Les autorités marocaines ont saisi, au cours des trois dernières années, plus de 4 millions de comprimés psychotropes, principalement introduits en contrebande au Maroc depuis les pays voisins, a fait savoir, le lundi 19 janvier à Casablanca, le préfet de police, chef de l’Institut des sciences forensiques de la sûreté nationale, Taoufik Sayerh.

« La consommation et la toxicomanie sont reconnues comme un problème majeur de santé publique au Maroc, et la lutte contre le trafic de drogue est une priorité nationale », a souligné Taoufik Sayerh dans une allocution au nom de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) à l’occasion du 5e Symposium international des directeurs des laboratoires d’analyse médico-légale des drogues qui se tient du 19 au 23 janvier à Casablanca.

Rien qu’en 2025, plus de 1,6 million de ces comprimés ont été saisis, soit une augmentation de 10% par rapport à 2024, a-t-il précisé.

« Avec l’apparition de nouvelles substances psychoactives, la sophistication des réseaux de production, la complexité des routes de transit et le rajeunissement des usagers de la consommation, avec une tendance à la banalisation, ce trafic constitue aujourd’hui l’un des pires fléaux qui menace la santé publique, et qui a une incidence négative sur l’économie des pays, la sécurité et l’ordre public, et par conséquent, nuit au développement des pays », a-t-il souligné, notant que cette situation exige une réponse non seulement ferme, mais surtout scientifiquement rigoureuse.

Convaincu de la collaboration avérée entre les trafiquants de drogue et divers acteurs non étatiques, y compris les groupes terroristes et séparatistes qui utilisent les profits générés par leurs activités illicites pour exacerber l’instabilité régionale, le Maroc poursuit une stratégie multidimensionnelle combinant la répression, la coopération internationale et une approche de santé publique pour lutter contre le trafic de stupéfiants et les drogues de synthèse, a relevé Taoufik Sayerh.

Pour lutter efficacement contre les effets néfastes de ce trafic, le Maroc a mis en place une stratégie globale et intégrée de lutte contre le trafic de drogue et de substances psychotropes, périodiquement alignée sur les résolutions adoptées par les organes des Nations unies et axée sur la réduction de l’offre, la prévention de l’abus et de la consommation de drogues et la lutte contre le trafic illicite ainsi que le renforcement de la coopération internationale, a-t-il fait remarquer.

Le chef de l’Institut des sciences forensiques de la sûreté nationale a expliqué que le Royaume a intégré, en tant que membre actif, la Coalition mondiale contre les menaces liées aux drogues de synthèse, lancée en 2023 sous l’égide des États-Unis d’Amérique, pour coordonner la riposte contre les nouveaux produits de synthèse.

Le Maroc a aussi renforcé le contrôle des flux de passagers et de marchandises, notamment via les ports et aéroports, pour contrer la contrebande de comprimés psychotropes, a-t-il poursuivi, notant que grâce à une forte mobilisation contre ces drogues, des saisies records de substances synthétiques ont été enregistrées par la DGSN en 2025 lors d’opérations ciblées.