Lors du Forum sur le transport sanitaire organisé récemment à Tanger, la Société marocaine de médecine d’urgence (SMMU) a lancé un appel fort en faveur de la mise en place d’un modèle national unifié, régulé et centré sur la qualité et la sécurité du patient.
Pour la SMMU, le transport sanitaire constitue la colonne vertébrale de la médecine préhospitalière, le premier maillon d’une chaîne de survie où chaque minute compte et où chaque défaillance peut coûter la vie. Pourtant, ce secteur reste encore « fragmenté, sous-régulé et inégalement réparti sur le territoire ».
Parmi les difficultés pointées : l’absence d’un cadre législatif unifié, la disparité des moyens entre régions, le manque de coordination entre acteurs publics, privés et associatifs, ainsi qu’une carence en formation spécifique des professionnels du transport sanitaire. « Le manque de régulation dans ce domaine ne se traduit pas par de la lenteur administrative, mais par une perte de chances pour le patient », a rappelé la SMMU.
Un plaidoyer pour un modèle marocain intégré
Depuis 2020, la SMMU a élaboré un Livre Blanc sur la médecine d’urgence, fruit d’un travail collectif réunissant experts, praticiens et responsables institutionnels. Ce document plaide pour la création d’un système national unifié de transport médical, régulé par une autorité centrale, doté d’un numéro unique et de protocoles standardisés.
Cette vision repose sur quatre piliers essentiels :
- Une régulation régalienne, où l’État assume pleinement son rôle de garant de la sécurité sanitaire.
- Un numéro national unique, pour une réponse rapide et coordonnée.
- Une coordination intersectorielle entre santé, intérieur, protection civile, collectivités et secteur privé.
- Une exigence de qualité et de formation, avec certification et évaluation régulières des intervenants.
Un enjeu stratégique et de souveraineté sanitaire
À l’approche d’événements d’envergure internationale, notamment la Coupe du monde 2030, le Maroc doit renforcer la professionnalisation et la régulation du transport médical. « Ce n’est pas seulement une question logistique ou de matériel, mais un enjeu de souveraineté sanitaire », souligne la SMMU.
La société appelle à une action concertée :
- Aux pouvoirs publics, pour définir un cadre législatif clair et protecteur ;
- Aux collectivités territoriales, pour créer des structures de proximité ;
- Aux acteurs privés, pour investir dans la qualité et la formation ;
- Et aux ONG, pour soutenir la couverture des zones reculées.
La SMMU réaffirme sa volonté d’accompagner les réformes, de former les professionnels et de développer des référentiels nationaux alignés sur les standards internationaux. « Le transport médical de demain ne se décrète pas, il se construit avec rigueur, vision et solidarité », conclut la SMMU, qui appelle à faire du transport sanitaire marocain un modèle régional de référence, au service de la vie.