L’ouverture du procès du Pr Ahmed Kailech se tiendra ce vendredi 12 décembre devant la section des crimes financiers de la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Marrakech.
L’ancien coordinateur du master “Système pénal et gouvernance sécuritaire” à l’Université Ibn Zohr d’Agadir devra répondre de faits de “corruption” et de “trafic d’influence”.
Ce dossier, qualifié de “vente de diplômes”, suscite un vif intérêt dans le milieu universitaire et judiciaire depuis le mois de mai dernier.
Lors de cette première audience, quatre autres personnes comparaîtront avec lui. Les autorités les considèrent comme complices présumés à ce stade. Les poursuites les visent pour complicité par rapport aux faits reprochés au professeur.
Le nombre des mis en cause a évolué. Il était de quatre personnes au moment de l’instruction. Il atteint désormais six individus.
Plusieurs diplômes remis en cause
L’affaire avait éclaté en mai 2025 et provoqué un large écho. Les soupçons portaient sur les conditions d’accès au diplôme du master dédié au système pénal et à la gouvernance sécuritaire. Pr Kailech dirigeait cette formation stratégique. Les enquêteurs ont placé le professeur en détention préventive en phase d’instruction.
Sur les réseaux sociaux, des inquiétudes sont vite apparues autour de la valeur des diplômes et des compétences réelles des lauréats de ce master ; surtout que certains diplômés exercent aujourd’hui dans le domaine du droit.
Dans ce contexte, l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC) a annoncé le 23 mai 2025 avoir saisi l’Agent judiciaire du Royaume pour présenter les demandes civiles au nom de l’État marocain dans cette affaire.
L’Instance explique avoir reçu des alertes concordantes sur des faits susceptibles de constituer des infractions de corruption. Et puisque la justice traitait déjà le volet pénal. L’INPPLC s’est alors concentrée sur l’action civile conformément aux dispositions légales.
Par ailleurs, il convient de préciser que même si les faits reprochés au Pr Kailech et à ses complices présumés ont eu lieu à Agadir, le procès se déroule à Marrakech. Et ce, car la compétence relative aux crimes financiers est limitée à certaines juridictions spécialisées. La Cour d’appel de Marrakech, compétente en la matière, s’impose ainsi comme la plus proche géographiquement.