Une mobilisation de parents d’élèves a eu lieu ce mardi matin devant plusieurs établissements français au Maroc, à la suite de l’annonce de nouvelles hausses des frais de scolarité pour l’année scolaire 2026-2027. Des sit-in ont été observés à Rabat et à Kénitra, rassemblant des familles de la mission française qui dénoncent des augmentations jugées importantes et un manque de concertation.
À Rabat, les rassemblements ont concerné les établissements École Paul Cézanne, École Albert Camus, Lycée Descartes et École Pierre de Ronsard. À Kénitra, un sit-in s’est tenu devant le groupe scolaire Honoré de Balzac. Les parents mobilisés disent vouloir alerter sur l’impact budgétaire de ces décisions et réclament davantage de transparence.
Des hausses annoncées pour la rentrée 2026-2027
Selon un document attribué au Groupement d’établissements en gestion directe de l’AEFE de Casablanca-Mohammédia, signé par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), une augmentation moyenne de 6% serait appliquée à compter de la rentrée 2026.
Les droits annuels de scolarité, exprimés en dirhams, seraient fixés comme suit pour l’année 2026-2027 :
- Maternelle : 43.000 DH (Français) / 53.400 DH (Nationaux et tiers)
- Élémentaire : 40.800 DH / 50.100 DH
- Collège : 44.500 DH / 54.800 DH
- Lycée : 48.200 DH / 60.700 DH
À ces montants s’ajouteraient des droits de première inscription de 30.000 DH, applicables à tous les niveaux et à toutes les nationalités.
Un malaise récurrent autour des frais de scolarité
La mobilisation observée à Rabat et à Kénitra s’inscrit dans un contexte plus large de tensions récurrentes entre établissements privés et parents d’élèves autour de la question des frais de scolarité. Ces dernières années, plusieurs associations de parents ont exprimé leur inquiétude face à des augmentations qu’elles jugent difficiles à anticiper, dans un cadre où la scolarisation s’inscrit généralement sur le long terme.
Au-delà des montants eux-mêmes, les familles mobilisées mettent en avant la question de la concertation et de la visibilité financière. Elles estiment que les décisions tarifaires, lorsqu’elles sont annoncées sans échanges préalables, fragilisent la relation de confiance avec les établissements et compliquent la planification budgétaire des ménages.
Sur le plan juridique, les établissements privés disposent d’une large liberté pour fixer leurs tarifs, dans le respect du droit commun et des règles de protection du consommateur. En l’absence de cadre réglementaire spécifique encadrant l’évolution des prix dans le temps, les contestations portées par les parents traduisent une demande persistante de règles plus lisibles et de mécanismes de dialogue en amont.
Les sit-in de ce mardi matin marquent ainsi une nouvelle étape dans ce débat, alors que les familles concernées attendent des clarifications sur les modalités et les justifications des hausses annoncées.