Permis marocains en Espagne : une sanction de 500 euros pour non-conformité

Selon la station de radio locale Cope, les Marocains résidant légalement en Espagne doivent faire reconnaître leur permis auprès des autorités compétentes pour éviter les sanctions lors des contrôles routiers. La Direction générale de la circulation espagnole (DGT) a renforcé les conditions, stipulant que seuls les permis obtenus avant l’établissement de la résidence en Espagne sont valables. Par ailleurs, les résidents doivent obtenir un nouveau permis en réussissant les examens officiels en espagnol, à la fois théoriques et pratiques.

Ces mesures, instaurées en 2004 par la DGT, ont pour objectif de prévenir les fraudes liées à l’obtention des permis de conduire. Elles ont conduit à la suspension de la reconnaissance automatique des permis délivrés au Maroc. Cependant, ces règles ne s’appliquent pas aux touristes marocains, qui restent autorisés à conduire en Espagne avec leur permis d’origine, sans obligation de posséder un permis international ni de procéder à une conversion.

Le quotidien local El Faro rapporte que ces réglementations ont suscité une controverse, notamment parce qu’elles touchent une catégorie vulnérable de travailleurs marocains.

Sabah Yacoubi, présidente de l’Association des travailleurs immigrés marocains (ATIM), a déclaré que l’examen théorique constitue un obstacle majeur pour ceux qui ne maîtrisent pas l’espagnol. Elle plaide pour un échange direct des permis ou, à défaut, pour que seule l’épreuve pratique soit exigée.

Face à ces mesures jugées injustes, des centaines de Marocains ont manifesté le 31 janvier 2025 devant le siège de la DGT à Madrid et l’ambassade du Maroc, réclamant une solution à ce qu’ils considèrent comme un problème discriminatoire.

La sanction pécuniaire de Maroc Telecom anticipée par le marché

La sentence a été rendue le 3 juillet dernier. Maroc Telecom devra bien payer 6,4 MMDH à Wana Corporate, propriétaire de la marque Inwi, pour abus de position dominante.

L’arrêt a été rendu par la cour d’appel de commerce de Casablanca qui a donc confirmé la décision annoncée en janvier dernier par le tribunal de commerce de Rabat.

Le jour même, le titre dévissait de plus de 7% à la mi-séance avant de clôturer en légère baisse seulement. In fine, le marché n’a pas tellement paniqué à cette annonce, relativement anticipée par les investisseurs.

Concernant l’amende, le groupe a annoncé, dans un communiqué le 4 juillet dernier, qu’il envisageait d’exercer tous les recours possibles contre cette décision. Il convient cependant de noter que le jugement est exécutoire ; c’est-à-dire que même si Maroc Telecom se pourvoit en cassation, ce recours n’est pas suspensif.

La valeur devient un investissement de moyen long terme

Le groupe a reçu des amendes ces dernières années, impactant notamment sa capacité de distribution. Un professionnel de la place rappelle que « 6,4 MMDH, c’est plus que leur résultat annuel. Ils devraient probablement s’endetter, soit à travers une émission obligataire ou des concours bancaires ».

En outre, il faut noter que le groupe a prévu la distribution de dividende au titre de l’année 2023 pour un montant de 3,7 MMDH soit 4,2 dirhams par action. « Cela pourrait vouloir dire qu’ils vont au moins s’endetter pour 4 MMDH. En effet, le groupe a 3,7 MMDH de dividendes à distribuer et l’amende de 6,4 MMDH. Cela fait grossièrement 10 MMDH. Le résultat annuel de cette année devrait tourner autour de 6 MMDH », explique notre interlocuteur.

De plus, le groupe réalise de forts investissements, notamment dans la 5G. « Réellement, le groupe aura moins de disponibilité de cash », poursuit notre interlocuteur.

Inquiétude sur la rentabilité du titre

Il se peut également que le groupe ait de nouveau à faire face à une astreinte de l’ANRT, comme ce fut le cas en 2020 et en 2022. « Tous les deux ans, il y a une astreinte de l’ANRT. C’est environ 2,4 MMDH en sanction qui pourraient encore tomber sur le groupe », explique notre source.

Après ce verdict dans le conflit qui lie l’opérateur historique et Wana Corporate, la peur de la jurisprudence est également présente. « Pourquoi un acteur comme Orange ne ferait pas la même chose que Wana ? La démarche serait logique car, derrière, il y a des actionnaires d’Orange et un conseil d’administration qui pourrait décider de suivre les pas de Wana, car ce dernier a été dédommagé pour pratique anticoncurrentielle », poursuit notre interlocuteur.

Le titre a également nettement reculé depuis l’annonce de la sentence en première instance en janvier dernier. Alors qu’il était à un peu plus de 105 dirhams, il est redescendu à 89,5 dirhams à la clôture de la séance du 4 juillet.

Désormais la question se pose quant à l’évolution de la capacité bénéficiaire du groupe, ainsi que son payout pour les prochaines années du fait du conflit avec Wana. En effet, auparavant le groupe affichait un payout de 100%, mais depuis quelques années, le titre perd en attractivité du fait, notamment, qu’il affiche un rendement moindre. Notons également que le groupe affiche un potentiel de croissance sur le marché local qui demeure limité, avec un environnement concurrentiel de plus en plus virulent.

Wana vs IAM : pourquoi c’est une décision historique

Le litige entre IAM et Wana vient de produire un précédent historique. Le tribunal de commerce de Rabat a condamné le premier opérateur à indemniser son concurrent pour « abus de position dominante ». Une première dans les annales de la justice marocaine.

Le montant de la réparation est titanesque : près de 6,4 MMDH. Pour le tribunal, cette somme correspond au préjudice subi par Wana du fait, direct, des pratiques anticoncurrentielles de son adversaire.

Quelle est la nature de ce préjudice ? Sa durée ? Sa portée ? Ces éléments seront étayés dans la copie du jugement, qui n’a pas encore été communiquée aux parties.

La notification de la décision permettra également à IAM d’interjeter appel. Annoncé par l’opérateur historique, ce recours aura un effet suspensif sur l’exécution de la sentence. Autrement dit, le défendeur n’aura à payer que si le jugement est confirmé par la juridiction de deuxième degré.

Vu les enjeux du dossier, un troisième round en cassation n’est pas à exclure. Le cas échéant, nous aurons droit à une décision dite de « principe ». Une première en matière de « Private Enforcement », ou action privée en droit de la concurrence.

Cette notion importée des Etats-Unis renvoie à l’activation du régime des pratiques anticoncurrentielles par les victimes de ces comportements : les concurrents ou les consommateurs. Ce mécanisme est activé par la voie judiciaire sous forme d’action indemnitaire.

Par opposition au « Private Enforcement », le « Public Enforcement » désigne, lui, l’action généralement menée par les autorités de la concurrence, y compris les régulateurs sectoriels. Dans ce cas, on parle plutôt d’une sanction pécuniaire que d’un dédommagement. Le fruit de la sanction est versé au Trésor public, et non à la personne lésée.

Le cas d’Itissalat Al-Maghrib a cela de particulier qu’il cumule les deux procédures. L’opérateur a en effet été sanctionné sur les fronts public et privé. En 2020, IAM avait essuyé une amende de plus de 3,3 MMDH rendue par l’Agence marocaine de réglementation des télécommunications (ANRT). Le régulateur est revenu deux ans plus tard à la charge, dans le cadre d’une liquidation d’astreinte de 2,7 MMDH.

Wana s’est servie de cette double décision pour activer son action indemnitaire, qui a débouché sur une condamnation à plus de 6 MMDH. Si le pari d’une telle action est osé, les principes juridiques sur lesquels il repose sont des plus classiques.

Une responsabilité délictuelle

La défense de Wana a invoqué la responsabilité délictuelle d’IAM. Ce régime est régi par le Dahir des obligations et des contrats, un texte datant de 1913. Il implique, pour la partie lésée, de produire la preuve d’une faute, d’un préjudice, et de la corrélation entre les deux.

Pour établir la faute de l’opérateur concurrent, Wana a produit la décision de l’ANRT qui établit l’existence d’une pratique anticoncurrentielle (abus de position dominante).

Le préjudice et le lien de causalité avec la faute ont été, pour leur part, étayés par une expertise judiciaire ordonnée au cours du procès. Selon nos informations, l’expertise, qui n’a pas été rendue publique, a conclu à un préjudice supérieur aux prétentions de Wana. In fine, le tribunal a fixé le montant de la réparation en faisant jouer son pouvoir d’appréciation.

Dans le cas de Wana versus IAM, la question de la faute était tranchée d’avance, puisqu’établie par une décision officielle de l’ANRT, régulateur du secteur des télécommunications. L’absence d’une telle décision aurait rendu difficile la démarche de Wana. Cette question, Médias24 l’avait abordée à l’occasion d’un autre dossier emblématique : celui des pétroliers.

Ce dossier contentieux a débouché, il y a quelques mois, sur une transaction entre les distributeurs impliqués et le Conseil de la concurrence. En somme, l’affaire a été stoppée avant qu’elle ne débouche sur une sanction.

Même si les pétroliers se sont acquittés d’une « amende » transactionnelle, cette initiative ne valait ni aveux ni reconnaissance des pratiques pour lesquelles ils étaient préalablement soupçonnés (ententes sur les prix du gasoil et de l’essence). En d’autres termes, la procédure a été interrompue avant que l’instruction ne débouche sur un rapport établissant « la faute » des entités mises en cause.

De fait, la transaction a eu deux effets directs. Le premier, connu, est de mettre définitivement un terme au contentieux avec le régulateur. Le second, moins connu, est de faire avorter toute tentative, par les consommateurs ou concurrents lésés, d’attaquer les pétroliers dans le cadre d’une action privée. Une telle démarche demeure théoriquement ouverte. Mais, dans la pratique, elle est rendue impossible vu les difficultés, pour des justiciables lambda, de prouver l’existence de pratiques anticoncurrentielles.

Veolia Environnement : voici le montant de l’amende transactionnelle

Le Conseil marocain de la concurrence a rendu sa décision dans le dossier Veolia Environnement. Selon nos informations exclusives, le régulateur a validé la proposition d’amende transactionnelle fixée à 100 millions de dirhams.

Cette transaction est conditionnée par la notification, par Veolia, d’une nouvelle opération de concentration avec Suez ; laquelle opération devra tenir compte des préoccupations concurrentielles formulées par le Conseil dans une décision préalable, à savoir la cession de certaines activités de Suez au Maroc, dont la Lydec.

Selon nos informations, Veolia a jusqu’à fin février 2024 pour procéder à la notification. Ce délai pourrait, au besoin, faire l’objet d’une prolongation d’un mois supplémentaire.

La décision n’a pas encore été rendue publique, mais a été notifiée aux parties. Elle survient quelques jours après l’examen, en séance plénière, du dossier Veolia par les membres du Conseil de la concurrence.

Veolia avait déjà bénéficié de deux prorogations de délais pour procéder à la cession de Lydec, gestionnaire délégué de l’eau et de l’électricité à Casablanca. Pour l’heure, le groupe français n’a pas réussi à concrétiser cette opération faute d’autorisation de l’autorité délégante, le ministère de l’Intérieur. En coulisses, les discussions se poursuivent pour parvenir à solutionner ce dossier complexe.

Pour approfondir le sujet : 

Veolia/Lydec : délai expiré, négociations en cours

Affaire Lydec : Veolia négocie une sortie transactionnelle

 Au Maroc, Veolia sous haute pression

Concurrence. Veolia et le boulet Lydec au Maroc

Veolia et le cas Lydec : le dossier chez le Conseil de la concurrence

Affaire des pétroliers : la TGR a entamé le recouvrement de l’amende

1,8 milliard de DH : c’est le montant de l »amende transactionnelle que devront payer l’ensemble des pétroliers concernés par le dossier des ententes sur les prix des hydrocarbures (gasoil et essence). Fixé en novembre 2023 par le Conseil de la concurrence, ce montant doit être versé au Trésor public.

Selon nos informations, la Trésorerie générale du Royaume a déjà entamé le processus de recouvrement.

« L’avis de payer a été transmis dès décembre 2023, soit moins d’un mois après la décision du régulateur », rapporte une source proche du dossier. Parmi les neuf sociétés concernées, au moins un opérateur a soumis une demande d’échelonnement du paiement, apprend-on de même source.

Les 1,8 MMDH ont été répartis entre l’ensemble des opérateurs impliqués, ainsi que leur organisation professionnelle. La quote-part de chaque pétrolier n’a pas été rendue publique. Médias24 sait, de source sûre, que Afriquia, Total et Vivo Energy assument à eux trois plus de la moitié de l’amende, soit plus de 900 MDH.

CMT : la chute se poursuit en bourse, près de 20% en deux jours

Lors de la séance du 15 novembre, le titre Compagnie Minière de Touissit a encore perdu près de 10% à 1.456 dirhams. Sur la séance, un total de 165 titres CMT ont été échangés pour un volume global de 240 dirhams. Une volumétrie très faible, à l’instar de la séance précédente où le titre ne trouvait pas d’acheteurs.

En deux jours, la capitalisation boursière du groupe a baissé de plus d’un demi milliard de dirhams, passant d’un peu plus de 3 MMDH à l’ouverture de la séance du 14 novembre à 2,44 MMDH à la clôture de la séance du 15 novembre.

Cette forte chute du cours de la minière provient de l’anxiété des investisseurs concernant l’amende qui lui a été adressée par l’Administration des douanes suite à un contrôle diligenté par l’Office des changes.

https://medias24.com/2023/11/14/cmt-le-cours-devisse-et-la-capitalisation-boursiere-chute-de-300-mdh-sur-la-seance/

CMT : le cours dévisse et la capitalisation boursière chute de 300 MDH sur la séance

Le 26 octobre dernier, la Compagnie minière de Touissit (CMT) a publié un communiqué concernant un contrôle diligenté par l’Office des changes. Le groupe y annonçait que ce contrôle concernait des opérations qu’il avait lui-même opérées entre 2012 et 2022, relatives à des investissements à l’étranger.

Le 13 novembre, la CMT est revenue, par un communiqué, sur la décision de l’Administration des douanes d’effectuer une saisie à titre conservatoire sur le fonds de commerce de la CMT de 2,3 MMDH, soit « six fois le montant de l’amende réclamée s’élevant à 376 MDH », précise-t-elle dans son communiqué.

La minière a également indiqué être entrée en négociation à l’amiable avec l’Administration des douanes à ce sujet. De fait, le montant final que devra payer CMT n’est pas encore définitivement arrêté.

Une sanction qui alarme le marché

Cette annonce a eu l’effet d’un coup de grisou sur le titre. Cela peut se comprendre au vu du montant colossal de la saisie conservatoire. Rappelons que CMT affichait à l’ouverture de la séance du 14 novembre une capitalisation boursière de 3 MMDH et des capitaux propres consolidés à fin juin 2023 de 663,2 MDH.

Quand bien même le seul montant de l’amende est confirmé, à savoir une somme de 376 MDH, cela représente plus de la moitié des fonds propres du groupe.

« Les investisseurs anticipent une forte baisse du titre dans les jours à venir », nous confie une source de la place. Si actuellement, l’entreprise est en négociation avec l’administration et qu’aucun montant définitif n’est acté, le marché s’attend à une sanction sévère.

A la clôture de la séance du 14 novembre, 133 ordres d’achat avaient été passés contre 4.368 ordres de vente. « En somme, il y a un fort mouvement vendeur mais aucun acheteur en face. Ce qui fait qu’à la clôture, la valeur va lourdement chuter, de 10% probablement, qui est le maximum », explique notre source. En effet, la valeur perdait 9,97% à la clôture à 1.617 dirhams. Sa capitalisation boursière tombait à 2,72 MMDH, lâchant près de 300 MDH sur une seule séance.

Une tendance baissière qui se poursuivra

Pour une autre source de la place, cette tendance baissière se poursuivra suite au montant de l’amende annoncée et en raison de l’incertitude qui entoure les négociations entre le groupe et l’Administration des douanes. « Le groupe a fait un résultat net de 205 MDH en 2022, en hausse de 32% par rapport à l’année d’avant. Quoi qu’il en soit, l’impact de l’amende sera important pour la CMT, même si le montant définitif n’est pas encore acté. Il semble assez probable que le groupe voie son cours baisser sur les prochaines séances boursières », explique notre interlocuteur.

L’autre aspect qui ne rassure pas les investisseurs, c’est bien l’impact que cette amende aura sur la capacité de distribution de la CMT pour ses actionnaires. Le groupe est connu pour être l’une des valeurs affichant un yield parmi les plus alléchants de la cote, régulièrement à plus de 6%. « C’est l’un des rendements de la cote les plus intéressants et bien que l’issue du litige ne soit pas encore écrite, cela affectera très probablement la politique de rémunération du groupe. Reste à voir dans quelle mesure », explique notre source.

D’ailleurs, lorsque gle groupe avait annoncé son dividende 2022 de 66 dirhams, contre 88 dirhams une année auparavant, le marché avait sanctionné la valeur.

https://medias24.com/2023/11/13/la-cmt-sexplique-au-sujet-dune-saisie-conservatoire-au-benefice-des-douanes-et-loffice-des-changes/