Aux premières heures de ce vendredi 31 mai, des témoins palestiniens ont fait état de frappes israéliennes près de Rafah (sud), nouvel épicentre de la guerre menée par Israël, en proie jeudi à d’intenses tirs d’artillerie, mais aussi dans le secteur de Nousseirat (centre).
Jeudi, des tirs d’artillerie ont eu lieu à Zeitoun, un quartier de la ville de Gaza, selon des journalistes de l’AFP. Toujours dans le nord, les forces israéliennes ont visé Beit Lahia et le camp de Jabalia, selon des témoins.
« Tout a été détruit, même les rues ont été détruites. Il y a des cadavres dans les rues, des gens tués dans les rues, nous avons même trouvé des animaux tués dans les rues. Que dire ? », a déclaré sur place à l’AFP Atef Hassouna, un Palestinien marchant dans les décombres de Jabalia.
En dépit de l’indignation internationale soulevée par le bombardement meurtrier dimanche d’un camp de déplacés à Rafah, l’armée israélienne poursuit son offensive terrestre dans cette ville surpeuplée.
« Corridor de Philadelphie »
Le déploiement terrestre à Rafah a permis à Israël de prendre le contrôle « ces derniers jours » du « couloir de Philadelphie », une zone tampon de 14 kilomètres qui borde la frontière égyptienne le long du sud de la bande de Gaza.
Le Caire et Israël se renvoient par ailleurs la responsabilité du blocage de l’acheminement de l’aide humanitaire par le poste-frontière de Rafah, seul point de passage entre le territoire palestinien et l’Egypte, depuis que l’armée israélienne en a pris le contrôle, du côté palestinien, début mai.
Selon le site Axios, les Etats-Unis prévoient une rencontre la semaine prochaine au Caire avec des responsables américains, égyptiens et israéliens pour discuter de la réouverture du terminal de Rafah et d’un plan pour sécuriser la frontière entre l’Egypte et le sud de la bande de Gaza.
Le point de passage de Rafah est crucial pour l’entrée de l’aide dont la population de la bande de Gaza, dévastée par bientôt huit mois de guerre, a désespérément besoin.
L’ONU et des ONG mettent régulièrement en garde contre un risque de famine dans le territoire palestinien assiégé, où des produits entrent au compte-goutte via d’autres passages, notamment ceux israéliens d’Erez et de Kerem Shalom où « plus de 250 camions d’aide humanitaire » sont entrés jeudi selon l’armée israélienne, un niveau en deça toutefois des besoins pour Gaza selon l’ONU.
(Avec AFP)