Bank Al-Maghrib avait annoncé son intention de créer un fonds d’acquisition, lors du GITEX Africa. Ce fonds viendra en soutien aux commerçants afin de les encourager à adopter le paiement électronique. Aujourd’hui, la conception du projet est dans ses phases finales avant un déploiement progressif dans les prochains mois.
Le fonds aura pour but d’encourager le paiement par carte bancaire chez les petits commerçants. Ce dernier constitue aujourd’hui le maillon faible de l’acceptation du paiement électronique au Maroc. C’est ce qu’a déclaré Hakima Alami, directrice de la Surveillance des systèmes et moyens de paiement chez Bank Al Maghrib.
Le processus de concertation se poursuit avec les partenaires que sont le département du Commerce et les établissements de paiement concernés afin de cibler les segments prioritaires et démarrer une phase pilote dès le premier semestre de 2026, a-t-elle précisé à Médias24.
Lors de sa participation à une conférence sur « Le futur de l’économie du digital du Maroc », organisée ce 26 novembre par le Policy Center of the New South en partenariat avec Visa, elle a annoncé que ce fonds devrait se déployer en trois axes :
- Faciliter l’équipement en terminaux électroniques ou moyens alternatifs. D’après elle, « c’est inconcevable qu’on puisse encore parler du coût du TPE comme barrière au paiement électronique ».
- Supporter une partie ou la totalité du coût de la transaction. Car même si les taux de commission d’interchange ont été revus à l’affaire NAPS-CMI, le coût reste important pour les petits commerçants qui ont des marges réduites, notamment dans les produits de grande consommation et dans le monde rural.
- Enfin, une large campagne de communication devra être menée afin de participer à changer la culture des commerçants et des consommateurs vis-à-vis des moyens de paiement électroniques, et d’éduquer quant aux avantages et aux risques qui y sont associés.
C’est donc un programme ambitieux qui cible une catégorie de commerçants dont l’activité est caractérisée par « des marges réduites, la prééminence de l’informel et la crainte de l’exposition fiscale ». C’est le fruit d’une étude et d’un benchmark de pays qui ont mené des expériences similaires. Il est conçu comme un fonds d’amorçage, qui sera alimenté par la Banque centrale et qui sera limité dans le temps.
Hakima Alami a par ailleurs rappelé le succès relatif du paiement électronique au Maroc qui a pu, en une dizaine d’années, passer de 6% à 34% du total des transactions effectuées.
Dans le même registre, elle a exprimé son scepticisme face aux objectifs de « Cashless » (zéro cash) poursuivis par quelques pays. D’après elle, ces politiques ont montré leurs limites, alors que Bank Al-Maghrib vise à diversifier les moyens de paiement, optant pour un objectif de « less cash » (moins de cash).