Lors de cette interview, Abdelhamid Addou a commencé par faire ressortir les points forts de Royal Air Maroc sur l’échiquier international et la rude concurrence que connaît le secteur.

« Les compagnies aériennes du CCG (Golfe, NDLR) sont beaucoup plus orientées vers l’Asie. Nous sommes beaucoup plus forts au sud et au nord, entre l’Afrique et l’Europe ». Mais M. Addou profite de son passage sur la célèbre chaîne américaine pour souligner l’inique concurrence des compagnies low cost.

Low cost et qualité de service

« Là où il est difficile pour nous de rivaliser, c’est face aux compagnies low-cost. Nous avons plus de 40 concurrents dans notre pays et nous avons donc dû créer un nouveau modèle et un nouveau marché, et c’est pourquoi nous réussissons aujourd’hui. Je pense que nous réussissons grâce à cette vision et aux équipes qui ont déployé beaucoup d’efforts pour développer ce nouveau marché », explique le PDG de la RAM.

Nous sommes beaucoup plus forts au sud et au nord, entre l’Afrique et l’Europe.

Mais encore, comment rivaliser avec Wizz Air, EasyJet et Ryanair, qui disposent de ressources européennes aussi phénoménales ?, relance Richard Quest, le journaliste de CNN.

« Tout d’abord, nous développons un marché différent, celui de l’Afrique, plutôt que de nous limiter au simple transport point à point. Et même sur ce marché, notre produit est différent. Nous ne sommes pas une compagnie low cost. Dès que vous franchissez une étape, dès que vous franchissez une première étape dans une ligne comme la nôtre, vous ressentez l’atmosphère du pays, sa culture, et vous vivez une expérience différente, et c’est important pour nous », se félicite M. Addou.

« Notre produit est différent, complètement différent. Nos équipes de service sont différentes. Et c’est ce qui fait la différence », poursuit-il.

Les passagers seraient-ils prêts à payer plus cher pour une meilleure expérience qu’une compagnie low cost ? La réponse M. Addou est sans détour. « Je pense que oui. Je pense qu’il y a un marché pour tous. Je pense que, pour revivre la première expérience du pays, la compagnie aérienne est le meilleur moyen de commencer un bon voyage », réplique-t-il.

Ambitions d’avenir

Quant aux perspectives d’avenir, Abdelhamid Addou affirme que la compagnie qu’il dirige a de grandes ambitions. « L’Ouest. Beaucoup plus. Donc le Sud, le Nord, puis le Sud-Ouest. L’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, c’est là que nous pouvons apporter une réelle valeur ajoutée : rassembler les diasporas, faire voyager un Sénégalais qui vit et travaille à Los Angeles, de Dakar à Los Angeles, ou un Italien de Milan. Oui, de Milan à Rio en passant par Casablanca », répond M. Addou.

Lorsque vous transportez quelqu’un en Dreamliner de New York à Casablanca, puis de Casablanca à Lagos en 737, l’expérience peut être complexe.

« C’est là que réside notre valeur ajoutée. Nous sommes géographiquement au centre et nous pouvons capitaliser sur cette diaspora pour la transporter, en plus du tourisme, bien sûr », ajoute le patron de la RAM. Et au journaliste de CNN d’en profiter pour parler des moyens financiers que la RAM devrait mobiliser pour ces ambitions.

« Lorsque vous transportez quelqu’un en Dreamliner de New York à Casablanca, puis de Casablanca à Lagos en 737, l’expérience peut être complexe. Nous allons commencer à moderniser nos 737 pour les équiper de sièges Business totalement allongés (Full flat seats), ce qui nous permettra de maintenir la même expérience sur les vols long-courriers et court-courriers », explique M. Addou. Mais cela se passera sans remettre en question la qualité du service.

Lors de cet entretien, le PDG de la RAM n’a pas caché sa frustration face aux délais de livraison des appareils par les principaux constructeurs, qui ne sont pas légion.

« Bien sûr. Quand on a des retards de livraison de 15 à 18 mois, on est frustré. Mais nous sommes tous confrontés au même problème. J’ai le sentiment que les choses évoluent dans la bonne direction. Oui, nous venons de recevoir trois MAX cette semaine. Nous devrions en recevoir sept autres d’ici à la fin décembre. Donc, d’après mes informations, la situation s’améliore, le rythme de production s’accélère, ce qui est bon signe », rassure, pourtant, Abdelhamid Addou.

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