Un air printanier et de renouveau souffle sur la 84e édition du salon automobile de Genève, qui a ouvert ses portes mardi à la presse, avec l’ensemble du secteur qui veut croire à une reprise du marché européen.
Cet espoir a été conforté lundi par une hausse de 4% des ventes de voitures neuves en février en Allemagne, premier marché automobile du Vieux continent. L’Espagne a enregistré un bond de 17,8% des immatriculations le mois dernier, grâce à un système de prime à la casse, tandis qu’elles ont glissé de 1,4% en France.
« Nous sommes convaincus que le printemps automobile, qui commence traditionnellement avec le salon de Genève, sera plus fort et trépidant qu’il y a un an », s’est réjoui dès lundi le président de la fédération allemande du secteur, la VDA. « Les perspectives se sont nettement améliorées », a lancé Matthias Wissmann.
Le cabinet spécialisé PwC Autofacts parle d’une progression des ventes de 3,3% sur un an pour atteindre 12,7 millions d’unités, grâce à « l?amélioration de la confiance des entreprises et des consommateurs, du renforcement de la croissance économique et d?une amorce appuyée de baisse du chômage ».
« La reprise a déjà commencé au deuxième semestre 2013 », a rappelé lundi le PDG de Toyota pour l’Europe, Didier Leroy. Pour autant, « ce ne sera pas comme aux Etats-Unis », où le marché a retrouvé ses niveaux d’avant-crise. « Ce sera une reprise très lente. » Un avis partagé par le directeur des ventes de Volkswagen, Christian Klingler, qui parle d’une « légère reprise » sur le Vieux continent.
– « Signaux positifs du Sud » –
« Nous recevons des signaux positifs des marchés du sud de l’Europe », a constaté le patron de l’allemand Daimler. Le futur patron du français PSA Peugeot Citroën, Carlos Tavares, est plus prudent et table sur un marché stable.
Les volumes restent à un niveau faible. Depuis 2007, le marché automobile européen a fondu de plus de 3 millions de voitures. Par conséquent, les constructeurs devraient continuer à faire des promotions très agressives pour maintenir ou gagner des parts de marché. « La compétition va rester très, très sévère », a averti M. Leroy.
Difficile en revanche d’évaluer l’impact que pourront avoir les tensions autour de la situation en Ukraine, alors que le président des Etats-Unis Barack Obama a brandi la menace de mesures économiques et diplomatiques contre Moscou. « Il est bien trop tôt », a estimé Jérôme Stoll, directeur commercial de Renault, qui contrôle le groupe russe Avtovaz.
Tous les constructeurs ne sont pas logés à la même enseigne en Europe. Les Allemands s’en sortent mieux, grâce à leur présence dans le haut de gamme et à leur forte internationalisation qui leur permet de compenser la faible tenue du marché européen.
La situation des groupes français ou italien est un peu plus compliquée. PSA Peugeot Citroën, notamment, se débat toujours dans les difficultés et a essuyé une perte nette de 2,3 milliards d’euros l’an dernier. Il espère se redresser grâce au soutien financier de l’Etat français et du chinois Dongfeng.
Les ventes de sa nouvelle Peugeot 308 pourraient aussi être stimulées après l’attribution du prix de la voiture de l’année à cette berline.
Les américains General Motors et Ford, pour qui l’Europe représente un gouffre depuis des années, ont commencé à réduire leurs pertes. « L’industrie devrait commencer à s’améliorer et aller encore mieux l’an prochain », a commenté le patron de Ford Europe, Stephen Odell.
Les constructeurs comptent aussi sur leurs nouveaux modèles pour soutenir leurs ventes. Les Français rouvrent ainsi la guerre des mini-citadines, avec la nouvelle Twingo chez Renault, qui sera en concurrence directe avec la Citroën C1 et la Peugeot 108.
Les SUV et les crossover, très à la mode, sont déclinés sous toutes les formes pendant ce salon, qui ouvre ses portes au grand public jeudi et jusqu’au 16 mars. L’allemand Porsche dévoile ainsi son petit tout terrain urbain, le Macan, en espérant faire aussi bien qu’avec le Cayenne.