Depuis quelques mois, l’idée s’est installée selon laquelle Abdellatif Jouahri, gouverneur de la Banque centrale, atteignait la fin de son mandat en ce mois de décembre 2025.
En fait, cette idée n’est pas fondée. Être le wali de Bank Al Maghrib n’est pas obligatoirement lié à un mandat administratif. La nomination est effectuée par Dahir, donc par le Roi, comme le montre l’histoire récente du Maroc et conformément aux dispositions de la Constitution. L’article 49 de la loi fondamentale précise que le wali de la Banque centrale est nommé par le Roi.
Si l’on devait retenir la notion de fin de mandat, elle ne concernerait donc que les six membres indépendants du conseil de l’institution.
Voici la composition du conseil :
– le Wali de Bank Al-Maghrib, président ;
– le directeur général de la Banque ;
– le directeur du Trésor et des finances extérieures au sein du ministère chargé des finances. Celui-ci ne prend pas part aux votes de décisions relatives à la politique monétaire ;
– six membres désignés par le Chef du gouvernement :
- dont trois sur proposition du Wali de Bank Al-Maghrib, parmi les personnes connues pour leurs intégrité et compétence en matière monétaire, financière ou économique, n’exerçant aucun mandat électif public et n’occupant aucun poste de responsabilité dans des entreprises publiques ou privées ou dans l’administration publique.
- Les trois autres sont proposés par l’autorité chargée des finances et doivent remplir les mêmes conditions.
Ce sont donc les six membres choisis intuitu personae qui sont concernés ou pourraient l’être. De surcroit, selon nos informations, en répondant à une question sur la fin de mandat lors de sa conférence de presse de septembre 2025, Jouahri faisait allusion à ces six membres.
En réalité, comme pour toute décision dépendant directement du Chef de l’État, la décision concernant le mandat du wali et sur le choix de la personnalité qui l’exerce appartient au Roi.
Le Roi Mohammed VI décidera-t-il de garder Jouahri au moins une année supplémentaire en raison du contexte électoral nécessitant une personnalité indépendante déjà installée ? De surcroît, l’année 2026 verra de nouvelles mesures de ciblage de l’inflation. Ou bien décidera-t-il de nommer un nouveau wali de la Banque centrale ?
Toute réponse ne serait que pure spéculation.