Wall Street rebondissait mardi matin, apaisée comme les autres places financières mondiales par des propos du président russe Vladimir Poutine écartant pour l’instant la menace d’un confit armé en Ukraine: le Dow Jones prenait 1,14% et le Nasdaq 1,47%.

La veille, la crainte d’une escalade des tensions en Ukraine et son impact éventuel sur l’économie avaient fait trembler la Bourse de New York sans provoquer son effondrement: le Dow Jones avait lâché 0,94%, à 16.168,03 points, et le Nasdaq 0,72%, à 4.277,30 points.

Vers 14H45 GMT, le Dow Jones Industrial Average s’adjugeait 183,63 points à 16.351,66 points et le Nasdaq, à dominante technologique, 63,01 points à 4.340,31 points.

L’indice Standard & Poor’s 500 prenait 1,17% (+21,61 points) à 1.867,34 points, dépassant en cours d’échanges son sommet historique atteint en clôture vendredi, de 1.859,45 points.

A l’instar de la Bourse russe et des places financières européennes, le soulagement était nettement perceptible mardi à Wall Street après des déclarations de M. Poutine qui ont été interprétées comme le signe d’un apaisement de la situation en Ukraine.

Lors d’une rencontre avec la presse à son domicile de Moscou, le président russe a certes dénoncé un « coup d’Etat » et une « prise de pouvoir par les armes » en Ukraine.

Mais il a aussi estimé que l’envoi de troupes russes dans le pays n’était « pas nécessaire pour le moment » et a nié tout siège des bases militaires ukrainiennes par des soldats russes en Crimée. Selon lui, les militaires non identifiés qui encerclent les bases sont des forces de défenses locales.

« On ne sait pas très bien comment dire +ouf+ en russe mais une chose est sûre, c’est un soupir de soulagement collectif », a résumé Patrick O’Hare, de la note d’information financière Briefing.com.

Autre signe jugé encourageant, le chef d’Etat russe a ordonné aux troupes qui effectuaient des exercices militaires inopinés à la frontière de l’Ukraine notamment depuis mercredi de rentrer dans leurs bases.

Traduisant le retour d’une certaine sérénité dans les échanges, l’indice VIX, dit « indice de la peur » qui mesure la volatilité des échanges, repartait en baisse après s’être envolé la veille, chutant de 10,88% à 14,26. L’or comme le prix du baril de brut, qui avaient flambé lundi, perdaient également du terrain.

– retour à la normale –

Les investisseurs se détournaient aussi du marché obligataire qui avait bénéficié la veille d’une ruée des investisseurs vers les actifs jugés les moins risqués. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans bondissait à 2,658% contre 2,607% lundi soir et celui à 30 ans à 3,601% contre 3,557% à la précédente clôture.

Le marché actions américain est « donc libre de reprendre son cours normal à la recherche de nouveaux records, persuadé qu’un nouveau scenario du pire aura été évité, que la politique monétaire américaine restera très accommodante , et que tout sera bien plus positif pour le marché dans six mois », a ajouté M O’Hare.

Sur le front des valeurs, les groupes russes cotés à Wall Street, qui s’étaient effondrés lundi, reprenait du terrain: le portail et moteur de recherche Yandex N.V. bondissait de 8,56% à 34,99 dollars, le fournisseur de services Qiwi de 7,37% à 41,68 dollars, l’opérateur de téléphonie mobile Vimpelcom s’adjugeait 1,66% à 9,81 dollars et, dans le même secteur, Mobile TeleSystems 2,39% à 16,30 dollars.

Dans la distribution aux Etats-Unis, le titre de la chaîne de magasins d’électroniques en difficultés RadioShack plongeait de 15,62% à 2,30 dollars, sanctionné pour des résultats trimestriels catastrophiques et l’annonce de la fermeture de 1.100 magasins peu performants dans le pays.

Le constructeur américain de voitures électriques Tesla s’appréciait de 1,74% à 254,93 dollars après avoir annoncé notamment son intention d’ouvrir 30 magasins en Europe.

Le groupe de médias américain Disney, qui a passé un accord avec l’opérateur satellitaire américain Dish Network (+0,53% à 59,19 dollars) ouvrant la voie à la diffusion de ses chaînes sur internet en dehors d’un abonnement de télévision traditionnel, s’appréciait nettement, de 3,15% à 81,96 dollars.

NyseNasdaq