Interpellée ce lundi 5 janvier à la Chambre des représentants sur la hausse des prix du poisson et la rareté de certaines ressources halieutiques, la secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich, a indiqué que les prix demeurent actuellement « relativement raisonnables », compte tenu de plusieurs facteurs, notamment les conditions climatiques, le coût des sorties en mer, la chaîne du froid, ainsi que les marges des intermédiaires et des détaillants.

Dans ce cadre, elle a mis en avant ce qu’elle qualifie d’efforts déployés pour « assurer l’approvisionnement des marchés nationaux en produits alimentaires, afin de réguler les prix et de lutter contre toutes les formes de pratiques illégales et de spéculation ».

« Le Maroc dispose de ressources halieutiques importantes, mais il convient de rappeler que 80% de la réserve sont constitués de poisson pélagique, principalement la sardine et le maquereau, contre 20% de poisson blanc », a-t-elle précisé.

La secrétaire d’État a ajouté que la priorité est aujourd’hui la préservation des stocks de poisson. « En coordination avec le ministère de l’Industrie, nous avons constaté une rareté de la sardine. C’est pourquoi, à compter du 1er février 2026, le gouvernement interdira l’exportation de la sardine congelée afin de garantir une meilleure disponibilité sur le marché intérieur ».

Cette mesure contribuera, selon elle, à renforcer l’approvisionnement du marché national et à maintenir les prix à des niveaux acceptables. Elle a également annoncé que des initiatives spécifiques seront mises en œuvre durant le mois de ramadan pour garantir l’approvisionnement du marché local en poisson congelé.

Cette déclaration intervient alors que l’Union nationale des industries de la conserve des poissons (UNICOP) tire la sonnette d’alarme. D’après les données de l’Office national des pêches (ONP), les débarquements de sardines ont reculé de 46% en deux ans, passant de 965.000 tonnes en 2022 à 525.000 tonnes en 2024. L’interdiction de l’exportation de la sardine congelée figure parmi les recommandations de la fédération pour préserver cette ressource.

Les conséquences sociales de la rareté de la ressource pourraient être lourdes, avec près de 35.000 emplois menacés, les activités des usines ayant enregistré une baisse de 50%.

68 marchés digitalisés

Interrogée sur le chantier de digitalisation du secteur, la secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime a affirmé que 68 marchés de vente ont été digitalisés, sur un total de 76. « Un système numérique a été déployé au niveau des marchés de première vente, garantissant transparence et traçabilité pour les acheteurs ».

La digitalisation s’étend également aux zones de pêche, l’ensemble des navires opérant dans les eaux marocaines étant désormais suivis par satellite. Pour lutter contre la pêche illégale et les embarcations sans autorisation, le gouvernement a mis en place le système RFID (identification par radiofréquence des barques de la pêche artisanale), destiné à contrôler et à suivre exclusivement les bateaux disposant d’un permis de pêche.

La ministre a précisé que la digitalisation concerne aussi les activités de recherche scientifique, les plans d’aménagement, les moyens de production, ainsi que le développement du système de commercialisation des produits de la mer.