Datée du 24 décembre 2025, une circulaire de l’Administration des douanes et des impôts indirects (ADII) impose désormais des licences d’importation, pour les dattes et l’huile d’olive.

Ce document s’inscrit dans l’application d’une décision du ministère de l’Industrie et du commerce, publiée le 11 décembre au Bulletin officiel, fixant la liste des marchandises soumises à des mesures visant à instaurer des restrictions quantitatives à l’importation et à l’exportation. Les dattes figurent parmi les produits concernés.

Contactées par nos soins, des sources professionnelles expliquent qu’il existe deux cas de figure.

« Les importations de dattes engagées avant le 24 décembre seront autorisées au niveau des Douanes, dans la mesure où les importateurs n’avaient pas connaissance de ces nouvelles mesures. Ces marchandises pourront donc accéder au territoire national sans licence ».

Dans ce cadre, « un recensement de l’ensemble des déchargements arrivés dans les ports marocains a été effectué par la Fédération interprofessionnelle nationale de la filière des dattes (Maroc Dattes). Les connaissements des navires ont été vérifiées afin de s’assurer que les bateaux avaient quitté les ports d’origine avant le 24 décembre », précisent-elles.

« Ces cargaisons se trouvent actuellement dans plusieurs ports marocains, notamment Casablanca et Tanger, et les services des Douanes n’attendent qu’une décision de l’État pour autoriser leur dédouanement ».

Aucune licence d’importation de dattes depuis le 24 décembre

« En revanche, toute importation réalisée après le 24 décembre est soumise à une demande préalable de licence », ajoutent nos sources. À ce jour, « des demandes ont bien été déposées par certains importateurs, mais aucune n’a encore été approuvée ».

« Cette mesure vise à protéger les producteurs nationaux, en particulier les agriculteurs des oasis, ainsi que la production nationale », expliquent les professionnels du secteur. « L’État anticipe une forte récolte cette année, estimée à environ 160.000 tonnes. Par ailleurs, nous disposons déjà de stocks importants dans les chambres froides, et près de 20.000 tonnes de dattes se trouvent actuellement dans les ports ».

Dans ce contexte, la Fédération Maroc Dattes a attiré l’attention des pouvoirs publics sur la nécessité de limiter les importations, afin de permettre aux agriculteurs des oasis, notamment à Zagora, Tata et dans d’autres régions, d’écouler leur production. Cette décision vise également à préserver l’équilibre des prix sur le marché national.

« La consommation nationale durant le mois de Ramadan est estimée entre 30.000 et 45.000 tonnes, un volume que la production nationale devrait largement dépasser », soulignent nos interlocuteurs. « L’importation mobilise des devises, et près d’un tiers des volumes importés ne sont ni vendus ni consommés, ce qui constitue un gaspillage ».

Cela dit, le gouvernement ne ferme pas totalement la porte aux importations de dattes. En cas de besoin avéré du marché, des licences pourraient être accordées.