à l’arrestation d’un individu dont les investigations dont il a fait l’objet ont conclu :

  • qu’il dispose de plusieurs comptes sur les réseaux sociaux ;
  • que le mis en cause publiait des photos et des vidéos de protestations survenues dans des pays étrangers ayant connu des actes de violences, tout en les associant à des protestations dans le territoire national, aux fins d’inciter les gens à investir la rue, les 27 et 28 septembre 2025 ;
  • que l’intéressé agissait de la sorte dans le but de réunir le plus grand nombre de followers. Son objectif était de récolter 20.000 followers, un nombre qui lui permettrait de créer une plateforme numérique et d’engranger des revenus financiers de cette opération ».

La personne concernée a été placée en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Elle a été déférée devant le parquet qui a décidé de la poursuivre pour incitation présumée à la commission de crimes et de délits à l’aide de moyens électroniques, suivis d’effet. L’individu a comparu, par la suite, devant le tribunal en état de détention.

24 interpellations sur l’autoroute urbaine de Casablanca

Dans une déclaration à la MAP ce mardi 30 septembre, le premier substitut du procureur général du Roi près la Cour d’appel de Casablanca, Abdellatif Saadi, a affirmé que 24 personnes ont été interpellées « en flagrant délit d’entrave à la circulation au niveau de l’autoroute urbaine de Casablanca, suite aux sit-in du 28 septembre 2025 ».

« Plusieurs personnes, dont certaines cagoulées, ont entravé la circulation au niveau de l’autoroute urbaine de Casablanca, ce qui a entrainé l’arrêt total de la circulation, causé des préjudices aux usagers de la route et entravé la liberté de déplacement », a-t-il précisé.

Les individus majeurs ont été placés en garde à vue, alors que les mineurs ont été soumis à la procédure de retenue, pour les besoins de l’enquête.

« Ces actes objet de l’enquête, à savoir l’entrave et l’obstruction à la circulation, n’ont rien à voir avec les formes de protestation pacifique, mais constituent des actes incriminés et sanctionnés par la loi », a indiqué le responsable.

Une fois l’enquête achevée, les suspects ont été déférés devant ce parquet, assistés de leur défense, a-t-il poursuivi, ajoutant que le parquet a décidé de soumettre une requête pour ouvrir une instruction avec les personnes majeures, qui sont au nombre de 18, pour leur implication présumée dans la commission de crimes d’entrave à la circulation de véhicules en vue de bloquer le trafic et de consommation de drogue pour certaines d’entre elles, tout en demandant de les placer en prison.

Pour les mineurs, au nombre de 6, ils ont été déférés devant le conseiller en charge des mineurs.