Programme de reconstruction d’Al Haouz : la Commission interministérielle fait le point

Cette réunion a permis de constater la cadence positive dans la mise en œuvre des différents axes de ce programme, en application des hautes instructions du Roi Mohammed VI, rapporte un communiqué des services du chef du gouvernement.

Au début de cette réunion, explique la même source, le directeur général de l’Agence de développement du Haut Atlas, Said Laith, a présenté un exposé précisant le bilan actualisé du nombre de familles ayant achevé l’opération de construction et de réhabilitation des habitations effondrées totalement ou partiellement, qui est de 33.636 familles, ainsi que le nombre d’habitations dont le taux d’avancement des travaux a dépassé 50%, qui est de 14.463 habitations. Les travaux de construction et de réhabilitation ont commencé dans 52.669 habitations.

Pour ce qui est des habitations situées dans des zones à relief difficile, des solutions de terrain ont été dégagées. Elles concernent 4.633 habitations situées dans 12 douars, dont 1.378 familles ont été déplacées dans des zones disposant de foncier dédié.

La réunion, d’après la même source, a également permis de confirmer que les familles dont les habitations se sont effondrées totalement ou partiellement ont pu bénéficier des aides d’urgence fixées à 2.500 dirhams, après leur prorogation de cinq mois supplémentaires, ce qui porte le montant global des aides, depuis leur lancement, à 2,3 milliards de dirhams.

Dans le secteur de l’enseignement, la commission a constaté l’achèvement des travaux de mise à niveau et de reconstruction au niveau de 165 établissements scolaires. Les travaux se poursuivent au niveau de 763 autres établissements pour être achevés pour la prochaine rentrée scolaire.

Pour ce qui est du secteur de la santé, les travaux de mise à niveau de 42 centres de santé ont été achevés. La réhabilitation de 17 centres de santé supplémentaires est en cours d’achèvement pour une mise en service dans les meilleurs délais.

La commission a d’autre part pris connaissance de l’état d’avancement des travaux au niveau de 92 autres projets de réhabilitation.

La réunion a par ailleurs été l’occasion de confirmer l’achèvement du premier plan d’action relatif au secteur de l’agriculture, doté d’un budget de 611 millions de dirhams (MDH), qui a porté sur la réfection des infrastructures agricoles et économiques et sur le soutien à la reconstitution du cheptel national, notamment à travers la distribution à titre gratuit aux agriculteurs de têtes de bétail et d’orge.

La commission a également abordé l’état d’avancement des travaux de réhabilitation des quatre axes routiers constituant la route nationale N7 sur 64 kilomètres, et mis en lumière les efforts déployés dans le secteur de l’eau, notamment pour la réfection des réseaux d’adduction en eau potable et la réparation des dommages occasionnés au niveau de 43 stations hydrologiques.

Dans le secteur du commerce et de l’industrie, la commission s’est penchée sur l’opération de soutien et d’accompagnement des commerçants, au nombre de 1.408 bénéficiaires dont les points de vente ont été sinistrés, pour un montant global de 127 MDH.

Concernant le secteur du tourisme, la commission a constaté le traitement de 386 demandes pour bénéficier d’un soutien financier, présentées par des établissements d’accueil touristique classés qui ont été sinistrés à la suite du séisme. Ainsi, 227 établissements d’accueil touristique ont bénéficié de la première tranche du soutien, pour un budget de plus de 60 MDH, et 82 établissements ont reçu également la deuxième tranche du soutien, pour un montant de 26 MDH.

En résumé et chiffres à l’appui, voici ce qu’il faut retenir des réalisations de ce programme :

Alerte météo. Des chutes de neige, du samedi au lundi, dans plusieurs provinces du Maroc

Le ministère de l’Equipement et de l’eau a émis un bulletin d’alerte météorologique, ce jeudi 26 décembre, d’un niveau de vigilance orange. Des chutes de neige sont prévues au-delà de 1.500 mètres d’altitude, du samedi 28 au lundi 30 décembre. 

Dans le détail, les provinces concernées par des chutes de neige de 10 à 20 centimètres sont Ifrane, Chichaoua, Taroudant et Boulemane.

Quant aux provinces de Midelt, Azilal, Béni Mellal, Tinghir, Al Haouz et Ouarzazate, elles connaîtront des chutes plus importantes allant de 20 à 40 cm.

Bientôt un Centre national des sports de montagne et du ski à Oukaimden

Le ministère de l’Education nationale, du préscolaire et des sports vient de lancer un appel d’offres pour la réalisation des travaux d’aménagement du futur Centre national des sports de montagne et du ski à Oukaimden, dans la province d’Al Haouz.

Les travaux seront réalisés en un seul lot englobant plusieurs corps de métier. Ils incluent les gros œuvres, l’étanchéité, ainsi que le revêtement des sols et des murs. Les prestations couvriront également la menuiserie, qu’elle soit en bois, en aluminium ou métallique. Les travaux de plomberie sanitaire, d’électricité et de lustrerie feront également partie du même lot. Enfin, les finitions comprendront la peinture, la vitrerie et la miroiterie.

L’estimation des coûts est fixée à 1,1 million de DH pour un délai d’exécution de 2 mois.

Séisme d’Al-Haouz : la durée des aides d’urgence prolongée de cinq mois

En application des instructions royales, la commission a décidé de prolonger la durée des versements des aides d’urgence d’un montant de 2.500 DH aux familles dont les habitations ont été effondrées partiellement ou totalement, et ce, après l’achèvement de l’opération des versements des aides d’urgence d’un montant de 2.500 DH mensuels, qui avait été fixée à une durée de 12 mois, pour un coût global de 1,7 milliard de DH, indique un communiqué du département du chef de gouvernement.

La commission a constaté l’émission, à fin septembre dernier, de 56.095 autorisations de reconstruction et l’avancement des chantiers de reconstruction et de réhabilitation au niveau de 50.807 logements endommagés, ajoute la même source, notant que l’opération de déblaiement des débris au niveau des habitations effondrées ayant atteint ses phases finales, la commission a confirmé le lancement de la mise en œuvre de solutions de terrain concernant 1.700 habitations situées dans des zones à relief compliqué.

La commission a également établi que 57.703 familles ont touché un premier versement de 20.000 DH pour la reconstruction et la réhabilitation de leurs logements effondrés totalement ou partiellement, que 26.110 familles ont touché le deuxième versement, que 12.839 familles ont touché le troisième versement et que 1.868 familles ont touché le quatrième et dernier versement, et ce pour un montant global de plus de 2 MMDH.

La commission s’est, d’autre part, penchée sur l’avancement des travaux de mise à niveau des quatre axes routiers composant la route nationale N7 sur une longueur de 64 kilomètres pour un budget global de 665 millions de DH, précise le communiqué, relevant qu’elle a ainsi constaté la création de 4 équipes régionales d’équipement, dotées de 37 engins devant être renforcés par 9 engins supplémentaires, pour un budget global de 160 MDH.

Dans le secteur de la santé, après l’achèvement des travaux de la première tranche relative à la mise à niveau de 42 centres de santé prioritaires, la commission a constaté le lancement des travaux de la deuxième tranche relative à la mise à niveau ou la reconstruction de 153 centres de santé pour un coût de 532 MDH, relève-t-on.

Concernant le secteur de l’agriculture, il a été procédé à fin septembre dernier à la distribution gratuite de 30.510 têtes de bétail au profit de 3.051 éleveurs, explique-t-on, notant que la commission a pu constater la remise en service des différentes séguias endommagées, ainsi que l’achèvement prochain des opérations de réfection des ouvrages de petite et moyenne hydrauliques dans ces régions et la restauration des dommages occasionnés aux points d’eau destinés à l’abreuvement du bétail, en plus de l’achèvement de l’opération programmée de réhabilitation de 54 kilomètres de sentiers ruraux.

Au niveau du secteur de l’enseignement, 127 écoles ont pu rouvrir à l’occasion de l’actuelle rentrée scolaire, alors que les travaux de réhabilitation se poursuivent au niveau de 42 établissements scolaires devant être prêts à fin novembre prochain, parachevant ainsi la première tranche de l’opération de réhabilitation des établissements scolaires endommagés.

La commission a également fait le point sur l’état d’avancement des travaux de la deuxième tranche des opérations programmées de réhabilitation et de construction des établissements scolaires, afin que ces chantiers puissent être achevés dans les délais impartis.

La commission a recommandé, à cet égard, l’accélération de la présentation du programme de mise en œuvre de la troisième tranche des opérations programmées de réhabilitation et de construction des établissements scolaires.

Dans le secteur du tourisme, la commission a constaté le traitement de 258 demandes afin de bénéficier d’un soutien financier sur un total de 386 demandes présentées par les établissements d’accueil touristiques classés affectés par le séisme.

Ainsi, 153 établissements d’accueil touristique ont bénéficié de la première tranche du soutien pour un budget de 50 MDH, en plus du versement de la deuxième tranche du soutien qui a bénéficié à 13 établissements pour un montant de 6 MDH.

Au volet de l’économie sociale et solidaire, la commission a constaté le dépôt de 173 dossiers de demandes de soutien aux coopératives pour un budget global de 29 MDH, poursuit la même source, ajoutant que le versement des première, deuxième et troisième tranches se poursuit pour le soutien de 166 coopératives, pour un budget ayant atteint jusqu’à présent 7 MDH.

Dans le secteur de l’industrie et du commerce, la commission a constaté le versement de la première tranche du soutien au profit de 153 vendeurs ambulants, ainsi que l’achèvement prochainement des travaux de réhabilitation du marché de « Tlat n’Yacoub » dans la province d’Al Haouz, qui comprend 118 points de vente.

La commission s’est enfin penchée sur les projets de réhabilitation de plusieurs murailles et sites archéologiques endommagés par le séisme, au nombre de 23 projets, dont 8 projets sont en cours de réalisation, pour un budget global de plus de 130 MDH, conclut le communiqué.

(Avec MAP)

Al Haouz : LPEE mandaté pour le contrôle des travaux de construction du barrage Tassa Ouirgane

Le Laboratoire public d’essais et d’études (LPEE) a été retenu pour assurer le contrôle des travaux de construction du barrage Tassa Ouirgane. Cette décision a été actée, le 12 septembre, par le maître d’ouvrage, soit la Direction des aménagements hydrauliques, rattachée au ministère de l’Equipement et de l’eau.

Soumissionnaire unique pour cet appel d’offres, LPEE aura droit à un peu plus de 3,8 millions DH.

En novembre 2023, le marché de construction avait été attribué à la société de BTP marocaine Mojazine, pour un budget global de 424 millions de DH et une durée de réalisation de 30 mois. Selon les prévisions officielles, la capacité de stockage de ce futur barrage sera de 3 millions m3.

Pour le gouvernement, la construction du barrage Tassa Ouirgane s’inscrit dans le cadre du programme de reconstruction et de réhabilitation des zones impactées par le séisme d’Al Haouz.

L’Agence de développement du Haut Atlas bientôt opérationnelle ?

Créée en septembre 2023 par le décret-loi 2.23.870, l’Agence de développement du Haut Atlas, chargée du suivi de la mise en œuvre effective du programme de reconstruction et de mise à niveau générale des régions sinistrées par le séisme d’Al Haouz, n’est toujours pas opérationnelle.

Cela dit, certaines sources contactées par Médias24 laissent entendre que le gouvernement ambitionne de tenir, très prochainement, le premier conseil d’orientation stratégique de cette Agence. Il est même possible que celui-ci se tienne parallèlement à la prochaine réunion interministérielle sur le suivi du séisme.

Cette réunion interministérielle est mensuelle. La dernière a eu lieu début septembre, il est donc attendu – sauf surprise – que la prochaine ait lieu en octobre.  Et en marge de celle-ci, donc, le conseil d’orientation stratégique de cette Agence.

Il convient de noter que la composition de ce conseil a été fixée par le décret 2.23.921 en octobre 2023. Ce texte vient en application du décret-loi portant création de l’Agence.

La liste des autorités gouvernementales et des établissements et entreprises publiques dont les responsables sont membres du Conseil d’orientation stratégique de l’agence est la suivante :

– L’Autorité gouvernementale chargée de l’Intérieur ;

– Habous et affaires islamiques ;

– Economie et finances ;

– Equipement et eau ;

– Education nationale, préscolaire et sport ;

– Santé et protection sociale ;

– Aménagement du territoire, urbanisme, habitat et politique de la ville ;

– Agriculture, pêche maritime, développement rural, eaux et forêts ;

– Inclusion économique, petite entreprise, emploi et compétences ;

– Tourisme, artisanat, économie sociale et solidaire ;

– Transition énergétique et développement durable ;

– Jeunesse, culture et communication ;

– Solidarité, insertion sociale et famille ;

– Budget.

– L’Office national de l’électricité et de l’eau potable ;

– L’Agence nationale des eaux et forêts ;

– L’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier ;

– Le groupe Al Omrane.

Selon l’article 3 de ce dernier, l’agence est gérée par un conseil d’orientation stratégique et dirigée par un directeur général. Le conseil d’orientation stratégique est présidé par le chef du gouvernement (article 4). C’est lui qui en initie la réunion, tandis que le directeur général est nommé selon la législation en vigueur en matière de nomination aux postes supérieurs (article 7).

Lors du Conseil des ministres du 1er juin dernier, l’Agence de développement du Haut Atlas a été ajoutée à la liste des établissements publics stratégiques dont les responsables sont nommés après délibération en Conseil des ministres.

Pour rappel, cette Agence a été créée pour assurer la mise en œuvre effective du programme de reconstruction et de mise à niveau générale des régions sinistrées par le séisme d’Al Haouz.

Ses principales missions portent sur le suivi du décaissement des aides financières, l’exécution des projets de reconstruction et de réhabilitation et ceux de développement socio-économique, ainsi que la coordination entre les différents secteurs et acteurs concernés.

L’objectif de ce programme de 120 milliards de DH, qui s’étendra sur une période de cinq ans, est de revitaliser les zones sinistrées. L’Agence, chargée de l’exécution de ce programme, est ainsi dotée d’une durée de vie limitée à cinq ans. Le dispositif juridique la concernant prévoit sa dissolution à la fin de sa mission. Il s’agit principalement de :

– réaliser l’intégralité des différents composants et projets du programme. Ce qui inclut la reconstruction et la réhabilitation des zones sinistrées, en prenant en compte les aspects environnementaux et en préservant scrupuleusement le patrimoine unique, les traditions et les modes de vie des populations locales. Les normes de construction parasismique seront également rigoureusement respectées ;

– mettre en œuvre les projets de développement social et économique dans les zones ciblées par le programme ;

– coordonner et harmoniser les différents projets inclus dans le programme, en collaboration avec les administrations et les parties prenantes concernées ;

– suivre rigoureusement l’avancement du programme et préparer un bilan détaillé des réalisations. Cela inclut le suivi de la préparation des projets, l’état d’avancement des travaux, le respect des budgets alloués et l’évaluation des performances.

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Séisme d’Al Haouz : les projets programmés dans le secteur agricole achevés ou en phase finale d’achèvement

Le bilan du programme d’urgence élaboré et mis en œuvre, en application des instructions royales, au niveau des provinces d’Al Haouz et de Chichaoua, est très positif, et d’importantes réalisations du secteur agricole ont été accomplies, indique un communiqué de la Direction régionale de l’agriculture de Marrakech-Safi.

D’un coût global de 185 millions de DH, ce programme, qui a bénéficié à plus de 42.000 agriculteurs touchés dans la région, a porté sur quatre axes principaux, précise la même source.

Pour ce qui est du premier axe relatif à la reconstruction du patrimoine animal, l’objectif consistait à permettre aux éleveurs sinistrés la sauvegarde de leur cheptel et sa reconstitution progressive à travers deux opérations, dont la première prévoit l’approvisionnement des éleveurs affectés en orge, à titre gratuit, et la vaccination de leur cheptel par les services de l’ONSSA.

Cette opération, qui a porté sur 229.200 quintaux pour un montant de 71 MDH, a bénéficié à 30.100 éleveurs.

La deuxième opération consiste en la distribution d’ovins et de caprins, à titre gratuit, aux éleveurs ayant perdu leur cheptel. Cette initiative a porté sur 25.000 têtes au profit de 2.500 éleveurs, pour un montant de 41,8 MDH.

S’agissant de l’axe du réaménagement des seguias, l’objectif de cette opération est de permettre la sauvegarde de l’arboriculture et la reprise rapide de l’activité agricole au niveau des périmètre de la petite et moyenne hydraulique.

C’est ainsi que, juste après le séisme, des chantiers urgents avaient été lancés pour nettoyer les seguias touchées afin d’assurer la reprise rapide de l’irrigation en attendant le lancement des travaux de réparation des dégâts. Ceux-ci sont désormais achevés. Ils ont concerné 193 seguias, soit un linéaire de 68 km pour une enveloppe budgétaire de 50,8 MDH, fait savoir le document.

Concernant l’axe de la remise en état des unités de valorisation des produits de terroir, 26 unités réalisées dans le cadre du Plan Maroc vert et de la stratégie Génération Green ont été touchées au niveau des deux provinces d’Al Haouz et de Chichaoua.

Parmi ces unités, 4 ont été fortement endommagées et ont fait l’objet d’une démolition totale pour être reconstruites à nouveau.

Les autres unités font l’objet de travaux de réaménagement, dont 4 sont totalement achevées et le reste en phase finale d’achèvement.

Cette opération a bénéficié à 34 coopératives de produits de terroir, pour un montant total de 13,7 MDH.

À noter que cette opération permet à ces organisations professionnelles, dont la majorité sont des coopératives féminines, de reprendre leur activité et de participer aux salons agricoles à l’échelle nationale et internationale.

S’agissant de l’axe de réaménagement des pistes agricoles endommagées, cette opération a porté sur 10,7 km au niveau de la province de Chichaoua et a permis le désenclavement d’environ 2.500 agriculteurs dans 6 douars. L’enveloppe budgétaire allouée à ces interventions s’élève à 7,86 MDH.

Les 4 axes de ce programme ont eu un impact très positif sur les agriculteurs affectés dans les communes les plus touchées par le séisme, qui ont repris leur activité agricole et continuent à bénéficier de l’appui des services du département de l’Agriculture dans le cadre de la stratégie Génération Green, souligne la même source.

Ces importantes réalisations du secteur agricole, dans le cadre du programme d’urgence et de mise à niveau générale des territoires touchés, sont le fruit d’une mobilisation de tous les services du département de l’Agriculture aux niveaux central, régional et provincial, pour venir en aide à la population.

Au niveau de la région Marrakech-Safi, et plus précisément dans les communes territoriales les plus touchées par le séisme à l’échelle des provinces d’Al Haouz et de Chichaoua, des commissions locales, composées des services déconcentrés du département de l’Agriculture, des autorités locales et des élus, ont été constituées pour procéder à l’évaluation rapide des dégâts agricoles et à l’établissement des listes des agriculteurs sinistrés.

Ce travail de diagnostic a permis l’élaboration d’un programme d’urgence du département de l’Agriculture, lancé par le ministère dès le mois d’octobre 2023, et qui a été réalisé avec la célérité requise et l’appui des autorités provinciales et locales ainsi que des élus dans les zones concernées, conclut le communiqué.

Le CNRST déploie un projet de résilience aux séismes: réseaux de surveillance, alerte précoce…

Le Centre national pour la recherche scientifique et technique (CNRST) a accueilli, le vendredi 1er mars, la cérémonie de lancement du projet « Renforcement de la résilience du Maroc aux séismes », destiné à consolider les réseaux de surveillance sismique et les capacités des intervenants dans ce domaine.

Fruit d’une collaboration entre l’UNESCO, le CNRST, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation et le gouvernement du Japon, ce projet d’une durée d’un an permettra aussi de renforcer l’expertise marocaine dans le domaine de la gestion du risque sismique.

Le projet, financé par le Japon à hauteur de 9 millions de DH, intervient en réponse aux contraintes constatées lors du séisme d’Al Haouz, et qui ont démontré la nécessité d’approfondir les connaissances sur les séismes et de prospecter les meilleures stratégies de nature à renforcer la résilience du Maroc pour faire face à de telles catastrophes.

Dans une allocution à cette occasion, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, Abdellatif Miraoui, a mis en avant « l’expertise du Maroc en gestion du risque sismique », qui repose sur :

• Un comité scientifique national actif dans les domaines de la sismologie et la géophysique ;
• Une recherche scientifique en pleine croissance avec un nombre significatif d’articles indexés dans la base de données Scopus, qui a connu une augmentation de 54,3% depuis 2020.

Le ministre a également souligné que parmi les 1.000 nouveaux « doctorant-moniteurs », certains travaillaient sur la thématique des séismes et pourront réaliser des stages au Japon et/ou à l’UNESCO afin de renforcer leurs travaux de recherche et d’approfondir leurs connaissances dans ce domaine.

Nouveaux capteurs sismiques

Outre les programmes de R&D, le projet inauguré au CNRST vise à renforcer les capacités de l’Institut national de géophysique. Il permettra l’installation de 10 nouveaux capteurs sismiques et le remplacement d’au moins 10 autres jugés défaillants et/ou nécessitant des améliorations.

L’installation de ces nouveaux capteurs vise à la fois deux objectifs :

– Le renforcement du dispositif de surveillance dans l’axe Agadir-Azilal (zone à haut risque sismique) ;

– L’élargissement du réseau de détections à l’échelle nationale.

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Conseil de Rabat : un don de 10 MDH sans l’aval des élus pourrait précipiter la chute d’Asmaa Rhlalou

Confrontée à la fronde de son ex-majorité et de l’opposition, qui dénoncent son absentéisme et ses décisions unilatérales, la présidente de la Commune de Rabat, Asmaa Rhlalou, a récemment fait un don de 10 MDH au fonds pour l’aide aux victimes du séisme d’Al Haouz sans passer par un vote du Conseil de Rabat, pourtant obligatoire.

« Un don effectué à l’insu des conseillers »

Contactés par Médias24, plusieurs élus affirment que le virement a été effectué sans tenir compte des règles de gestion communautaire et des dispositions légales régissant les collectivités locales et ce, bien qu’il s’agissait d’un objectif humanitaire noble à un moment de mobilisation nationale.

« Pour effectuer des transferts budgétaires d’une rubrique à une autre, elle devait obligatoirement passer par un vote de la majorité des membres du Conseil de la ville », explique un conseiller d’opposition. Selon lui, Asmaa Rhlalou n’a pas jugé utile de respecter la procédure légale, ce qui a poussé Mohamed Yacoubi, wali de la région Rabat-Salé-Kénitra, à lui réclamer des explications sur son initiative unilatérale.

L’autorité de tutelle lui a en effet adressé un courrier officiel le 23 février, la sommant de lui remettre dans un délai de dix jours l’ensemble des documents administratifs prouvant que la procédure d’octroi du don avait été respectée avec l’approbation préalable des membres du Conseil de la capitale.

« Une initiative illégale sans justificatifs »

Les justificatifs réclamés sont le procès-verbal de la réunion du Conseil qui a examiné puis autorisé le don, la copie de l’accord de la majorité des élus, les documents nécessaires ayant permis au trésorier de valider, avant de l’effectuer, le décaissement, et l’assentiment du ministère de l’Intérieur.

Le budget 2024 de la mairie − géré par ordonnance du wali − a été rejeté plusieurs fois par les conseillers. Nos sources jugent donc illégale l’initiative de la présidente.

Dans le cas « probable » où Asmaa Rhlalou serait incapable de prouver la légalité du virement de 10 MDH en fournissant les documents officiels requis pour justifier le don, nos sources affirment que le wali devra établir un rapport constatant la mauvaise gestion financière de la maire de Rabat.

« Une procédure de destitution par le tribunal administratif se précise »

« Si elle ne fournit pas les justificatifs le 4 mars au plus tard, le wali déclenchera une procédure disciplinaire à son encontre et demandera au président du tribunal administratif d’examiner son dossier avant une éventuelle révocation », révèle notre source, visiblement ravie que la maire ait franchi − par excès d’assurance − le Rubicon.

Et de se féliciter que la présidente du Conseil de la ville ait « enfin » commis la faute de trop sans imaginer un instant les conséquences négatives pour son avenir à la tête de la municipalité.

Une fois que la wali aura transmis le dossier d’Asmaa Rhlalou au tribunal administratif, la justice disposera d’un délai maximal d’un mois pour statuer sur la demande de destitution.

Précisons que malgré nos multiples sollicitations, la maire de Rabat n’a pas souhaité répondre à nos appels et messages.

A contrario, un important dirigeant du RNI nous a déclaré que le parti suivait avec attention la multiplication de ses bévues, mais que son sort n’avait pas encore été tranché par les instances.

 Une session extraordinaire qui s’annonce « mouvementée »

Cette affaire s’ajoute aux échauffourées occasionnées le 20 février dernier, lorsque plusieurs élus se sont rendus à son bureau pour déposer une demande de session extraordinaire, avec pour ordre du jour un audit de Rabat Parking, l’annulation du plafonnement des questions et l’interdiction de filmer les débats qu’elle a imposée avant d’être désavouée par un arrêt de la justice administrative.

« Malgré son refus de nous recevoir et l’utilisation de ses hommes de main pour nous expulser manu militari de son bureau, avec à la clé deux blessés qui ont porté plainte, elle est forcée de convoquer le Conseil de la ville dans un délai de 15 jours, car les trois quarts des conseillers ont signé cette demande », conclut notre interlocuteur. La session extraordinaire devrait se tenir le mardi 5 mars.

2,7 MMDH pour la réhabilitation des forêts et l’aménagement des bassins versants dans les zones touchées par le séisme d’Al Haouz

Le programme de réhabilitation des forêts et d’aménagement des bassins versants dans les zones touchées par le séisme, au niveau des provinces d’Al Haouz, de Chichaoua, de Taroudant, de Ouarzazate et d’Azilal, vise la protection et la réhabilitation des écosystèmes naturels, le reboisement et la régénération des forêts et le renforcement des infrastructures, a souligné le directeur général de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF), Abderrahim Houmy, dans une déclaration à la presse.

S’étendant sur la période 2024-2028, ce programme, auquel a été alloué quelque 2,7 milliards de DH, est de nature à contribuer aussi au développement humain et au développement d’activités économiques dans ces zones montagneuses, qui abritent une population à majorité rurale fortement engagée dans des activités liées au milieu naturel, a-t-il expliqué.

En ce qui concerne le programme d’urgence de lutte contre les effets du froid dans les zones sinistrées, M. Houmy a indiqué qu’il vise la mobilisation de 10.000 tonnes de bois de chauffage au niveau des zones touchées. Le programme d’urgence de distribution de fours améliorés s’assigne pour objectifs la distribution de 5.800 fours améliorés en faveur de 5.800 familles réparties sur 191 douars au niveau de 38 communes relevant des provinces d’Al Haouz, de Chichaoua et de Taroudant.

Dans ce contexte, il a fait savoir que les fours distribués sont des fours de nouvelle génération, certifiés « ISO 9001 – ISO 50001 », disposant de caractéristiques spécifiques et de garanties de qualité et de sécurité conformes aux normes internationales.

De même, ces fours sont économes en consommation de bois de chauffage, ont un rendement thermique de plus de 70% et sont multi-usages puisqu’ils peuvent être utilisés pour la cuisson, pour le chauffage et pour le séchage du linge, a-t-il ajouté.

Dans une déclaration similaire, le directeur régional de l’ANEF à Marrakech-Safi, Abdelaziz Hajjaji, a indiqué que le programme de cette agence nationale concerne 19 bassins versants prioritaires répartis sur une superficie de 2,4 millions d’hectares dans quatre régions du Royaume.

Doté d’un financement de 900 millions de DH pour la période 2024-2028, le programme de développement et de valorisation du Parc national du Toubkal se distingue par un partenariat public-privé, dont l’objectif est de préserver la « zone cœur » du parc tout en encourageant le développement de l’écotourisme dans l’aire d’adhésion. Des initiatives telles que la réintroduction d’espèces en voie de disparition, la réhabilitation des ressources forestières et le développement des infrastructures contribueront à promouvoir un tourisme durable dans la région.

Heatmap : chaleur inédite dans la province d’Al Haouz malgré l’hiver

Partout dans le monde, l’année 2023 s’est caractérisée par un record de phénomènes climatiques (sécheresse, inondations, raréfaction des eaux fraîches, températures extrêmes, acidification des océans…). Au Maroc, l’impact de ces aléas climatiques a influencé la sécurité alimentaire et hydrique du pays : diminution des surfaces de production agricole, augmentation des prix des légumes, retard des précipitations, déficit des barrages…

Après tout juste deux semaines, l’année 2024 s’annonce d’ores et déjà inédite, avec une vague de chaleur exceptionnelle pour un mois d’hiver où l’on espérait davantage de précipitations. La vague de chaleur a été ressentie à l’échelle nationale le week-end dernier (12-14 janvier 2024). Durant cette période, plusieurs villes ont enregistré des maximas anormaux (Mohammédia : 31, 2°C, Casablanca : 31°C, Agadir : 31°C, Sidi Ifni : 31,3°C et Marrakech : 28°C).

Située au sud de Marrakech, la province d’Al Haouz constitue un panier alimentaire pour la ville de Marrakech. Grâce à son périmètre irrigué, l’agriculture est le principal contributeur au développement du Haouz.

Cette activité agricole est soutenue par plusieurs barrages (Lalla Takerkoust, Ouirgane, Moulay Youssef, Abou El Abbas Essebti) et par les terres fertiles dont dispose la province. Sur le plan géomorphologique, la province se présente sous la forme d’une plaine entourée de montagnes, d’où le nom « Al Haouz » (« enclos » en français).

Aujourd’hui, le développement de la province est fragilisé par le séisme du 8 septembre 2023 et par les effets profonds des changements climatiques qui prennent plus d’ampleur d’une année à l’autre.

En temps normal, la province d’Al Haouz se caractérise par un hiver très dur qui s’intensifie dans les altitudes. Cependant, le week-end dernier a connu une vague de chaleur inhabituelle lors du mois censé être le plus froid de l’année.

Ci-dessous, nous avons compilé une Heatmap de la province d’Al Haouz. Elle correspond aux températures nocturnes d’après le relevé satellitaire du 13 janvier 2024 à 22 heures (GMT+1) :

L’examen de la carte met en évidence plusieurs zones ayant enregistré des températures supérieures à la normale :

(1) Les températures les plus élevées (supérieures à 25°C) sont enregistrées dans la commune de Talat N’Yaaqoub ;

(2) Les températures chaudes sont enregistrées dans les plaines (entre 20°C et 25°C) ;

(3) Dans les montagnes, les températures diminuent en fonction des altitudes pour atteindre un minimum aux alentours de 5°C dans quelques points culminants.

Le caractère brutal et intense des changements climatiques freine le développement. Dans le Haouz, l’agriculture vivrière dominante est plus exposée à ces chocs par des impacts directs sur la population (dépeuplement, chômage, pauvreté…). En ces moments critiques, l’adaptation au changement climatique devra prendre plus de vitesse, surtout dans les zones vulnérables telles que la province d’Al Haouz, qui concentre les indicateurs sociaux les plus bas.

Ci-dessous, la Heatmap reconstituée par nos soins à partir d’images satellites [réservée aux abonnés] :

Reconstruction d’Al Haouz : 177 millions d’euros de l’UE en appui au Maroc

L’appui vise à soutenir le « Programme intégré de reconstruction et mise à niveau générale des zones sinistrées (2024-2028) », élaboré par les autorités marocaines suite au séisme qui a frappé plusieurs régions du pays, annonce-t-on sur le site officiel de la Commission européenne.

La Banque européenne d’investissement s’était engagée à prêter 1 milliard d’euros sur cinq ans, garantis par l’Union européenne, pour aider le Maroc dans son programme de reconstruction post-séisme, précise le communiqué.

Le prêt est en cours d’instruction, souligne la même source. Une fois débloqué, il sera « destiné à la reconstruction des écoles, des routes et des centres hospitaliers, intégrant des infrastructures résilientes face au changement climatique et durables ».