La relance de la station touristique d’Oukaïmeden continue de buter sur des obstacles administratifs. Le dernier en date concerne le marché de restructuration lancé par la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), qui n’avait enregistré qu’un seul candidat : l’entreprise autrichienne Doppelmayr, spécialiste mondial des remontées mécaniques et transports par câble. Malgré l’absence de concurrents, cette dernière a finalement été écartée de la procédure.
En septembre dernier, la SMIT avait lancé un appel d’offres destiné à sélectionner un opérateur chargé de la restructuration de la station d’Oukaïmeden. Selon l’extrait du procès-verbal, Doppelmayr était le seul soumissionnaire et le seul à avoir déposé une candidature pour ce marché, dont l’estimation s’élève à près de 75 millions de DH. Pourtant, l’extrait du procès-verbal d’attribution consulté ne mentionne aucune justification quant à l’exclusion de l’entreprise autrichienne, laissant le chantier sans adjudicataire.
Depuis 2022, les initiatives visant à redynamiser la station se succèdent. Le programme global de revalorisation atteint un investissement de 395 MDH dans le cadre d’un partenariat public-privé. Cette enveloppe se répartit entre le développement structurel et touristique de la station (230 MDH) et le renforcement de sa connectivité routière (165 MDH).
Dans le cadre de cette stratégie, un appel d’offres avait également été lancé pour la gestion directe et l’exploitation de la station. Ce marché avait été remporté par le groupement STEM-Louka Park, selon les documents d’attribution, avec une redevance annuelle fixée à 2 MDH. Toutefois, cet appel d’offres a été annulé en avril 2023.
À l’époque, le directeur général de la SMIT, Imad Barrakad, expliquait que la décision était liée à la finalisation des bases juridiques de la convention-cadre signée avec l’ONEE en 2022. L’ONEE demeure en effet l’opérateur responsable des remonte-pentes, télésièges et installations mécaniques existantes ou à venir au sein de la station.
La restructuration attendue, si elle devait aboutir cette fois-ci, nécessiterait un investissement de 270 MDH, mobilisé dans le cadre d’un montage public-privé. Mais l’écartement du seul candidat qualifié laisse planer un doute supplémentaire sur le calendrier de réalisation de ce projet stratégique pour la région.