La campagne agricole 2025-2026, qui a démarré en septembre dans l’attente de son lancement officiel, est engagée dans des conditions climatiques peu favorables.
Lors de son passage au Parlement dans le cadre de l’examen des budgets sectoriels, Ahmed El Bouari, ministre de l’Agriculture, a fait le point.
Des conditions climatiques tendues, à peine 452 Mm3 alloués à l’irrigation
Pour la campagne 2025-2026, les conditions climatiques sont pour le moment marquées par un déficit pluviométrique prononcé, d’après le ministre, avec seulement 10,8 mm de précipitations.
Celles-ci sont en baisse de 74% par rapport à la saison précédente (42 mm) et de 70% par rapport à une année normale, fondée sur la moyenne des trente dernières années (36 mm).
Les barrages à vocation agricole affichent un volume stocké de 3,9 milliards de m3 (MMm3), correspondant à un taux de remplissage de 28%.
Dans ce contexte tendu, 452 Mm3 ont été alloués à l’irrigation, ce qui représente 8% des besoins, en attendant une amélioration des conditions hydriques. « L’an dernier, l’activité agricole avait bénéficié d’un volume d’irrigation couvrant 18% des besoins », a souligné Ahmed El Bouari.
Olives : une production prévue en augmentation de 111% par rapport à l’an passé
– plus de 1,5 million de quintaux (Mq) de semences sélectionnées à des prix subventionnés ;
– 650.000 tonnes d’engrais phosphatés au même tarif que l’année précédente, ainsi que la programmation de 400.000 hectares en semis direct ;
– la programmation de 400.000 ha en semis direct.
Dans les périmètres irrigués, « la priorité a été accordée à l’irrigation destinée à sauver les arbres fruitiers et les cultures permanentes », a précisé Ahmed El Bouari en commission, soulignant que les autorités concernées suivent de près l’évolution de la situation hydrique au niveau des bassins afin d’ajuster les quotas d’eau alloués aux zones irriguées.
Des efforts sont également poursuivis pour améliorer la gestion de l’eau et assurer sa durabilité, notamment à travers l’entretien et la réhabilitation des réseaux d’irrigation.
Par ailleurs, « une attention particulière est portée à la mise en œuvre de la décision relative au rééchelonnement du principal de la dette et à l’exonération des pénalités de retard et des frais liés aux redevances d’eau d’irrigation, dans le but d’alléger les charges financières des agriculteurs et de les encourager à s’acquitter de leurs engagements ».
Programme d’irrigation et d’aménagement du domaine agricole
Le ministre de l’Agriculture est également revenu sur le programme d’irrigation et d’aménagement du domaine agricole, ainsi que sur les prévisions pour 2026.
Le premier programme concerne la modernisation des réseaux d’irrigation. Il est scindé en deux parties. La première a trait à la modernisation des réseaux d’irrigation dans les grands périmètres pour améliorer leur efficacité. Sur ce volet, le ministère prévoit l’achèvement des travaux sur 5.000 ha supplémentaires de réseau, portant ainsi à 69.600 ha la superficie finalisée sur la période 2020-2026.
Les travaux se poursuivront également sur près de 20.000 ha, tandis que de nouveaux chantiers seront lancés sur environ 5.360 ha, pour un budget de 684 millions de dirhams (MDH).
Le second volet est relatif à l’équipement des exploitations agricoles en irrigation localisée. Ce programme permettra de couvrir près de 30.000 ha supplémentaires, portant la superficie totale des exploitations équipées à 932.000 ha, avec un financement global d’environ 1 MMDH, provenant du Fonds de développement agricole.
Le second programme présenté par le ministre est celui de l’extension de l’irrigation, qui prévoit, pour 2026, le lancement des travaux sur 20.000 ha supplémentaires dans le cadre du projet Saïss, ainsi que le démarrage des chantiers sur 30.000 ha au niveau du périmètre irrigué du Gharb. L’ensemble de ces actions mobilise un budget de 2,5 MMDH.
Enfin, le troisième programme concerne l’irrigation de petite et moyenne hydraulique, qui prévoit la poursuite des travaux sur une superficie de 20.000 ha, répartis sur l’ensemble des régions concernées, pour un budget de 784 MDH.
Ses principaux volets portent sur la réhabilitation des seguias et des khettaras, ainsi que sur la construction et la remise à niveau des ouvrages de mobilisation de l’eau et de recharge des nappes souterraines.