L’indice vedette CAC 40 abandonnait 1,16% vers 10H, ce qui représente 94,79 points, pour s’établir à 8.102,88. Jeudi, l’indice a conclu la séance en hausse de 0,29%.

« Tous les regards se tourneront vers le principal rapport sur l’emploi, qui doit être publié aujourd’hui à 14H30 et qui devrait faire état d’un gain d’environ 160.000 emplois non agricoles et d’un taux de chômage inchangé de 4% » aux Etats-Unis, note Derren Nathan, analyste chez Hargreaves Lansdown.

« Bien que des données plus faibles puissent plaider en faveur de nouvelles réductions des taux d’intérêt de la banque centrale américaine (Fed), la création d’emplois reste un moteur essentiel de la croissance économique » américaine, poursuit-il.

Dans un contexte où l’inflation « reste plus difficile à maîtriser », le « spectre des droits de douane n’est pas de nature à arranger les choses », a-t-il ajouté.

Or, « la confusion règne après un nouveau sursis annoncé à la dernière minute sur les droits de douane du gouvernement Trump aux Etats-Unis », commente Derren Nathan.

Le président républicain a mis en pause jusqu’au 2 avril les droits de douane de 25% pour les produits mexicains et canadiens respectant le cahier des charges de l’accord de libre-échange Canada-Etats-Unis-Mexique (ACEUM).

Sur le plan diplomatique, Donald Trump a mis en doute jeudi à la fois l’engagement des Etats-Unis dans l’Otan et la solidarité des pays alliés au sein de l’Alliance de défense transatlantique, s’attirant une riposte d’Emmanuel Macron, lequel a demandé du « respect ».

Réunis en sommet exceptionnel à Bruxelles, les 27 ont donné leur feu vert au plan de la Commission européenne, baptisé « Réarmer l’Europe », qui vise à mobiliser quelque 800 milliards d’euros.

La folle semaine d’Eutelsat

L’annonce lundi par le président américain Donald Trump d’une « pause » dans l’assistance militaire cruciale fournie par Washington à l’Ukraine a soulevé des interrogations autour du réseau Starlink d’Elon Musk, proche du président, très utilisé dans le pays depuis le début du conflit.

« En Europe, Eutelsat offre les mêmes capacités que Starlink en termes de couverture et de latence », a rappelé le groupe.

Si le titre reculait de 16,78% à 5,76 euros vers 09H40, il affichait une progression hebdomadaire de plus de 380% à ce stade de la séance.

Wall Street glisse

La Bourse de New York s’est nettement repliée jeudi 6 mars, plombée par la confirmation des droits de douane sur l’acier et l’aluminium, alors que les investisseurs ont accueilli avec scepticisme les reports de certaines surtaxes visant le Canada et le Mexique.

Le Dow Jones a lâché 0,99%, l’indice Nasdaq a chuté de 2,61% et l’indice élargi S&P a perdu 1,78%.

« L’humeur du marché a changé, après avoir été entièrement tournée pendant plus de deux ans vers la prise de risque », juge auprès de l’AFP Steve Sosnick, d’Interactive Brokers.

Selon l’analyste, la place américaine entre probablement « dans une période de transition », face à « un environnement difficile, avec des inquiétudes sur la faiblesse économique » des Etats-Unis et des craintes au sujet de la guerre commerciale lancée par Donald Trump et ses conséquences.

L’annonce par le président américain d’un report jusqu’au 2 avril des droits de douane de 25% infligés mardi sur les produits mexicains et canadiens respectant le cahier des charges de l’accord de libre-échange Canada-Etats-Unis-Mexique (ACEUM), n’a pas suffit à provoquer un rebond de Wall Street.

Selon un responsable américain, plus de 50% des produits mexicains et 38% de produits canadiens sont entrés en 2024 aux Etats-Unis sous le régime de l’ACEUM.

La première annonce de Donald Trump, à la mi-journée, ne concernait que le Mexique, ce qui a inquiété les investisseurs, estime Steve Sosnick. Lorsque le Canada a bénéficié des mêmes déclarations, « le mal était fait et le marché n’a pas pu se reprendre », ajoute l’analyste.

En fin de séance, la place américaine a aussi été heurtée par de nouvelles déclarations du locataire de la Maison Blanche, qui a notamment assuré que les droits de douane de 25% sur les importations d’acier et d’aluminium pour tous les partenaires commerciaux des Etats-Unis « seront effectifs la semaine prochaine ».

Le locataire de la Maison Blanche a affirmé que ses récents reculs sur les droits de douane ne sont pas liés aux baisses observées ces derniers jours sur les indices boursiers américains.

« Je ne regarde même pas les marchés », a déclaré à la Maison Blanche le président américain. Le magnat des affaires new-yorkais a pourtant la réputation de suivre avec attention les mouvements de la Bourse pour évaluer les résultats de ses politiques.

Dans ce contexte, sur le marché obligataire, le rendement des emprunts d’Etat américains à dix ans était stable par rapport à la veille, à 4,28%.

Au tableau des valeurs, le concepteur de puces informatiques Marvell Technology a dévissé de 19,81% après avoir publié des résultats et prévisions globalement au niveau des attentes.

« Mais +comme prévu+ n’est pas suffisant » pour les investisseurs qui sont « inquiets de la fragilité des valeurs associées à l’intelligence artificielle (IA) », secteur qui a tiré Wall Street vers le haut ces dernières années, relève Steve Sosnick.

Dans le sillage de Marvell, la plupart des valeurs du secteur des semi-conducteurs ont chuté: le géant Nvidia a lâché 5,74%, Broadcom a perdu 6,33% avant la publication de ses propres résultats et Micron a reculé de 5,37%.

Les « Sept Magnifiques », le surnom donné aux grands noms du secteur technologique, ont tous reculé, à l’image d’Alphabet (-0,45%), Amazon (-3,68%), Meta (-4,35%), Tesla (-5,61%) ou Apple (-0,17%).

L’enseigne de lingerie Victoria’s Secret a été boudée (-8,24%), plombée par des prévisions pour le trimestre en cours inférieures à celles des analyste, évoquant des « incertitudes dans l’environnement macroéconomiques ».