Le plan vise d’abord à accélérer la montée en puissance de la formation professionnelle privée comme levier direct d’employabilité.
L’idée centrale est de faire du privé un partenaire encore plus opérationnel de l’État, capable de former plus vite, mieux, et plus près des besoins concrets du marché du travail.
Les défis de la formation professionnelle
Selon Chakib Alj, président de la CGEM, ce plan va permettre de surmonter plusieurs défis auxquels la formation professionnelle privée fait face.
« Les établissements privés sont confrontés à des procédures de qualification et d’accréditation complexes et longues, qui retardent l’ouverture de nouvelles filières pourtant essentielles pour répondre à l’évolution des métiers. À cela s’ajoute la lourdeur des mécanismes de reconnaissance des diplômes, qui nuit à la fluidité des parcours et à la crédibilité des programmes auprès des entreprises et des familles », indique-t-il.
« Un autre défi majeur concerne la mise à jour des fiches normes qui ne suit pas toujours le rythme des transformations sectorielles. Dans une économie où les technologies évoluent rapidement, un référentiel qui n’est pas actualisé devient un frein à l’employabilité ».
La question de la contribution de l’État aux frais de formation est aussi au cœur du débat. « La contribution de l’État aux frais de formation professionnelle privée reste limitée et ne permet pas encore d’accompagner le développement quantitatif et qualitatif que le pays attend de la formation professionnelle privée », souligne Chakib Alj.
« La diversification des modes de formation, en particulier l’apprentissage et les cours du soir, deux axes pourtant centraux, demeure insuffisamment déployée sur le terrain, alors qu’elle pourrait transformer en profondeur l’employabilité des jeunes et répondre aux besoins de reconversion de milliers de salariés ».
Accréditation, financement et communication, les engagements du ministère
Concernant la simplification des procédures, Younes Sekkouri, ministre de l’Emploi, indique que la problématique de l’accréditation sera réglée.
« Pour la procédure d’accréditation, on ne va pas attendre la sortie de la première promotion pour donner l’accréditation. Nous allons accélérer les procédures pour être au service des apprentis et des stagiaires ».
Au sujet de la contribution de l’État aux frais de la formation professionnelle privée, Sekkouri précise : « Nous allons continuer les discussions avec le ministère des Finances pour pouvoir aboutir à une modalité beaucoup plus simple, avec un mode de distribution efficace ».
« Il y aura une convention qui sera signée incessamment pour permettre aux établissements accrédités qui le souhaitent de rejoindre les programmes d’apprentissage et de bénéficier de la contribution budgétaire de l’État selon les normes en vigueur », poursuit-il.
« Nous allons étudier la possibilité d’ouverture à d’autres contributions. Les entreprises ont le droit d’être exigeantes, mais elles doivent mettre la main à la poche. Je sais que beaucoup d’entreprises veulent contribuer pour récupérer des ressources humaines qualifiées. Mais, parfois, on ne met pas à la disposition du secteur privé des procédures directes et simples qui leur permettent d’avoir un retour sur investissement direct sur les ressources humaines », souligne Younes Sekkouri.
Par ailleurs, le ministre reconnaît un défi de communication concernant les établissements accrédités.
« On va travailler ensemble pour qu’à partir du mois prochain, on puisse lancer un programme de communication pour expliquer aux gens ce qu’est un établissement accrédité, et que l’établissement accrédité, c’est du lourd en matière de travail et de normes », conclut-il.