Au Maroc, le secteur des taxis se trouve à un tournant. S’il constitue encore l’un des principaux moyens de transport dans les villes et les zones périurbaines, il se retrouve aujourd’hui confronté à une pression croissante entre l’extension des réseaux de bus modernes, des usagers de plus en plus exigeants et l’émergence d’acteurs numériques du transport.

Ce mode de mobilité urbaine est désormais contraint de se moderniser pour préserver sa place dans l’écosystème des déplacements.

C’est ce qu’a également confirmé ce lundi 22 décembre au Parlement le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, en réponse à des questions orales de parlementaires sur la situation des taxis au Royaume.

Le secteur des taxis en chiffres

M. Laftit a également rappelé l’importance de ce secteur dans l’écosystème des transports marocains. Avec environ 77.200 véhicules et près de 180.000 chauffeurs, le secteur des taxis joue un rôle social et économique important.

Pourtant, malgré les efforts de modernisation de la flotte, qui ont permis de renouveler 80% des véhicules et de réduire l’âge moyen des taxis de 25 à 8 ans, des difficultés structurelles persistent, notamment en matière de qualité de service et d’adéquation entre offre et demande.

Laftit a reconnu que, malgré les contrôles renforcés et la professionnalisation du secteur, l’insatisfaction d’une partie des usagers demeure, tout comme les déséquilibres territoriaux. Il a, dans ce sens, souligné l’essor du transport urbain par bus dans les grandes villes, couplé à l’usage croissant des services numériques ; une situation qui impose une mutation profonde du modèle taxi.

Son message était donc clair. « Si le taxi ne trouve pas sa place entre ces deux pôles, il risque de perdre sa pertinence dans le paysage des transports ».

Pour dépasser cette situation, son ministère a lancé une étude stratégique de grande envergure. Après avoir achevé le diagnostic et l’analyse des modèles internationaux, les experts travaillent sur des scénarios de réforme. Les résultats seront partagés avec tous les partenaires concernés, avant la mise en œuvre de mesures visant à moderniser et mettre à niveau ce secteur de manière définitive.

L’amélioration de la qualité du service et la préservation des intérêts des professionnels constituent les deux principaux objectifs de cette réforme.