Ce n’est pas demain la veille que Othmane Maama rangera son sombrero au placard. Après la victoire du Maroc contre la Corée du Sud (2-1), ce vendredi 10 octobre à l’Estadio El Teniente de Rancagua, au Chili, le formidable ailier de l’équipe nationale aura une autre occasion d’arborer son chapeau folklorique dans cette Coupe du monde U20.
Encore faut-il venir à bout des États-Unis, qui ont surclassé l’Italie (3-0) quelques heures plus tôt. Un face-à-face prometteur, prévu le dimanche 12 octobre à partir de 21 h.
Les portes de ce quart de finale, qui s’annonce brûlant, ne se sont pas ouvertes comme par enchantement devant les Lionceaux de l’Atlas.

La Corée du Sud a joué crânement sa chance. Et ce, jusqu’au bout. Cependant, le scénario de la rencontre ne lui a pas été favorable. En face, le Maroc a eu beaucoup de réussite et compte dans ses rangs un avant-centre qui fera sans doute parler de lui dans un futur proche.
Auteur de ses 3ᵉ et 4ᵉ buts de la compétition, même si le premier à finalement été comptabilisé comme CSC, Yassir Zabiri a sorti ses coéquipiers de l’ornière en étant essentiel sur l’ouverture du score, d’un coup de ciseau dévié puis d’une tête imparable.

Les Marocains ont entamé la rencontre pied au plancher, gênant d’entrée la relance axiale des Sud-Coréens. Une pression payante, puisqu’ils se sont rapidement créé une belle occasion d’ouvrir le score. Mais Othmane Maama a buté sur le portier adverse (2’).
Dans la continuité, Ismaël Baouf a sauvé ses coéquipiers d’un but tout fait sur un contre fulgurant mené par Kim Taewon (3’). Sur cette action, le positionnement défensif des Lionceaux de l’Atlas était incompréhensible.
Presque toute l’équipe avait déserté son camp, alors que le match ne faisait que commencer. Un avertissement pris très au sérieux sur le banc marocain, exaspéré par une telle prise de risques.
Yassine Khalifi et ses coéquipiers offraient ainsi à leurs adversaires un terrain idéal pour développer leur jeu de transition. L’entame du match n’en restait pas moins animée et passionnante.
Il n’aura d’ailleurs fallu que neuf minutes pour que les hommes de Mohamed Ouahbi ouvrent le score. Tout a commencé par un déboulé de l’inévitable Othmane Maama sur le côté droit, suivi d’un centre mal renvoyé par la défense sud-coréenne.
Le flair de Yassir Zabiri lui a permis d’être au bon moment et au bon endroit pour reprendre le ballon qui traînait dans la surface de réparation, d’un retourné acrobatique (9’), faisant écho à celui de Maama contre le Brésil. Même si celui de Zabiri a finalement été accordé au défenseur adverse.

Mais ce but n’a pas suffi à ramener de la sérénité dans le camp marocain. Les nombreuses approximations techniques ont continué à parasiter la circulation du ballon. Seul Othmane Maama a semblé au-dessus du lot lors du premier quart d’heure.
Ce n’est pas tant la relance basse qui posait problème, puisque les Lionceaux de l’Atlas évoluaient en supériorité numérique avec trois défenseurs (Ali Maamar restant en retrait pour former une ligne de trois) face aux deux attaquants coréens au pressing.
Le véritable souci résidait dans la fluidité du jeu, souvent rompue par un manque d’application. Et comme le latéral gauche, Fouad Zahouani, évoluait très haut, un boulevard s’ouvrait régulièrement dans son dos.
Une brèche que le staff marocain a rapidement tenté de colmater, en demandant à Yassine Khalifi de couvrir cette zone. C’est d’ailleurs pour ce type de situation que le technicien marocain avait choisi de bétonner son milieu de terrain, en lançant Naïm Byar, qui présente un profil plus défensif que Houssam Essadek.
Moins de risques dans les transmissions
Après un premier quart d’heure de folie, le match a ensuite gagné en structure. Les deux équipes ont pris moins de risques dans les transmissions. Une accalmie qui a fait les affaires du Maroc, toujours en tête grâce au bijou de Yassir Zabiri, pur produit de l’Académie Mohammed VI.
Le joueur de Famalicão (Portugal) n’a pu qu’apercevoir de loin une action dans sa surface de réparation, mettant en scène Gessime Yassine et le numéro 10 Kim Taewon, mais l’arbitre n’a pas bronché. Le sélectionneur coréen a bien tenté un review challenge, sans succès.
Une séquence qui rappelait que rien n’était encore joué pour les Lionceaux de l’Atlas. Dans les vestiaires, on imagine sans peine Mohamed Ouahbi exhortant ses joueurs à plus d’application, même dans les gestes les plus simples, tout en rappelant que la Corée du Sud aurait pu, elle aussi, ouvrir le score.

Tout aussi important, il devait trouver les mots justes pour mettre rapidement fin à la querelle née entre ses deux meilleurs joueurs, Othmane Maama et Gessime Yassine. Une tâche à laquelle tout le staff s’est empressé de s’atteler avant même de quitter la pelouse.
Mission à moitié réussie. Car si le discours de M. Ouahbi a eu le don de calmer les esprits, la connexion à haut débit ne s’était pas vraiment rétablie entre un duo dont la production fut inégale. Emprunté tout au long de la rencontre, Yassine Gessime a sans doute réalisé sa moins bonne prestation de la compétition.
Les Lionceaux de l’Atlas ont su gérer leur avantage
Le gaucher n’est sorti de sa torpeur qu’à l’entrée du dernier quart d’heure, sur l’une des rares fois où il arrivait, lancé dans l’espace. Mais il a trop enroulé son tir.
Il pouvait toutefois compter sur ses compères d’attaque, notamment Othmane Maama, auteur d’un centre millimétré sur la tête de Yassir Zabiri pour le doublé (58’).
Le triplé lui tendait les bras à Zabiri quelques minutes plus tard sur une déviation dans les 16 m adverses, mais la défense sud-coréenne est intervenue au dernier moment. Après cette occasion ratée, le temps était venu pour les Lionceaux de l’Atlas de se recroqueviller dans leur camp et de défendre leur avantage.

En ce sens, Yanis Benchaouch et Ismaël Baouf ont été déterminants, repoussant deux tentatives adverses dans les dernières minutes de la rencontre. Un penalty a certes été sifflé pour la Corée du Sud à la suite d’une faute de main d’Ismaïl Bakhti.
Mais la réduction du score n’a pas remis en cause la qualification de l’équipe nationale. Ce n’était qu’un dernier frisson dans une rencontre qui a tenu en haleine son monde et qui s’est terminée en happy end.
Prochaine étape, les quarts de finale, dimanche 12 octobre à 21 h, contre les États-Unis, vainqueurs de l’Italie (3-0) un peu plus tôt.
