La pénurie des manuels scolaires destinés aux écoles pionnières suscite une vive inquiétude. L’Alliance des libraires du Maroc a tiré la sonnette d’alarme, dénonçant un « manque aigu » de livres et appelant le ministère de l’Éducation nationale à une intervention urgente.
Des manuels introuvables dans plusieurs villes
Selon l’Alliance des libraires, le déficit concerne « un nombre important de titres dans différents matières et niveaux ». Ce manque, constate-t-elle, « a perturbé le déroulement normal de l’année scolaire » dans plusieurs établissements relevant du programme des écoles pionnières.
Les libraires affirment recevoir depuis la rentrée « un afflux important de parents et d’élèves » à la recherche des manuels concernés, souvent épuisés ou non livrés à temps par les éditeurs. Cette situation, estiment-ils, « a engendré une grande confusion » et un retard dans l’apprentissage des élèves.
Les éditeurs pointés du doigt
L’Alliance dégage toute responsabilité des librairies et met en cause les éditeurs, accusés de « retard dans les opérations d’impression et de distribution » et de non-respect des délais fixés avant la rentrée. Elle leur reproche également de ne pas avoir respecté la marge bénéficiaire convenue, ce qui, selon elle, compromet la rentabilité des points de vente et mine « le principe d’égalité des chances entre élèves ».
Face à cette situation, les libraires appellent le ministère de l’Éducation nationale à intervenir pour contraindre les éditeurs à respecter le cahier des charges, et à garantir la disponibilité des manuels « en quantités suffisantes à l’échelle nationale, afin de préserver les droits des élèves et la dignité des libraires ».
Interpellation parlementaire
Dans une question écrite adressée au ministre de l’Éducation nationale, le député Hassan Oumribte (membre du PPS) évoque une crise qui menace la réussite de l’expérience des écoles pionnières.
Il dénonce une situation où les parents d’élèves « cherchent désespérément les livres annoncés comme gratuits », désormais introuvables dans les librairies, soit par manque d’impression, soit à cause de « pratiques spéculatives » visant à les revendre à des prix exagérés sur le marché noir.
Le parlementaire évoque également le faible taux de marge commerciale, estimé à environ 10%, comme un facteur aggravant de la crise, les libraires n’ayant pas d’incitation suffisante à distribuer ces ouvrages.
Le député alerte aussi sur un autre problème : plusieurs enseignants des écoles pionnières ne parviendraient pas à télécharger les supports pédagogiques via la plateforme numérique dédiée, les poussant à « improviser leurs cours, ce qui entrave la réalisation des objectifs de cette initiative ».
Il demande au ministre de préciser les raisons de la pénurie des manuels, les mesures prévues pour y remédier, et si le ministère a connaissance d’un marché parallèle où ces livres circuleraient à des prix gonflés.
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