Ligne THT Sud-Centre : l’ONEE abandonne le BOOT après une évaluation positive des constructeurs EPC

« Le résultat positif de l’évaluation des candidatures des constructeurs EPC (Engineering, Procurement, and Construction), dans le cadre de l’AMI n° SR401024, a permis notamment de confirmer l’intérêt des principaux constructeurs pour la réalisation du projet et d’établir un état des lieux précis du marché », explique l’ONEE dans un communiqué.

« Il a ainsi été jugé opportun de ne pas poursuivre le processus de sélection des candidats pour la réalisation du projet en mode BOOT (construction, exploitation et transfert) et de clôturer l’AMI à ce stade », conclut le document.

Rappelons que, dans le cadre du développement de cette liaison électrique, l’ONEE avait publié en août dernier un additif à l’AMI relatif à ce projet, qui avait introduit un nouveau mode de réalisation du projet et qui permet aux candidats intéressés de soumettre un dossier pour la réalisation du projet dans le cadre du schéma BOOT (qui a été maintenu) et/ou du schéma EPC (qui a été introduit), car l’AMI lancé en novembre 2023 avec uniquement l’option BOOT était resté infructueux. 

Dans la configuration EPC, le candidat retenu aura la charge de la conception, de la construction et de la mise en service du projet dans le cadre d’un contrat de construction clés en main (EPC). Il sera éventuellement chargé de certains aspects de la maintenance du projet dans le cadre d’un contrat de maintenance à long terme (LTSA) incluant des engagements de maintenance élargis.

Dans cette configuration BOOT, le candidat retenu in fine sera en charge du développement, de la conception, du financement, de la construction, de l’exploitation et de la maintenance du projet, dans le cadre d’un contrat de type build-own-operate-transfer à conclure avec l’ONEE – branche électricité (BE).

Cinq candidats potentiels EPC pour la réalisation de cette ligne

La liste des opérateurs internationaux qui ont manifesté leur intérêt pour le schéma EPC a été dévoilée en novembre 2024. Il s’agit de GE Vernova (États-Unis), de Siemens Energy (Allemagne), de Power China SEPCO1 (Chine), de TBEA (Chine) et de Larsen & Tourbo (Inde).

Dans un autre communiqué, l’ONEE a annoncé le 11 février dernier, les résultats de l’évaluation des candidatures de ces cinq constructeurs EPC, annonçant que les candidats potentiels pour la réalisation de cette ligne sont les suivants :

– Grid Solution SAS/ UK Grid Solution LTD (GE Vernova) ;

– Larsen & Toubro Limited ;

– PowerChina SEPCO 1 Electric Power Construction CO., Ltd ;

– Siemens Energy SAS / Siemens Energy Global GnbH & Co KG ;

– TEBA Co., Ltd.

Le BOOT abandonné, quid du financement de cette ligne ?

Le processus BOOT, jusque-là reporté à plusieurs reprises, ne sera finalement pas poursuivi. En abandonnant le BOOT, l’ONEE devra ainsi assurer le financement de cette infrastructure, dont la valeur de l’investissement est estimée entre 25 et 30 milliards de DH. Pour ce faire, les choix sont assez limités au vu de la situation financière de l’Office, lourdement endetté.

Les investissements dans les infrastructures de transport sont très capitalistiques et demandent de longues périodes pour leur amortissement.

Rappelons que l’ONEE a recouru en février dernier au premier fonds de dette réalisé au niveau national pour financer la centrale électrique Al Wahda, pour 4,2 MMDH, en nantissant les revenus futurs issus de la revente de l’électricité produite par la centrale.

Affaire à suivre…

Opel, Citroën, Peugeot et DS : les lancements prévus par Stellantis au Maroc en 2025

Stellantis s’apprête à lancer au Maroc de nouveaux véhicules en 2025, élargissant ainsi l’offre en électrique et en hybride sur le marché automobile.

Le groupe, qui a racheté Sopriam, filiale d’Al Mada, en 2024, gère à présent plusieurs marques, notamment Peugeot, Citroën et DS Automobiles, en plus de son portefeuille de marques comprenant Fiat, Abarth, Jeep et Alfa Romeo.

Les lancements commerciaux prévus en 2025

Selon nos informations, Peugeot enrichira son catalogue avec la 408. Cette nouvelle arrivée s’accompagnera du lancement du Peugeot 5008, un SUV haut de gamme avec un habitacle modulable à sept places.

Chez Citroën, la C3 thermique sera également introduite au Maroc, l’objectif du groupe étant d’éviter de créer la confusion dans le positionnement tarifaire du véhicule. À ce modèle s’ajoutera la C3 Aircross, laquelle monte en gamme et affirme son caractère avec une nouvelle expression de face avant, de nouveaux décors de custode et plus de confort à bord.

Citroën misera aussi, selon nos informations, sur la C4 et la C4X. Cette dernière se repositionnera avec un équipement ajusté et une politique tarifaire plus accessible.

Du côté de Fiat, la Panda fera son retour sur le marché marocain, tandis que le Scudo, déjà lancé, continue d’enregistrer de bonnes performances. Opel introduira le nouveau Grandland et le Frontera, tandis que Jeep réintroduira le Wrangler et prévoit le lancement de l’Avenger 4xe.

Enfin, DS Automobiles prépare le lancement du DS8, un SUV coupé, attendu plutôt vers fin 2025 ou début 2026, et des éditions spéciales pour les DS4 et DS5.

Une étude démontre une amélioration des usages et de la réglementation des pesticides au Maroc

L’enquête qui a servi de base à cette étude a été réalisée en 2020-2021. Elle n’est donc pas si récente, même si sa publication remonte à quelques jours. Elle a été réalisée par des chercheurs qui ont longuement travaillé sur la question, en particulier dans le Loukkos.

« Ce qu’il faut retenir de cette étude, c’est qu’il y a une amélioration significative de l’utilisation des pesticides au Maroc, notamment dans la culture de la pastèque, due en grande partie aux efforts fournis par l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), aussi bien sur le volet réglementaire et du contrôle que sur celui de la sensibilisation et de la formation des agriculteurs », nous déclare Mohamed Benicha, l’un des auteurs de cette étude. Notre interlocuteur est directeur de recherche en chimie analytique et de l’environnement, et spécialisé dans les résidus des pesticides, la fertilité des sols ainsi que les analyses physico-chimiques et isotopiques au Centre régional de Tanger de l’Institut national de recherche agronomique (INRA).

Le contexte de l’étude

Intitulée Assessment of pesticide use by determination of environmental indicators: case study of watermelon from Loukkos (Northwest Morocco), cette étude a été récemment publiée par le Journal euro-méditerranéen pour l’intégration environnementale. Elle fait partie d’un vaste programme visant à mettre à jour les informations sur les pesticides, à promouvoir une utilisation plus sûre et à améliorer la réglementation pour leur application.

Menée conjointement par la faculté des sciences et techniques de Tanger et l’INRA de Tanger, son objectif était de décrire les pesticides dans la culture de la pastèque du Loukkos, à travers la détermination des indicateurs agro-environnementaux. Le Loukkos est l’une des régions agricoles les plus importantes du Maroc, caractérisée par des activités agricoles intensives. Ce périmètre englobe plusieurs cultures, y compris celle de la pastèque.

Certes, le recours aux pesticides améliore significativement les rendements, en réduisant les multiples attaques de ravageurs et les maladies qui causent des dommages aux produits et des pertes économiques importantes aux agriculteurs, mais une utilisation généralisée et non appropriée pourrait avoir des conséquences à la fois sur la santé humaine et sur l’environnement.

L’Espagne a d’ailleurs récemment alerté sur la présence d’un pesticide non autorisé, à savoir le méthomyl, dans un lot de pastèques exportées du Maroc. Il s’agit d’un pesticide interdit par l’ONSSA depuis le 26 septembre 2022. La présence du pesticide non autorisé est donc postérieure à l’étude, et elle a été signalée après l’interdiction de son usage par l’ONSSA.

Le but de cette étude était principalement d’évaluer l’intensité de l’utilisation des pesticides sur la culture de la pastèque dans la région du Loukkos, et les impacts sur l’environnement et la santé humaine, afin de minimiser leur utilisation.

Pour ce faire, ses auteurs ont examiné, dans 41 exploitations, des indicateurs de pression des pesticides appliqués, à savoir l’indicateur du nombre de traitements, celui de la fréquence de traitement et celui de la quantité de substances actives. « Il s’agit d’indicateurs qui fournissent des informations pertinentes sur la performance environnementale et qui représentent un moyen efficace pour la durabilité environnementale », d’après Mohamed Benicha.

La charge de pesticides appliquée aux exploitations étudiées

Les résultats ont montré que la culture de la pastèque dans cette zone est sous la pression de nombreuses maladies et ravageurs, notamment l’oïdium, le mildiou, les mineuses et les acariens, qui peuvent réduire considérablement le rendement et la qualité. Le mildiou, par exemple, est causé par le Phytophthora infestans. Cet agent pathogène provoque la pourriture de la tige et des feuilles, entraînant des pertes économiques importantes – pas moins de 10 milliards d’euros par an dans le monde. Cette maladie, qui ne peut être traitée qu’à titre préventif, est identifiable par des taches rondes et brunes localisées sur la face supérieure des feuilles.

Divers pesticides sont ainsi utilisés par les agriculteurs de la région pour y faire face. « La culture de la pastèque reçoit donc des traitements préventifs et curatifs pour lutter contre ces nuisibles et améliorer la qualité et la quantité de ce fruit, par une diversité de matières actives, surtout les fongicides, qui représentent plus de 46% des traitements appliqués« , souligne M. Benicha.

Toutefois, cette étude ne s’est pas intéressée à l’analyse d’éventuels résidus de pesticides, ni dans la pastèque, ni dans le sol, ni dans la nappe phréatique. « Pour confirmer la présence de résidus sur les pastèques, cette étude doit être suivie d’autres études en laboratoire. Notre enquête nous permet seulement de démontrer la charge de pesticides appliquée« , nous confie Mohammed Abbou, un autre auteur joint par Médias24, doctorant au sein du laboratoire de physico-chimie des matériaux, de substances naturelles et environnement, au département de chimie de la faculté des sciences techniques à l’Université Abdelmalek Essâadi de Tanger.

En effet, les auteurs concluent que d’autres études sont nécessaires, utilisant des indicateurs de risque pour la santé et l’environnement, pour compléter ces résultats. Elle démontre également « les progrès réalisés au Maroc en matière de sécurité environnementale, jugés dans le monde entier à travers l’utilisation d’indicateurs de durabilité, qui permettent la multiplication rapide des moyens de contrôle de l’utilisation des pesticides, et l’utilisation durable de ces matières pour les générations futures ».

« En général, les agriculteurs respectent les délais avant récolte (DAR) des pesticides utilisés ainsi que les doses homologuées, ce qui écarte un éventuel risque de résidus dans le produit final », nous expliquent encore les deux auteurs contactés.

70 marques de pesticides récemment interdites par l’ONSSA

L’étude recommande ainsi la rationalisation de ces substances chimiques à travers l’utilisation d’indicateurs agro-environnementaux, servant d’outil d’aide à la décision pour le suivi des cultures, afin de réduire leur utilisation et le coût de production, mais aussi d’éviter d’éventuels effets sur l’environnement.

Dans ce sens, Mohamed Benicha rappelle que « l’ONSSA fournit déjà des efforts considérables dans la réglementation de l’usage des pesticides, en interdisant régulièrement des substances jugées toxiques. Cette semaine par exemple, elle a interdit une nouvelle liste de 70 marques de pesticides à usage agricole« . Ceci fait partie des mise à jour effectuées par l’ONSSA de manière régulière.

« L’Office a entamé en 2020 un vaste programme visant à établir un système de traçabilité. Il a d’abord démarré par un ‘nettoyage’ au niveau des vendeurs, pour ne laisser que ceux qualifiés et qui ont un certain niveau de connaissances dans le secteur, avant d’instaurer un système de traçabilité dans les exploitations agricoles par l’adoption d’un registre phytosanitaire. Il a ensuite entamé la sensibilisation et la formation des agriculteurs aux dangers des pesticides et à leur usage », poursuit Mohamed Benicha.

Ce dernier de conclure : « D’autres enquêtes ont été réalisées sur d’autres cultures, où un grand effort a été remarqué en matière de traçabilité. Celle de la fraise, par exemple, est pionnière dans le domaine. Les pesticides y sont utilisés de manière très réglementée et durable. Le niveau de traçabilité y est également élevé. »

El Bouhmadi (FMIIP) : “Le continent africain représente un énorme potentiel pour notre industrie pharmaceutique”

Lors de la 20e édition d’Officine Expo, organisée les 24 et 25 février à Marrakech, le président de la Fédération marocaine de l’industrie et de l’innovation pharmaceutiques (FMIIP), Mohamed El Bouhmadi, a évoqué le potentiel que représente l’Afrique pour l’industrie pharmaceutique marocaine, mais aussi les freins à la coopération Sud-Sud dans le secteur.

375 établissements pharmaceutiques pour 1,3 milliard d’habitants

« L’Afrique représente 1,1% du marché mondial en termes de consommation de médicaments », a indiqué M. El Bouhmadi, qui estime que ce taux reste faible par rapport à d’autres pays, dont la population est similaire à celle du continent.

« La population africaine s’élève à 1,3 milliard d’habitants, alors que le continent compte à peine 375 établissements pharmaceutiques. Il est prévu que la population atteigne 1,7 milliard d’habitants en 2030, 2,5 milliards en 2050 et 4,5 milliards en 2100″. L’industrie pharmaceutique devra être en mesure de répondre aux besoins croissants en médicaments.

M. El Bouhmadi rappelle que « l’Amérique du Nord représente à elle seule 46% de la consommation mondiale de médicaments, contre 24% en Europe, et 14% en Asie-Pacifique ».

« En comparaison avec le tissu industriel en Chine, dont la population estimée à 1,4 milliard d’habitants est similaire à celle de l’Afrique, le pays dispose d’environ 5.000 établissements pharmaceutiques. Même constat en Inde, dont la population s’élève également à près de 1,4 milliard d’habitants, et les établissements pharmaceutiques à 10.500 établissements. »

Autre constat, « l’Afrique importe 70% à 90% de son besoin en médicaments, et selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 42% des médicaments contrefaits circulent en Afrique, à cause d’une réglementation laxiste dans certaines zones ». Par ailleurs, « la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) va permettre de créer 16 millions d’emplois et de développer un chiffre d’affaires très important ». C’est dire le potentiel que représente le continent pour le Maroc.

On doit faire des recherches adaptées à l’Afrique, pour développer des produits innovants et les breveter.

« Le Royaume est présent en Afrique à travers l’exportation de son savoir-faire, l’installation d’usines et le transfert de technologies, mais il y a encore un grand potentiel à exploiter, notamment en termes de construction d’usines. Néanmoins, si les laboratoires nationaux investissent en Afrique pour combler le vide dans le secteur, dans le cadre d’un partenariat Sud-Sud, des freins à caractère logistique et financier persistent et entravent cette coopération. »

Le président de la FMIIP cite notamment la reconnaissance mutuelle des certifications et des autorisations. « Le Maroc a été candidat pour abriter l’Agence africaine du médicament, qui a été confiée au Rwanda, mais un travail industriel reste à faire pour être présent dans tout ce qui va se décider au niveau africain, et être partie prenante du projet. »

« Aujourd’hui, quand on veut exporter en Afrique, l’enregistrement de nos produits prend des fois jusqu’à quatre ans. Le processus est donc très long… Lorsqu’il y aura une reconnaissance mutuelle des autorisations et certifications, les choses seront plus simples. »

« Nous devons également développer un pôle africain d’innovation. Nous avons des génotypes et une alimentation différents. On doit donc faire des recherches adaptées à l’Afrique, pour développer des produits innovants et les breveter. »

Dans ce sens, « nous devons aussi créer une instance qui encourage la recherche multidisciplinaire, avec une coopération en Afrique. Il ne faut pas se contenter simplement de la recherche fondamentale, mais aussi de la recherche appliquée, et encourager les essais cliniques, dont très peu sont réalisés au Maroc ».

Le second point qui bloque la coopération Sud-Sud concerne le réseau de distribution. « Pour pouvoir exporter leurs produits pharmaceutiques en Afrique, les laboratoires sont obligés de passer par Rouen, qui les transfère ensuite en Côte d’Ivoire ou au Sénégal par exemple. Lorsqu’un produit est en rupture de stock, son réapprovisionnement nécessite quatre mois au minimum. »

« Il faut donc absolument créer une plateforme de distribution dans un pays africain, qui permette de centraliser les distributions, en regroupant plusieurs opérateurs distributeurs en Afrique. »

Sur le volet légal, des choses restent à faire. « Au Maroc il y a trois statuts : celui des laboratoires fabricants, celui des laboratoires grossistes et celui les répartiteurs et pharmaciens d’officine », explique M. El Bouhmadi.

« Lorsqu’on veut exporter nos produits pharmaceutiques en Afrique, il faut qu’ils soient d’abord enregistrés et commercialisés au Maroc. Il faut donc résoudre cet aspect réglementaire pour avoir un statut qui permette de distribuer sans avoir à enregistrer les produits. Ce point a déjà été évoqué avec notre autorité de tutelle. »

Les laboratoires membres de la FMIIP réalisent 5,2% du PIB du secteur industriel et 1,5% du PIB national.

Le président de la FMIIP est par ailleurs revenu sur la nouvelle Agence du médicament et des produits de la santé, qui sera bientôt créée.

« Pour nous accompagner dans notre développement, nous avons besoin d’une agence, et nous sommes heureux de compter le lancement de l’Agence du médicament et des produits de la santé », a-t-il souligné.

« Celle-ci aura une autonomie de gestion, sera à même de tracer les stratégies de développement des médicaments, ainsi que des moyens humains et financiers importants, qui permettront d’accompagner le développement de l’industrie pharmaceutique au Maroc. »

« Un comité ad hoc a déjà été créé pour sa mise en place. Nous espérons qu’elle sera rapidement raccordée à l’Agence africaine du médicament, pour qu’elles puissent collaborer et militer pour la reconnaissance mutuelle des autorisations et des certifications. »

Enfin, M. El Bouhmadi a rappelé les principaux chiffres relatifs au tissu industriel pharmaceutique marocain. « Le pays compte 54 laboratoires autorisés au Maroc – qui disposent d’une usine pharmaceutique -, 12.000 pharmacies et 66 grossistes répartiteurs. »

« Ces trois catégories d’acteurs emploient 60.000 salariés. En 2021 et 2022, le secteur a réalisé un chiffre d’affaires de 17 milliards de DH (MMDH) ».

« Les laboratoires membres de la FMIIP réalisent 800 millions de DH (MDH) d’investissements par an, et des contributions fiscales de l’ordre de 2 MMDH, soit 5,2% du PIB du secteur industriel et 1,5% du PIB national. »

Retour sur le parcours de Walid Regragui, la nouvelle icône du foot marocain

Né le 23 septembre 1975 à Corbeil-Essonnes en banlieue parisienne, Walid Regragui pratique d’abord le football en club amateur en France. Il attire alors l’œil de Rudi Garcia, entraîneur à l’époque de l’équipe première à Corbeil, où il s’est entraîné durant quatre ans jusqu’en 1998.

Le Franco-Marocain ne goûtera au monde professionnel que tardivement, à l’âge de 23 ans, avec le Racing Club de France, avant de rejoindre le Toulouse Football Club. Sous Alain Giresse, ce latéral droit de formation réussit à l’âge de 24 ans la promotion en Ligue 1. Ses performances lui valent alors d’être appelé pour la première fois en équipe nationale.

En tant que joueur, Regragui devient en 2001 un international marocain. Ce binational s’installe rapidement comme titulaire, et devient l’un des hommes officiels de Zaki Badou, notamment lors de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en 2004. Les Lions, qui avaient alors atteint la finale, s’étaient inclinés face à la Tunisie.

Après le Toulouse Football Club, Waldi Regragui rejoint l’AC Ajaccio en deuxième division. Au sein de cette équipe corse, il enchaîne les bonnes performances et finit par remporter, avec son club, son premier trophée en tant que joueur : le titre de Championnat de France de Ligue 2.

Trois ans plus tard, il s’engage avec le club espagnol du Racing Santander, où il joue de 2004 à 2006. Il retourne ensuite en France, à Dijon puis Grenoble, avant de rejoindre le club du Moghreb Tétouan où il achève sa carrière en tant que joueur. Walid Regragui décide de prendre sa retraite en 2011 pour entamer une carrière d’entraîneur.

Double-champion du Maroc et champion d’Afrique

Regragui, qui compte au moins 40 matchs avec l’équipe nationale, démarre sa carrière d’entraîneur en 2012 en tant qu’adjoint de Rachid Taoussi, qui a été intronisé sélectionneur du Maroc après l’éviction d’Eric Gerets, à la suite d’une série de défaites. Walid Regragui récupère alors la place de Dominique Cuperly. Mais son contrat est résilié lorsque Taoussi est limogé en octobre 2013.

Il est ensuite appelé par le Fath Union Sport comme entraîneur officiel, club à la tête duquel il remporte ses premiers trophées en tant qu’entraîneur : la Coupe du Maroc en 2015 et le Championnat du Maroc en 2016.

En 2020, il choisit de rejoindre le club qatari d’Al-Duhail Sports. Il remporte avec sa nouvelle équipe le Championnat du Qatar (2020).

En août 2021, il est nommé entraîneur-chef du Wydad de Casablanca, succédant à Faouzi Benzarti. Il réalise alors un doublé. Le Wydad remporte, en mai 2022, la Ligue des champions de la CAF après avoir battu le champion en titre Al Ahly en finale, ainsi que le Championnat du Maroc face à son rival le Raja de Casablanca, un mois plus tard.

Walid Regragui remporte des trophées dans chacun des clubs où il passe.

Ce n’est que trois mois avant le démarrage de la Coupe du Monde du Qatar 2022 qu’il rejoint l’équipe nationale, mais cette fois en tant que sélectionneur, après le limogeage de Vahid Halilhodzic. Fin connaisseur du football marocain, Regragui sait où il s’aventure.

Mondial 2022, le plus grand défi de Walid Regragui

Ce pragmatique privilégie le résultat à la manière, et c’est quelque chose qui nous manquait auparavant. Après avoir brillé avec plusieurs équipes au niveau national, il se frotte, à l’âge de 47 ans, au plus grand défi de sa carrière.

Le nouvel homme fort du foot marocain est lié à la Fédération royale marocaine de football (FRMF) par un contrat qui court jusqu’à la Coupe du monde 2026. Parmi ses principales missions figuraient le rétablissement d’un climat serein au sein de l’équipe, ainsi que le rappel de certains joueurs de poids qui étaient en froid avec son prédécesseur, et à leur tête Hakim Ziyech.

En septembre, il dirige son premier match amical contre Madagascar, où il donne le ton. Depuis, il enchaîne les victoires, devenant à ce jour le premier sélectionneur africain à atteindre les quarts de finale de la Coupe du monde. Le Cameroun, le Sénégal et le Ghana ont tous été emmenés par des Européens, respectivement en 1990, 2002 et 2010.

« On essaie d’être une locomotive en Afrique », a-t-il expliqué après la victoire des Lions de l’Atlas en huitièmes de finale contre l’Espagne le 6 décembre. « Le continent avance, le Maroc a fait beaucoup d’efforts. Je suis arrivé en 2013 et, depuis, j’ai vu les stades évoluer. La Fédération a fait d’énormes efforts, Sa Majesté a mis énormément de moyens. Maintenant, il ne faut pas s’endormir, il faut continuer. »

Et d’ajouter : « J’ai passé mes diplômes en France, mais c’est mon pays d’origine qui m’a donné ma chance. Il fallait rendre à la Fédération ce qu’ils m’ont offert, la confiance qu’ils m’ont donnée de pouvoir grandir au Maroc en tant que coach. »

A présent, place à la rencontre Maroc-Portugal, prévue ce samedi 10 décembre à 16 h.

Qui est Ali Seddiki, nouveau DG de l’AMDIE ?

Marié et père de deux enfants, Ali Seddiki est né le 28 mai 1985. Il est diplômé de HEC Paris, programme Grande Ecole, et spécialisé en finance d’entreprise, stratégie et comptabilité.

Ali Seddiki a entamé sa carrière professionnelle en 2014 en tant que conseiller auprès du ministère de l’Industrie, du commerce, de l’économie verte et numérique.

En 2017, il a été nommé directeur des Industries aéronautique, ferroviaire, navale et des énergies renouvelables au sein du même ministère, poste qu’il a occupé jusqu’au mois de décembre 2018.

En janvier 2019, il a été nommé directeur général de l’Industrie, avant d’occuper le poste de conseiller au sein du ministère délégué auprès du chef du gouvernement de novembre 2021 à avril 2022.

En avril 2022, Ali Seddiki est devenu le nouveau directeur général de l’Investissement et du climat des affaires au ministère de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques.

Dans ses nouvelles fonctions à la tête de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), il aura pour mission de poursuivre la bonne dynamique dans laquelle se trouve l’Agence. Cette dernière est chargée de mettre en œuvre la stratégie de l’État dans le développement des investissements nationaux et étrangers, ainsi que l’exportation de biens et de services.

Il s’agit d’une agence nouvelle génération, porteuse des ambitions économiques du Royaume. L’AMDIE intègre à présent l’ensemble des compétences de trois entités, qui se sont regroupées au sein d’une même équipe : l’Agence marocaine de développement des investissements, Maroc Export et l’Office des foires et expositions de Casablanca.

En octobre 2021, l’Agence a créé la nouvelle marque de promotion de l’investissement et de l’exportation ‘Morocco Now’, qui vise à faire rayonner le Maroc comme plateforme industrielle et exportatrice de premier rang, afin d’accélérer les investissements étrangers. Celle-ci entend aussi renforcer le positionnement du Maroc sur l’échiquier du commerce et de l’investissement international.

À Casablanca, une qualité environnementale médiocre dans 9 communes (étude)

Intitulée « Assessment of urban environmental quality : a case study of Casablanca, Morocco« , l’étude, mise en ligne avant une éventuelle publication finale, en ce mois de janvier 2022, analyse la qualité de l’environnement urbain dans la ville de Casablanca, en s’appuyant sur cinq indicateurs. Il s’agit des indices de surfaces imperméables (surfaces en béton, notamment les bâtiments, les routes et les parkings), de l’eau et de la construction, ainsi que deux autres relatifs à la végétation.

Pour décrire la qualité de l’environnement urbain, les résultats obtenus par l’étude ont été divisés en trois principales catégories : une qualité médiocre, modérée ou bonne.

Un environnement urbain de bonne qualité à Anfa, Aïn Chock et Hay Hassani

Étendue sur près de 14 km, Casablanca, qui comprend 17 communes, est le principal centre urbain du Royaume. La ville abrite 12,6% de la population marocaine. En termes d’évolution démographique, elle est considérée comme étant la ville la plus dynamique du Maroc.

L’étude menée par les cinq chercheurs de l’Université Mohammed VI polytechnique (UM6P) démontre que la qualité de l’environnement urbain est « insuffisante » dans plus de la moitié des communes casablancaises, qui constituent 25% du territoire urbain. Celle-ci n’est bonne que dans trois communes, qui représentent 44% des aires urbaines. Il s’agit d’Anfa, Ain Chock et Hay Hassani.

« Ces communes, qui se trouvent dans des zones marquées par la prédominance des parcs et zones villas, se caractérisent par une faible densité résidentielle (inférieure à 115 habitants par hectare) et des espaces verts plus importants, en particulier la commune d’Anfa, qui dispose d’une bonne conception urbaine et un niveau socio-économique élevé », relève l’étude.

Qualité médiocre dans 9 communes casablancaises

En revanche, la qualité de l’environnement urbain reste « insuffisante » dans les 14 autres communes de la ville.

Dans le détail, l’étude démontre que les indices relatifs à la végétation et aux surfaces imperméables sont élevés dans les parties nord et est de Casablanca, notamment :

Elle montre également que dans les 9 communes situées au centre et au nord de la ville, la qualité de l’environnement urbain est médiocre. Il s’agit de Ben M’sik, Al Fida, Sidi Othmane, Mechouar, Mers Sultan, Hay Mohammadi, Roches Noires, Sidi Belyout et Ain Sebaâ.

Celles-ci sont considérées comme les zones les plus peuplées de la métropole, car disposant d’une forte densité résidentielle estimée entre 350 et 424 habitants/ha, et caractérisée par l’existence de zones industrielles et commerciales.

La qualité de l’environnement urbain est par ailleurs modérée dans les communes de Maârif, Sidi Bernoussi, Sidi Moumen, Sbata et Moulay Rachid.

La carte ci-dessous montre la répartition des 17 communes de Casablanca selon la qualité de leur environnement urbain.

Voici à quoi correspondent les numéros affichés sur la carte ci-dessus.

Des résultats à prendre en considération pour une meilleure gestion urbaine dans le futur

L’urbanisation est l’un des défis majeurs dans différents pays. Selon plusieurs études, d’ici 2050, la majeure partie de la population mondiale vivra dans les villes ; une explosion démographique qui conduira à un développement urbain important, à même de nuire à la qualité de l’environnement.

Selon la présente étude, « en 2018, 55,3% de la population mondiale vivait déjà dans des zones urbaines, une proportion qui devrait passer à 60% d’ici 2030. Ce chiffre s’établit actuellement à 50% en Afrique, et à 60% au Maroc, contre 35% en 1970. En 2050, près des trois quarts de la population marocaine vivront en ville ».

« Cette révolution a induit de graves problèmes environnementaux, notamment l’augmentation des surfaces imperméables, ainsi que de la demande énergétique, de la pollution de l’eau et de l’air, mais aussi du traitement des déchets. Elle a également induit la dégradation de la végétation et des espaces naturels. »

Les résultats de cette étude démontrent que « la conception urbaine est un facteur essentiel de la qualité environnementale urbaine. Les autorités et les planificateurs devront ainsi intégrer, dans le futur, de nouvelles politiques, qui approuvent le développement durable et la croissance intelligente, en prévision des inconvénients de l’urbanisation, afin d’améliorer la qualité de l’environnement urbain au Maroc ».

Ces résultats gagneraient à être pris en considération pour une meilleure gestion de la ville de Casablanca dans le futur.

Absence de laboratoires privés effectuant les tests Covid à Fès : voici ce que l’on sait

Selon l’Institut national d’hygiène (INH), au 1er septembre 2021, 170 laboratoires privés et 22 laboratoires publics réalisaient le dépistage du Covid-19 au niveau national. Nous n’avons pas été en mesure de vérifier si ces listes ont été mises à jour depuis cette date, ni auprès de l’INH ni du ministère de la Santé.

Ce qui est certain, c’est que dans la province de Fès, il existe un seul laboratoire public et aucun laboratoire privé pour réaliser les tests. Mais Fès n’est pas la seule dans ce cas. Quelques dizaines de provinces n’ont aucun moyen d’effectuer les tests PCR sur place. Les prélèvements sont effectués sur place et envoyés dans des provinces dotées de tels équipements.

Au début de la pandémie, seulement 3 laboratoires pour tout le Maroc

Installer un nombre suffisant de laboratoires de tests PCR et plus généralement Covid, était et reste un défi. C’est compliqué, coûteux et de nombreux contrôles sont nécessaires: les machines, les réactifs, la véracité des attestations délivrées, la crédibilité des tests, le respect des prix officiels…

Le premier cas de Covid-19 a été déclaré au Maroc le 2 mars 2020. A cette époque, peu de laboratoires effectuaient les tests PCR: l’INH à Rabat, l’institut Pasteur à Casablanca; et l’hôpital militaire de Rabat puis les CHU de Casablanca et de Rabat.

Pendant les premiers mois, les tests PCR ont été cantonnés au secteur public. Il y avait comme une sorte de méfiance; ou de prudence; à l’égard du secteur privé.

Lorsqu’un nouveau laboratoire était équipé (dans le public), une annonce était faite. Le 6 mai 2020, on annonçait que 11 laboratoires étaient opérationnels dans le secteur public et que l’objectif était d’en atteindre 15. Tous les CHU étaient alors équipés ainsi que quelques CHR (centre hospitalier régional) et deux CHP (centre hospitalier provincial). On annonçait également début mai 2020 que le Maroc allait atteindre une capacité de 10.000 tests par jour.

Les conditions exigées d’un labo PCR sont expliquées par Mohamed Rhajaoui, directeur de l’INH : « il doit avoir des espaces techniques compartimentalisés en trois locaux séparés, qui doivent être complètement indépendants, avec des équipements dédiés. Il y a un circuit particulier pour les prélèvements. Les labos ou  hôpitaux concernés reçoivent des plans d’aménagement pour la création de labos dédiés à ces tests, avec un local pour l’extraction, un deuxième pour le mix, un troisième pour l’amplification. Il est important que les circuits du sale (partie à risque de contamination) et celui du propre (sans contamination) soient séparés.

« Ensuite, une fois que les trois locaux sont créés, on passe à l’envoi et l’installation des machines, puis à leur certification et leur calibrage par des sociétés spécialisées.

« Alors, nous dispensons une formation par une personne déléguée par l’INH et qui se déplace sur les lieux. Des essais sont effectués avec le personnel du nouveau laboratoire, avec des prélèvements issus de la région. Le personnel qui se charge des tests dans les laboratoires est toujours un personnel de haut niveau, connaissant déjà les tests PCR en général, qui reçoit une formation pour s’adapter aux spécificités du Covid-19 ».

A la même époque, début mai, le Maroc avait une capacité de 2.500 à 3.000 tests par jour. Les prélèvements devaient  être acheminés quotidiennement, de partout, et entre le moment d’arrivée et le résultat, il s’écoulait  en moyenne 5 heures.

En juin 2020, Khalid Ait Taleb annonçait que le Maroc disposait déjà de 24 laboratoires nationaux et effectuait jusqu’à 17.500 tests par jour alors qu’il avait commencé avec seulement trois laboratoires et 2.000 tests/jour.

Après la levée du confinement vers le 20 juin, la liberté de circuler et les déplacements de l’Aïd, avaient favorisé l’apparition de la première grande vague au Maroc qui s’est déclenchée fin juillet. Sans les laboratoires privés, il était impossible de faire face à la demande de testing, ni de connaître rapidement la situation épidémiologique. Des laboratoires ont été autorisés, certains se sont vu retirer, temporairement ou pas, leur autorisation; et le ministère a fini par ouvrir la possibilité de pratiquer les tests PCR à condition de respecter un cahier des charges publié sur le site de l’INH.

Le 12 septembre 2020, une circulaire d’Ait Taleb ouvrait à tous les laboratoires biologiques privés la possibilité d’effectuer des tests, pour « renforcer le réseau des laboratoires de diagnostic moléculaire et sérologique de la Covid-19, de rendre les tests accessibles aux Marocains et aux étrangers et d’en assurer une large couverture territoriale ».

En août 2021, le ministère de la Santé rappelait dans une nouvelle circulaire la possibilité de réaliser des tests par tous les laboratoires ainsi que les cliniques privées et les cabinets médicaux, à condition de respecter un cahier des charges précis.

Selon les listes officielles datées du 1er septembre 2021, les laboratoires privés effectuant ces tests sont au nombre de cinq dans la ville de Meknès, aucun à Fès. Dans le secteur public, seuls deux laboratoires en réalisent, l’un à Fès et l’autre à Meknès. En d’autres termes, la capitale spirituelle ne dispose que d’un seul laboratoire de tests PCR, qui est public.

Sur une vingtaine de laboratoires privés au niveau de la ville de Fès, aucun ne réalise le diagnostic du Covid actuellement.

Les cas suspects développant des symptômes, les cas contacts ou encore les voyageurs ne peuvent se faire dépister qu’au niveau de l’hôpital Ibn Baitar, annexé à l’hôpital Al Ghassani, selon nos informations. Ou bien, ils doivent se déplacer jusqu’à Meknès.

Cela signifie que les les cas positifs relevés dans la ville de Fès par le ministère de la Santé dans son bulletin quotidien de 16h sont enregistrés, principalement, au niveau dudit hôpital. On peut penser que si l’on est peu symptomatique, on n’ira pas effectuer un test.

Pour comprendre les raisons de cette situation, nous avons essayé de joindre la Direction régionale du ministère de la Santé à Fès-Meknès, qui est restée injoignable.

« L’adhésion au diagnostic du Covid est volontaire »

Nous avons ensuite contacté le Conseil des pharmaciens biologistes qui nous a expliqué ce qui suit:

« L’adhésion des laboratoires privés pour faire la PCR est volontaire. En tant que conseil de l’ordre, nous n’incitons personne à y adhérer ou pas. C’est une adhésion personnelle et voulue », souligne notre source.

« Au début de la pandémie, deux laboratoires avaient adhéré et s’étaient équipés pour effectuer ces tests. Ils se sont vu par la suite retirer leurs autorisations », ajoute notre interlocuteur, qui nous assure ignorer les raisons de cette décision.

« C’étaient de grands laboratoires et non des débutants. On ne sait pas ce qui s’est passé. Le conseil n’a pas été associé à ces décisions, on ignore donc les raisons qui ont poussé le ministère à leur retirer leurs autorisations. »

« Les autres laboratoires privés à Fès, qui sont assez nombreux, sont donc devenus réticents. Ils n’ont pas voulu investir » au risque de se voir retirer leurs autorisations. Des sources professionnelles évoquent un investissement de 2 millions de DH par laboratoire, pour s’équiper et aménager le local.

« Pour ce qui est des tests antigéniques, ils sont pseudo-libéralisés par le ministère », estime notre source. « Ces tests peuvent à présent être effectués par tous les laboratoires privés, à condition de les répertorier sur la plateforme e-lab dédiée aux laboratoires. Sauf que pour y accéder, il faut des codes, et ceux des laboratoires en question sont toujours désactivés. Il y a environ six mois, ils ont encore une fois tenté de contacter le délégué régional de la santé pour les obtenir, en vain. Ces laboratoires ne font donc ni la PCR ni les tests antigéniques. »

Au sein de la profession, on nous confirme donc que la ville de Fès ne dispose pas de laboratoires privés qui effectuent des tests PCR. Des tests rapides sont toutefois possibles, comme dans la plupart des régions du Maroc, parfois ils sont disponibles en pharmacie.

Cette situation n’est pas propre à Fès, comme le montre notre carte qui comprend les données du 1er septembre 2021. Le ministère a déployé également quelques unités mobiles de testing, mais nous n’avons pas pu en établir les localisations ou les itinéraires. Des tests rapides sont en vente notamment en pharmacie et sont effectués également dans des laboratoires. Il va sans dire que le Maroc n’effectue pas le nombre de tests quotidiens que justifie la situation; et que les chiffres réels de contaminations sont plus élevés que signalé. C’est d’ailleurs le cas partout dans le monde mais à des degrés divers.

Cliquez ICI pour consulter la liste des laboratoires privés réalisant le dépistage du Covid-19 au niveau national

Cliquez ICI pour consulter la liste des laboratoires publics réalisant le dépistage du Covid-19 au niveau national

Covid. Le comité scientifique valide le molnupiravir dans le protocole thérapeutique

Le Comité scientifique s’est de nouveau réuni dans la matinée de ce mercredi 12 janvier 2022, apprend Médias24 de source informée. L’objectif de cette réunion était de valider l’administration du médicament molnupiravir dans le traitement du Covid, et de statuer sur son mode d’utilisation dans le cadre du protocole thérapeutique.

Selon notre source, « ce traitement ne pourra pas être administré à tout le monde. Il sera utilisé chez les personnes susceptibles de développer une forme grave de la maladie ».

Une autre source nous explique qu’il s’agit par exemple « de personnes qui souffrent de diabète, d’obésité ou de maladies cardiaques. En revanche, il ne sera pas prescrit aux jeunes en bonne santé ».

« Il ne sera pas non plus utilisé chez les femmes enceintes, celles désirant avoir des enfants, et les enfants de moins de 18 ans », nous explique-t-on.

Quid de son mode d’administration ? « 8 comprimés par jour, quatre le matin et quatre le soir, durant les cinq premiers jours de la maladie », nous confie notre source.

Et d’ajouter : « ce médicament ne remplacera pas d’autres médicaments du protocole thérapeutique. Ce dernier restera le même et le molnupiravir sera, le cas échéant, ajouté ».

Concernant sa mise en vente, notre interlocuteur nous confie qu’il sera « disponible en pharmacie, sur ordonnance médicale. Aucune date précise n’a pour l’instant été fixée pour sa mise en vente ».

Lire aussi : Covid-19 : le Maroc a autorisé l’usage d’urgence de « Molnupiravir » (Bouchra Meddah)

Essais cliniques Sinopharm au Maroc : les derniers prélèvements sanguins bientôt transférés en Chine

La sérologie d’une année a été effectuée en octobre 2021. Ces prélèvements n’ont pour l’instant pas encore été envoyés en Chine, à cause des problèmes de transport.

« Nous sommes encore en discussion avec la partie chinoise pour les envoyer en Chine. Nous avons déjà fait deux tentatives pour les transférer. Elles ont échoué, en raison d’une indisponibilité des avions. Ensuite, l’aéroport chinois a été fermé suite à la détection de cas Covid », indique notre source.

« Résultat des courses : les prélèvements sanguins sont toujours au Maroc. Nous pensons les envoyer en Chine vers la fin du mois, si tout va bien ».

Rappelons que la sérologie réalisée en octobre 2021 est celle d’une année. Il s’agit de la dernière, qui a clôturé la phase III des essais cliniques du vaccin Sinopharm menée au Maroc.

Elle permettra ainsi de se prononcer sur la persistance des anticorps pendant une année. Notons que l’une des inconnues concernant les vaccins anti-Covid est relative à la durée de la persistance des anticorps dans le corps humain.

Entamée en octobre 2020, cette troisième phase a duré douze mois. Elle a pour objectif d’évaluer l’efficacité et la sécurité à long terme du vaccin, pour compléter les résultats des phases I et II à l’issue desquelles ce vaccin à virus inactivé a montré un faible taux d’effets indésirables et une bonne immunogénicité. Cette évaluation se fera sur la base de différents critères, notamment l’ascension des anticorps neutralisants, la comparaison entre le nombre de cas Covid dans le groupe contrôle (placebo) et vaccin, et l’apparition d’effets indésirables.

Voici les vols spéciaux annoncés au départ du Maroc jusqu’au 31 décembre

Les frontières aériennes et maritimes marocaines resteront fermées jusqu’au 31 décembre prochain à 23h59.

Une source informée auprès du ministère de l’Intérieur a assuré à Médias24, ce lundi 13 décembre, que les autorités marocaines n’imposaient aucune restriction aux Marocains désireux de voyager à l’étranger à bord de ces vols spéciaux.

La même source nous a confirmé que la décision rendue à cet égard incluait spécifiquement la suspension des vols pour les voyageurs à destination du Maroc.

Cela signifie que tous les Marocains peuvent quitter le Royaume à bord des vols spéciaux.

Le point sur les nouveaux vols spéciaux annoncés

Ci-dessous les vols proposés à ce jour par les différentes compagnies aériennes au départ du Maroc.

– Royal Air Maroc : La compagnie nationale a annoncé sur son compte Twitter de nouveaux vols spéciaux :

* les 17 et 18 décembre à destination du Burkina Faso et de la Mauritanie ;
* du 19 au 23 décembre à destination du Canada, de la Côte d’Ivoire et des Etats-Unis ;
* du 14 au 31 décembre à destination de la Belgique, du Canada, de la Côte d’Ivoire, de l’Espagne, de la France, du Gabon, de l’Italie et du Sénégal.

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– Tunisair : Face à la très forte demande des Tunisiens bloqués au Maroc, Tunisair a décidé de programmer un vol spécial le vendredi 17 décembre 2021. Les clients intéressés doivent se présenter à l’agence de Tunisair au plus vite pour acheter ou échanger leurs billets. Le vol est prévu à 00h00, au départ de l’aéroport Mohamed V de Casablanca, Terminal 1.

> Pour toute information supplémentaire, contactez l’agence Tunisair au 05 22 20 14 15 / 05 22 20 14 88 / 05 22 27 48 07, ou par e-mail : tunisaircasa@tunisair.ma / agence@tunisair.ma / vente@tunisair.ma

– Air Arabia : La compagnie a prolongé ses vols de rapatriement vers la France, la Belgique, l’Italie, l’Espagne et la Suisse,  jusqu’au 31 décembre 2021. 

> Cliquez ICI pour consulter le détail des vols proposés par Air Arabia

– Air France : Sur son site web, la compagnie française annonce avoir obtenu des autorisations pour opérer des vols vers la France du 14 au 20 décembre 2021. Les vols des jours suivants sont soumis à l’accord des autorités marocaines.

>Cliquez ICI pour rester informé des vols disponibles sur Air France

– Turkish Airlines : Sur son compte Facebook, la compagnie annonce aux citoyens turcs et aux ressortissants d’autres pays se trouvant temporairement au Maroc, et ne pouvant pas rejoindre la Turquie ou retourner dans leur pays d’origine, que des vols exceptionnels seront organisés les jeudi 16, vendredi 17 et dimanche 19 décembre par Turkish Airlines, à partir de l’aéroport international Mohammed V de Casablanca. L’heure de départ de ces vols est fixée à 16h15, heure marocaine.

> L’achat des billets peut être effectué auprès de l’agence de Turkish Airlines à Casablanca, et des différentes agences de voyages ou bien via le site web de Turkish Airlines. Les passagers ayant déjà un billet doivent adresser une demande de changement incluant le vol choisi, le nom et le prénom, le numéro de billet actuel, le numéro de passeport et la date d’entrée au Maroc à l’adresse e-mail:  cassales@thy.com, ou bien s’adresser à l’agence de Turkish Airlines à Casablanca.

– Neos : l’ambassade et le consulat général d’Italie à Casablanca attendent toujours l’autorisation des autorités locales pour la programmation de nouveaux vols spéciaux les 18, 21 et 28 décembre à destination de l’Italie.

> Une fois disponibles, les billets seront en vente directement sur le site de Neos.

Notons que cette liste n’est pas exhaustive et que d’autres vols seront probablement annoncés dans les jours qui viennent.

À la Chambre des conseillers, des employées de nettoyage perçoivent des salaires inférieurs à leurs contrats

Après une présentation par la ministre de la Solidarité et de la famille, Aawatif Hayar, portant sur la situation de la femme marocaine, à l’occasion de la Journée nationale de lutte contre les violences faites aux femmes, la parlementaire Fatima El Idrissi (UMT) a pris la parole pour dénoncer les conditions de travail des femmes de ménage au Parlement, notamment à la Chambre des conseillers.

Entamant son intervention par des données générales, elle a indiqué que « 57% des femmes marocaines ont déjà subi des actes de violence. La majorité, notamment de celles s’activant dans le secteur agricole, vit dans la précarité, et travaille dans de mauvaises conditions, en l’absence des services nécessaires de base, tels que la santé et l’éducation ».

Elle a rappelé que « les femmes sont les plus sujettes aux différents abus, aux licenciements, ainsi qu’à la réduction de salaire. Et que seules 30% d’entre elles sont déclarées à la CNSS ».

« Pour ce qui est du secteur du nettoyage, les femmes de ménage dans les institutions publiques perçoivent des salaires inférieurs au Smig », qui s’élève à 2.828,71 DH.

« Prenons l’exemple des femmes de ménages travaillant notamment à la Chambre des conseillers. Elles perçoivent un salaire mensuel de 1.600 DH, alors qu’elles ont signé des contrats de 3.000 DH/mois. La société de sous-traitance en charge du nettoyage au Parlement en fait donc un business. »

« D’autres touchent à peine 800 DH/mois »

Jointe par nos soins, Fatima El Idrissi nous confie que « l’UMT, en tant que syndicat, a été saisi par les femmes de ménage travaillant à la Chambre des conseillers ».

« Elles ont soulevé la problématique, nous demandant de les aider à trouver une solution. Elles nous ont ainsi révélé qu’elles signaient des contrats prévoyant un salaire mensuel de 3.000 DH, alors que certaines touchent 1.600 DH/mois, et d’autres, à peine 800 DH, ce qui est scandaleux. »

« Celles qui touchent 1.600 DH travaillent de 7h du matin à 16h, tandis que les autres travaillent à mi-temps. »

« Les femmes travaillant de 7h à 16h nous ont également fait savoir que, lors des séances dédiées à la présentation et à la discussion du Projet de loi de Finances par exemple, il leur arrivait de continuer à travailler jusqu’à minuit, soit après la clôture desdites séances, pour le même salaire. »

« Après ma déclaration à la Chambre des conseillers, l’une de ces femmes m’a interpellée pour me notifier qu’elle était payée 800 DH par mois. Sachant que ses charges de transport s’élèvent à 300 DH, il ne lui reste donc que 500 DH pour survivre tout le mois. »

Fatima El Idrissi a précisé que « ces femmes sont recrutées par une société de sous-traitance », dont elle ignore l’identité. « Celle-ci a été choisie à l’issue d’un marché lancé par la Chambre ».

« En temps normal, le Conseil doit créer une commission, et y désigner un président et des membres, qui se chargent du suivi et de l’évaluation de ces marchés, comme cela se fait dans les sociétés publiques. Cette commission doit étudier le cahier des charges dudit marché et le comparer avec les prestations de la société retenue, pour voir si tout est conforme. Elle doit également s’assurer que toutes les personnes recrutées perçoivent au moins le Smig. Si cette commission existait, il n’y aurait jamais eu ce problème. C’est de l’argent public. Il doit être contrôlé et suivi. »

Malgré les révélations de la parlementaire, aucune action n’a été entamée pour régler ce problème. Du moins, jusqu’à la mise en ligne de cet article. Selon notre source, « une réunion des membres de la Chambre est prévue lundi ou mardi prochain. Nous verrons si le sujet sera abordé ».

Un fléau national, dont les autorités doivent prendre conscience

« Ce fléau existe partout au Maroc et touche de nombreux métiers, notamment les agents de sécurité, les sociétés de brancardage et de restauration. Ils signent avec les sociétés de sous-traitance des contrats avec des salaires mensuels précis, mais perçoivent en réalité d’autres montants », dénonce Fatima El Idrissi.

Contacté par Médias24, Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’UMT confirme ce constat. « Le groupe parlementaire de l’UMT, par la voie de sa conseillère parlementaire Fatima El Idrissi, a évoqué un grand problème qui touche tous les salariés dans le secteur de la sous-traitance, et particulièrement les femmes. »

« La situation est presque générale dans tout le Royaume. Les salariés de ce secteur sont payés moins que le Smig et ne sont malheureusement pas déclarés à la CNSS. »

« Ils signent des contrats de six mois à répétition, et ils peuvent être licenciés à tout moment. Pire, certaines sociétés ne livrent à leurs employés qu’un complément de salaire, en se basant sur les allocations familiales. Elles ne recrutent donc que les salariés ayant deux ou trois enfants. »

« Nous savons que les allocations familiales s’élèvent actuellement à 300 DH par enfant. Ces sociétés de sous-traitance comptabilisent ainsi les allocations versées par la CNSS et donnent le complément comme salaire pour atteindre les 2.800 DH du Smig, ce qui est encore plus grave. »

« Cette catégorie de personnes souffre ainsi d’instabilité totale au travail. Après plusieurs années, elles se retrouvent toujours dans la précarité. »

« Selon les statistiques, ce fléau concerne plus de 200.000 personnes travaillant dans le secteur de la sous-traitance. L’UMT a déjà adressé plusieurs correspondances dans ce sens à l’ancien chef du gouvernement et à l’ancien ministre du Travail, en vain. Nous avons également évoqué le sujet dans le cadre du dialogue social, mais malheureusement il n’y a eu aucune réaction de la part du gouvernement. »

« Nous avons même créé un syndicat national des employés et cadres de la sous-traitance, qui a commencé à porter ses fruits, en obligeant les entreprises à respecter la loi du travail. »

« À présent, le problème a explosé et c’est une bonne chose. Cela attirera davantage l’attention des pouvoirs publics. Dans l’institution législative (Chambre des conseillers, NDLR) qui doit être un modèle dans le respect des lois, et notamment des lois sociales, celles-ci ne sont pas respectées par la société de sous-traitance chargée du nettoyage. C’est grave qu’une institution législative viole et ne contrôle pas la réglementation du travail. »

« Les femmes qui se chargent du nettoyage dans la Chambre peuvent travailler jusqu’à 12 à 14 heures par jour, et parfois, même après les séances parlementaires qui durent certains jours jusqu’à minuit, pour un salaire de 1.600 DH. Je ne pense pas non plus qu’elles soient déclarées à la CNSS ou qu’elles soient assurées contre les accidents de travail. »

« Comme je l’ai mentionné, ce problème n’est pas propre à la Chambre des conseillers. C’est un fléau national, dont les autorités publiques doivent prendre conscience. Nous refusons que les employés de la sous-traitance soient réduits à de l’esclavage », conclut-il.

Malgré de nombreuses tentatives pour les contacter, le président de la Chambre des conseillers et ses vice-présidents sont restés injoignables au moment de la publication de cet article.