« L’idée, c’est de déposer (…) des actions individuelles coordonnées, conjointes, et d’être le plus nombreux possible pour réclamer à Apple un dédommagement », a indiqué à l’AFP l’avocat Julien Bayou, ancien dirigeant du parti écologiste EELV, à l’origine de cette initiative avec son équipe et celle du cabinet Phaos.

Il appelle les détenteurs d’un appareil Apple disposant de Siri ces dix dernières années à se joindre à l’action collective via un site internet dédié – ecoutesabusives.fr – jusqu’à la fin du mois de juin.

A l’issue de l’examen des dossiers, les avocats lanceront « une mise en demeure et une tentative de conciliation » avec Apple. Si elle échoue, « nous irons en justice », a assuré Julien Bayou, confirmant une information du Parisien.

Aux États-Unis, le géant américain a accepté le 2 janvier de payer 95 millions de dollars pour mettre fin à des poursuites de consommateurs américains qui l’accusaient depuis 2019 d’avoir enregistré à leur insu leurs conversations privées via Siri.

Dans cet accord, il est précisé que « Apple a toujours nié et continue de nier tout acte répréhensible et toute responsabilité présumés ».

Contacté par l’AFP, Apple n’a pas souhaité réagir sur l’action menée en France, renvoyant à des déclarations diffusées en janvier où l’entreprise assurait que Siri avait été « conçu pour protéger la vie privée des utilisateurs ».

« Apple ne conserve pas les enregistrements audio des interactions avec Siri, à moins que l’utilisateur ne donne explicitement son accord pour améliorer Siri », y indiquait également le géant californien.

Si cette action collective a pour but d’indemniser les utilisateurs français, Julien Bayou estime que des mouvements similaires pourraient s’enclencher ailleurs dans l’Union européenne.

Alors qu’aux Etats-Unis, le montant – encore en discussion – pourrait tourner autour de quelques dizaines de dollars par plaignant selon lui, il espère que les règles européennes de protection des données (RGPD), plus protectrices, permettent « d’obtenir une réparation de préjudice plus importante ».

L’avocat, qui espère réunir plusieurs milliers d’utilisateurs, plaide pour un remboursement à hauteur du prix de l’appareil, voire davantage « en fonction du profil du plaignant » et de la sensibilité des données personnelles concernées, si elles proviennent d’un médecin ou d’un militaire par exemple.

En février, le groupe américain a également été visé à Paris par un signalement et une plainte déposés par la Ligue des droits de l’homme (LDH) pour violation de la vie privée en raison d’enregistrements de conversations privées via Siri à l’insu des utilisateurs.