Après avoir acté que le transport via applications numériques ne relevait pas de ses prérogatives, le ministère du Transport et de la Logistique a renvoyé la balle dans le camp du ministère de l’Intérieur. Une clarification qui a poussé le Syndicat démocratique du transport (SDT) à changer de stratégie et à intensifier, cette fois-ci, ses démarches auprès du département de l’Intérieur, compétent en matière de transport urbain.
Regroupant également des chauffeurs opérant via des applications de type VTC, le SDT a décidé d’adresser des demandes formelles au ministère de l’Intérieur, dans la continuité de la première série de courriers envoyés au ministère du Transport. Une initiative qui, rappelons-le, avait abouti à une réponse officielle, même si celle-ci se limitait à rappeler l’absence de cadre juridique spécifique pour ce type d’activité.
Une nouvelle pression institutionnelle
Selon le syndicat, environ une centaine de demandes, plus ou moins, ont été transmises au ministère de l’Intérieur sous forme de lettres, cosignées par les chauffeurs VTC concernés et portées par le SDT. Ces dossiers contiennent des informations détaillées sur chaque conducteur : nom et prénom, numéro de la CIN, coordonnées téléphoniques, ancienneté dans l’activité, applications utilisées, ainsi que d’autres éléments jugés clés.
« Le plus important, c’est le numéro de téléphone professionnel du chauffeur », souligne Samir Faraby, secrétaire général du SDT, contacté par Médias24. « À travers ce numéro, les autorités peuvent facilement retracer l’identité du chauffeur, le nombre de courses effectuées, les villes couvertes, les commissions perçues, ainsi que les évaluations laissées par les clients », explique-t-il, mettant en avant la transparence et la traçabilité offertes par les plateformes numériques.
Une « lueur d’espoir » après les propos de Laftit
Pour le syndicat, cette nouvelle démarche s’inscrit dans un contexte jugé plus favorable. Samir Faraby dit voir une brèche d’espoir dans les récentes déclarations du ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, qui avait affirmé que « le taxi doit se moderniser pour survivre face au numérique ».
« Cette déclaration n’est pas anodine », estime le président du SDT. « Elle montre que les pouvoirs publics sont conscients des mutations du secteur et qu’une régulation des applications VTC, ainsi que de la situation des chauffeurs qui y opèrent depuis des années, est désormais envisageable à court ou moyen terme ».
En attendant une réponse officielle du ministère de l’Intérieur, les chauffeurs VTC continuent d’exercer dans un vide juridique qui alimente incertitudes et tensions avec les autres acteurs du transport urbain, notamment les taxis. Reste à savoir si cette nouvelle salve de demandes formelles ouvrira enfin la voie à une réforme attendue de longue date.