Younes Sekkouri a annoncé, ce mercredi 5 novembre à Marrakech, le lancement imminent d’un cycle de consultations publiques. Le ministre de l’Inclusion économique s’exprimait lors d’une conférence internationale sur les plateformes numériques, organisée par le Conseil de la concurrence.
« Nous sommes arrivés en 2025 avec la programmation du Code du travail comme priorité de la dernière année du mandat du gouvernement », a déclaré le ministre. Selon lui, les discussions engagées depuis 2022 avec les partenaires sociaux ont permis de créer un climat favorable à une version « apaisée » du texte, avant sa présentation au Parlement.
Le ministre a identifié trois chantiers prioritaires. Le premier concerne le travail à temps partiel, appelé à offrir davantage de flexibilité aux entreprises et aux salariés. « Aujourd’hui, personne au Maroc ne peut avoir deux employeurs déclarés à la CNSS », a-t-il rappelé, estimant que ce dispositif permettrait d’ouvrir de nouvelles perspectives, notamment dans les secteurs saisonniers ou pour les femmes souhaitant adapter leur rythme professionnel.
Le second axe porte sur le télétravail, que Younes Sekkouri décrit comme « une question de fiscalité autant que d’organisation ». Il a plaidé pour des incitations à destination des entreprises afin de promouvoir des modèles hybrides, citant l’exemple d’une société technologique installée à Oujda ayant adopté ce mode de fonctionnement « de façon systématique », tout en maintenant des liens avec Casablanca.
Enfin, la réforme abordera l’économie des plateformes, un secteur en plein essor où se posent des questions de statut, de rémunération et de protection sociale. « Nous sommes pro-business, mais nous devons protéger nos concitoyens, surtout ceux qui n’ont pas les moyens de se protéger eux-mêmes », a insisté le ministre, appelant à renforcer les garanties offertes aux travailleurs du numérique au-delà du minimum légal.
Younes Sekkouri a conclu en annonçant que les consultations seront élargies dans les prochaines semaines à ceux « qui ne sont pas dûment représentés dans les institutions ». L’objectif est d’adapter le futur Code du travail aux réalités économiques et sociales du pays, tout en restant fidèle à sa philosophie : « La loi n’a pas pour vocation de piéger la société, mais de l’accompagner ».