Selon l’institution, l’économie marocaine a fait preuve d’une résilience notable en 2024, malgré le recul de la production agricole. La croissance du PIB réel a légèrement fléchi à 3,2 % contre 3,4 % en 2023. Le chômage est resté élevé, atteignant 13,3 % au quatrième trimestre, principalement en raison des pertes d’emplois dans le secteur agricole.
Pour 2025, la croissance devrait s’accélérer à 4,4 %, portée par la reprise agricole et la poursuite des investissements, avant de se stabiliser à moyen terme autour de 3,5-3,7 %.
Sur le plan budgétaire, le déficit a été contenu à 4,1 % du PIB en 2024, mieux que prévu, grâce à la hausse des recettes fiscales consécutive aux réformes. La dette publique, légèrement supérieure à 70 % du PIB, reste jugée soutenable et devrait diminuer progressivement à environ 65 % d’ici 2030, confirmant la solidité des fondamentaux macroéconomiques du Royaume.
Dans son évaluation de la performance de l’administration fiscale marocaine, le Fonds monétaire international (FMI) met en avant plusieurs avancées notables. Parmi les principaux points forts, l’institution souligne la généralisation des téléprocédures via la plateforme sécurisée SIMPL, ainsi que la promotion d’une culture axée sur le service et le civisme fiscal volontaire, permettant aux contribuables d’accéder à des informations et services adaptés à leurs besoins.
Le rapport salue également la démarche structurée de collecte de renseignements mise en œuvre par le Maroc pour détecter de nouveaux contribuables et élargir l’assiette fiscale. Toutefois, le FMI insiste sur la nécessité pour l’administration fiscale de surveiller régulièrement les pertes de recettes dues aux déclarations inexactes, en combinant mesures de contrôle et de vérification (contrôles fiscaux, enquêtes, recoupements avec des sources tierces) et actions préventives (assistance, sensibilisation et coopération avec les contribuables).
Le rapport souligne également que le Maroc a mis en place une approche centralisée de gestion des risques de non-conformité, appuyée par le système de recoupement et d’analyse des données (SRAD), évalué du 30 septembre au 13 octobre 2025 à l’aide de l’outil TADAT.
Cet outil mesure la performance fiscale à travers neuf domaines clés, allant de l’immatriculation des contribuables à la transparence et la redevabilité, en passant par la gestion des risques, le civisme fiscal, le respect des délais de déclaration et de paiement, la qualité des informations déclarées, le règlement des contentieux et la gestion efficace des recettes.
Le FMI souligne également l’importance des systèmes comptables automatisés et transparents, ainsi que du programme de contrôle fiscal basé sur les risques, dont l’exécution rigoureuse permet d’évaluer la qualité et l’efficacité des contrôles. L’institution salue enfin les efforts déployés pour assurer une contribution régulière et structurée aux prévisions de recettes, y compris le suivi mensuel et les projections des remboursements de TVA.
Malgré ces avancées, certaines faiblesses persistent, notamment la non utilisation des procédures contentieuses à la suite des contrôles fiscaux externes et les très longs délais de traitement du contentieux, que l’administration fiscale marocaine est appelée à résoudre.