Lors d’une présentation aux investisseurs le 16 octobre 2025, la compagnie Predator Oil & Gas a fait le point sur ses projets, notamment sur l’avancement de ses opérations au Maroc, où elle développe des ressources gazières à Guercif dont l’exploitation est actuellement difficile.

La compagnie britannique espérait précédemment demander une licence d’exploitation durant le troisième trimestre de 2025 et prendre une décision finale d’investissement avant la fin de l’année pour une vente de gaz lors de l’année 2026 sous forme de gaz comprimé semblable à celui commercialisé dans les champs gaziers du Gharb.

Au début de la réunion, Paul Griffiths, PDG de Predator, a démenti les rumeurs apparues, selon lui, depuis la tenue de l’assemblée générale de la compagnie, affirmant qu’il n’allait absolument pas laisser tomber ses projets au Maroc.

La présentation de Paul Griffiths a montré de nouveaux paramètres à comprendre pour le gaz de Guercif.

Pourquoi une cession flexible de la licence de Guercif ?

En août 2025, les tests de production sur le puits Mou-3 abritant du gaz biogénique n’ont pas été concluants pour permettre une production de gaz commerciale. La compagnie a donc décidé, à la suite de l’analyse des données obtenues, de forer un nouveau forage.

Après l’évaluation des données de ce test, Predator a renoncé à l’option d’un farm-out (cession partielle) pour privilégier une option de cession totale et flexible en raison de l’impossibilité de diviser la licence en plusieurs parcelles.

Périmètre de la licence de Guercif développée par la compagnie Predator Oil and Gas.

De plus, Predator pense que son développement est passé de zéro ressource gazière dans la licence à une évaluation des ressources contingentes (2C) avec un potentiel de hausse selon les dernières estimations de la compagnie.

D’après la relecture des données diagraphiques, Predator a identifié deux systèmes d’éventails distincts potentiellement riches en gaz et dépourvus de traces d’eau qui peuvent être ciblés au niveau de Mou-3,

Ces ressources gazières peu profondes présentent un potentiel d’un gisement stratigraphique sur une superficie de 81 km², dont 16 km² ont été prouvés dans les prospects Mou-3 et Mou-1.

Dans le cadre de la préparation du processus de cession, Predator devrait d’abord certifier les ressources de Guercif avec un rapport technique de certification (CPR) mis à jour pour le repreneur, qui regroupera l’ensemble des découvertes réalisées par l’entreprise, dont les ressources gazières identifiées dans les quatre puits forés, ainsi que la présence prouvée d’hélium.

Priorité au forage du puits Mou-6 avant toute cession

Afin d’éviter l’endommagement des formations rencontrées dans le puits Mou-3, Predator a désigné l’emplacement d’un nouveau forage Mou-6 qui évitera ces problèmes techniques qui ne permettaient pas un flux de gaz économiquement viable et sécurisé.

Initialement prévu pour être foré avant la fin de l’année 2025, le forage du nouveau puits Mou-6 devrait être programmé au premier ou au deuxième trimestre de l’année prochaine.

Données sismiques montrant les possibles prospects de gaz naturel à Guercif (Predator Oil & Gas).

Selon la compagnie britannique, la nécessité d’importer le matériel de forage de l’étranger crée des délais imprévisibles. S’ajoute à ce délai la finalisation récente du programme de forage, lequel a défini le système de boue adapté ainsi que la conception du tubage, qui pourrait inclure un train de tubage supplémentaire pour résoudre certaines difficultés.

« Il n’y a rien de plus excitant pour un partenaire entrant, même une « supermajor » ou une grande entreprise, que d’avoir un programme de forage à venir. C’est l’élément moteur qui fait avancer le processus de cession », a déclaré Paul Griffiths, PDG de Predator.

Vu son importance, Predator Oil and Gas devrait avancer simultanément sur les deux processus de cession flexible et de forage du puits Mou-6. Ce dernier devrait débloquer l’exploitabilité du gaz de Guercif et en même temps promouvoir l’actif gazier commercialisé par Predator.

« La valeur ici ne réside pas dans la production de gaz, le débit de gaz ou le forage d’un puits. La valeur ici est la valeur holistique de l’entreprise qui a été constituée. Aucune grande entité ne va acheter dans un pays sur la base d’un puits testé, ou de deux puits testés, ou d’un puits MOU-6. Il s’agit de savoir quelle est l’opportunité pour les 20 prochaines années, quelle est l’opportunité stratégique d’être un acteur clé sur le marché marocain du gaz», a ajouté Paul Griffiths.

Sur la base des évaluations de Predator, le nouveau puits devrait débloquer des ressources gazières probables et non certifiées, allant jusqu’à 12 milliards de mètres cubes, soit six fois les ressources estimées dans le prospect Mou-3. Pour rappel, ces données ne peuvent être vérifiées qu’après le forage du puits et demeurent à ce jour des prévisions jusqu’à la découverte de son contenu réel.

Qu’en est-il du gaz thermogénique du prospect Mou-5 ?

Dans le prospect MOU-5, Predator espérait également y trouver des ressources probables estimées entre 4,8 et 11 milliards de mètres cubes de gaz naturel.

Clairement, le plan de chercher un farm-out pour MOU-5 n’est plus envisagé pour financer un nouveau puits ou une campagne de sismique 3D afin de débloquer ces ressources car il est difficile de morceler la licence. En revanche, la compagnie se concentre désormais sur le développement des ressources biogéniques avant son désengagement.

Notre lecture précédente sur l’absence de gaz naturel dans le puits Mou-5 a été confirmée par Paul Griffiths. Celui-ci voit plutôt dans ce prospect une nouvelle opportunité de développement, en raison de la présence de cavernes de sel susceptibles de constituer un site de stockage de gaz naturel.

Ce qu’il faut donc retenir de la dernière communication de Predator, c’est qu’en tant que compagnie junior, son développement est désormais suffisamment avancé pour qu’un opérateur disposant de capacités financières plus importantes puisse reprendre le projet.

L’ensemble des actifs développés représente un package complet commercialisable, incluant une vaste superficie de gaz biogénique, un potentiel d’augmentation des volumes, des traces d’hélium, un site de stockage naturel et un forage programmé capable de confirmer l’exploitabilité du gisement de gaz biogénique…

Pour Predator, cette option de cession flexible, conditionnée à la réalisation d’objectifs de performance, garantit une opportunité de monétisation significative et en même temps la relance du projet gazier par un nouveau développeur.

Ce processus de cession ne devrait intervenir qu’après le forage du puits Mou-6, d’autant plus que la compagnie n’envisage pas de céder cet actif à un prix inférieur, compte tenu des opportunités déjà prouvées.