L’architecte et anthropologue marocaine, le Dr Salima Naji, a remporté le Prix international des femmes architectes de l’année 2025, décerné par l’Association pour la recherche sur la ville et l’habitat (ARVHA), dans le cadre de la 13ᵉ édition du Prix des femmes architectes.

Créé pour mettre en lumière les parcours et les réalisations de femmes architectes, ce prix vise à encourager la parité dans une profession encore largement dominée par les hommes, tout en offrant des modèles inspirants aux jeunes générations. Le Prix international distingue plus spécifiquement des femmes architectes non françaises, inscrites à l’Ordre des architectes, pour la qualité et l’impact de leurs œuvres construites.

Originaire de Rabat, Salima Naji s’est imposée au fil des deux dernières décennies comme une figure majeure de l’architecture contemporaine marocaine, à la croisée de la recherche anthropologique, de la sauvegarde du patrimoine et de l’architecture durable. Son travail se distingue par une approche profondément ancrée dans les territoires, privilégiant les matériaux locaux, les savoir-faire vernaculaires et l’implication des communautés.

Parmi ses projets emblématiques figure la régénération de la citadelle d’Agadir Oufella (2017-2022), monument historique dominant la baie d’Agadir, où la restauration patrimoniale s’est accompagnée d’une requalification culturelle et paysagère du site. Elle a également conduit la réhabilitation de la Kasbah Aghenaj à Tiznit, intégrant remparts restaurés, théâtre de plein air, centre d’interprétation du patrimoine et centre d’archives, et transformant un site historique en véritable lieu de vie.

Son engagement s’exprime aussi dans des projets à forte portée sociale et environnementale, tels que le collège du plateau de Timenkar dans le Haut Atlas, conçu dans un esprit néo-vernaculaire post-séisme, ou encore la Maison de la maternité de Tissint, réalisée en terre et en pierre, pensée comme une réponse architecturale adaptée aux contextes climatiques et culturels locaux.

Salima Naji est également à l’origine de nombreuses opérations de réhabilitation de bâtiments historiques, notamment le souk colonial de Tablaba, la Villa Carl Ficke à Casablanca, l’ancien tribunal colonial de Tafraout, ainsi que plusieurs centres culturels, musées, maisons des femmes et équipements publics dans les régions de Tiznit, Tata, Oued Noun et Taroudant.

À travers l’ensemble de son œuvre, Salima Naji défend une architecture respectueuse de la mémoire des lieux, tournée vers la transmission, la résilience et le développement durable. En lui attribuant le Prix international des femmes architectes 2025, l’ARVHA salue un parcours exemplaire, où l’architecture devient un levier de revalorisation du patrimoine, de cohésion sociale et d’émancipation culturelle.