Face à l’insuffisance de l’aide arrivant par voie terrestre dans le territoire dévasté par des mois de guerre, la communauté internationale cherche à diversifier les voies d’acheminement via des largages aériens ou encore avec ce projet pilote de corridor maritime entre Chypre et Gaza.
Le bateau de l’ONG espagnole Open Arms, chargé de 200 tonnes de vivres, a quitté mardi le port chypriote de Larnaca, en empruntant un couloir mis en place par l’UE et plusieurs pays.
Il devrait mettre « plusieurs jours » pour arriver sur les côtes de Gaza, selon Laura Lanuza, porte-parole de cette organisation.
Selon le site Vessel Finder, le navire évoluait tôt mercredi à très petite vitesse et se trouvait encore à environ 155 milles nautiques de la bande de Gaza, soit un peu plus de 285 kilomètres.
Chypre, pays de l’UE le plus proche de Gaza, a annoncé préparer un deuxième chargement, « bien plus grand ».
A Gaza, la population attend davantage d’aide aussi pour faire chuter les prix des rares denrées sur les marchés comme les « qatayef », petites crêpes prisées lors des iftars, repas marquant la rupture du jeûne pendant le mois du ramadan qui a débuté cette semaine.
« La demande est très faible en raison des prix élevés. L’année dernière, le prix d’un kilo de qatayef était de six shekels (1,5 euro). Aujourd’hui, vous avez honte et vous êtes au bord des larmes lorsque vous dites aux gens que le kilo de qatayef coûte 20 shekels », explique à l’AFP Muhammad al-Mashal, vendeur de cette pâtisserie traditionnelle.
« Nouveau corridor »
Outre le « Open Arms » parti de Chypre, quatre bateaux de l’armée américaine ont quitté mardi les Etats-Unis avec une centaine de soldats et l’équipement nécessaire à la construction d’une jetée et d’un quai à Gaza pour l’acheminement de l’aide d’humanitaire.
Le voyage doit prendre 30 jours environ et l’installation sera prête « d’ici 60 jours », selon les autorités américaines.
Mais l’envoi d’aide par voie maritime, comme les parachutages devenus quotidiens ces derniers jours, ne peuvent se substituer à la voie terrestre, martèlent l’ONU et différents acteurs internationaux.
« Quand nous étudions les voies alternatives pour apporter de l’aide, par la mer ou par les airs, nous devons nous rappeler que nous devons le faire parce que la voie terrestre habituelle est fermée. Artificiellement fermée », a déclaré le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. « Et le fait d’affamer la population est utilisé comme une arme de guerre« , a-t-il insisté.
L’armée israélienne a annoncé dans la nuit un autre « projet pilote » qui a permis mardi l’entrée de six camions d’aide du Programme alimentaire mondial de l’ONU (PAM) directement dans le nord de la bande de Gaza, une première.
Depuis le début de la guerre, l’armée israélienne a resserré ses contrôles sur l’aide entrant dans la bande de Gaza, via deux terminaux à la frontière sud du territoire, d’où les appels répétés à ouvrir des points de passage donnant directement sur le nord.
« Guerre contre les enfants »
Plus d’enfants ont été tués dans la bande de Gaza en quatre mois de guerre avec Israël qu’en quatre ans de conflits à travers le monde, a assuré mardi le patron de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa).
« Vertigineux. Le nombre d’enfants présumés tués en seulement quatre mois à Gaza est plus élevé que le nombre d’enfants tués en quatre ans dans l’ensemble des conflits à travers le monde », a écrit Philippe Lazzarini sur X, dénonçant une « guerre contre les enfants ».
En dépit d’intenses négociations, les pays médiateurs -Etats-Unis, Qatar, Egypte- ne sont pas parvenus à arracher un nouvel accord de trêve accompagné de libérations d’otages israéliens et de prisonniers palestiniens.
« Nous ne sommes pas près d’un accord », a reconnu mardi le porte-parole de la diplomatie du Qatar, Majed al-Ansari, le Hamas réclamant un cessez-le-feu définitif et un retrait des troupes israéliennes avant tout accord, ce que le gouvernement israélien refuse, exigeant aussi une liste précise des otages encore vivants.
(Avec AFP)