Le créateur de contenu Ilyas El Malki se retrouve une nouvelle fois derrière les barreaux. Cette fois, pour des faits bien plus graves que les deux précédentes.
Après les tiktokeurs Adam Benchekroun et “Moulinex”, c’est Ilyas El Malki qui tombe à son tour pour ce que la “cellule zero tafaha” qualifie de lutte contre les contenus jugés nocifs. Le streamer passera devant le tribunal de première instance d’El Jadida ce vendredi 28 novembre. Il connaît sa troisième incarcération, avec cette fois une liste d’accusations beaucoup plus lourde.
L’affaire démarre autour d’une plainte des chauffeurs de taxis. Une association les représentant affirme que le streamer les a insultés dans ses contenus. Mais après avoir été déféré devant le parquet ce jeudi 27 novembre, la situation du streamer change complètement.
Me Bouchaib Soufi, avocat au barreau de Rabat, qui se présente comme membre de la “cellule zero tafaha”, a annoncé dans une déclaration à la presse devant le tribunal que cette cellule a elle-même porté plainte contre le streamer. Ses déclarations expliquent l’escalade du dossier et la multiplication des poursuites.
Les chefs d’accusation retenus à ce stade couvrent un large éventail d’infractions numériques et de délits. Les autorités poursuivent le streamer pour “récidive dans la diffusion de contenus mensongers portant atteinte à la vie privée et à la réputation de plusieurs personnes”.
Le dossier inclut aussi la “diffusion de compositions fabriquées à partir de l’image ou des propos d’autrui sans consentement”, sachant que le streamer est connu pour son contenu “react” ; c’est-à-dire qu’il réagit à du contenu d’autrui.
Souvent, il diffuse ses échanges avec d’autres personnes, notamment en partageant en stream des appels en visioconférence.
Un acte d’accusation chargé
La liste continue avec l’injure et la diffamation publiques, y compris lorsqu’elles ciblent une femme. Les poursuites incluent également des menaces de commettre un acte d’agression.
L’article 425 du Code pénal prévoit, dans ce cas, une peine d’un à trois ans de prison et une amende pouvant atteindre 500 DH.
Le parquet ajoute aussi des accusations de menaces et d’injures envers une femme, d’incitation à commettre des délits, ainsi que d’incitation à la discrimination et à la haine par voie électronique.
De plus, le dossier comporte un volet lié à la pudeur, sachant que l’article 483 sanctionne l’outrage public à la pudeur par des gestes ou actes obscènes, avec des peines allant jusqu’à deux ans de prison.
La partie la plus lourde concerne le volet prostitution. Les poursuites évoquent le recrutement de personnes à des fins de prostitution par des moyens électroniques, avec utilisation potentielle de supports d’enregistrement ou d’images. Elles mentionnent aussi l’envoi de messages à un public déterminé ou indéterminé, ainsi que l’incitation de mineurs à la prostitution, leur encouragement ou la facilitation de ces actes.
Il convient de noter que l’article 497 inflige entre deux et dix ans de prison, en plus d’une amende de 20.000 à 200.000 DH.
Le parquet liste aussi une accusation d’atteinte à la religion islamique ; de possession et consommation de stupéfiants et de dissimulation de pièces utiles à la recherche judiciaire.
L’audience de ce vendredi 28 novembre doit clarifier la suite du dossier.