Comment Dari Couspate a franchi le cap de la Bourse : le récit de Hassan Khalil

Le directeur général de Dari, Hassan Khalil, a été invité à apporter un témoignage sur l’expérience de l’introduction en Bourse et les bénéfices qu’en a tirés l’entreprise Dari, lors de la rencontre organisée par le ministère de l’Industrie en partenariat avec la Bourse de Casablanca et la FENAGRI, sous le thème « Marché boursier et secteur agroalimentaire marocains : un avenir de croissance et d’expansion ».

« La Bourse ne faisait absolument pas partie de nos options en 2004 »

« Cette opération [d’introduction, ndlr] n’était en aucun cas préméditée », avance d’emblée Hassan Khalil.

« Nous étions une entreprise familiale, créée par mon père. Nous étions censés suivre un parcours classique pour une entreprise familiale : les enfants rejoignent l’entreprise s’ils le souhaitent, et celle-ci se développe progressivement, en cherchant à se faire une place sur le marché, à l’instar de toutes les autres entreprises marocaines », raconte-t-il

Et de poursuivre, « le tournant est survenu lorsque nous avons rencontré une banque d’affaires, mais à l’origine, cette rencontre n’était pas pour discuter de la Bourse. Nous cherchions simplement à obtenir une valorisation pour entamer un virage stratégique, soit en accueillant un fonds d’investissement, soit en envisageant la cession de l’entreprise. La Bourse ne faisait absolument pas partie de nos options en 2004 ».

« Pour nous, la bourse était un véritable mystère. Nous suivions les indices boursiers comme le Masi ou le Madex, où les valeurs augmentaient de 2 à 3 %, mais cela restait très technique et nous ne nous y intéressions pas. Cela semblait un domaine réservé aux grandes entreprises, à la finance, aux industries lourdes, et nous étions bien loin de tout cela ».

La banque d’affaires tente de convaincre la famille Khalil de l’opportunité d’une introduction en bourse. « Nous avons immédiatement rejeté cette idée, la jugeant trop complexe et inadaptée à notre petite entreprise », confie le DG.

« Cependant, l’équipe de la banque a insisté et, au final, mon père a été convaincu beaucoup plus rapidement que nous. Il a compris immédiatement l’intérêt de cette démarche et a réussi à nous convaincre de sa pertinence, malgré nos nombreuses appréhensions. Nous avons donc pris le temps de réfléchir, de discuter, et après un mois ou deux, nous avons décidé de franchir le pas et d’aller à la Bourse ».

« L’élément décisif qui nous a poussés à agir a été le courage »

Hassan Khalil explique que le courage a été l’élément décisif, « le courage de prendre la décision d’aller vers la transparence et d’accepter de devenir une société publique. Pour nous, ce fut un acte courageux, nécessaire pour continuer à croître. Et aujourd’hui, nous en tirons tous les bénéfices ».

Le processus d’introduction en Bourse n’a pas été aussi long qu’on pourrait le penser, explique le DG de Dari. « Nous avons pris la décision en novembre 2004 et, en juin 2005, nous étions cotés en Bourse, soit en à peine 8-9 mois. Aujourd’hui, le Maroc est bien plus moderne et ouvert qu’en 2005 ».

Ce passage par la Bourse « nous a permis de financer notre croissance, sans recourir à l’endettement ».  « Nous souhaitions construire une nouvelle usine, mais sans prendre de dettes. Nous avons donc opté pour une solution en partie financée par nos fonds propres et, éventuellement, par un capital risque. La Bourse s’est alors présentée comme une solution idéale, avec des coûts très réduits », explique-t-il.

Et de poursuivre, « pour une entreprise agroalimentaire comme la nôtre, la Bourse a d’autant plus de sens. Lorsque vous êtes une marque et que vous avez des consommateurs qui sont aussi actionnaires, cela apporte une transparence et une visibilité qui favorisent les ventes. Nos clients, au Maroc comme à l’étranger, sont aussi actionnaires de Dari, ce qui contribue à renforcer leur fidélité et à encourager nos produits ».

L’introduction en Bourse a aussi eu des effets bénéfiques à l’international. « Lorsque nous avons acquis notre usine en Belgique, le fait d’être cotés en Bourse au Maroc a ouvert toutes les portes. Cela a renforcé notre crédibilité auprès des banquiers et des autorités locales, et a modifié le regard des clients et des grands acheteurs sur notre entreprise. »

Enfin, l’introduction en Bourse a significativement amélioré la gouvernance de Dari. « Nous avons dû nous conformer aux règles instaurées par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), ce qui nous a poussés à recruter des administrateurs indépendants. Cette démarche, à laquelle nous n’aurions jamais pensé par nous-mêmes, a apporté une nouvelle perspective et une nouvelle vision. Les administrateurs indépendants apportent des idées de très haut niveau et ont permis à notre gouvernance de se diversifier, ce qui est essentiel pour une PME », conclut-il.

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La Bourse de Casablanca courtise les acteurs de l’industrie agroalimentaire

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La Bourse de Casablanca courtise les acteurs de l’industrie agroalimentaire

Ce vendredi 31 janvier, le ministère de l’Industrie, la Bourse de Casablanca, l’AMMC, la CGEM ainsi que les fédérations sectorielles de l’agro-industrie se sont réunis pour consacrer une journée à expliquer, détailler et dissiper toutes les inquiétudes concernant le financement par le biais de la bourse. Leur objectif est de convaincre les opérateurs de l’importance de la bourse pour soutenir le développement de l’industrie marocaine.

Ryad Mezzour : “La bourse peut faire peur, mais les bénéfices qu’elle génère sont largement supérieurs.”

Lors de cette rencontre, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a délivré un message puissant aux acteurs du secteur industriel et agroalimentaire. « Vous êtes les acteurs, les promoteurs et les impulseurs, au quotidien, de la souveraineté industrielle et alimentaire du Maroc », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : « De plus, comme vous le savez, nous faisons face à une urgence pressante en matière de création d’emplois (…) et vous représentez l’un des secteurs phares sur lesquels nous comptons pour agir rapidement. Vous connaissez mon slogan : c’est x2 en emploi le plus vite possible. Cela doit figurer dans vos plans d’affaires, en augmentant le chiffre d’affaires. C’est une contribution essentielle pour nous tous. Chaque année, de nombreux jeunes entrent sur le marché du travail, et nous avons deux fois plus de jeunes à la recherche d’emplois que ce que notre secteur économique est en mesure de créer actuellement. »

Quel est le lien avec la bourse ? La réponse du ministre est rapide : « La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des perspectives et des moyens de croitre. Cet outil, la bourse, représente un moyen de financement encore peu exploité par la plupart d’entre vous, mais qui a permis des réussites exceptionnelles ».

« La bourse peut susciter des craintes pour plusieurs raisons. Un amont n’est pas toujours très transparent, notamment sur le plan fiscal. Les transactions ne se déroulent pas toujours dans un cadre formel, en particulier sur le marché intérieur. Des efforts de transparence sont exigés. Je comprends ces préoccupations, mais les bénéfices sont nettement supérieurs à l’effort requis. »

Le ministre soutient que « l’accès est bien plus facile qu’on ne l’imagine. Cela demande beaucoup d’efforts, mais ce sont des efforts d’investissement initiaux qui permettront d’obtenir davantage de tranquillité et un potentiel de croissance accru par la suite ».

Nezha Hayat, présidente de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), a déclaré : « Les exigences en matière de transparence et de gouvernance des sociétés cotées ont été renforcées afin de protéger l’épargne. Cependant, ces exigences sont adaptées à différents profils d’entreprise. »

Elle évoque ainsi le marché alternatif, qui est soumis à des règles allégées pour répondre aux besoins des PME, pour lesquelles une définition assez large a été adoptée.

Nezha Hayat a souligné que « au-delà des aspects techniques des instruments financiers, le marché des capitaux permet principalement de diminuer les coûts de financement en favorisant la rencontre entre l’offre et la demande de capitaux ».

Chakib Alj : « Je suis convaincu du fait que je dois introduire en bourse des sociétés de mon groupe. Je pense que cela se réalisera prochainement. »

La journée a également été marquée par la présence de Chakib Alj, président de la CGEM et acteur majeur du secteur agroindustriel.

« Aujourd’hui, la Bourse de Casablanca ne reflète pas pleinement les ambitions des opérateurs économiques. Il est évident que de nombreux changements ont eu lieu si l’on examine la trajectoire que notre pays a suivie au cours des 20 dernières années. Il est regrettable de constater que les PME sont encore rares en bourse. Pourtant, le potentiel est considérable. Prenons l’exemple d’une entreprise qui, il y a 30 ans, a fait son entrée en bourse avec une valorisation de 22 millions de dirhams et qui vaut aujourd’hui un milliard. Cela démontre clairement que les entreprises qui s’introduisent à la Bourse peuvent connaître une croissance impressionnante », affirme le patron des patrons.

Il ajoute : « Le secteur bancaire à lui seul ne pourra pas continuer à financer l’ensemble de notre économie. Actuellement, 90% du financement provient du secteur bancaire, ce qui est clairement insuffisant pour soutenir la croissance de notre pays. À titre de comparaison, en Europe, les financements bancaires représentent 50%, tandis que l’autre moitié provient de sources de financement alternatives. Aux États-Unis, ce rapport est encore plus marqué : 80% des financements proviennent du marché alternatif, contre seulement 20% des banques ».

« Les financements alternatifs présentent des perspectives prometteuses pour soutenir la croissance des entreprises et garantir la pérennité de l’environnement économique. Ils recèlent également de nombreuses opportunités pour générer des emplois et soutenir le développement de notre économie. »

Il ajoute : « Pour ma part, je suis convaincu que je dois introduire en bourse des sociétés de mon groupe. Je pense que cela se réalisera prochainement. Il faut donner l’exemple ».

Signature de 2 protocoles de partenariat visant la dynamisation du financement des entreprises industrielles par le marché boursier

Le premier protocole a pour ambition de faciliter l’accès des entreprises industrielles marocaines au financement boursier, à travers notamment des actions de sensibilisation et le co-développement de programmes d’accompagnement adaptés, précise un communiqué publié à l’occasion. Ce protocole a été signé par Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, Chakib Alj, président de la CGEM, Nezha Hayat, présidente de l’AMMC et Tarik Senhaji, directeur général de la Bourse de Casablanca.

Le second protocole, paraphé par Tarik Senhaji, Abdelmounim El Eulj, président de la FENAGRI, et Hassan Sentissi El Idrissi, président de la FENIP, vise l’accompagnement des entreprises de ces secteurs pour accéder aux mécanismes de financement du marché boursier.

À cette occasion, M. Ryad Mezzour, a souligné: « Le financement de l’industrie nationale par le marché boursier soutient la croissance des secteurs stratégiques, favorise l’essor de nouvelles industries, tout en créant de la valeur ajoutée et en générant des emplois. C’est un outil puissant pour les entreprises industrielles qui souhaitent se développer, innover, adopter de nouvelles technologies ou améliorer leur productivité ». Et d’ajouter : « La mise en place de ce partenariat stratégique nous permet de franchir une nouvelle étape dans la concrétisation de la vision industrielle portée par sa majesté le Roi, que Dieu L’assiste, et atteste de l’importance des partenariats public-privé pour soutenir une économie nationale dynamique et performante».

Tarik Senhaji, Directeur Général de la Bourse de Casablanca a rappelé que « la Bourse de Casablanca joue un rôle stratégique en tant que pilier du financement de l’économie marocaine. Le dynamisme actuel du marché, illustré par ses performances exceptionnelles, confirme son attractivité et son potentiel. À travers cette convention bénéficiant d’un soutien institutionnel fort, nous renforçons notre collaboration avec l’industrie marocaine en mettant à sa disposition tous les outils nécessaires pour accompagner davantage d’entreprises vers la cotation et leur permettre de tirer pleinement parti des nombreux avantages que cela offre ».

« A travers ce partenariat, la CGEM se positionne comme un acteur clé pour accompagner ses membres dans leur démarche d’accès au marché boursier. Elle s’engage à identifier les entreprises industrielles éligibles et leurs besoins spécifiques et à les mobiliser pour profiter de cette dynamique de croissance », a déclaré Chakib Alj.

Il est à souligner que le secteur de l’industrie agroalimentaire joue un rôle stratégique dans l’échiquier économique national en matière d’export et de création d’emploi. Avec 2000 entreprises créant près de 207.000 emplois, un chiffre d’affaires de plus de 185 MMDH (2022) et des exportations de l’ordre de 43 MMDH (2023), le secteur de l’industrie agroalimentaire présente un grand potentiel de développement autant pour assurer les besoins nationaux que dans la dynamisation des exportations marocaines.

A la Bourse de Casablanca, ce secteur ne représente cependant que 4% de la capitalisation boursière avec 6 entreprises cotées.

La signature de ces protocoles de partenariat s’est accompagnée d’une conférence-débat sous le thème « Marché boursier et secteur agroalimentaire marocains, un avenir de croissance et d’expansion », où les intervenants ont rappelé l’importance de ce partenariat pour accompagner le développement de cette nouvelle ère de l’industrie marocaine.

Cette conférence a également été l’occasion pour les dirigeants des entreprises cotées à la Bourse de Casablanca, telles que Mutandis, Cosumar, Dari Couspate et Cartier Saada, de partager leur expérience et leur vision sur le choix stratégique du financement boursier pour soutenir leur croissance.

Cet événement, qui a été clôturé par un appel à la mobilisation de toutes les parties par M. Brahim Benjelloun Touimi, président du Conseil d’administration de la Bourse de Casablanca, a réuni des représentants des institutions signataires, des experts du marché financier, des entreprises cotées et des acteurs du secteur agroalimentaire, a mis en lumière les perspectives et les opportunités offertes à l’industrie marocaine par le marché boursier au service de l’économie nationale.

 

Marsa Maroc lève 690 MDH auprès de la BERD pour la durabilité de ses insfrastructures

Signé au siège de Marsa Maroc, par Odile Reneaud-Basso, Présidente de la BERD, et Tarik El Aroussi, Directeur Général de la société, cet accord porte sur le financement de travaux d’infrastructures visant l’extension des capacités des terminaux polyvalents du Groupe dans les ports de Casablanca et de Jorf Lasfar, ainsi que l’acquisition de grues électriques sur rails et de grues hybrides, pour équiper ces derniers, explique un communiqué de l’entreprise.

« Ces projets renforceront la durabilité de ces infrastructures portuaires à travers l’acquisition et l’exploitation de grues sur rails électriques, plus efficaces, ainsi que l’augmentation de la capacité de traitement, ce qui devrait se traduire par une efficacité énergétique accrue grâce à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) par cargaison manutentionnée »,poursuit la même source.

Et d’ajouter, « la dimension durable de ces projets est également portée par les travaux de génie civil du terminal polyvalent de Jorf Lasfar, qui intégreront des mesures de résilience climatique dans la conception des quais, afin de réduire la sensibilité à l’élévation du niveau de la mer ».

Tarik El Aroussi, Directeur Général de Marsa Maroc, a souligné que « ce financement permettra à Marsa Maroc d’améliorer l’attractivité de ses terminaux, de fournir à ses clients des installations portuaires durables et d’offrir davantage de capacité pour mieux servir et renforcer la compétitivité du commerce marocain ».

Sonasid : hausse de 12% des volumes de ventes à fin septembre 2024

À fin septembre 2024, Sonasid enregistre une hausse de 5% de son chiffre d’affaires social, atteignant 3,7 MMDH, soutenue par une augmentation de 12% des volumes de ventes. Le chiffre d’affaires consolidé s’élève quant à lui à 3,8 MMDH, affichant une progression de 4% par rapport à la même période de 2023.

Sur le volet des investissements, l’entreprise a mobilisé 106 MDH au cours des neuf premiers mois de l’année, dans le cadre d’un programme global de 184 MDH. Parmi les projets stratégiques, le démarrage de la production de fil précontraint, prévu au quatrième trimestre 2024, marque une avancée majeure dans la diversification de ses activités.

Côté financier, Sonasid continue de bénéficier d’une situation solide avec des excédents de trésorerie de 656 MDH à fin septembre 2024, ce qui reflète une gestion rigoureuse de l’endettement net consolidé, qui s’inscrit dans une tendance baissière.

S’appuyant sur son plan stratégique « Act for Impact », le groupe met l’accent sur le développement de produits innovants, la consolidation de sa compétitivité, et la réduction de son empreinte carbone grâce à un processus de fabrication « zéro déchet » alimenté à 90% par des énergies renouvelables.

Avec une capacité de production de 1,1 million de tonnes, Sonasid ambitionne de capitaliser sur la croissance attendue du marché de la construction au Maroc et d’élargir sa présence sur les marchés internationaux.

Deal SG-Saham. Après l’obtention de l’agrément de Bank Al-Maghrib, closing imminent de l’opération

La dernière autorisation nécessaire à Saham pour finaliser son acquisition de la filiale marocaine de la Société générale a été obtenue. En effet, Bank Al-Maghrib a accordé les nouveaux agréments à la SGMB et ses filiales concernées (Eqdom, Sogelease, SG Offshore).

Les décisions relatives aux nouveaux agréments ont été publiées au Bulletin officiel. Les nouveaux agréments permettent à la banque et ses filiales de poursuivre leurs activités après le changement de contrôle de son capital.

Saham a introduit la demande le 28 mai 2024. À la suite de l’examen des informations complémentaires transmis le 31 octobre 2024, la Commission des établissements de crédit a émis un avis favorable pour l’opération, début novembre, comme révélé par Médias24.

Désormais, Saham dispose de toutes les autorisations pour la finalisation de l’acquisition de 57,67% du capital de la Société Générale Marocaine de Banques (SGMB).

La suite logique est le closing de l’opération. Un closing qui sera signé début décembre à Casablanca, nous assurent nos sources.

Moulay Hafid Elalamy reprend donc, comme nous l’indiquions dans un précédent papier, une banque engagée dans une transition importante marquée par des défis opérationnels. Malgré une hausse régulière du résultat net jusqu’en 2023, le premier semestre 2024 a révélé une baisse de -14,4%. Les encours de crédits continuent de diminuer, et le coût du risque a fortement augmenté sur le premier semestre 2024. Selon nos sources, les nouvelles équipes veulent rapidement relancer la machine avec des ambitions très fortes sur le marché.

Lesquelles ? Saham souhaite « d’abord mettre la banque sur les rails qu’il faut », avec pour objectif prioritaire, à court terme, de « devenir l’une des meilleures banques de la place en termes de service client ».

« Travailler le service à la clientèle, il y a une marge intéressante dans ce domaine. Il y a également de la marge sur le plan commercial », nous explique-t-on.

Concernant les rumeurs insistantes d’une croissance externe, notamment en Afrique subsaharienne par le rachat de banques, nos sources l’excluent « pour le moment », tout comme la cession d’une partie du capital en bourse.

CMGP Group annonce son introduction en bourse

Dans un communiqué, le groupe annonce que « cette introduction en bourse, d’un montant de 1,1 MMDH vise à accompagner la croissance et le développement de CMGP Group. Elle sera réalisée par voie (i) d’augmentation du capital social réservée au public à hauteur d’un montant (prime d’émission incluse) de 300 MDH, et (ii) de cession au public d’actions de la Société pour un montant de 800 MDH ».

Le groupe se présente comme un « acteur majeur de l’irrigation, de l’agrofourniture, des solutions solaires et  de l’infrastructure de l’eau au Maroc et en Afrique de l’Ouest. CMGP Group se positionne comme le « One Stop Shop » des agriculteurs ».

Fondé il y a 30 ans, le Groupe se déploie au Maroc et dans 4 pays du continent africain (Sénégal, Côte d’Ivoire, Mauritanie et Ghana) et ambitionne d’étendre sa présence en Afrique.

CMT annonce le départ de son Président et sa décision de faire appel

La Compagnie Minière de Touissit (CMT) a annoncé, dans un communiqué du 22 octobre, « avoir appris par les réseaux sociaux et la presse la condamnation de son Président, M. Luc Gérard, à une peine d’emprisonnement avec sursis et à une amende, conjointement avec la CMT ». Cette décision de justice, liée à une plainte de la Douane pour non-rapatriement de 13,7 millions USD, fait suite à une audience du 8 octobre 2024, à laquelle CMT « affirme ne pas avoir été convoquée ». 

« CMT a d’ailleurs pu retirer copie du dossier du tribunal et il est établi qu’aucune convocation n’a été ni adressée ni reçue, ce qui soulève des questions sérieuses quant à la validité de la procédure et donc du jugement », précise le communiqué.

CMT et M. Luc Gérard ont décidé de faire appel.

Par ailleurs, M. Luc Gérard a annoncé son retrait de ses fonctions de Président du Conseil d’Administration et de Directeur Général, une décision qui prendra effet dès la nomination d’un nouveau Président-Directeur Général, ou au plus tard lors de la prochaine assemblée générale.

Holmarcom va céder 11,30% du capital de CDM au public pour plus d’un milliard de DH

Selon la note de l’opération publiée à cette occasion, cette opération a pour objectif:

Cette opération fait suite à l’accord donné par le conseil d’administration du groupe Holmarcom réuni en date du 26/08/2024 en vue de la cession par HFC au profit du public et le cas échéant, au profit des salariés, d’un maximum de 1.414.558 actions détenues par HFC dans le capital de Crédit du Maroc (CDM) et représentant au maximum 13% du capital social et des droits de vote de CDM pour un prix de cession compris dans une fourchette entre 840 dirhams et 900 dirhams par action.

Cela a été suivi d’un conseil d’administration d’HFC réuni en date du 17 octobre 2024 qui a acté la cession de 11,3% au prix de 850 DH/ action.

Voici les caractéristiques de l’opération

Abed Chagar monte dans le capital de Colorado

Ce renforcement dans le capital de l’entreprise s’est fait à la suite de l’acquisition par la société Yan Sasu de 644.705 actions Colorado au prix de 53 dirhams, sur le marché de blocs, auprès de Colbert Finance.

À la suite de cette transaction, Abed Chagar déclare détenir une participation totale de 5,98% dans le capital de Colorado, répartie comme suit :

– une détention directe de 320.000 actions Colorado, soit 1,98% du capital de ladite société ;

– une détention indirecte, à travers la société Yan Sasu, de 644.705 actions Colorado, soit 4% du capital de ladite société.

Dans les six mois qui suivent le franchissement du seuil précité, Abed Chagar envisage de poursuivre ses achats sur la valeur Colorado.

Mutandis révise à la hausse ses prévisions annuelles pour 2024

Cette performance est tirée principalement par la progression des marges dans les segments d’hygiène et des boissons, ainsi qu’une solide performance de la filiale américaine Season USA. Ces résultats témoignent de la solidité financière de l’entreprise qui a révisé à la hausse ses prévisions annuelles : Mutandis table désormais sur une croissance de 20% pour l’EBE et le résultat net courant (RNC), contre une estimation initiale de 10% à 15%.

Par ailleurs, le RNC a également augmenté de 20% au premier semestre, atteignant 52 MDH. Cette hausse compense la montée des amortissements liés à l’ouverture de trois nouvelles usines. Le résultat net global, incluant une plus-value nette de cession, a atteint 106 MDH, renforçant encore davantage la solidité du groupe.

En ce qui concerne la gestion de la dette, l’entreprise a par ailleurs réduit sa dette nette de manière significative, passant de 1,1 milliard de DH à 710 MDH, en grande partie grâce à la cession de son activité de bouteilles et bouchons en avril. Parallèlement , les investissements (capex) de l’entreprise ont atteint 124 MDH durant la période, dépassant le niveau habituel, en raison de la poursuite des travaux de construction de la nouvelle usine d’hydrolysats à Dakhla, spécialisée dans la production d’hydrolysats de sardine, une première en Afrique. La fin des travaux est attendue pour le quatrième trimestre 2024.

Analyse des performances par secteur d’activité

Le segment de l’hygiène a réalisé un chiffre d’affaires de 366 MDH, en hausse de 9% par rapport à la même période en 2023. Cette performance est essentiellement due à une reprise des volumes de vente, après une année 2023 marquée par la stagnation des tonnages suite aux augmentations de prix opérées en 2022. Les produits liquides, tels que la lessive liquide et l’eau de javel, ont été les principaux moteurs de cette croissance.

Le lancement de la nouvelle marque d’hygiène personnelle, Vitaia, s’est déroulé conformément aux attentes, contribuant également à la croissance de cette catégorie. Aucun ajustement de prix n’a été appliqué en 2023 et 2024, confirmant que la progression est portée uniquement par l’augmentation des volumes.

Quant aux produits de la mer, leur chiffre d’affaires a chuté de 43%, atteignant 142 MDH. Cette baisse s’explique par un démarrage tardif de la saison de pêche, les stocks de poisson congelé n’étant pas disponibles en début d’année pour répondre à la demande toujours forte des marques Anny (Afrique Centrale) et Season (USA).

La production n’a donc pas pu suivre la cadence habituelle. Cependant, Mutandis prévoit un rattrapage au second semestre, avec une amélioration de la disponibilité des ressources halieutiques depuis juin et juillet, ce qui devrait permettre de récupérer une partie du retard accumulé. Le lancement de la marque Marine, spécialisée dans la sardine sans peau ni arêtes, dans le commerce traditionnel marocain a reçu un accueil favorable, soutenu par une vaste campagne de communication.

D’autre part, le segment des boissons a enregistré une performance exceptionnelle avec une augmentation de 74% du chiffre d’affaires, atteignant 176 MDH. Cette progression est principalement tirée par les marques Frut et Vitakids, qui ont vu leurs volumes augmenter plus rapidement encore que les revenus.

Le premier semestre a également été marqué par le déménagement de l’usine de Marrakech à Kénitra, ce qui a permis d’accroître de manière significative la capacité de production et d’améliorer la flexibilité industrielle. Ain Ifrane, marque d’eau minérale désormais intégrée à Mutandis, a connu une première année pleine de forte croissance, marquée par une utilisation optimale de sa capacité de production.

In fine, pour ce qui est de la filiale Season USA, aux États-Unis, son chiffre d’affaires a augmenté légèrement de 3% en dollars, en raison d’une réduction des mois de promotion intense imposée par les grandes surfaces américaines. Néanmoins, cette stratégie a permis une hausse des marges, contribuant positivement à la rentabilité globale de l’entreprise. Les effets de change sont restés légèrement défavorables au cours du semestre.

Crédit du Maroc : augmentation de 12,6% du PNB consolidé au premier semestre 2024

Le produit net bancaire consolidé (PNB) a atteint 1,6 MMDH, en hausse de 12,6% par rapport à l’année précédente. Cette performance est soutenue par une marge d’intérêt nette de 1,18 MMDH, en augmentation de 9,6%.

Le résultat brut d’exploitation connaît également une progression notable de 17,6%, atteignant 824 MDH. En parallèle, le coût du risque a diminué de 32,6%.

Avec un résultat net part du groupe en hausse de 36,8%, atteignant 391 MDH, Crédit du Maroc clôt ce premier semestre 2024 sur une note optimiste, avec des perspectives de croissance prometteuses pour le reste de l’année.

Le bilan au 30 juin 2024 affiche une croissance des crédits à l’économie, en hausse de 7,9%, portant l’encours à 54,9 MMDH. Cette progression est principalement portée par les crédits aux entreprises qui, avec une augmentation de 13,5%, atteignent 32,7 MMDH.

Le crédit aux promoteurs immobiliers enregistre une envolée de 40%, suivi de près par le crédit-bail (+33,7%) et le crédit à l’équipement (+27,2%). Sur le plan des crédits aux ménages, une croissance modérée de 4,1% est enregistrée, tirée par la bonne tenue du crédit à la consommation (+6,7%) et du crédit à l’habitat (+3,6%).

Le premier semestre 2024 a été marqué par la finalisation de l’autonomisation de Crédit du Maroc après le rachat de l’ensemble des parts de Crédit Agricole SA par le groupe Holmarcom. Ce dernier est désormais actionnaire majoritaire avec 78,7% du capital. Il entend accélérer la transformation digitale de la banque et recentrer son offre sur la famille.