Le Brent est retombé sous la barre des 60 dollars le baril, un niveau qui n’avait plus été observé depuis février 2021.
Au moment de la publication de cet article, le prix s’établit autour de 59,8 dollars. Sur un an, ce repli représente une baisse d’environ 18,5%.
Qu’en est-il du Maroc ?
Le Maroc reste importateur net d’énergie, et si cette baisse s’installe dans la durée, elle devrait, en principe, se traduire par une facture énergétique moins élevée. C’est ce que montre le bulletin de l’Office des changes au titre du mois d’octobre 2025, avec une facture énergétique en baisse, en glissement annuel, de 4,2 MMDH, soit 4,4%.
Cependant, le vrai sujet reste la répercussion des baisses observées sur les marchés internationaux vers les prix à la pompe, un point qui fait toujours débat.
La répercussion vers le consommateur n’a toutefois rien d’automatique. Les prix à la pompe ne suivent pas le Brent en temps réel. Ils dépendent des cours du pétrole raffiné, qui peuvent avoir une trajectoire propre, et d’une combinaison de facteurs, lesquels peuvent retarder l’ajustement ou en réduire l’ampleur à court terme.
Médias24 avait analysé et quantifié le pass-through des variations des prix vers les prix à la pompe sur la période allant du T3-2024 au T2-2025. Le constat est que les baisses se transmettent de façon incomplète.
Une baisse malgré les tensions géopolitiques
Le pétrole recule alors même que les tensions géopolitiques ne disparaissent pas. Les opérateurs regardent d’abord l’équilibre global entre l’offre et la demande, puis ils ajoutent une prime de risque quand un événement politique surgit. En ce moment, la prime de risque existe, mais elle ne suffit pas à inverser la tendance.
Lors de la séance du 17 décembre, le Brent a clôturé à 59,68 dollars le baril, en hausse de 1,3% par rapport à la séance du 16. Le déclencheur de ce rebond était géopolitique.
En effet, il s’agit du blocage américain des pétroliers sous sanctions entrant et sortant du Venezuela. Le message a été immédiatement interprété comme un risque de perturbation de l’offre, donc comme un facteur haussier à court terme.
Ces volumes représentent environ 1% de l’offre mondiale, ce qui peut créer de la volatilité, mais pas forcément pour changer une dynamique mondiale si les investisseurs estiment que le marché est déjà bien approvisionné.
En face, les facteurs de baisse sont plus lourds parce qu’ils concernent l’ensemble du marché. Les prix avaient déjà touché des niveaux très bas, sur fond de discussions autour d’un possible progrès vers une paix entre la Russie et l’Ukraine.
Si un accord se concrétise, ou si les sanctions sur Moscou s’allègent, de l’offre pourrait circuler plus facilement.
Les données américaines d’inventaires ont aussi joué un rôle important dans la détente des prix. Les stocks de produits raffinés ont augmenté significativement. Les stocks d’essence ont progressé de 4,8 millions de barils.