Immobilier : où se trouvent vraiment les rendements aujourd’hui

L’immobilier figure depuis longtemps parmi les choix d’investissement les plus courants. Certes, il existe plusieurs formules et, face à la multiplication de ces options comme l’achat d’un studio ou d’un appartement pour le louer, l’acquisition d’actions de sociétés immobilières cotées ou encore l’exposition via les OPCI, plusieurs peuvent se poser la question : quel est aujourd’hui le placement le plus rentable ?

Alors, même si toutes ces options reposent sur l’immobilier, elles diffèrent dans leur logique, leur fonctionnement et dans la manière dont elles combinent rendement et risque.

L’immobilier coté en bourse

Sur la Bourse de Casablanca, le segment immobilier affiche un parcours contrasté depuis le début de l’année. L’indice « MASI Participation et Promotion Immobilières » progresse d’environ 14,3% en YTD, un niveau qui reste inférieur à la performance globale du MASI, qui avoisine 27%.

« Le secteur immobilier, dans sa globalité, a plutôt bien tenu cette année si l’on regarde son historique, alors qu’il avait enchaîné plusieurs exercices calmes. Aujourd’hui encore, l’immobilier coté reste marqué par une forte volatilité, mais il faut rappeler que l’ensemble du marché traverse lui aussi une période très volatile », commente un analyste de la place.

Actuellement, cette volatilité reste perceptible, d’autant plus que l’ensemble du marché traverse une phase mouvementée. Mais depuis mi-octobre 2025, l’indice immobilier a rattrapé une partie de son retard et a même surperformé le MASI sur plusieurs séquences.

« Cette reprise est soutenue par l’amélioration du sentiment vis-à-vis des valeurs cycliques. Il faut aussi rappeler qu’en novembre, le MASI a globalement corrigé, ce qui a entraîné tout le marché dans une tendance baissière ».

« 2026 devrait être l’année d’un rebond plus durable. Dans ce contexte, il existe de réelles opportunités d’entrée pour les investisseurs qui acceptent d’adopter une vision de long terme ».

Dans ce décor général, les trois principaux acteurs cotés évoluent selon des trajectoires très différentes. Addoha recule de 5,22% depuis le début de l’année. Alliances progresse de 19,4%. RDS, pour sa part, affiche une hausse exceptionnelle de 134%.

Comme l’explique un analyste, « l’immobilier reste un secteur cyclique et souvent lent à réagir. Oui, il a progressé cette année, mais pas forcément au rythme attendu par les investisseurs qui cherchent des résultats rapides. Il faut de la patience. Les aides directes au logement ont clairement donné un nouveau souffle au secteur ».

Un autre analyste ajoute que « la meilleure efficience des aides directes aux logements est perçue comme un levier capable de rebooster la demande et d’accompagner l’entrée dans un nouveau cycle haussier pour l’immobilier résidentiel. Cela peut renforcer progressivement la dynamique du segment coté ».

Ces différences se retrouvent aussi dans les niveaux de valorisation. Alliances se traite à 36,2 fois ses bénéfices, RDS à 36,8 fois et Addoha autour de 41 fois, ce qui montre que le marché intègre déjà beaucoup d’anticipations.

Selon notre analyste de la place, « Alliances devrait profiter de son partenariat avec Rixos, qui va impacter positivement ses résultats et donner plus de visibilité au groupe. Addoha et RDS, de leur côté, vont aussi bénéficier de leurs activités en Afrique, ce qui peut devenir un relais de croissance supplémentaire ».

Immobilier coté ou immobilier physique ?

Alors est-il toujours judicieux d’investir dans l’immobilier coté ou bien serait-il préférable d’acheter un studio ou un appartement et de le louer ? « Les deux approches reposent sur la valeur de l’immobilier, mais elles n’offrent ni la même logique ni la même réalité de rendement ».

Pour comprendre, il faut repartir des chiffres.

Prenons un exemple simple : un studio à 2 million de DH, acheté par un investisseur qui dispose déjà de la somme ou qui peut financer une partie par crédit. Sur le papier, le rendement locatif brut d’un appartement varie entre 5% et 8% selon l’emplacement. Mais dans les grandes villes comme Casablanca ou Rabat, la moyenne se situe plutôt vers 5% à 6% brut.

Dès qu’on déduit les charges de copropriété, l’entretien, la vacance locative et la fiscalité, le rendement net tombe souvent à 3% ou 4% par an. Sur cinq ans, cela représente entre 16% et 22% cumulés, en supposant que le bien soit loué régulièrement. En clair, un appartement d’un million de DH rapporte environ 160.000 à 220.000 DH nets sur cinq ans, hors éventuelle plus-value.

L’immobilier physique reste donc un placement patrimonial, stable et tangible, qui sert de base pour beaucoup d’épargnants. Mais il avance à un rythme lent, sans véritables pics de performance, et nécessite de la gestion.

Quant aux investissements immobiliers cotés tels Aradei Capital ou Immorente Invest, ils offrent une logique totalement différente. Ils reposent sur des actifs professionnels (bureaux, commerces, plateformes logistiques), avec des loyers sécurisés et distribués sous forme de dividendes réguliers.

Pour les OPCI en particulier, le rendement locatif brut des actifs intégrés tourne entre 6% et 9%, et la rentabilité cumulée sur cinq ans se situe entre 34% et 53%. C’est quasiment le double de l’immobilier locatif classique, et sans les contraintes de gestion.

« Cette différence s’explique aussi par la nature du placement. L’immobilier coté peut bénéficier des cycles boursiers : quand la demande revient ou que le marché anticipe une croissance des loyers, la valeur des parts ou des actions peut grimper rapidement. L’exemple de RDS, qui a progressé de plus de 130% cette année, illustre bien ce potentiel, même si cette dynamique reste exceptionnelle ».

À l’inverse, acheter un appartement à 2 millions de DH ne fera jamais +130% en un an. Le rendement est plus stable, mais sans accélération, et surtout sans possibilité de sortir facilement. Une revente peut prendre des mois, parfois plus.

Enfin, il existe un point important : la liquidité. L’immobilier coté peut être acheté ou revendu en quelques minutes. Un appartement, non. Pour un petit porteur, cette différence change beaucoup de choses, notamment lorsque l’objectif est de rester flexible ou de réagir rapidement aux conditions de marché.

Au final, il ne s’agit pas de dire que l’un est meilleur que l’autre. Les deux répondent à des besoins différents. L’immobilier physique protège le patrimoine et apporte un revenu régulier, même modéré.

L’immobilier coté et les OPCI offrent des rendements potentiellement plus élevés, mais avec plus de volatilité.

Tout dépend du profil de l’investisseur, de son horizon de placement et de sa capacité à accepter les variations du marché.

Alliances et Rixos investiront 3 MMDH dans des projets hôteliers haut de gamme au Maroc

Ce nouveau partenariat permettra d’introduire sur le marché marocain le concept All Inclusive version Luxe / Palace, combinant « l’excellence d’un service très haut de gamme » et « la générosité d’une expérience globale », explique Alami Lazrak, président du groupe Alliances.

« Ce concept, unique au niveau international, vient répondre à un besoin réel du marché : compléter l’offre existante et positionner encore davantage notre pays parmi les destinations touristiques les plus attractives et innovantes », a expliqué Alami Lazrak.

Selon lui, cette initiative s’inscrit dans la vision royale visant à faire du Maroc « une plateforme touristique de premier plan, dotée d’infrastructures modernes, compétitives et durables« .

« À l’heure où le Maroc se prépare à accueillir la Coupe du Monde 2030, nous apportons notre contribution à cette vision ambitieuse : créer de la valeur, renforcer l’attractivité du pays, et proposer une expérience touristique à la hauteur de la promesse marocaine », a-t-il ajouté.

Trois projets pilotes dès 2026

Trois premiers projets ont été identifiés dans le cadre de ce partenariat :

Ces projets devraient créer 2.500 emplois directs et plus de 3.000 emplois indirects, selon le président du groupe. « D’autres implantations sont déjà à l’étude dans plusieurs régions du Royaume », a-t-il précisé. « Des études sont en cours pour Agadir et Tanger ».

Trois milliards de dirhams d’investissement au total : un milliard pour Lixus de Larache, 1,3 milliard pour le Rixos de Marrakech et environ 700 millions pour le projet Aliée Marrakech

 

« Ces projets seront livrés en 2029 ou plus tard. Tout est pensé pour 2030, c’est notre contribution à cet événement majeur que va accueillir notre pays », explique Alami Lazrak.

Un partenariat d’envergure, fruit de deux ans de travail

Le président du groupe confie que ce partenariat a nécessité « près de deux ans de discussions et de travail. Ça n’a pas été simple. J’ai rencontré les dirigeants de Rixos il y a un an et demi, je suis allé en Turquie, j’ai visité leurs hôtels, et il y a un mois encore, nous étions en négociation. Aujourd’hui, c’est une réussite, un travail de longue haleine qui va devenir une des locomotives pour notre pays », nous explique-t-il.

Pour M. Lazrak, le concept Rixos représente bien plus qu’une simple offre hôtelière : « Ce n’est pas uniquement l’hôtellerie, c’est surtout le all-inclusive et l’animation. Les gens viennent pour vivre une expérience complète, c’est un club de très haut niveau. À Marrakech, les visiteurs ne resteront pas enfermés dans l’hôtel : ils sortent, ils découvrent, ils consomment la ville ».

Le président d’Alliances voit dans Rixos Lixus un projet moteur : « C’est une locomotive. Cette station, on va la faire revivre ». Il rappelle que le site dispose déjà « d’un golf exceptionnel de 90 hectares et d’un premier hôtel » et qu’Alliances « a déjà vendu quatre lots d’hôtels sur le site ».

« Avec l’arrivée de Rixos, d’autres investisseurs voudront construire. En hôtellerie, plus il y a d’hôtels, plus ça marche. Ce n’est pas de la concurrence, c’est de la complémentarité. Pour faire venir des avions, il faut du volume, un vrai écosystème de destination », résume-t-il.

Une expertise historique dans la construction hôtelière

« Nous sommes les premiers constructeurs d’hôtels dans ce pays », rappelle M. Lazrak, en citant l’héritage du groupe : « Nous avions l’exclusivité du groupe Accor. Nous avons réalisé les Sofitel de Marrakech et d’Agadir, tous les Ibis. À l’époque, c’est moi-même qui cherchais les terrains ».

Mais cette fois, le groupe change de posture : « Ce n’est pas notre vocation d’exploiter les hôtels, mais sur ces projets, nous allons investir et devenir partenaires à 55%. Nous serons pleinement impliqués ».

« La force de Rixos, c’est aussi sa capacité à créer de l’animation. J’ai visité leur parc « Land of Legends » à Antalya, c’est incroyable. Ils savent créer des lieux vivants, pour tous les âges. Aujourd’hui, c’est ce qu’il faut : une destination complète, animée, familiale et moderne ».

Fettah Tamince : « Le Maroc a le potentiel pour devenir la première destination touristique au monde »

Le fondateur et PDG de Rixos Hotels, Fettah Tamince, a exprimé son « admiration pour le Maroc » et sa conviction profonde dans le potentiel touristique du Royaume. « C’était un rêve pour moi de réaliser un projet au Maroc, car je crois sincèrement que ce pays possède le meilleur potentiel au monde pour devenir la première destination touristique », a-t-il déclaré. Rien que ça!

« Grâce à sa localisation, son histoire et surtout son peuple, le Maroc est, à mes yeux, un pays naturellement destiné au tourisme. Si je devais désigner un pays comme modèle pour cette industrie, ce serait sans hésiter le Maroc », a-t-il poursuivi.

« Le développement remarquable et les infrastructures modernes mises en place ces dernières années », qui, selon lui, « permettent au Royaume de se rapprocher rapidement de ce potentiel exceptionnel ».

« Nous sommes très heureux de faire partie de cette grande vision et de ce nouveau chapitre du tourisme marocain », a-t-il ajouté. « À travers ce partenariat avec le groupe Alliances, nous allons développer plusieurs destinations au Maroc, dont notre premier investissement à Marrakech sous notre nouvelle marque Aliée, un concept lifestyle qui se veut innovant et transformateur pour l’industrie hôtelière ».

Un partenariat salué par la ministre du Tourisme

Présente lors de la cérémonie, la ministre du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor, a salué une initiative « emblématique de la synergie entre investisseurs marocains et étrangers, qui allie connaissance du marché local et expertise internationale ».

Elle a rappelé que le Maroc a accueilli 16,6 millions de touristes à fin octobre, soit une hausse de 14% par rapport à 2024, soulignant que cette dynamique « résulte d’une vision claire et d’un investissement conséquent du gouvernement dans la feuille de route du tourisme ».

« Ce partenariat s’inscrit pleinement dans cette réussite : il contribuera à créer des milliers d’emplois et à renforcer notre offre avec des établissements de luxe et des animations de qualité, tout en respectant le principe d’équité territoriale prôné par Sa Majesté le Roi Mohammed VI », a-t-elle affirmé.

Immobilier coté : un changement de comptabilité qui décale les revenus

Depuis l’entrée en vigueur du nouveau plan comptable du secteur immobilier en janvier 2025, les promoteurs immobiliers cotés à la Bourse de Casablanca présentent désormais leurs résultats financiers selon un référentiel unifié.

Le chiffre d’affaires est reconnu uniquement à la signature de l’acte authentique, les bénéfices ne peuvent plus être lissés d’un exercice à l’autre, et les stocks sont encadrés par des règles d’évaluation plus strictes, souvent validées par des experts externes.

Cette réforme découle d’un besoin exprimé par les établissements de crédit, mais aussi par les investisseurs, face à la difficulté de comparer les états financiers des opérateurs immobiliers, notamment ceux cotés en bourse.

Le cœur du problème résidait dans les disparités importantes dans les méthodes de comptabilisation du chiffre d’affaires, qui faussaient la lecture de la performance et de la viabilité des projets.

Mais six mois plus tard, que nous disent vraiment les premiers états de synthèse publiés sous ce nouveau cadre ? Ces nouvelles règles modifient-elles uniquement la présentation des chiffres ou traduisent-elles des évolutions réelles dans l’activité des groupes cotés ? Et surtout, quel impact concret peut-on observer sur les opérateurs immobiliers cotés en bourse, tant sur le plan financier que boursier ?

Un chiffre d’affaires en hausse, mais désormais redéfini

Au premier trimestre 2025, les trois principaux promoteurs cotés, Addoha, Alliances et RDS, ont tous enregistré une hausse du chiffre d’affaires publié par rapport à la même période en 2024. Mais cette progression, bien que réelle, n’est pas directement comparable avec les exercices précédents, en raison du changement de référentiel.

Le chiffre d’affaires généré par Addoha au T1-2025 s’élève à 722 MDH, contre 689 MDH un an plus tôt, soit une progression de 5%. Si l’on applique les anciennes règles de comptabilisation, le chiffre d’affaires aurait été de 851 MDH, ce qui représente une évolution de 24% sur un an. La différence liée au changement de méthode atteint donc 129 MDH, correspondant à des revenus non encore comptabilisés en raison du nouveau référentiel.

Alliances affiche un chiffre d’affaires de 715 MDH, en hausse de 10% par rapport aux 650 MDH de T1-2024. En référentiel retraité, ce chiffre aurait atteint 854 MDH, soit une croissance de 31%. L’écart entre les deux méthodes s’élève ainsi à 139 MDH.

Le cas de RDS est plus spécifique. Le chiffre d’affaires déclaré au T1-2025 est de 64 MDH, contre 54 MDH à la même période l’an dernier, soit une hausse de 19%. Cette évolution est liée à des livraisons de stocks disponibles. RDS précise que le nouveau plan comptable n’a pas modifié la structure de reconnaissance de ses revenus au cours du trimestre.

Un effet comptable, certes visible, mais avant tout temporel

« L’écart entre les chiffres d’affaires publiés en 2025 et ceux qui auraient été constatés selon l’ancien référentiel comptable ne traduit pas un ralentissement de l’activité. C’est, très clairement, un effet de calendrier, lié aux nouvelles règles d’enregistrement imposées par le plan comptable sectoriel immobilier (PCSI). Désormais, le chiffre d’affaires ne peut être reconnu qu’au moment de la signature définitive de l’acte de vente devant notaire », explique un analyste de marché.

Autrement dit, même si un bien est achevé, livré et partiellement payé, il ne sera pas comptabilisé tant que le contrat n’est pas signé. Auparavant, certains promoteurs pouvaient enregistrer le revenu dès la remise des clés ou sur la base d’une simple facture. Le changement introduit par le nouveau référentiel est donc strict, mais vise bel et bien à renforcer la lisibilité et l’uniformité des comptes.

« Prenons un exemple. Addoha, son chiffre d’affaires constaté au T1-2025 s’élève à 722 MDH. Mais en appliquant l’ancienne méthode, il aurait atteint 851 MDH. La différence de 129 MDH ne signifie pas une perte ou une sous-performance, mais reflète simplement des ventes dont la signature définitive interviendra dans les exercices suivants ».

« Ces nouveautés sont prises en compte par les bureaux de recherche dans l’élaboration de leurs prévisions ».

C’est donc une réalité nouvelle pour les analystes et les investisseurs : le chiffre d’affaires devient plus « juridique » que jamais, collé à l’acte de vente, ce qui limite toute anticipation ou gestion de clôture. Pourtant, cette contrainte ne remet pas en cause les fondamentaux du secteur.

« Il faudra désormais apprendre à lire les résultats avec ce filtre, en s’appuyant sur d’autres indicateurs clés comme les préventes, les unités livrées, le chiffre d’affaires sécurisé ou encore la production en cours. Car c’est bel et bien dans ces données que se reflète l’activité réelle. Le nouveau plan comptable n’efface rien , c’est juste qu’il redistribue simplement les temporalités ».

En bourse, une évolution globalement positive pour le secteur immobilier

Depuis le début de l’année, l’indice sectoriel immobilier à la Bourse de Casablanca progresse de 4,8%.

RDS enregistre une hausse notable de 43,9%, tandis qu’Alliances affiche une progression de 4,2%. De son côté, Addoha recule de 5,8%

« Le contexte actuel reste favorable à une poursuite de la croissance. La baisse du taux directeur décidée par Bank Al-Maghrib en mars assouplit les conditions de financement pour les ménages et les opérateurs. Par ailleurs, le déploiement progressif des aides directes à l’acquisition de logement est perçu comme un levier de soutien à la demande, en particulier pour le logement social et intermédiaire », estime l’analyste.

Selon les prévisions de BKGR, les trois principaux promoteurs immobiliers cotés présentent une trajectoire d’amélioration progressive de leurs fondamentaux boursiers.

Alliances affiche un Price Earning Ratio (PER) attendu de 22,6x en 2025, puis 17,5x en 2026, ce qui traduit une anticipation de forte croissance bénéficiaire. Le titre pourrait ainsi regagner en attractivité, d’autant que le DPA passerait de 4 DH à 6 DH sur la période, avec un rendement qui resterait modeste, autour de 1,2% en 2026.

Pour Addoha, la trajectoire est similaire, mais avec des niveaux de valorisation encore élevés. Le PER atteindrait 56,6x en 2025 puis 48,4x en 2026, malgré une amélioration progressive du dividende par action (de 1 DH à 3 DH), portant le rendement à 6,3%.

Enfin, RDS se distingue par une baisse marquée de son PER, de 23,4x à 15,6x, qui reflète l’ampleur attendue de la reprise bénéficiaire.

Perspectives 2025-2026 : une dynamique globale positive

Selon les estimations de BKGR, le secteur immobilier coté devrait connaître une nette reprise de ses fondamentaux au cours des deux prochaines années. Le chiffre d’affaires global des trois opérateurs cotés passerait de 5,1 MMDH en 2024 à 7,0 MMDH en 2025, puis 8,1 MMDH en 2026, soit une croissance cumulée de 60% sur deux ans. Le résultat net part du groupe triplerait quasiment sur la même période.

La croissance projetée d’Alliances reste régulière. Le chiffre d’affaires progresserait de 17% en 2025, puis de 11% en 2026, soutenu par une dynamique continue des projets résidentiels et touristiques. Le résultat net suivrait une pente similaire, avec 64% en 2025, puis 29% en 2026, dépassant la barre symbolique des 600 MDH.

Pour Addoha, les revenus augmenteraient également de 17% en 2025, pour atteindre environ 3 MMDH, avant de franchir 3,4 MMDH en 2026 (+13%). Toutefois, la croissance bénéficiaire serait plus modérée, soit 2,6% en 2025, puis 16,7% en 2026.

Enfin, RDS afficherait une reprise spectaculaire. Le chiffre d’affaires passerait de 136 MDH en 2024 à plus de 1,2 MMDH en 2025, puis 1,6 MMDH en 2026, soit une multiplication par douze en deux ans.

Le RNPG suivrait cette dynamique, atteignant 160 MDH en 2026, après avoir été négatif en 2024. Ces prévisions reflètent une accélération attendue des livraisons et un retour progressif à l’équilibre financier.

À fin mars, des performances salutaires pour Addoha et au-delà des prévisions pour Alliances

Les immobilières ont affiché des chiffres en bonne forme au premier trimestre 2024. Les deux principaux acteurs de la place, que sont Addoha et Alliances, ont vu leurs chiffres d’affaires progresser respectivement de 20% à 689 MDH, et de 24% à 650 MDH.

Des chiffres qui ont été salués par le marché à l’ouverture de la séance du 3 juin où Addoha et Alliances prenaient respectivement un peu plus de 6% et 4%. Pour une source de la place, ces chiffres sont perçus comme satisfaisants, voire pour certains au-delà des prévisions.

Alliances en surperformance

Le groupe offre, depuis plusieurs années, de la visibilité à ses investisseurs grâce à son business plan 2022-2025. Pour notre source, « les chiffres affichés à fin mars 2024 sont globalement supérieurs aux attentes du marché. C’est au-delà de ce qui avait été annoncé dans le business plan. Les chiffres annoncés étaient davantage attendus pour 2025 que pour 2024, sachant qu’ils n’ont pas intégré tout ce qui est ‘recasement’, c’est-à-dire les programmes visant à remplacer les bidonvilles ».

Ces performances viennent d’ailleurs corroborer les propos du directeur général délégué du groupe, Omar Lazraq, lors d’une interview avec Médias24 où il soulignait que, « cette année, nous prévoyons une nouvelle croissance du chiffre d’affaires qui devrait nous permettre d’atteindre, voire de dépasser les prévisions du business plan ».

L’endettement du groupe a fortement reculé du fait de son remboursement obligataire de 313 MDH. Il s’affiche à 1,65 MMDH, en baisse de 23% par rapport à la même période l’année précédente. « Ils respectent leur business plan et font même mieux. Les bonnes perspectives sont là et, désormais, les investisseurs ont hâte de voir le prochain business plan et de découvrir ce qui est attendu après 2025 », indique notre source.

Addoha affiche des performances salutaires

Le premier promoteur de la cote a également affiché des indicateurs en bonne forme à fin mars. Cependant, pour notre interlocuteur, il faut mettre cette performance en perspective par rapport à la capitalisation du groupe.

« Le groupe pèse 12 MMDH en capitalisation et affiche une performance similaire à celle d’Alliances. C’est salutaire, mais il y a une petite déception sur le chiffre d’affaires. Alliances a une capitalisation de 5,5 MMDH. Quand on relativise le chiffre d’affaires par rapport à la capitalisation, il y a une grande différence. Si l’on applique les mêmes marges, on se retrouve avec une valeur bien moins chère que l’autre », explique notre interlocuteur.

Cependant, le groupe laisse transparaître de belles performances à venir en raison d’une hausse considérable de sa production, atteignant 228% par rapport à la même période l’année précédente, à 4.212 unités finalisées. « Addoha offre moins de visibilité du fait qu’il n’y a pas de business plan sur plusieurs années. En revanche, on peut se réjouir du niveau de production qui a fortement progressé et qui laisse présager un avenir confortable », conclut notre source.

Alliances. Stratégie, projets, dividendes… Entretien avec la direction du groupe

Après une année 2023 marquée par une croissance importante des revenus et de la profitabilité, le groupe Alliances évolue dans un contexte très positif cette année. Les aides aux logements, la CAN 2025 et la Coupe du monde 2030 sont autant d’événements qui impacteront les activités de l’immobilière cotée.

Les investisseurs l’ont déjà bien compris. Depuis début 2023, le cours en bourse d’Alliances a explosé de 377% à 240,5 dirhams le titre à la clôture de la séance du 26 mai. Cette hausse est-elle justifiée ? Le groupe profitera-t-il de la conjoncture favorable qui se dessine ? Quels sont les grands axes de développement cette année et au-delà du business plan à l’horizon 2025 ?

Médias24 s’est entretenu avec Omar Lazraq, directeur général délégué d’Alliances Développement Immobilier, pour cerner la stratégie du groupe à moyen terme et les leviers de croissance qui contribueront aux résultats dans les années à venir. Pour Médias24, il dévoile les décisions stratégiques ayant permis un redressement financier du groupe, les grands relais de croissance en cours de développement, la stratégie africaine ou encore l’avenir de la politique de rémunération des actionnaires. Entretien.

Nous avons aujourd’hui un peu moins de cent millions de dirhams de dette bancaire, ce qui est très peu pour un groupe de la taille d’Alliances.

Médias24 : Comment le sursaut des revenus et de la profitabilité de l’année 2023 a-t-il été vécu et quels sont les éléments stratégiques mis en place pour parvenir à cette progression ?

Omar Lazraq : Nous avons opéré un changement de cap en termes de stratégie depuis plusieurs années. Notre objectif premier était de générer du cash tout en maîtrisant nos coûts opérationnels. C’est pour cela que nous avons décidé de nous orienter vers les projets moins capitalistiques, avec un retour sur investissement rapide. Nous poursuivons cette stratégie sur un certain nombre de projets. Cette stratégie a d’ailleurs payé et a eu des retombées très positives pour le groupe du fait d’un fort dynamisme de la demande sur ce type de biens.

En parallèle de ce changement de mix produits, le groupe s’est aussi tourné vers des villes de taille intermédiaire où le prix du foncier et la pression concurrentielle sont moins élevés qu’à Casablanca, comme Safi, Beni-Mellal et Kénitra.

Une autre clé de la réussite est notre approche orientée clients. Notre direction de développement a une grande capacité d’adaptation par rapport à l’évolution de la demande, c’est un avantage concurrentiel certain. Nous avions des fonciers que nous avons réussi à repositionner vers des projets qui présentent un fort potentiel commercial et sont générateurs de cash. Tout cela a contribué au redressement et à la croissance du groupe.

Les bons résultats de 2023 proviennent également de la bonne gestion de nos charges de structures et de fonctionnement. Nous avons notamment réussi à maîtriser le taux d’endettement du groupe tout en finançant pleinement nos opérations. Nous avons aujourd’hui un peu moins de cent millions de dirhams de dette bancaire, ce qui est très peu pour un groupe de la taille d’Alliances.

– Vous allez distribuer votre premier dividende depuis de nombreuses années, au titre de l’exercice 2023. Pensez-vous pouvoir distribuer un dividende l’année prochaine encore plus important que cette année ?

– En effet, nous avons décidé de verser les dividendes car la situation financière du groupe le permet et que les bons résultats de l’exercice 2023 le justifient. Cette distribution s’inscrit dans une logique à long terme et devrait suivre la même tendance que nos résultats.

Le produit à 700.000 DH avec une aide de 70.000 DH est très intéressant pour la classe moyenne. Nous y travaillons.

– Le groupe a affiché une croissance de revenus de 26% en 2023. Avec les aides au logement disponibles depuis ce début d’année, pensez-vous qu’une croissance additionnelle en plus du rythme classique sera enregistrée ?

– Nous avons présenté en 2022 un business plan à l’horizon 2025. Jusqu’à présent, nous avons respecté scrupuleusement ce business plan et allons continuer à le faire. Cette année, nous prévoyons une nouvelle croissance du chiffre d’affaires qui devrait nous permettre d’atteindre, voire de dépasser les prévisions du business plan.

L’activité du groupe suit son cours. Les terrains sont acquis, les projets sont autorisés et les chantiers sont lancés. L’opérationnel est suivi au quotidien et comparé aux prévisions pour prendre les mesures qui s’imposent. Ce qui importe le plus à ce stade, c’est la préparation de l’avenir qui viendra générer de la croissance supplémentaire.

Nous nous sommes positionnés pour l’acquisition de terrains sur des localisations stratégiques dans le nord et le centre du pays pour y développer des projets.

Pour ce qui est de l’aide au logement, il y a les aides sur le logement social. Le produit à 300.000 DH est difficile à réaliser, sauf convention de l’Etat ou des collectivités. En revanche, le produit à 700.000 DH, avec une aide de 70.000 DH, est très intéressant pour la classe moyenne. Nous y travaillons.

Nous avons déjà lancé un projet de 2.000 unités de ce type à Marrakech.

– Avez-vous d’autres projets de ce type dans d’autres régions ?

– En effet, les travaux d’un projet d’une grande importance de 4.000 logements de moyen standing sera lancé à Casablanca (sur la route qui mène à Dar Bouazza) et d’autres suivront.

– Parmi les facteurs exogènes positifs attendus par le marché, il y a aussi la CAN 2025 et la CDM 2030. Comment voyez-vous l’impact sur le groupe ?

– Il est évident que ces événements vont impacter le groupe positivement. Nous avons senti un engouement incroyable au Maroc depuis l’annonce de la CDM 2030, et même un peu avant. On perçoit une vraie volonté de la part de tous les acteurs de développer et de construire de nouveaux projets. Il y a des infrastructures formidables en cours de lancement. Nous allons nous ancrer dans cette dynamique, c’est certain.

Nous sommes le seul promoteur qui a la particularité de faire de la prestation de service. Nous construisons des hôtels, des hôpitaux, des tours… Nous avons été sollicités à plusieurs reprises pour ce type de projets ces derniers mois.

Concernant l’avenir, la stratégie est simple : poursuivre nos investissements selon la même logique actuelle. Nous détenons encore une réserve foncière sur des marchés très porteurs.

– En 2024, quels sont les principaux relais de croissance du groupe ?

– Nous continuons à réaliser les projets dans le cadre de la nouvelle stratégie, qui a démontré son succès, en plus des projets cités pour la classe moyenne avec l’aide de l’Etat.

Ce sont toujours des projets de grande envergure, que nous réalisons par tranche pour ne prendre aucun risque financier.

– Les investisseurs ont pu voir votre business plan à l’horizon 2025, mais désormais, à l’horizon 2030, quels sont les grands projets en cours pour soutenir votre activité et votre développement ?

– Le business plan 2022-2025 est entièrement sécurisé à ce stade et se déroule comme prévu. Concernant l’avenir, la stratégie est simple. Nous poursuivons nos investissements dans le cadre de notre stratégie, qui se sont avérés payants. Nous détenons encore une réserve foncière sur des marchés très porteurs que nous continuons à développer selon la même logique.

Nous investissons le créneau des appartements moyen-standing à travers le lancement de projets de grande envergure à Marrakech, avec le projet Jnane Riad qui comptera à terme 2.000 unités, et un projet à Casablanca qui totalisera 4.000 unités, comme évoqué précédemment.

Sur le segment du haut standing, nous avons d’autres projets de construction à Marrakech, notamment un programme de 100 villas très haut de gamme sur le Resort Al Maaden, en cours de commercialisation. Un important projet de lotissement à Marrakech sur une réserve foncière du groupe sera également lancé prochainement. L’ensemble de ces projets contribuera à la croissance du groupe post-2025.

En plus de ces projets dont le foncier est déjà sécurisé et les autorisations obtenues, nous nous sommes positionnés pour l’acquisition de terrains sur des localisations stratégiques dans le nord et le centre du pays pour y développer des projets. Ces nouvelles acquisitions viendront encore renforcer la croissance du groupe à l’horizon 2030.

– Sur quels segments (entrée de gamme, moyen ou haut standing) le groupe affiche-t-il les meilleurs indicateurs de performance ?

– Le segment qui génère les meilleurs indicateurs est celui dans les budgets de 400.000 à 700.000 DH. Cela dit, nous disposons toujours d’une importante réserve foncière. Pour chaque terrain que nous détenons ou envisageons d’acquérir, une étude approfondie sur le plan administratif, technique et commercial est systématiquement menée pour en déterminer les potentialités et définir les contours d’une programmation optimale.

Nous avons donc décidé d’opérer différemment à l’international, avec pour priorité stratégique de  réaliser des projets pour le compte de tiers, d’un Etat ou d’institutions étatiques reconnues.

– La partie internationale est aussi un pan de la stratégie de développement du groupe. Quelles sont vos perspectives en Afrique subsaharienne ?

– L’Afrique, nous y sommes présents depuis plusieurs années déjà, au Cameroun et en Côte d’Ivoire, que ce soit en tant que promoteur immobilier ou en tant que contractant général.

Cette zone géographique constitue indéniablement un relais de croissance naturel pour les entreprises marocaines à l’international. Cependant, c’est un marché difficile pour la promotion immobilière ; il faut prendre les précautions nécessaires car les caractéristiques et l’environnement de la demande sont très différents de ce que nous connaissons au Maroc.

Nous avons donc décidé d’opérer différemment à l’international. Notre première priorité stratégique de développement est de réaliser des projets pour le compte de tiers, généralement pour le compte d’un Etat ou d’institutions étatiques reconnues.

Dans ce cas, le financement est sécurisé et les procédures administratives sont facilitées, ce qui nous permet de nous focaliser sur la réalisation opérationnelle des projets, qui constitue le savoir-faire historique du Groupe Alliances au travers de son expertise de maîtrise d’ouvrage déléguée.

Ce type de montage, nous l’avons matérialisé notamment au Cameroun avec la construction de huit hôpitaux et de 800 logements et la rénovation de trois plateaux techniques pour plus de 300 millions d’euros. Nous réalisons également actuellement une tour de 26 étages à Abidjan pour le compte du Conseil de l’entente, qui est une Organisation de coopération régionale pour un budget de près de 70 millions d’euros. C’est une commande que nous réalisons en tant que prestataire de service.

La seconde priorité stratégique, c’est la promotion immobilière classique qui consiste à acheter un terrain, y construire un immeuble et vendre des appartements. Sur ce volet, l’objectif principal est d’opérer en évitant un risque commercial trop important, c’est-à-dire en privilégiant par exemple des partenariats avec des institutions financières qui garantissent l’acquisition de tout ou partie du stock au moment de la livraison des projets.

Ces dernières années, nous nous sommes recentrés sur notre marché national, mais nous ré-ouvrons maintenant une phase de prospection active au-delà de nos frontières avec des sujets concrets en cours de discussion, notamment en Côte d’Ivoire et dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest qui devraient se concrétiser dans un avenir proche.

– Le cours d’Alliances en bourse a progressé de façon importante depuis le début de l’année. Est-ce une progression justifiée selon vous ? Comment le groupe interprète ce signal ?

– Le cours de bourse d’Alliances ne reflétait pas la réalité de notre activité. Nous cotions à un cours trop bas, en-dessous du niveau de la valeur nominale, ce qui n’avait pas de sens. Cette résurgence s’explique donc tout à fait naturellement.

Nous espérons d’ailleurs poursuivre sur cette tendance haussière, car nous sommes conscients que cette évolution marque la confiance des investisseurs et salue les bons indicateurs de performance de notre groupe.

Nous avons respecté tous nos engagements, en particulier la baisse de l’endettement, et le fait que nous ayons honoré le paiement du coupon de 313 MDH à la fin janvier a rassuré les investisseurs.

Alliances intègre l’indice MSCI Frontier Market

Le groupe coté Alliances Développement Immobilier a intégré l’indice MSCI Frontier Market. L’annonce a été faite par MSCI dans un communiqué publié le 14 mai.

Cette intégration de l’indice permettra à Alliances de briller davantage aux yeux des investisseurs internationaux.

Rappelons que depuis le début de l’année, le groupe enregistre une croissance en bourse de 128% à 262 dirhams l’action.

Addoha et Alliances ont atteint des volumes d’échange records à la cote le 9 avril

Lors de la dernière séance de bourse du 9 avril, un fort volume a été échangé sur le marché actions.

Au total, plus de 580 MDH ont été échangés sur le marché dont une grande partie sur les immobilières, notamment Addoha et Alliances qui, à elles deux, ont constitué des volumes de plus de 210 MDH avec des volumes respectifs de 131 MDH et 82 MDH. Un record.

Volumes d’Alliances. Source : Bourse de Casablanca.
Volumes d’Addoha. Source : Bourse de Casablanca.

D’après les données de la Bourse de Casablanca retraçant les évolutions de cours et les volumes échangés, aucun volume similaire n’avait été enregistré sur ces valeurs depuis au moins les trois dernières années. Plusieurs facteurs expliquent cela.

Des résultats annuels encourageants pour le futur du secteur immobilier

Il faut noter que les résultats annuels 2023 des immobilières cotées, notamment Addoha et Alliances, ont affiché de fortes progressions tant sur les revenus que sur les bénéfices. Les perspectives sont également positives.

« Premièrement, il y a l’annonce des résultats, notamment la reprise du secteur qui est bel et bien engagée, et surtout le fait le potentiel à venir du secteur est là grâce à la hausse de la production et des mises en chantier », nous explique une source de la place.

« Il faut rappeler que le secteur immobilier, notamment Alliances et Addoha, ont connu un cycle baissier de plus de 10 ans. Alliances n’avait pas distribué de dividende depuis 2014. Ce retour au dividende et d’un cycle haussier dans le secteur n’est pas un mouvement spéculatif ou court terme qui intervient sans raison », poursuit notre source. De fait, la forte tendance haussière observée depuis plusieurs semaines provient notamment des belles perspectives apportées par les résultats, ainsi que du cadre très positif encadrant le secteur avec une visibilité claire jusqu’en 2028. De fait, cela engendre des anticipations d’investisseurs.

Un effet de concentration sur deux jours de cotation cette semaine

Les volumes très importants observés en bourse sur les valeurs Addoha et Alliances le 9 avril sont également le fait d’un effet de concentration. « Cette semaine, au lieu d’avoir cinq jours ouverts à la cote, il n’y en a eu que deux. Cela fait qu’il y a une concentration des transactions sur deux jours », explique notre interlocuteur.

Ces forts volumes marquent également le retour des personnes physiques importantes et des sociétés de gestion qui ne s’étaient pas encore positionnées sur le secteur, notamment parce qu’il a été délaissé pendant près d’une décennie.

« Il y a également un retour sur le marché, en particulier de gros investisseurs particuliers que l’on n’a pas vus depuis 2014 ou 2016. Les mouvements assez spéculatifs d’autrefois, notamment sur Addoha, puis la période du Covid, peu animée, fait que beaucoup d’investisseurs se sont détournés de l’immobilier côté. Désormais, des OPCVM se sont positionnés ainsi que des personnes physiques importantes », poursuit notre source du marché.

Le mouvement haussier est très fort sur le secteur, ce qui attire les personnes physiques avec un portefeuille de taille, car ces derniers fonctionnent selon une logique de traction et non une logique purement indicielle ou de calcul de cherté. « Addoha par exemple n’est pas une valeur qui était à 100 et qui est passée à 110 dirhams, elle vient de 6 dirhams. Elle réserve à la hausse à 30 dirhams, c’est très fort. Il y a une traction qui fait que de gros investisseurs physiques se positionnent dessus aussi, ils ne réfléchissent pas nécessairement au P/E. Ils suivent la traction. »

La forte progression des volumes depuis plusieurs semaines provient également du fait de l’importance que prend le secteur immobilier.

Un poids de l’indice qui a presque quadruplé et renforce l’attractivité du secteur

Ces forts volumes échangés sur les immobilières sont également engendrés par une volonté de se positionner de la part des investisseurs, tirée par un accroissement du poids des valeurs immobilières dans l’indice.

« Avec les progressions affichées depuis l’année dernière, le poids de l’immobilier dans l’indice n’est plus le même. Si on couple Alliances et Addoha, on voit que les valeurs pèsent près de 4% de l’indice. Autrefois, on était à moins de 1%. Les investisseurs ne peuvent plus ignorer ces valeurs », explique notre source.

Il y a également un positionnement de certaines sociétés de gestion sur le secteur en raison des prochains conseils qui se dérouleront courant de ce mois. « Il faut noter aussi que les comités des sociétés de gestions arrivent ce mois d’avril. Les meilleures performances de l’année dernière ont été réalisées par les immobilières. Les gérants de sociétés de gestion ne peuvent pas dire à leurs clients qu’ils ne sont pas positionnés cette année, donc les retardataires prennent la vague », explique notre source.

La performance de la valeur des deux principales immobilières fait que chaque progression des cours représente un manque à gagner important pour les acteurs qui ne s’y sont pas encore positionnés. Désormais, le retard se comble.

Voici les valeurs les plus performantes de la cote à fin mars

Depuis le début de l’année, le MASI affiche une croissance de 8% à l’ouverture de la séance du 4 avril. Les annonces relatives à la Coupe du monde 2030 et les aides au logement ont fortement ouvert l’appétit des investisseurs pour certains secteurs, notamment ceux de la construction et de l’immobilier.

L’indice de la promotion immobilière a fortement progressé, avec une hausse de plus de 82% à 9.784 points. Il s’agit de la hausse sectorielle en bourse la plus importante en YTD. L’indice est notamment porté par les deux valeurs phares que sont Addoha et Alliances.

Le secteur de la construction a quant à lui légèrement progressé, mais il est lourdement plombé par le poids des deux grands cimentiers, LafargeHolcim Maroc et Ciments du Maroc, en hausse respectivement de 1,82% et 0,65% depuis le début de l’année. Il dispose de fortes perspectives de croissance dans le sillage des grands chantiers d’envergures privés ou publics.

D’autres secteurs et valeurs affichent une croissance très soutenue depuis le début 2024. Voici ceux qui ont le mieux performé au premier trimestre.

Un secteur immobilier en renaissance

Les deux valeurs Alliances et Addoha ont été les top performeuses de la cote durant le premier trimestre, et de loin. La valeur Alliances a doublé à la cote depuis le début de l’année, et l’action Addoha a pris près de 70% à la mi-séance du 4 avril.

La progression des cours des deux immobilières s’explique par de bonnes performances en 2023, ainsi que par un engouement important des investisseurs envers le secteur, notamment avec les perspectives de l’aide directe au logement qui s’étale sur la période 2024-2028. Le programme a donné de la confiance et une visibilité au secteur en attente de redémarrage.

Alliances a également bénéficié d’une bonne trajectoire haussière dans le cadre de son règlement de tombée obligataire de 313 MDH le 31 janvier dernier. Une marque de confiance qui a également fortement fait baisser l’endettement du groupe.

D’autres valeurs ont également affiché des croissances surperformant largement le MASI en 2024.

TGCC et Jet Contractors bénéficient des bons résultats 2023 et des perspectives à venir

TGCC a affiché une performance opérationnelle en forte croissance en 2023, avec une hausse de 39% de ses revenus à près de 7,3 MMDH, du fait d’une dynamique commerciale vigoureuse et d’une amélioration du rythme de production. La profitabilité du groupe a progressé de 40% à 363 MDH, et le dividende a augmenté de 25% à 7,5 dirhams par action.

En YTD, le cours a progressé de près de 43%, dans le sillage des bonnes anticipations d’activités du groupe, avec les effets de la Coupe du monde 2030 et des différents grands chantiers d’infrastructures qui se profilent dans les années à venir. Le marché a également réagi positivement aux annonces des résultats et des dividendes au titre de l’année 2023. Le cours a pris 14% depuis l’annonce des résultats à la fin du mois de mars.

Dans le même sillage, Jet Contractors a connu une hausse très importante en YTD de 88% à 480 dirhams le titre. Cette progression a fortement été poussée par la bonne réception des performances 2023 du groupe. Il a affiché des indicateurs en forte progression avec des bénéfices en hausse de 170% à 73 MDH. Le groupe a également annoncé le retour des dividendes [7 dirhams au titre de 2023, ndlr], qui marque la première distribution depuis 2018.

La valeur a également profité de l’engouement autour des perspectives sectorielles du BTP, à l’instar de TGCC.

Akdital portée par sa stratégie de croissance et ses bons résultats

Akdital a progressé de près de 36% en YTD à 672 dirhams le titre. Le groupe connaît en effet une stratégie de développement agressive avec cinq établissements de santé ouverts à travers le pays en 2023.

Pour 2024, Akdital a annoncé une quinzaine de nouveaux établissements pour porter son réseau à 36 établissements, créant ainsi 1.430 nouveaux lits et offrant des opportunités d’emploi directs à plus de 2900 professionnels. Une annonce qui laisse présager de belles perspectives de croissance sur le nouveau périmètre, ainsi qu’une montée en puissance progressive du périmètre existant. Le tout sera conduit par une enveloppe d’investissement sur la période 2024-2025 qui s’élève à 1,47 MMDH.

Le groupe a doublé ses bénéfices en 2023 pour atteindre près de 175 MDH. Il proposera un dividende de 6 dirhams par action. Un rendement globalement faible qui n’a pas fait bouger le marché lors de l’annonce.

Akdital est une valeur de croissance qui laisse transparaître de belles perspectives du fait de son développement et de la hausse continue des admissions, amenée par la généralisation de l’AMO et l’accroissement du périmètre.

Immobilières : résultats solides en 2023 et perspectives attrayantes pour les investisseurs

Les deux principales immobilières cotées, Addoha et Alliances, ont publié de très bons résultats à fin 2023. Tant pour les revenus que pour la profitabilité, les performances sont en nette progression par rapport à 2022.

À ce titre, le marché a réagi très positivement lors de la séance du 1er avril. À l’ouverture, les deux valeurs étaient réservées à la hausse. Une source du marché nous indique que les perspectives sont particulièrement bonnes pour les deux immobilières, et que la croissance sera au rendez-vous cette année, dans le cadre d’un nouveau cycle de croissance.

Des performances opérationnelles solides

Le groupe Addoha a affiché une hausse de 55% de son chiffre d’affaires consolidé, à 2.134 MDH. Une progression poussée par plusieurs tranches de haut standing de la marque Prestigia, qui ont été livrées en 2023 à Casablanca et à Marrakech. Le groupe affiche un résultat net consolidé en forte hausse, passant de 12 MDH en 2022 à 188 MDH à fin 2023. Concernant la production finalisée, le groupe affiche une hausse de 216% de son volume de production finalisé à 7.281 unités, notamment grâce à la reconfiguration des programmes, entamée il y a plusieurs années. Cette hausse significative impactera positivement le chiffre d’affaires de 2024.

De son côté, Alliances affiche des revenus consolidés en hausse de 26%, franchissant la barre des deux milliards. Le résultat net progresse de 39% à 242 MDH. Le nombre total d’unités en cours de production s’élève à 5.582 unités à fin 2023, contre 5.224 unités au 31 décembre 2022, soit une croissance de 7%. Pour la première fois depuis 2013, le groupe versera un dividende de 3 dirhams par action. Il a également fortement réduit son endettement de 20%, à 1.713 MDH.

Au-delà des performances, les valeurs recèlent du potentiel du fait des belles perspectives qui se dressent et de l’amélioration de la production.

Un nouveau cycle de croissance a débuté

Pour notre source du marché, les résultats des deux immobilières sont en soi consommés. Désormais, elles sont achetées pour leurs perspectives. « Les valeurs reviennent sur le devant de la scène au Maroc. Addoha, par exemple, est passée par des cycles bas de production, car la demande n’était pas là. Maintenant que cette demande est repartie à la hausse, ils ont une bonne réserve foncière et cela se manifestera sur les chiffres », explique notre interlocuteur.

Le secteur en entier est actuellement porté par les différentes annonces concernant le relogement et les aides aux acquéreurs. Le marché est également confiant quant à l’avenir. « Les valeurs sont actuellement réservées à la hausse. Les investisseurs ont réagi positivement aux résultats, mais aussi à l’amélioration de la production qui assure un chiffre d’affaires en hausse sur les années à venir », explique notre source.

Alliances a cependant créé la surprise avec l’annonce de la distribution d’un dividende de 3 dirhams par action. « Ce retour des dividendes n’était pas anticipé, c’est d’ailleurs le premier depuis 2013. Alliances a fait d’excellents résultats, elle dispose d’un business plan clair. Encore une fois, le cycle est bon. Il n’y a pas de mauvaises nouvelles à l’horizon, et c’est cela que regardent les investisseurs », explique notre interlocuteur.

Les deux valeurs affichent des volumes d’échanges élevés en bourse depuis plusieurs semaines. Autrefois adoubées par les petits porteurs, les valeurs attirent de nouveau les OPCVM qui se positionnent sur la valeur. « L’annonce du dividende d’Alliances pourrait encore accélérer davantage cet engouement », note notre source.

Alliances : le chiffre d’affaires consolidé progresse de 26% en 2023

Au T4-2023, le chiffre d’affaires consolidé s’établit à 513 MDH, en progression de 37% par rapport à la même période de l’année précédente.

Le chiffre d’affaires consolidé du groupe au 31 décembre 2023 est de 2.017 MDH contre 1.604 MDH au 31 décembre 2022, en croissance de 26%.

L’endettement net du groupe est en baisse de 19%, et se situe à 1,7 MMDH au 31 décembre 2023 contre 2,1 MMDH au 31 décembre 2022. Le taux d’endettement ne prend pas en compte le remboursement de l’échéance de 313 MDH payée le 31 janvier.

Au 31 décembre 2023, le groupe dispose d’un carnet de commandes s’élevant à 7.419 unités pour une VIT sécurisée de l’ordre de 3,1 MMDH.
Le niveau des préventes au T4-2023 s’établit à 1.054 unités contre 942 unités au T4 2022, en amélioration de 12%.
Le nombre total d’unités en cours de production s’élève à 5.582 unités au 31 décembre 2023, contre 5.224 unités au 31 décembre 2022, soit une croissance de 7%, avec 1.665 unités réceptionnées.

Alliances : la première échéance de l’emprunt obligataire a bien été payée

Le groupe Alliances poursuit son ascension en bourse, avec une progression de plus de 38% sur le premier mois de l’année seulement.

Le marché, porté par un newsflow très positif concernant le secteur immobilier, attendait, notamment dans le cas d’Alliances, le paiement de sa première échéance de remboursement de dette, fixée à fin janvier.

Contacté, le groupe nous confirme avoir honoré le paiement de 313 MDH dans le cadre de cette première échéance de son emprunt obligataire.

Pour rappel, cette tombée fait suite à un reprofilage de la dette effectué par le groupe début 2020 pour un principal de près de 1,6 MMDH, avec exonération de paiement sur trois ans et remboursement sur sept ans. In finela dette du groupe va nettement baisser à compter de cette année.

https://medias24.com/2023/11/20/alliances-la-progression-de-nos-ventes-provient-dune-hausse-lineaire-des-activites/

https://medias24.com/2024/01/03/alliances-les-investisseurs-optimistes-quant-au-premier-remboursement-du-groupe-a-fin-janvier/

Immobilières cotées : des prises de bénéfices, mais une tendance de fond bien ancrée

À la clôture de la séance du 9 janvier, les deux principales immobilières de la place que sont Addoha et Alliances étaient légèrement dans le rouge, avec des baisses respectives de 0,67% et 0,9%.

Ces légers mouvements baissiers peuvent s’expliquer à très court terme par des prises de bénéfices des investisseurs qui souhaitent profiter de la hausse des cours depuis les 12 derniers mois. Cependant, la tendance très positive reste de mise.

Une tendance de fond haussière et durable

Depuis plusieurs mois maintenant, les immobilières en bourse bénéficient d’un newsflow très encourageant, avec des annonces positives pour le secteur. Notamment celle des aides directes au logement durant le plan quinquennal 2024-2028.

Contactée, une source de la place confirme que « le marché est haussier sur les immobilières cotées. La ministre de l’Habitat a annoncé que 13.000 personnes s’étaient inscrites depuis la mise en place de la plateforme début janvier, ce qui est très encourageant ». En effet, quelques jours plus tôt, les premiers chiffres du ministère faisaient état de près de 8.000 personnes inscrites, soit une nette progression le temps d’un week-end.

En outre, le programme de relogement fait miroiter des perspectives encore plus intéressantes. « On parle ici de 62.000 logements tout de même, et ce programme ira très vite. Il n’y a pas 62.000 logements vacants autour de Casablanca. Certains stocks seront résorbés », explique notre interlocuteur.

En somme, des baisses qui ne sauraient indiquer une raison fondamentale particulière. « L’immobilier aujourd’hui représente une véritable thématique chez les sociétés de gestion, et ce sera le cas sur le reste de l’année », poursuit-il.

Des prises sporadiques de bénéfices possibles du fait d’un historique 

La forte hausse des cours depuis 12 mois incite certains investisseurs à vendre pour se dégager des liquidités.

Cela vient du fait que depuis des années, les immobilières étaient valorisées à des cours très bas, en deçà de leurs valeurs nominales, presque de faillite. « Cependant, elles n’étaient pas en faillite. La perception des gens était très négative par rapport à un contexte donné. Or, dans la réalité, ce n’était pas aussi négatif que cela », poursuit notre source.

Fondamentalement, rien ne laisse présager une tendance baissière étant donné le newsflow actuel et les dernières performances chiffrées livrées par les principales immobilières cotées. « Désormais, les sociétés de gestion commencent à regarder ces titres. Même s’ils ont fortement progressé, ils demeurent tout de même à des points d’entrée intéressants », conclut notre interlocuteur.