Les États-Unis ont transmis, le mercredi 22 octobre, un projet de résolution sur le Sahara, aux quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité. Il ne s’agit pas du projet définitif puisque des consultations en coulisses continuent à être menées. Disons donc qu’il s’agit d’un avant-projet.

Aucune source officielle n’ayant fait circuler le projet, il faudra donc prendre avec circonspection les nouvelles fuites.

Ce qui est certain, c’est que l’avant-projet de résolution veut remettre le plan marocain d’autonomie au centre de toute recherche de solution définitive et durable.

Dans la communication algéro-polisarienne, flotte clairement un air de défaite. Dans un partage des rôles, chacune de ces parties tient d’une part un discours qui prépare ses troupes à l’échec annoncé; et d’autre part, un autre à destination de l’opinion internationale et des grandes puissances, destiné à montrer sa soi-disant bonne volonté.

La presse algérienne (ici et ici par exemple) stigmatise à l’avance les pays membres permanents du Conseil de sécurité considérés par elle comme des soutiens indéfectibles du Maroc et en particulier les États-Unis et la France. Mais le langage officiel en coulisses, est un langage de paix, laissant croire que si le polisario accepte une solution, l’Algérie l’acceptera. Il va sans dire que c’est un tour de passe-passe, puisque c’est l’Algérie qui tire les fils et donne les ordres.

De son côté, le polisario souffle le chaud et le froid. Différentes communications officielles publiées et/ou transmises au secrétaire général de l’ONU par le biais de l’Afrique du sud, critiquent violemment le texte proposé et annoncent que l’organisation de Tindouf ne l’acceptera jamais et refusera l’autonomie sous souveraineté marocaine.

Dans des déclarations de presse, le polisario annonce par contre, qu’il fait un pas vers le plan d’autonomie marocain et qu’il acceptera de négocier (ici par exemple).

Factuellement, la prochaine étape verra les États-Unis finaliser l’avant-projet et le mettre en bleu comme version finale soumise au vote, après l’avoir amendé ou pas. Le vote interviendra le jeudi 30 octobre 2025.

Après plusieurs années d’impasse, le conseil de sécurité est appelé à rejoindre la dynamique internationale largement favorable au plan de paix marocain. Tous les indices montrent que ce sera le cas. Nous serons fixés dans quelques jours.

Dans le discours du Trône en juillet 2025, le Roi Mohammed VI avait eu cette phrase : la dynamique internationale et la multiplication des positions favorables à la marocanité du Sahara et au plan d’autonomie, sont « favorables au bon droit et à la légitimité » et « nous poussent davantage à la recherche d’une solution consensuelle qui sauve la face à toutes les parties, où il n’y aura ni vainqueur ni vaincu« . Une phrase que seul un vainqueur peut tenir.

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Notons que le journal Al Quds Al Arabi a été le premier à publier ce qu’il qualifie de version du projet de résolution distribuée cette semaine par les Etats-Unis. Voici ce texte dont l’authenticité n’est pas certaine (traduction non officielle):

« Nations Unies – Projet de résolution du Conseil de sécurité sur le Sahara occidental
Préambule
« Le Conseil de sécurité,

« 1. Rappelle et réaffirme toutes ses résolutions antérieures concernant le Sahara occidental.

« 2. Exprime son plein soutien au Secrétaire général et à son envoyé personnel, M. Staffan de Mistura, dans leurs efforts visant à faire progresser le processus politique, y compris les consultations menées avec le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie, afin de consolider les progrès accomplis.

« 3. Réaffirme son engagement à aider les deux parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, conforme aux principes et objectifs de la Charte des Nations Unies, notamment le principe de l’autodétermination ; souligne la nécessité pour les parties de parvenir à une issue au conflit qui dure depuis cinquante ans, et reconnaît le rôle important joué par la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) dans le soutien apporté à l’envoyé personnel pour parvenir à une solution politique acceptable pour les deux parties.

« 4. Prend note du soutien exprimé par les États membres en faveur de la proposition marocaine d’autonomie, sérieuse, crédible et réaliste, présentée le 11 avril 2007, en la considérant comme la base la plus crédible pour une solution juste et durable du conflit ;

« affirme que l’autonomie véritable sous souveraineté marocaine constitue la solution la plus viable ;

« se félicite du rôle joué par le président Donald Trump dans la recherche d’une solution au différend du Sahara occidental ;

« et invite les parties à s’engager sans délai dans des discussions, en utilisant la proposition marocaine d’autonomie comme unique cadre de négociation ;

« salue l’engagement des membres du Conseil à faciliter les avancées.

« 5. Salue l’initiative de l’envoyé personnel visant à convoquer une réunion des parties afin de capitaliser sur cette dynamique ;

« encourage un soutien total et une participation de bonne foi aux négociations ;

« et se félicite de la disposition des États-Unis à accueillir les pourparlers, en appui à la mission de l’envoyé personnel visant à parvenir à une solution durable pour le Sahara occidental et la région.

« Après examen du rapport du Secrétaire général sur la situation au Sahara occidental :
« Décide de proroger le mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) jusqu’au 31 janvier 2026 ;

Exprime son plein soutien au Secrétaire général et à son envoyé personnel pour faciliter les négociations sur la base de la proposition marocaine d’autonomie, sérieuse, crédible et réaliste, en vue d’aboutir à une solution politique juste et durable du différend ;

« Invite les deux parties à participer à ces discussions sans délai ni conditions préalables, sur la base de la proposition marocaine d’autonomie, en vue de parvenir, avant l’expiration du mandat de la MINURSO, à une solution politique finale et mutuellement acceptable, garantissant une autonomie véritable au sein de l’État marocain, tout en assurant le droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ;

« Invite les États membres à apporter leur appui et leur assistance à ces négociations et aux efforts de l’envoyé personnel ;

« Prie le Secrétaire général de présenter des rapports périodiques au Conseil de sécurité, ainsi qu’à tout moment qu’il jugera opportun durant la période du mandat, y compris un briefing dans les six semaines suivant le renouvellement du mandat, puis un autre avant son expiration, et de formuler des recommandations concernant la transformation ou la cessation de la MINURSO en fonction des résultats des négociations ».