Airbus affiche ses ambitions au Maroc

Airbus souhaite renforcer sa présence au Maroc dont le secteur aérien présente « plein d’opportunités », a indiqué le mardi 17 juin le vice-président exécutif international du groupe, Wouter Van Wersch, cité par la MAP.

« Nous avons une présence de longue date au Maroc. Le Royaume est un partenaire très proche d’Airbus », a déclaré Wouter Van Wersch à la presse, à l’issue d’une réunion avec les membres de la délégation d’officiels représentant le Maroc à la 55e édition du Salon international de l’aéronautique et de l’espace du Bourget, qui se tient en banlieue parisienne (16-22 juin).

Qualifiant d’ »excellentes » les discussions avec les membres de la délégation marocaine, le responsable d’Airbus a relevé une volonté commune des deux parties de voir se renforcer davantage la présence du groupe et sa collaboration avec le Maroc où le constructeur européen compte près 2.000 employés depuis la récente acquisition de l’usine de Casablanca de Spirit AeroSystems.

Reçue au sein du stand Airbus au Salon du Bourget, la délégation marocaine était composée notamment du ministre du Transport et de la logistique, Abdessamad Kayouh, du ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, du ministre délégué chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques, Karim Zidane, et du directeur général de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), Ali Seddiki.

Ryad Mezzour a rappelé, dans une déclaration similaire, les accords stratégiques liant le Maroc à Airbus, un des leaders mondiaux de l’aéronautique. « Nous travaillons ensemble sur les perspectives d’avenir de la plateforme marocaine« .

« Airbus vient d’acheter l’usine Spirit qui fait des fuselages d’avions, notamment de l’A220 au niveau de Nouaceur », a-t-il précisé, relevant que les deux parties œuvrent pour réaliser l’ambition de mettre en place « un assemblage final d’avions au Maroc ».

Cité par le journal français Le Point, Ryad Mezzour a confirmé qu’une commande d’avions par Royal Air Maroc est bien en cours d’étude, notamment pour des Airbus A220, un moyen-courrier qui correspond au réseau européen de la RAM.

De son côté, Karim Zidane a souligné que la rencontre avec les responsables d’Airbus intervient à point nommé alors que le Maroc se prépare à organiser de grands événements.

En effet, la compagnie nationale Royal Air Maroc (RAM) est en train de renforcer sa flotte d’avions de 50 à 200 appareils à l’horizon 2037. Le ministre délégué chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques a souligné que, pour « ce grand marché » qui suscite d’ores et déjà l’intérêt des leaders mondiaux de l’aéronautique, le gouvernement marocain insiste sur « un partenariat gagnant-gagnant ».

« Airbus est consciente de cet enjeu. Nous souhaitons qu’une partie de l’investissement du groupe dans l’aérien soit au Maroc pour le transfert de l’expertise et du savoir-faire », a-t-il ajouté, se félicitant de la disposition d’Airbus à investir davantage au Maroc.

Abondant dans le même sens, Abdessamad Kayouh a évoqué une réunion « très fructueuse » avec les responsables d’Airbus, notamment dans la perspective du renforcement de la flotte de la RAM. Le ministre du Transport et de la logistique a mis l’accent sur l’importance des nouvelles technologies pour « répondre aux besoins, surtout avec le nouveau hub de Casablanca qui sera un vrai hub international et de l’Afrique ».

Pour sa part, le directeur général de l’AMDIE a mis en avant les atouts du Maroc qui, « grâce à ses forces vives, son capital humain de qualité, ses infrastructures de classe mondiale et une stratégie industrielle qui se déploie sur l’ensemble des secteurs, est à même de sécuriser le groupe européen et de l’accompagner dans sa forte montée de production ».

24 Dreamliner, 50 Boeing 737 et une vingtaine d’Airbus A220

Médias24 avait préalablement révélé que Royal Air Maroc était sur le point de conclure une importante commande d’avions auprès de Boeing, accompagnée d’un accord avec Airbus, dans le cadre de son ambitieux plan d’expansion.

Citant des sources proches du dossier, l’agence Bloomberg avait détaillé la répartition de la commande : environ 24 Boeing 787 Dreamliner pour les liaisons long-courrier, jusqu’à 50 Boeing 737 pour le réseau court-courrier, ainsi qu’une vingtaine d’Airbus A220 destinés aux dessertes régionales.

Selon les mêmes sources citées par Bloomberg, une annonce officielle concernant la commande Airbus « pourrait intervenir à l’occasion du Salon du Bourget », actuellement en cours.

Quant à la finalisation de l’accord avec Boeing, « elle pourrait dépendre d’une rencontre ultérieure entre le Roi Mohammed VI et le président américain Donald Trump », toujours selon Bloomberg.

Dans le cadre de l’appel d’offres international lancé en avril 2024, la compagnie nationale prévoit d’acquérir entre 188 et 200 appareils à l’horizon 2037. Au moins trois constructeurs devraient être retenus parmi les quatre actuellement en lice : Boeing, Airbus, Embraer et ATR.

Cette stratégie de diversification vise à réduire la dépendance historique vis-à-vis de Boeing, à accélérer les délais de livraison et à créer des synergies opérationnelles sur le long terme.

Bien qu’Airbus ne fasse plus partie de la flotte actuelle de RAM, des modèles comme l’A320 et l’A350 sont désormais sérieusement envisagés pour les segments moyen-courrier et long-courrier. Selon nos sources, les négociations avec l’avionneur européen sont jugées « avancées ».

Un contrat phare avec Boeing

Le Salon du Bourget 2025 a démarré le 16 juin et se poursuit jusqu’au 22 juin. Si l’annonce officielle prédite par les sources de Bloomberg se fait attendre, le Maroc a déjà marqué des points avec un contrat d’envergure, estime Le Point. Un accord de partenariat a en effet été signé en marge du Salon entre Boeing et Casablanca Aéronautique, filiale du groupe français Figeac Aero, pour la production de pièces de structure usinées destinées au programme 737 MAX.

Cet engagement s’inscrit dans la continuité du protocole d’accord signé en 2016 entre le constructeur aéronautique américain et les autorités marocaines et marque sa volonté de renforcer la base industrielle marocaine et d’ancrer durablement ses chaînes d’approvisionnement dans le Royaume.

« 150 entreprises aéronautiques ont au moins une usine au Maroc », rappelle Ryad Mezzour, cité par le journal français, « ce qui génère 26.000 emplois à temps plein principalement autour de Casablanca, de Tanger, de Rabat et de Fès. Le chiffre d’affaires annuel est de 2,5 milliards d’euros réalisés dans la production de fuselages, d’éléments de structure, d’aménagements intérieurs, de câblages, etc. ».

« Nous allons élargir notre offre à l’aménagement de cabines et à la fabrication de trains d’atterrissage, et pensons pouvoir proposer d’ici à dix ans une ligne d’assemblage finale d’avions commerciaux« , indique le ministre, qui prévoit un doublement du chiffre d’affaires du secteur d’ici à 2030.

Flotte, nouvelles lignes, low cost… Addou, le PDG de la RAM, se confie à CNN

Lors de cette interview, Abdelhamid Addou a commencé par faire ressortir les points forts de Royal Air Maroc sur l’échiquier international et la rude concurrence que connaît le secteur.

« Les compagnies aériennes du CCG (Golfe, NDLR) sont beaucoup plus orientées vers l’Asie. Nous sommes beaucoup plus forts au sud et au nord, entre l’Afrique et l’Europe ». Mais M. Addou profite de son passage sur la célèbre chaîne américaine pour souligner l’inique concurrence des compagnies low cost.

Low cost et qualité de service

« Là où il est difficile pour nous de rivaliser, c’est face aux compagnies low-cost. Nous avons plus de 40 concurrents dans notre pays et nous avons donc dû créer un nouveau modèle et un nouveau marché, et c’est pourquoi nous réussissons aujourd’hui. Je pense que nous réussissons grâce à cette vision et aux équipes qui ont déployé beaucoup d’efforts pour développer ce nouveau marché », explique le PDG de la RAM.

Nous sommes beaucoup plus forts au sud et au nord, entre l’Afrique et l’Europe.

Mais encore, comment rivaliser avec Wizz Air, EasyJet et Ryanair, qui disposent de ressources européennes aussi phénoménales ?, relance Richard Quest, le journaliste de CNN.

« Tout d’abord, nous développons un marché différent, celui de l’Afrique, plutôt que de nous limiter au simple transport point à point. Et même sur ce marché, notre produit est différent. Nous ne sommes pas une compagnie low cost. Dès que vous franchissez une étape, dès que vous franchissez une première étape dans une ligne comme la nôtre, vous ressentez l’atmosphère du pays, sa culture, et vous vivez une expérience différente, et c’est important pour nous », se félicite M. Addou.

« Notre produit est différent, complètement différent. Nos équipes de service sont différentes. Et c’est ce qui fait la différence », poursuit-il.

Les passagers seraient-ils prêts à payer plus cher pour une meilleure expérience qu’une compagnie low cost ? La réponse M. Addou est sans détour. « Je pense que oui. Je pense qu’il y a un marché pour tous. Je pense que, pour revivre la première expérience du pays, la compagnie aérienne est le meilleur moyen de commencer un bon voyage », réplique-t-il.

Ambitions d’avenir

Quant aux perspectives d’avenir, Abdelhamid Addou affirme que la compagnie qu’il dirige a de grandes ambitions. « L’Ouest. Beaucoup plus. Donc le Sud, le Nord, puis le Sud-Ouest. L’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, c’est là que nous pouvons apporter une réelle valeur ajoutée : rassembler les diasporas, faire voyager un Sénégalais qui vit et travaille à Los Angeles, de Dakar à Los Angeles, ou un Italien de Milan. Oui, de Milan à Rio en passant par Casablanca », répond M. Addou.

Lorsque vous transportez quelqu’un en Dreamliner de New York à Casablanca, puis de Casablanca à Lagos en 737, l’expérience peut être complexe.

« C’est là que réside notre valeur ajoutée. Nous sommes géographiquement au centre et nous pouvons capitaliser sur cette diaspora pour la transporter, en plus du tourisme, bien sûr », ajoute le patron de la RAM. Et au journaliste de CNN d’en profiter pour parler des moyens financiers que la RAM devrait mobiliser pour ces ambitions.

« Lorsque vous transportez quelqu’un en Dreamliner de New York à Casablanca, puis de Casablanca à Lagos en 737, l’expérience peut être complexe. Nous allons commencer à moderniser nos 737 pour les équiper de sièges Business totalement allongés (Full flat seats), ce qui nous permettra de maintenir la même expérience sur les vols long-courriers et court-courriers », explique M. Addou. Mais cela se passera sans remettre en question la qualité du service.

Lors de cet entretien, le PDG de la RAM n’a pas caché sa frustration face aux délais de livraison des appareils par les principaux constructeurs, qui ne sont pas légion.

« Bien sûr. Quand on a des retards de livraison de 15 à 18 mois, on est frustré. Mais nous sommes tous confrontés au même problème. J’ai le sentiment que les choses évoluent dans la bonne direction. Oui, nous venons de recevoir trois MAX cette semaine. Nous devrions en recevoir sept autres d’ici à la fin décembre. Donc, d’après mes informations, la situation s’améliore, le rythme de production s’accélère, ce qui est bon signe », rassure, pourtant, Abdelhamid Addou.

https://medias24.com/2025/04/24/les-negociations-pour-lacquisition-de-200-avions-par-ram-avancent-bien/

Aéronautique. Chaque avion dans le ciel comporte des équipements fabriqués au Maroc

En 2024, les exportations aéronautiques ont atteint 26,4 MMDH, enregistrant une progression de 14,9% par rapport à 2023, où elles s’élevaient à 23 MMDH. Cette croissance est largement tirée par le segment de l’assemblage qui a enregistré une augmentation notable de 23,6%, atteignant 17,2 MMDH.

L’analyse des données de l’Office des changes relatives aux exportations du secteur aéronautique met en évidence une dynamique haussière soutenue. En une décennie, ces exportations sont passées de 7,7 MMDH en 2014 à 26,4 MMDH en 2024, enregistrant une progression remarquable de 242,9%.

Source : Office des changes

L’année 2025 débute sur la même lancée. Dès le mois de janvier, les exportations aéronautiques se chiffrent à 2,2 MMDH, enregistrant une croissance de 14,2% en glissement annuel par rapport à janvier 2024. Cette progression est à nouveau stimulée par l’assemblage, qui a connu une hausse de 16,2%, atteignant 1,4 MMDH, et par le Electrical Wiring Interconnection System (EWIS), en augmentation de 11,2%.

L’accélération de l’activité est le fruit des investissements soutenus des principaux acteurs du secteur, ainsi que d’une diversification progressive des segments de production. La maintenance aéronautique (MRO), la fabrication de sous-ensembles et l’assemblage de composants de haute précision constituent des segments stratégiques qui attirent de plus en plus de donneurs d’ordre internationaux.

Croissance, sous-traitance locale et innovation au cœur des priorités

Dans ce cadre, Médias24 s’est entretenu avec Adil Jalali, président du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS) et de l’Institut des métiers de l’aéronautique (IMA).

Ainsi, concernant la situation du secteur et sa performance, notre interlocuteur estime qu’il est naturel d’anticiper que l’année 2025 dépassera les performances enregistrées en 2024, où les exportations aéronautiques avaient déjà enregistré une importante hausse.

« Tous les indicateurs sont bien au vert, 2025 sera probablement une belle année marquée par une croissance qui reposera avant tout sur une demande mondiale en constante croissance confirmée par les chiffres et commandes annoncés par les avionneurs, et donc entraînant une activité soutenue pour tous les fournisseurs, dont nos industriels marocains », explique-t-il.

2025 sera probablement une belle année marquée par une croissance qui reposera avant tout sur une demande mondiale en constante croissance

Adil Jalali indique par ailleurs qu’il faut profiter de ce tournant pour promouvoir et développer la sous-traitance locale. En encourageant la création d’entreprises marocaines fournissant des pièces et des services aux grands assembleurs, mais aussi en visant les niches dans lesquelles le Maroc possède des avantages comparatifs.

« Cela nous permettra de dynamiser notre industrie tout en renforçant notre compétitivité. J’insiste : la formation et le développement du capital humain sont essentiels. La mise en place des programmes de formation spécialisés pour accompagner les besoins croissants du secteur aéronautique et préparer des compétences qualifiées pour soutenir cette transformation. En outre, un fort soutien à la recherche et au développement (R&D) est nécessaire pour favoriser l’innovation et permettre la création de produits à plus forte valeur ajoutée, augmentant ainsi l’intégration locale ».

La compétitivité et la montée en gamme à l’épreuve de multiples défis

Comme toute industrie, l’aéronautique fait face à de multiples défis dans un monde en constante évolution. Le principal défi est l’impact de l’inflation des coûts de production (énergie, main-d’œuvre) sur la compétitivité du secteur aéronautique marocain.

« Le Maroc est un acteur compétitif sur le plan international, mais il est à préciser que sa véritable force réside avant tout dans la création de valeur. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les coûts, nous avons opté pour une approche industrielle axée sur l’intégration de la chaîne d’approvisionnement et, avant tout, l’investissement dans le capital humain. La formation et le développement des compétences sont au cœur de notre stratégie, car ce sont eux qui nous permettent d’évoluer vers des activités à plus forte valeur ajoutée. La création de l’IMA (Institut des métiers de l’aéronautique) en 2011 a été notre première réponse à ce propos », souligne le président du GIMAS.Le Maroc n’est plus une simple base de production, il se transforme en un hub technologique et industriel majeur« Nous sommes confrontés à des défis, notamment la hausse des coûts de production liée à l’énergie et aux ressources humaines. Cependant, il est clair que le Maroc a su anticiper et s’adapter. En optant pour les énergies renouvelables, telles que le solaire et l’éolien, nous réduisons notre recours aux énergies fossiles tout en assurant une énergie compétitive pour nos industriels. De même, malgré l’évolution des salaires, notre capital humain demeure un atout majeur : bien formé, qualifié et constamment aligné avec les exigences des grands donneurs d’ordres internationaux. La distinction ne réside pas uniquement dans notre compétitivité, mais également dans notre aptitude à envisager l’avenir. Le Maroc n’est plus simplement une base de production ; il se transforme en un véritable hub technologique et industriel majeur, préparé à affronter les enjeux d’une industrie en pleine mutation ».

Par ailleurs, la montée en gamme repose principalement sur la formation. Selon Adil Jalali, grâce à cet engagement, le Maroc est aujourd’hui en mesure de produire des pièces de haute technicité pour les moteurs, les composites et les systèmes électriques. « Chaque avion qui vole dans le monde intègre des équipements fabriqués au Maroc, une preuve tangible de notre expertise et de notre intégration dans l’industrie aéronautique mondiale. L’objectif est d’aller plus loin. Nous disposons des outils nécessaires pour accéder à de nouveaux marchés et développer de nouvelles filières industrielles ».

Le développement des activités de maintenance, de réparation et d’ingénierie constitue un levier majeur pour renforcer l’attractivité du pays et offrir des opportunités à forte valeur ajoutée. « Nous assistons en parallèle à l’amorçage par le Maroc d’une diversification stratégique vers des domaines de souveraineté comme le spatial et la défense, ce qui affirme ainsi notre ambition d’évoluer vers une industrie de pointe », conclut notre interlocuteur.

L’extension d’un parking avions de l’aéroport Rabat-Salé confiée à VIAS

Le choix de l’Office national des aéroports (ONDA) s’est porté sur la société VIAS pour mener les travaux d’extension d’un parking avions à l’aéroport de Rabat-Salé.

VIAS, avec 46,5 MDH, a fait l’offre « la plus avantageuse », lit-on dans le procès-verbal d’attribution de ce marché pour lequel avaient également soumissionné d’autres gros calibres du secteur des BTP comme GTR et G.C.R.

La durée des travaux a été fixée à 4 mois.

150 avions de RAM. En difficulté, Boeing perd-il du terrain face à Airbus ?

Les résultats de l’appel d’offres lancé en avril dernier par RAM sont attendus pour la fin de l’année. La compagnie nationale doit choisir son ou ses fournisseur(s) pour les 150 appareils qu’elle compte ajouter à sa flotte pour atteindre les 200 nécessaires à son plan de développement. 

Les objectifs portés pour 2037 sont ambitieux et visent à permettre à la compagnie nationale de changer de dimension, notamment au regard des importantes échéances qui arrivent, à leur tête la Coupe du monde et les ambitions pour le secteur touristique. Aussi, l’enjeu est de taille pour le Royaume.

Les regards se tournent désormais vers la compagnie nationale et le choix qu’elle fera. Dans ce contexte, le buzz autour d’une éventuelle commande auprès d’Airbus s’intensifie, d’autant que les relations Maroc-France sont au beau fixe et qu’une visite du président Emmanuel Macron est en préparation pour fin octobre.

Est-ce suffisant pour conclure que le marché ira à Airbus ? Certainement pas ! Néanmoins, les difficultés traversées par l’avionneur américain, elles, justifieraient largement que le Maroc regarde avec plus d’attention ce que pourrait apporter le constructeur français.

Outre la commande des 150 avions, RAM a déjà passé commande d’une dizaine d’appareils auprès de Boeing, dont deux sont attendus par la compagnie nationale avec impatience.

Ces deux avions permettront d’opérer deux nouvelles lignes que RAM entend lancer fin 2024 et début 2025. Des lignes déjà commercialisées, comme nous l’avait précisé une source sûre.

À ce jour, Boeing n’a toujours pas fixé de date précise de livraison, selon nos sources. Ce qui est fort embêtant pour RAM qui doit certainement chercher des solutions pour pallier ce problème, car une livraison en novembre ou en décembre serait trop tardive par rapport aux deux échéances de lancement de nouvelles lignes (Sao Paulo et Pékin). 

Au-delà du problème opérationnel que le retard de livraison pose à RAM, c’est la fiabilité de Boeing qui est aujourd’hui en question. Le constructeur américain est-il en capacité d’honorer ses engagements ? Le Maroc peut-il risquer l’avenir de son plan de développement aérien en misant tout sur ce partenaire historique ?

En l’état actuel des choses, cela semble difficile. Car Boeing traverse une zone de fortes turbulences. Les retards de livraison ne concernent pas seulement le Maroc, mais aussi d’autres partenaires.

Vendredi 11 octobre, l’opérateur américain a fait une sortie médiatique qui ne rassure pas sur le court terme. Il annonce le report supplémentaire des livraisons de son nouveau gros porteur 777X et l’arrêt de la production du 767 cargo en 2027. D’après un communiqué accompagnant le message de son directeur général, Robert Kelly Ortberg, la première livraison du 777-9 devrait intervenir en 2026 (au lieu de 2025) et celle du 777-8 en 2028. Ils devaient initialement entrer en service en 2020. 

Il annonce également la suppression de milliers d’emplois, environ 10% de l’effectif total estimé à 170.000 employés.

Entre les grèves, les retards dans les programmes de développement, les problèmes de qualité, etc. Boeing peut-il être un partenaire fiable ?

Selon nos sources, les difficultés que traverse Boeing et son incapacité à fixer une date de livraison pour des échéances proches ont fait mauvaise impression auprès des décideurs marocains.  

Aussi, le contexte ouvre particulièrement la porte à Airbus…

Royal Air Maroc va recourir aux pilotes étrangers en attendant les futures promotions nationales (source autorisée)

« En attendant que la première promotion d’étudiants civils de l’École royale de l’air (ERA) de Marrakech termine sa formation de pilote de ligne à Marrakech, la compagnie nationale va commencer à recruter des pilotes européens confirmés », nous explique une source autorisée, corroborant une information donnée en primeur par le site d’information Le Desk.

Notre source détaille cette opération d’embauche, qui s’inscrit dans la restructuration de la compagnie Royal Air Maroc.

« Cinquante pilotes étrangers seront recrutés en CDD »

Pour pallier les besoins immédiats du transporteur public, qui devrait acquérir une dizaine d’aéronefs au cours de l’année 2024, une cinquantaine de pilotes étrangers originaires d’Europe seront recrutés progressivement dans le cadre d’un contrat à durée déterminée (CDD), limité à une année et renouvelable pour un an si nécessaire.

Une précaution contractuelle qui permettra d’assurer l’activité croissante de la flotte de la RAM, avant la sortie de la première promotion de pilotes formés à l’ERA, qui prêteront serment avec leurs camarades militaires lors de la prochaine fête du Trône, le 30 juillet 2024.

« À partir de 2026, l’ERA formera 100 pilotes marocains par an pour la RAM »

« À la fin de l’été 2024, une première promotion de quinze pilotes marocains rejoindra le personnel de navigation de la RAM. Puis une vingtaine de pilotes seront recrutés en 2025, avant d’atteindre en 2026 une centaine de pilotes formés annuellement », déclare notre source.

Elle juge « nécessaire » ce programme de recrutement, afin d’être en mesure d’accompagner le développement de la flotte de la compagnie, qui passera de 50 avions actuellement à 200 en 2037.

En attendant d’accueillir les futures promotions de pilotes marocains formés à Marrakech, le recrutement de 50 pilotes européens vient d’être lancé. Plusieurs étapes vont jalonner le processus qui durera quelques mois, et jusqu’à une année.

« À terme, Royal Air Maroc n’aura que des pilotes nationaux »

Au fur et à mesure des livraisons des 150 nouveaux avions qui démarreront à partir de 2024 et s’achèveront à l’horizon 2037, cette campagne de recrutement international permettra de couvrir temporairement les besoins croissants de la RAM pour renforcer sa flotte.

« Après quoi, la compagnie nationale disposera de ses propres promotions de pilotes formés au Maroc », conclut notre source. À terme, le personnel navigant de la compagnie sera donc entièrement composé de Marocains.

Abdelhamid Addou annonce la relance de RAM Academy

Lors de son intervention, Abdelhamid Addou a annoncé la relance de la RAM Academy, le centre de formation de pilotes fermé en 2014. L’objectif est de « renforcer les ressources humaines et les compétences de la RAM ». Ce centre offrira dans un premier temps des formations en interne aux 3.500 employés de la RAM, avant de développer cette offre et de l’étendre. L’académie proposera des apprentissages sur deux volets :

– technique : ingénierie, mécanique, etc. 

– managérial : formations en finance, management, ressources humaines.

La relance du centre de formation accompagnera également l’ambitieuse stratégie de la compagnie nationale que le PDG a rappelée et détaillée lors de l’échange. L’objectif de la RAM entre 2023 et 2037 est de quadrupler la flotte, d’étendre le réseau à plus de 40 destinations et de se transformer en transporteur global.

Lors de son intervention à la Fondation Universitaire Links, le président-directeur général de la RAM a également révélé de nouveaux éléments de cette stratégie de développement à l’horizon 2037. Ainsi, afin d’accompagner le renforcement de l’offre sur le réseau actuel, la RAM prévoit, en partenariat avec l’Office national des aéroports (ONDA), de travailler sur l’amélioration du terminal 3 de l’aéroport de Casablanca et la création d’une nouvelle piste à l’aéroport de Casablanca. 

Il a également mis en évidence la nécessité de connecter l’aéroport de Casablanca à la ligne à grande vitesse (LGV). Un projet qui sera lancé en partenariat avec l’ONCF.  L’objectif est d’ »augmenter la capacité d’accueil de l’aéroport et de permettre un meilleur traitement des arrivées nationales et internationales », souligne Abdelhamid Addou.

Questionné sur la stratégie de financement de ce projet d’extension du réseau actuel, le PDG de la RAM a brièvement expliqué que le financement se fera à travers les moyens propres de l’entreprise, mais aussi grâce à des actionnaires comme le Fonds Hassan II.

Une augmentation du capital de l’entreprise est également prévue. Celle-ci permettra principalement de lever la dette, assure-t-il. La marge et les résultats seront par ailleurs réinvestis dans le financement de l’extension de l’offre de la compagnie aérienne.

Rappelons les grandes lignes de la feuille de route de la RAM à l’horizon 2037 :

– quadrupler la flotte de 50 à 200 avions ;

– tripler le nombre de sièges de 13 millions à près de 39 millions ; 

– passer de 7 à 32 millions de passagers ;

– assurer un meilleur remplissage, à hauteur de 82% ;

– étendre le réseau actuel à plus de 40 destinations pour en atteindre 143 ;

– un chiffre d’affaire prévisionnel qui avoisine les 95 milliards de dirhams.

 

Aéronefs militaires : MedZ crée Maintenance Aeronautics Assets

Selon les informations recueillies par Médias24, MedZ, la filiale de la Caisse de dépôt et de gestion spécialisée dans l’aménagement et la gestion de parcs d’activités dans les secteurs de l’industrie et l’offshoring, a procédé fin mai dernier à la création de Maintenance Aeronautics Assets. Cette société est chargée d’acquérir le terrain devant accueillir le centre de maintenance, de réparation, de révision et de mise à niveau d’avions et d’hélicoptères militaires à Benslimane.

Maintenance Aeronautics Assets est dotée d’un capital de départ de 19,226 millions de dirhams. Elle compte parmi les membres de son conseil d’administration Mohssine Semmar, président du directoire de MedZ, Hind Halim, membre du directoire de MedZ, Chakir Bouatia, directeur du pôle Développement et partenariat, Saïd Saydy, directeur du pôle Opérations, ainsi que MedZ en tant que personne morale.

Selon nos informations, le terrain en question, situé dans la commune de Benslimane, non loin de l’aéroport de la ville, s’étalera sur une superficie de 80.000 mètres carrés. « Sur ces 80.000 m², 15.000 seront couverts et accueilleront le centre de maintenance », confie une source sûre, qui ajoute néanmoins que le projet en est toujours au « stade d’études et qu’en raison de sa sensibilité, tous les détails n’ont pas encore été conclus« .

En avril 2022, le Maroc, représenté par le ministre délégué chargé de l’Administration de la défense nationale, Abdellatif Loudiyi, avait signé un partenariat stratégique avec le groupe aérospatial belge Blueberry pour la mise en oeuvre de la joint-venture Maintenance Aero Maroc, la structure chargée de piloter ce projet.

Un partenariat stratégique et inédit pour le Royaume

Le partenariat comprend la construction d’un centre de maintenance, de réparation, de révision et de mise à niveau (MRO&U) ultramoderne de 15.000 m² pour les avions et hélicoptères militaires à l’aéroport de Benslimane et soutient la création de 300 emplois. Maintenance Aero Maroc (MAM) sera l’opérateur de la nouvelle installation, offrant un avantage industriel au groupe belge grâce à des opportunités de maintien en puissance continues sur les plateformes Lockheed Martin.

Le groupe Blueberry est présent au Maroc depuis 2012 à travers sa filiale Sabca Maroc. Cette dernière a annoncé en 2022 un investissement de plus de 180 millions de dirhams marocains (17 millions d’euros) dans la construction d’une nouvelle usine de 16.000 m² qui abritera la chaîne d’assemblage d’aérostructures Pilatus, Airbus et Dassault, dans la région de Nouaceur.

Elle a également participé, en coopération avec l’armée de l’air marocaine, à la modernisation de leurs avions Dassault Mirage F1 et Alphajet. Ce projet représente un développement supplémentaire du groupe Blueberry au Royaume du Maroc, dont les premières activités de maintenance à Benslimane doivent démarrer cette année sur le Lockheed Martin C-130.