Aïd al-Adha : le lundi 9 juin férié pour l’ensemble des salariés des banques

Dans un communiqué diffusé ce mardi 3 juin, le GPBM précise que chaque banque se chargera d’informer individuellement ses collaborateurs ainsi que sa clientèle de cette fermeture exceptionnelle.

Afin d’assurer la continuité des services et de répondre aux besoins des citoyens durant cette période, le groupement souligne que les banques prendront toutes les dispositions nécessaires sur l’ensemble du territoire national. Il s’agira notamment d’assurer l’approvisionnement en quantités suffisantes de billets de banque pour permettre l’alimentation continue des guichets automatiques de banque (GAB).

De plus, une attention particulière sera portée à la continuité du bon fonctionnement de ces guichets, avec la mobilisation des ressources humaines et techniques appropriées pour pallier tout éventuel dysfonctionnement technique.

Le département du chef du gouvernement fut le premier à décréter le lundi 9 juin jour férié et de manière exceptionnelle pour les administrations de l’État et les collectivités territoriales.

La CGEM a elle aussi appelé ses membres à suivre l’exemple du secteur public et à déclarer férié le lundi 9 juin.

Épargne Enfant. Ce qu’il faut savoir avant de choisir un placement (1)

Il y a un moment que tous les parents redoutent un peu. Ce jour où leur enfant leur dira : « Je pars étudier ailleurs », « J’ai trouvé un logement », ou tout simplement « J’ai besoin d’un coup de main ». Ce moment-là arrive plus vite qu’on ne le pense. Et lorsqu’il se présente, une question revient : qu’avons-nous prévu pour l’aider à démarrer ?

Au Maroc, l’épargne pour les enfants existe, mais reste souvent informelle. Billets offerts à l’occasion de l’Aïd, économies « au cas où »… Des gestes généreux, mais dispersés. Et face à l’inflation, ces montants perdent vite de leur valeur. Ce qui pourrait financer une année d’université aujourd’hui ne suffira peut-être pas demain.

Alors épargner pour son enfant, ce n’est pas seulement mettre de l’argent de côté. C’est mettre en place une stratégie claire, réfléchie, adaptée à ses besoins et à son avenir.

C’est dans cet esprit que Le Boursier de Médias24 vous propose, à partir de ce jeudi 24 avril 2025, et dans les semaines à venir, une série d’articles pour explorer les solutions d’épargne dédiées aux enfants. À travers des décryptages d’offres bancaires et d’assurances, cette série vous donnera toutes les clés pour comparer, comprendre et faire les bons choix, selon votre budget, vos objectifs et l’âge de votre enfant.

Les options disponibles au Maroc

Les banques et les compagnies d’assurance proposent des solutions différentes, chacune avec sa propre logique.

Les banques mettent en avant des produits simples, accessibles et faciles à comprendre. Le plus connu reste le compte sur carnet.

C’est un compte d’épargne rémunéré, dont le taux est fixé deux fois par an par Bank Al-Maghrib. Les parents peuvent y déposer de l’argent à leur rythme. Les fonds restent disponibles à tout moment, sans pénalité en cas de retrait. Ce type de compte convient à ceux qui souhaitent garder leur épargne à portée de main, tout en générant un revenu modeste.

Certaines familles préfèrent immobiliser l’épargne pendant une période définie. Elles peuvent alors se tourner vers un compte à terme.

Ce produit permet de bloquer une somme pour une durée précise, généralement entre six mois et trois ans. En échange, l’établissement propose un taux d’intérêt souvent un peu plus élevé. En revanche, l’argent n’est pas accessible librement, et un retrait anticipé peut réduire le rendement obtenu.

Il existe également des plans d’épargne jeunesse proposés par certaines banques. Ces formules permettent de verser des montants réguliers en vue de constituer un capital à moyen ou long terme.

En plus de ces produits standards, certaines banques proposent des formules spécifiques dénommées épargne éducation. Ce type de solution permet aux parents d’épargner de manière programmée dans le but de constituer un capital destiné à couvrir, le moment venu, des dépenses importantes liées aux études ou à l’entrée dans la vie active. Il peut s’agir des frais de scolarité, d’un logement étudiant, de matériel informatique ou encore d’un besoin de mobilité.

Le fonctionnement est généralement souple. Les parents choisissent le rythme des versements en fonction de leurs capacités financières. Le montant versé n’a pas besoin d’être élevé dès le départ. Ce qui compte, c’est la régularité et la durée. L’épargne se construit progressivement, dans un cadre qui encourage la discipline tout en restant adaptable. Les conditions de sortie, les bonus éventuels ou les taux bonifiés varient d’une banque à l’autre.

Les compagnies d’assurance proposent des solutions d’épargne à caractère éducatif, principalement à travers des contrats dits plans d’épargne éducation. Il s’agit de contrats d’assurance-vie orientés vers la constitution progressive d’un capital, avec une échéance définie à l’avance, généralement calée sur les besoins futurs de l’enfant (entrée dans le supérieur, départ à l’étranger, projet personnel ou professionnel).

Le souscripteur, qui est souvent un parent ou un proche, effectue des versements périodiques, le plus souvent à fréquence mensuelle ou trimestrielle. Ces versements peuvent être fixes ou modulables selon les capacités du foyer. Les sommes versées sont ensuite investies par l’assureur sur des supports financiers définis par le contrat, allant du fonds en dirhams à capital garanti à des supports en unités de compte pour un rendement potentiellement plus élevé, mais exposé à plus de volatilité.

Le rendement servi dépend de la nature du support choisi, de l’horizon d’investissement et de la stratégie retenue. Certains contrats permettent d’opter pour une gestion dite profilée (prudente, équilibrée, dynamique), tandis que d’autres laissent une marge de décision plus large au souscripteur.

À l’échéance, le capital peut être perçu en une seule fois, sous forme de versement unique, ou bien converti en rente périodique, permettant par exemple de couvrir plusieurs années de frais de scolarité. Certains contrats intègrent également des options de transfert partiel avant terme ou de modulation des versements en cours de vie du contrat.

Choisir le bon placement : quels critères prendre en compte ?

Le choix d’un produit d’épargne dépend avant tout de la situation de la famille et de ce qu’elle souhaite construire pour l’enfant. Il n’y a pas de solution universelle, mais plusieurs critères doivent être pris en compte pour faire un choix cohérent et adapté.

Le premier critère est l’horizon de placement. Plus l’enfant est jeune, plus la durée d’épargne est longue. Cela permet d’envisager des produits programmés sur dix ou quinze ans, avec un effort régulier qui bénéficie pleinement des effets de la capitalisation. À l’inverse, lorsque l’enfant approche de l’adolescence, le besoin se rapproche, et l’épargne doit devenir plus disponible, plus prudente. La durée restante influe directement sur le type de produit à privilégier.

Le deuxième critère est l’objectif poursuivi. Financer des études supérieures, un logement, un séjour à l’étranger ou un projet entrepreneurial ne requiert pas les mêmes ressources. Une dépense ponctuelle pourra être couverte par un capital débloqué en une fois, alors qu’un soutien régulier (logement étudiant, frais mensuels) pourra être mieux servi par une sortie en rente. Définir clairement ce à quoi l’épargne est destinée permet d’orienter le choix vers un produit structuré en conséquence.

Le troisième critère concerne le niveau de rendement attendu. Certains produits, notamment en assurance, offrent des options d’investissement plus dynamiques, avec un potentiel de performance plus élevé sur le long terme. D’autres, comme les comptes sur carnet, privilégient la sécurité et la liquidité.

La régularité de l’effort constitue un autre élément clé. Épargner de manière mensuelle ou trimestrielle, même avec des montants modestes, permet de construire un capital solide dans le temps. La constance pèse souvent davantage que le montant initial. Cette logique est au cœur de la plupart des plans d’épargne programmés, qu’ils soient bancaires ou assurantiels.

Il ne faut pas non plus négliger certains aspects pratiques qui peuvent influencer le choix du produit. La fiscalité applicable, par exemple, varie selon le type de placement. Les intérêts des comptes sur carnet sont soumis à une retenue à la source, tandis que les contrats d’assurance peuvent bénéficier d’une fiscalité différée, voire allégée après une certaine durée de détention. Il est important de se renseigner sur le traitement fiscal applicable au souscripteur et à l’enfant au moment du retrait.

Enfin, la question des frais ne doit jamais être négligée. Certains produits comportent des frais d’entrée, de gestion ou de sortie, qui peuvent réduire sensiblement le rendement net perçu. Le bon produit est donc celui qui correspond le mieux à l’âge de l’enfant, au projet visé, au niveau d’implication souhaité par les parents et à la capacité à maintenir l’effort d’épargne dans la durée.

Banques cotées. La hausse des revenus de marché s’explique d’abord par l’exposition structurelle aux bons du Trésor

Depuis quelques années, les revenus issus des activités de marché prennent une place croissante dans les résultats des banques cotées à la Bourse de Casablanca. Change, portage obligataire, arbitrages de portefeuille : ces composantes, longtemps marginales, peuvent aujourd’hui représenter jusqu’à un quart du produit net bancaire de certaines institutions.

Cette montée, souvent perçue comme un relais de croissance face à l’érosion des marges d’intérêt, reste pourtant difficile à interpréter. Car si ces revenus peuvent améliorer ponctuellement la performance, ils sont aussi, par nature, plus volatils, sensibles aux conditions de marché et parfois concentrés sur quelques lignes.

Alors que les résultats 2024 confirment cette tendance, une question s’impose : les activités de marché constituent-elles un véritable levier stratégique pour les banques marocaines, ou une dépendance fragile à des gains non récurrents ?

De quoi sont composés les revenus d’activités de marché ?

Derrière l’intitulé « activités de marché » se cache une réalité composite, souvent technique mais loin d’être secondaire. Il s’agit d’abord des revenus issus des opérations de change, qui reflètent à la fois l’activité clientèle et les arbitrages réalisés par les banques sur le marché des devises.

À cela s’ajoutent les gains enregistrés sur les titres de transaction, principalement les bons du Trésor et autres obligations négociées sur le marché secondaire.

Dans certains cas, ces revenus peuvent aussi inclure des plus-values sur la cession de titres de placement ou des reprises de provisions sur actifs financiers revalorisés.

Leur composition exacte varie d’un établissement à l’autre, mais la logique reste la même. Il s’agit de capter une opportunité de marché, de la convertir en gain et de l’intégrer dans la performance annuelle. C’est ce levier que les banques marocaines mobilisent de façon plus visible depuis quelques années.

Un levier de performance… à manier avec prudence

Pour certains professionnels du marché, les activités de marché peuvent bel et bien s’inscrire dans la durée. C’est notamment le cas des opérations de change, jugées plus stables car directement liées aux flux récurrents de la clientèle.

« Les revenus liés aux opérations de change peuvent constituer une source stable et durable pour les banques marocaines, principalement car ces opérations sont directement liées aux besoins réguliers et récurrents des clients », nous explique un directeur général de salle des marchés. Il ajoute que « les risques liés aux opérations de change peuvent être efficacement maîtrisés grâce à une gestion prudente et à une couverture adaptée ».

Les titres de transaction présentent en revanche un profil plus exposé. Dans le système bancaire marocain, les portefeuilles de bons du Trésor valorisés au prix du marché sont largement répandus, notamment parmi les établissements qui jouent le rôle d’intermédiaires en valeurs du Trésor. Cette configuration accroît mécaniquement la sensibilité des résultats aux mouvements de taux.

« Les banques investissent dans les bons du Trésor principalement en raison de leur liquidité élevée, plutôt que par une stratégie délibérée de placement spéculatif  », précise notre interlocuteur. « Toutefois, ces portefeuilles restent sensibles aux fluctuations des taux d’intérêt, générant des plus-values importantes lors des baisses de taux, et des pertes immédiates lorsque les taux remontent ».

Quant à la place croissante des revenus de marché dans le produit net bancaire, elle ne reflète pas toujours une stratégie offensive«  Cette part, notamment liée aux titres de transaction, traduit davantage une exposition structurelle qu’une démarche proactive de placement spéculatif », poursuit ce directeur de salle. Il souligne que cette volatilité implique une gestion rigoureuse. « Elle impose une diversification des sources de revenus pour éviter une dépendance excessive à ces résultats variables ».

Derrière la performance, une lecture plus complexe

Une part importante des revenus de marché dans le produit net bancaire peut d’abord apparaître comme un indicateur d’agilité financière. Elle suggère une capacité à capter les tendances de taux ou à valoriser activement les portefeuilles. Mais une lecture trop immédiate peut aussi occulter certains effets comptables ou mécaniques.

Dans plusieurs cas, les revenus de marché ne sont pas comptabilisés dans leur intégralité comme tels. Une partie des portefeuilles, notamment les titres classés en « held to maturity« , n’apparaît pas dans les résultats de marché, mais est intégrée dans la marge nette d’intérêt. Le traitement comptable peut donc moduler significativement la part affichée dans le PNB, sans modifier l’exposition réelle.

Source : Servel Asset Management

Comment ont évolué ces revenus entre 2020 et 2024 

Entre 2020 et 2024, la part des revenus issus des activités de marché dans le produit net bancaire des banques cotées a connu une progression continue, avec des profils distincts selon les établissements. Certaines banques comme CIH, BCP ou BOA ont vu ce levier s’installer durablement dans la composition de leurs revenus, atteignant des niveaux historiquement élevés. D’autres, comme CFG ou CDM, affichent des trajectoires plus modérées, avec des contributions globalement stables d’une année à l’autre.

Les niveaux atteints en 2024 s’expliquent en partie par la structure même de ces revenus.

Certaines banques concentrent leur performance sur les titres de transaction, en particulier les bons du Trésor valorisés au prix du marché. D’autres privilégient les opérations de change, plus étroitement liées à l’activité clientèle.

Le premier modèle offre parfois des hausses spectaculaires lorsque les conditions de taux sont favorables, mais il reste sensible aux retournements de marché. Le second s’inscrit dans une logique plus régulière, avec des revenus souvent moins volatils.

Ce positionnement reflète des choix propres à chaque groupe, mais aussi des contraintes de taille, de gestion et de profil de risque. En 2024, la diversité des trajectoires souligne que les revenus de marché ne relèvent pas d’un modèle unique, mais bien d’une palette d’approches, intégrées plus ou moins fortement dans les équilibres bancaires.

Qualité de l’accueil dans les agences bancaires : le rappel à l’ordre de Bank Al-Maghrib

Cette initiative répond à une recrudescence des plaintes de la clientèle concernant la qualité de l’accueil et le comportement de certains employés des établissements bancaires, comme l’a souligné le gouverneur de Bank Al-Maghrib, Abdelattif Jouahri, dans un courrier adressé au GPBM.

Ce constat préoccupant a été mis en exergue lors de récentes rencontres organisées par Bank Al-Maghrib avec le Centre de médiation bancaire et différentes fédérations de protection des consommateurs.

Dans ce contexte, BAM a jugé nécessaire d’adopter des mesures concrètes en partenariat avec le GPBM afin d’améliorer l’expérience client dans les agences bancaires, selon les termes de la lettre adressée au GPBM.

La commission mixte BAM-GPBM aura pour mission principale d’analyser en profondeur les pratiques actuelles en matière d’accueil et de service à la clientèle. Elle identifiera les meilleures pratiques, définira des indicateurs de suivi et proposera des solutions concrètes visant à garantir un niveau de service homogène et satisfaisant dans toutes les banques du pays.

En outre, cette commission élaborera une charte interbancaire qui servira de cadre de référence pour adopter les bonnes pratiques minimales et uniformes au sein du secteur bancaire. Cette charte contribuera à renforcer la confiance entre les banques et leurs clients tout en consolidant l’image et la réputation du secteur financier marocain.

Bank Al-Maghrib insiste sur le fait que la qualité de l’accueil en agence est un élément clé de la satisfaction et de la fidélisation des clients. Un service de qualité favorise également l’inclusion financière en incitant davantage de citoyens à utiliser les services bancaires formels.

Hausse du crédit, circulation fiduciaire élevée : les banques sous pression de liquidité

Le déficit de liquidité bancaire continue de se creuser, doucement mais sûrement. 125,5 MMDH en janvier, soit une progression de 2,3% sur un an, selon les derniers indicateurs d’Attijari Global Research (AGR). Une hausse modérée, diront certains. Mais dans un climat de resserrement monétaire qui s’installe, chaque milliard compte.

Et cette tendance semble s’inscrire dans le dur. « Le déficit de liquidité bancaire s’est creusé d’environ 5 MMDH à mi-mars 2025, en comparaison avec la même période de l’année précédente. Il est passé de -134 MMDH à -139,7 milliards », confie une source du marché bancaire. Une glissade mesurée, mais qui s’ajoute à une pression de fond, structurelle, sur la trésorerie des banques.

Pour les banques, ce creusement du déficit signifie une dépendance accrue au refinancement auprès de Bank Al-Maghrib, mais aussi une montée des coûts de financement. Plus le déficit est élevé, plus elles doivent mobiliser des ressources pour compenser, ce qui pèse sur leurs marges et limite leur capacité à octroyer des crédits.

Malgré ces tensions, la Banque centrale « continue d’assurer un approvisionnement fluide des banques, en maintenant ses interventions principales à un niveau stable. La semaine du 7 au 13 mars, l’institution a injecté 66 MMDH via ses avances à 7 jours — un niveau supérieur à la moyenne annuelle de 62 MMDH — tout en maintenant inchangés, pour la huitième semaine consécutive, ses prêts garantis et pensions livrées à long terme, à hauteur de 81,7 MMDH », note AGR.

Une présence rassurante, mais qui ne suffit pas à dissiper l’inquiétude. « Les avances à 7 jours ont fortement augmenté, passant de 46,8 MMDH à 66 MMDH, ce qui reflète un recours accru des banques au financement central, alors même que les pensions livrées ont légèrement reculé, de 52,9 à 47 MMDH », précise une source du marché bancaire.

L’État aussi serre les cordons de la bourse

Cette montée en tension n’a pas été sans contrepoids. Le Trésor, d’ordinaire acteur clé sur le marché monétaire, a revu à la baisse ses placements. « Le déficit de la liquidité a été amorti par les placements du Trésor, dont le montant est passé de 18 MMDH à 7 milliards », souligne une autre source du marché. Autrement dit, l’État a injecté moins de liquidité sur le marché. Cela aurait pu alléger la tension, mais le contexte est plus nuancé.

En réduisant ses placements, le Trésor libère à court terme une partie de la liquidité pour les banques. Mais en parallèle, il augmente son recours à leur financement pour couvrir ses propres besoins. « Cette situation témoigne du besoin permanent des banques à avoir recours aux mécanismes de gestion de la liquidité, dans un environnement où elles sont de plus en plus sollicitées », résume cette même source.

Un répit temporaire… avant un retour des tensions

Pour autant, Bank Al-Maghrib se montre plus nuancée. Dans son dernier communiqué, elle note que le besoin de liquidité des banques s’est atténué en moyenne à 128,7 MMDH durant janvier et février 2025. Une détente, certes, mais qui tient à un phénomène ponctuel : la baisse de la circulation fiduciaire, en lien direct avec l’opération de régularisation fiscale volontaire des personnes physiques.

Moins de billets en circulation, donc plus de dépôts bancaires. Un petit bol d’air pour les banques, mais éphémère. Car Bank Al-Maghrib voit plus loin. Elle anticipe un déficit de liquidité atteignant 143 MMDH d’ici fin 2025, avant de s’aggraver encore à 162 MMDH en 2026

Pour les établissements bancaires, ce type de répit offre un certain soulagement, mais il ne modifie pas la trajectoire de fond. Dès que la monnaie fiduciaire recommence à circuler massivement, la tension sur les réserves reprend, les obligeant à retourner vers la Banque centrale pour assurer leur équilibre.

Des racines profondes, une pression durable

Ce n’est donc pas un accident de parcours, mais le symptôme d’un déséquilibre enraciné. Et plusieurs dynamiques alimentent cette soif grandissante de liquidité.

Une autre source bancaire éclaire le premier levier : « La croissance des crédits bancaires au secteur non financier, qui a atteint 3,3% en janvier 2025. C’est un des éléments qui s’explique par la dynamique dans laquelle s’inscrit le Maroc en termes d’investissement, et les besoins qui en découlent ». Le crédit progresse, l’économie investit, les banques financent… mais leurs ressources ne suivent pas toujours.

Autre poids lourd sur la balance : la préférence persistante pour le cash. Là encore, la source est formelle. « Malgré une hausse des dépôts bancaires, une grande partie de la monnaie en circulation reste hors du système bancaire (+10% en 2024), limitant la liquidité disponible ».

« Ce recours massif aux espèces limite la réintégration de l’épargne dans le circuit bancaire, réduisant d’autant les ressources mobilisables par les banques pour financer l’économie », ajoute-t-elle. Autrement dit, plus de cash dans les poches, moins d’argent à prêter.

Et puis il y a l’État, encore lui, dont les besoins de financement absorbent une part croissante des ressources bancaires. « Le Trésor public mobilise les ressources des banques pour couvrir son déficit, ce qui augmente la concurrence sur la liquidité disponible et alimente le besoin de refinancement des banques auprès de Bank Al-Maghrib », poursuit la même source.

Une dépendance croissante à Bank Al-Maghrib

Au fil des mois, cette tension s’est traduite par une dépendance accrue aux refinancements de la Banque centrale. Après une légère baisse entre décembre 2024 et janvier 2025, les interventions ont rapidement rebondi. « On note une baisse, ce qui a conduit Bank Al-Maghrib à ajuster ses injections de liquidité, qui se sont fixées à une moyenne hebdomadaire de 140,2 MMDH, contre 152 MMDH le mois précédent », explique la source.

Mais cet ajustement a été temporaire. « La baisse de 10 MMDH durant le passage de fin d’année, après l’opération d’amnistie, a rapidement cédé la place aux sorties de la monnaie fiduciaire, et a fait que le montant des interventions de Bank Al-Maghrib a regagné son niveau habituel durant les six derniers mois ». Résultat : la Banque centrale injecte, encore et toujours, pour stabiliser le marché monétaire.

Vers une issue ?

Face à ces tensions, la solution ne peut être que multifactorielle. Le premier levier  est de promouvoir la digitalisation des paiements. « Malgré l’augmentation des dépôts, une part importante de la monnaie créée circule hors du secteur bancaire, contribuant au creusement du déficit de liquidité. Ce qui milite pour le développement et la promotion de la digitalisation des paiements pour rapatrier ces fonds vers les banques », estime notre source.

Un chantier crucial, car stabiliser la liquidité est devenu un impératif. Bank Al-Maghrib tient son rôle, mais l’équilibre est précaire. Sans réforme structurelle, la pression sur la trésorerie des banques va continuer de s’intensifier, et le soutien de la Banque centrale restera vital.

Ce qu’il faut savoir sur le nouveau marché à terme interbancaire (Issam Mghabbar)

Ce mercredi 19 février, un vent de nouveauté souffle sur la finance marocaine. Dans l’effervescence feutrée des salles de marché, un nouveau dispositif voit le jour : le marché à terme interbancaire.

Ce marché ouvre la voie à des échanges directs entre établissements financiers, avec des engagements réciproques qui promettent d’apporter plus de souplesse et de transparence au secteur.

Derrière cette initiative, il ne s’agit pas seulement de lancer un nouvel outil technique. En réalité, ce marché propose deux mécanismes bien distincts : les swaps de change, qui permettent aux banques d’échanger des devises aujourd’hui avec la promesse de les rééchanger plus tard, et les swaps de taux au jour le jour (OIS), basés sur l’indice MONIA (Moroccan Overnight Index Average). L’idée ? Aider les banques à mieux naviguer entre les fluctuations des taux d’intérêt et optimiser leur gestion de trésorerie en devises.

Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Comment ces instruments fonctionnent-ils ? Pour en parler, Issam Mghabbar, directeur de la salle des marchés chez CFG Bank, nous explique ce que ce marché apporte de nouveau aux acteurs financiers.

Le marché à terme interbancaire est un espace où « les banques agissent comme contreparties les unes pour les autres avec des engagements réciproques. Chaque banque doit afficher un prix à destination des autres établissements et s’engager à l’honorer si une autre banque décide de l’exécuter, et inversement. Ainsi, toutes les banques publient des prix, appelés ‘cotations’, avec des spreads ou fourchettes bid-ask (achat-vente) bien définis, ce qui permet de garantir une certaine liquidité sur le marché », explique Issam Mghabbar.

Ce marché à terme ne doit pas être confondu avec le marché au comptant déjà en place. Depuis 2018, la Banque centrale a lancé un marché interbancaire de change où les banques cotent et échangent des prix sur « du dollar contre dirham ».

« Par exemple, si CFG Bank souhaite acheter des dollars contre dirhams, elle peut consulter les prix proposés par une dizaine de banques et choisir le plus avantageux. Elle exécute alors la transaction au meilleur prix, que ce soit pour acheter ou vendre des dollars contre des dirhams, avec un règlement standard de 2 jours ouvrés selon les normes du marché des changes », illustre-t-il. Ce type d’opération se réalise exclusivement entre banques, ce qui caractérise bien le fonctionnement d’un marché au comptant.

Maintenant, Bank Al-Maghrib a lancé un marché à terme, dont la spécificité réside dans le fait que le dénouement des opérations se réalise dans le futur.

« On exécute une opération aujourd’hui, on se met d’accord sur les conditions, et l’opération se dénoue dans le futur. C’est complètement différent des opérations au comptant », précise Issam Mghabbar.

Premier instrument : swap de change

Le premier instrument lancé est un swap de change. « Le swap de change consiste à vendre une devise au comptant tout en l’achetant à terme, ou inversement, » explique-t-il.

Pour le marché marocain, cela se traduit par des opérations entre le dollar et le dirham : « une banque de la place peut, par exemple, vendre des dollars contre des dirhams aujourd’hui et les racheter à terme, ou faire l’inverse ».

Cette mécanique génère une double opération de trésorerie

« En achetant des dollars aujourd’hui contre des dirhams et en les vendant à terme, on fige le cours dès le début, sans aucune incertitude sur le différentiel de cours, appelé ‘points de swap’. Ce différentiel reflète le différentiel de taux d’intérêt entre le dollar et le dirham. (Imaginons, j’achète par exemple à 10 et je vends à 9,98 à terme, le différentiel est de -0,02 ou -200 pips) », décrit Issam Mghabbar.

Ce marché permet aux banques marocaines de sécuriser leurs besoins de trésorerie en dirhams ou en dollars.

« Une banque va utiliser ce type d’opération lorsqu’elle a besoin de trésorerie dans une devise tout en disposant de la contre-valeur dans l’autre devise », souligne-t-il.

Par exemple, une banque ayant besoin d’emprunter des dollars tout en possédant des dirhams pourra acheter des dollars au comptant et les vendre à terme.

Un marché interbancaire pour permettre aux banques de couvrir leurs engagements auprès des entreprises

L’utilité de ce marché va au-delà des seules opérations bancaires. « Les banques ont une clientèle corporate qui réalise des opérations de change à terme pour se couvrir. Si une banque ne souhaite pas garder le risque, elle peut le transférer sur le marché interbancaire », indique Issam Mghabbar.

Ce marché offre également des solutions pour les prêts en devises. « Quand une entreprise privée a besoin de refinancer en devise, la banque peut prêter les devises à son client tout en couvrant son risque sur le marché interbancaire des swaps de change », ajoute-t-il.

« Par exemple, si une entreprise me vend à terme 10 millions de dollars, je peux me tourner vers le marché interbancaire pour couvrir cette opération. Je trouverai alors des banques disposées à réaliser cette transaction avec moi. Ce qui était moins fluide avant le lancement de ce marché « .

Il y a une vraie utilité pour les banques à disposer de ce marché interbancaire, car il répond aux besoins de leurs clients en matière de prêt-emprunt en devise, que ce soit pour le refinancement ou le change à terme.

Deuxième instrument : swaps de taux au jour le jour (OIS) indexés sur le MONIA

Concernant le second instrument, celui des swaps de taux, Issam Mghabbar précise qu’il restera initialement limité aux banques : « Il y a très peu d’entreprises privées qui couvrent le risque de taux. Ce marché servira principalement aux banques pour se protéger contre les fluctuations des taux d’intérêt ».

Ce marché est avant tout destiné à la couverture du risque de taux

« Un swap de taux, c’est emprunter à taux fixe et prêter à taux variable, ou inversement, sur une période déterminée », explique-t-il.

L’objectif est de profiter d’une hausse des taux : « Quand je pense que les taux vont monter, j’emprunte à taux fixe et je prête à taux variable. Ainsi, si les taux augmentent, je génère un gain ». L’inverse est également possible : prêter à taux fixe et emprunter à taux variable, ce qui permet de bénéficier d’une baisse des taux.

L’opération de swap de taux peut engendrer des gains ou des pertes selon l’évolution des taux d’intérêt : « Au même titre que les autres opérations, la banque, quand elle prend une position sur ce type d’instrument, se retrouve soit avec un gain, soit avec une perte. Par exemple, lors d’un swap de change, si les taux d’intérêt dollars baissent après une transaction vendeuse de dollars à terme, la banque peut se retrouver désavantagée« , précise-t-il.

Le swap de taux permet aux banques de couvrir leur exposition au risque de taux. « Par exemple, si j’ai prêté à une entreprise à taux fixe à 4% et que je m’attends à une hausse des taux, je peux faire un swap de taux ‘payeur’. J’emprunte à taux fixe et je prête à taux variable, ce qui me permet de me couvrir contre cette hausse ».

Ce type d’instrument reste peu utilisé par les entreprises marocaines

« En général, les entreprises préfèrent choisir directement entre un emprunt à taux fixe ou à taux variable », note Issam Mghabbar. L’initiative de couverture revient donc principalement aux banques, qui doivent gérer leur risque de taux en interne.

Le marché des swaps de taux pourrait toutefois intéresser les sociétés de gestion, notamment les OPCVM, qui disposent de produits de taux dans leurs portefeuilles.

« Typiquement, une société de gestion peut solliciter une banque pour exécuter une opération de swap de taux. Par exemple, elle peut vouloir recevoir du taux fixe et emprunter à taux variable si elle anticipe une baisse des taux », ajoute-t-il.

Ce marché est indexé sur le taux MONIA (taux au jour le jour), avec un taux qui s’affiche quotidiennement. « Lors d’une opération, même s’il n’y a pas d’échange de nominal à l’initiation, il y a des versements d’intérêts basés sur l’écart de taux sur la période entre le taux fixe et le taux variable qui fluctue selon le MONIA », conclut-il.

Marché boursier : vers un nouveau record en 2025 ?

La Bourse de Casablanca a signé une performance remarquable en 2024, enregistrant une hausse de 22,16% pour son principal indice, le MASI (Moroccan All Shares Index), qui a clôturé l’année à 14.773,19 points. Cette dynamique haussière a été alimentée par plusieurs facteurs : la performance financière des entreprises cotées, un contexte économique porteur et un afflux de capitaux tant locaux qu’internationaux.

Un événement historique a marqué l’année 2024 : le MASI a franchi pour la première fois le seuil des 15.000 points lors de la séance du 19 novembre 2024.

Le MASI 20, qui regroupe les valeurs les plus liquides, a progressé de 20,63%, confirmant l’attractivité des Blue Chips. Toutefois, la véritable surprise est venue des Mid & Small Caps qui ont affiché une croissance spectaculaire de 54,36%. Cette envolée traduit un regain d’intérêt des investisseurs pour ces entreprises et offrent un potentiel de croissance plus important.

L’optimisme qui a marqué la fin de l’année 2024 s’est prolongé dès la première séance de 2025. L’indice MASI a ouvert à 14.962,55 points, franchissant rapidement le seuil symbolique des 15.000 points, avant de clôturer à 15.087 points.

Ce démarrage en fanfare renforce-t-il les perspectives haussières et témoigne-t-il d’un climat de confiance chez les investisseurs ?

 Le marché boursier en 2025 

Le marché boursier marocain devrait afficher une croissance haussière soutenable en 2025. Cette tendance est portée par plusieurs facteurs, notamment le contexte économique et politique ainsi que les performances des entreprises cotées.

L’indice MASI en 2025 pourrait atteindre la barre des 16.000 points. Les réformes économiques en cours, la stabilité macroéconomique et les projets d’envergure, comme la préparation de la Coupe du monde 2030 et de la CAN 2025, devraient continuer à renforcer la confiance des investisseurs.

À cela s’ajoutent des investissements en infrastructures qui soutiennent l’activité des entreprises cotées. « La performance des grandes entreprises, en particulier dans les secteurs de l’immobilier, de la santé et de l’énergie, s’annonce prometteuse », estime Mourad El Faseley, CEO de XCapital.

« L’indice MASI Mid & Small Cap pourrait aussi bénéficier de la montée en puissance des PME cotées, à l’image de la tendance observée en 2024. Des entreprises comme CTM, Jet Contractors et HPS ont affiché des performances notables. Cette dynamique devrait se poursuivre en 2025, notamment dans les secteurs porteurs comme la construction et le transport ».

Immobilier et santé en tête, les télécoms à la traîne

L’immobilier a été le moteur du marché en 2024, avec une hausse de 222,35% sur un an. Ce rallye s’explique par plusieurs facteurs : une demande soutenue en logements, des réformes publiques facilitant l’accès à la propriété, et la reprise des grands projets d’aménagement.

Parmi les valeurs phares du secteur, Douja Prom Addoha s’est distinguée avec une progression impressionnante de 174,26%, ce qui joue un rôle clé dans cette dynamique haussière.

Le secteur de la santé, en hausse de 112,1%, a également connu une année exceptionnelle. L’essor des infrastructures médicales, la modernisation des établissements de soins et la croissance des services privés ont soutenu les performances des entreprises du secteur. En 2025, cette dynamique devrait se maintenir, portée par une augmentation des investissements dans les hôpitaux et les services de santé privés.

L’énergie renouvelable continue de susciter un fort intérêt. Avec des projets gouvernementaux ambitieux et une volonté accrue de diversifier le mix énergétique, ce secteur devrait connaître une expansion durable dans les années à venir. Les investisseurs suivent de près l’évolution de ce marché, qui offre un potentiel de croissance significatif.

« À l’inverse, le secteur des télécommunications, qui a connu une année difficile, pourrait voir l’adoption de la 5G comme une opportunité pour inverser la tendance, à condition que les investissements dans l’infrastructure numérique portent leurs fruits », précise notre interlocuteur.

« Le secteur minier affiche un potentiel intéressant à long terme, illustré par des acquisitions stratégiques comme celle du projet Karita par Managem [en Guinée, ndlr]. Cependant, la volatilité des prix des matières premières reste un défi majeur, pesant sur certaines entreprises du secteur », ajoute-t-il.

« Certaines petites entreprises cotées, comme AFMA, ont subi des pressions, en témoigne la baisse récente de -1,91. En 2024, les investisseurs ont privilégié les grandes capitalisations, mais plusieurs Mid & Small Caps se sont distinguées et ont démontré un potentiel de croissance intéressant ».

« En 2025, la tendance pourrait évoluer vers une diversification accrue des portefeuilles, avec un intérêt grandissant pour les secteurs émergents comme les technologies et la construction. Les Mid & Small Caps devraient capter davantage d’attention, en particulier celles actives dans l’infrastructure et la technologie« , conclut Mourad El Faseley.

Baisse du taux directeur et inflation maîtrisée

Une baisse du taux directeur changerait la donne sur le marché boursier. Avec des crédits moins chers, les entreprises auraient plus de marge pour financer leurs projets, tandis que les investisseurs, en quête de rendements plus attractifs, se tourneraient davantage vers les actions. Résultat : plus de liquidité en Bourse et une dynamique haussière renforcée, notamment sur les valeurs industrielles et immobilières, souvent sensibles aux conditions de financement.

L’impact ne s’arrêterait pas là. Une inflation maîtrisée redonnerait du souffle au pouvoir d’achat des ménages, stimulant la consommation et dopant les secteurs de la distribution, du tourisme et des services. Les Mid & Small Caps, déjà sous le feu des projecteurs en 2024, pourraient attirer davantage d’investisseurs, séduits par leur potentiel de croissance et des valorisations encore intéressantes.

Seul bémol : les banques pourraient voir leurs marges d’intermédiation s’éroder avec des taux plus bas. Pour elles, tout se jouerait sur la capacité à compenser cette baisse par un volume de crédits plus important. Dans ce contexte, la tendance haussière de la Bourse de Casablanca pourrait se prolonger, mais les investisseurs surveilleront de près la politique économique et l’évolution des flux de capitaux.

Attijariwafa bank clôture avec succès une émission obligataire de 1,5 MMDH

Attijariwafa bank a clôturé avec succès une émission obligataire subordonnée d’un montant de 1,5 MMDH. L’opération, lancée le 20 décembre 2024, a enregistré une sursouscription 6,5 fois supérieure au montant initialement prévu.

La demande totale exprimée par les investisseurs s’est élevée à 9,7 MMDH, répartie entre deux tranches distinctes. La Tranche A, caractérisée par un taux fixe, a recueilli 6,1 MMDH de souscriptions. La Tranche B, proposée avec un taux révisable annuellement, a, quant à elle, attiré 3,6 MMDH. Pour chaque tranche, le taux de satisfaction s’est établi à 15,4%, témoignant d’un fort engouement pour cette émission.

Les Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) ont dominé la structure des souscriptions, représentant un total de 6,6 MMDH répartis entre les deux tranches (3,044 MMDH pour la Tranche A et 3,605 MMDH pour la Tranche B).

Les sociétés d’assurances, les organismes de retraite et de prévoyance ont contribué à hauteur de 580 MDH, exclusivement pour la Tranche A. Enfin, d’autres investisseurs institutionnels ont souscrit 2,5 MDH, également pour la Tranche A.

Le montant retenu pour cette opération s’est établi à 944,8 MDH pour la Tranche A et à 555,2 MDH pour la Tranche B, conformément à la méthode d’allocation au prorata.

Ouverture exceptionnelle des guichets bancaires les samedi 28 et dimanche 29 décembre

Le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) annonce que des guichets bancaires seront exceptionnellement ouverts ce week-end, afin de permettre au public, aux particuliers et aux entreprises d’effectuer les opérations bancaires de fin d’année.

La liste des agences bancaires ouvertes sera publié sur le site internet de chaque banque.

Société Générale : étape décisive ce mardi 3 décembre

Comme nous le révélions dans un précédent article, après l’obtention du feu vert de Bank Al-Maghrib pour le rachat de la filiale marocaine de la Société Générale, la suite logique est le closing de l’opération. Un closing que nous avions annoncé pour début décembre. Nous connaissons maintenant la date exacte. Le closing sera signé ce mardi 3 décembre à Casablanca. 

Cette signature actera définitivement l’acquisition de 57,67% du capital de la Société Générale Marocaine de Banques (SGMB) par le groupe Saham.

La priorité de Saham est « de mettre la banque sur les rails », avec pour objectif à court terme de « devenir l’une des meilleures banques de la place en termes de service client ».

https://medias24.com/2024/11/22/deal-sg-saham-apres-lobtention-de-lagrement-de-bank-al-maghrib-closing-imminent-de-loperation/

CMI-NAPS : après la sortie de Jouahri, Rahhou attendu sur un dossier complexe

Au Conseil de la concurrence, on s’apprête à annoncer l’issue de l’instruction du dossier des pratiques anticoncurrentielles sur le marché des terminaux de paiement électronique (TPE).

Le Centre monétique interbancaire (CMI) est au cœur de la procédure. L’opérateur historique est accusé d’abus de positon dominante par son concurrent NAPS, auteur de la saisine.

Pour l’heure, deux éléments sont sûrs : l’enquête a bien confirmé les griefs à l’encontre du CMI. Et, en conséquence, les actionnaires de cette entreprise ont signé des engagements pour remédier aux dysfonctionnements de la concurrence sur le marché national.

Par actionnaires, on vise les neuf banques composant le board de CMI. Et si l’affaire a été ouverte sous l’angle des TPE, différentes sources suggèrent que l’instruction a bifurqué sur le sujet, plus large, de la concurrence dans le secteur bancaire, d’où la complexité du dossier. De sorte qu’à ce stade, on ne sait pas précisément si c’est le CMI ou ses actionnaires (ou les deux) qui sont mis en cause.

Cette piste sera vérifiée à l’aune des engagements signés. Sauf changement de programme, ils seront officiellement dévoilés d’ici la fin de cette semaine ou, au plus tard, fin septembre. En coulisse, on nous annonce des mesures qui vont « révolutionner » un secteur jusque-là vampirisé par la présence excessivement forte du CMI.

En attendant les détails concrets, la première sortie officielle sur l’affaire émane de Bank Al-Maghrib (BAM). Activant ses attributions de régulateur sectoriel, la Banque centrale a émis une circulaire encadrant les frais d’interchange monétique domestique. La décision a été prise par BAM, à la suite des discussions avec le Conseil de la concurrence et en écho au dossier CMI-NAPS.

Au Conseil, ce dossier avait été enclenché par la plainte d’un opérateur (NAPS) qui se disait lésé par les abus de son concurrent (CMI). Par réflexe, on aurait pu s’attendre à l’ouverture d’une procédure contentieuse, avec le régime de sanctions qui en découle. Dans les faits, le régulateur a privilégié l’approche corrective, la finalité étant d’engager les parties à remédier aux dysfonctionnements. D’où de longues négociations avec les banques et BAM, en passant par les acteurs du paiement électronique.

Par la signature des engagements, c’est une phase du dossier qui s’achève. Mais l’affaire n’est pas « terminée ». L’engagement des banques entraîne une procédure à part entière, qui s’étalera dans le temps. Elle concerne le « suivi » des engagements, tâche qui sera assurée par les services d’instruction du Conseil. Un ou plusieurs rapporteurs seront désignés à cet effet.

L’approche corrective n’annule pas des suites potentiellement coercitives. Le non-respect des engagements pourrait impliquer, le cas échéant, l’ouverture d’un dossier contentieux. Déjà scrutées, les banques sont officiellement sous les radars du Conseil de la concurrence.

https://medias24.com/2024/09/25/naps-cmi-voici-les-mesures-prises-par-bank-al-maghrib/

https://medias24.com/2024/09/24/naps-cmi-selon-jouahri-laffaire-est-terminee/

Banques. Des prises de bénéfices qui défient la conjoncture

La publication des rapports annuels de la Banque centrale et ceux de sa Direction de la supervision bancaire fournissent une matière conséquente pour pouvoir évaluer non seulement la performance de l’économie nationale, mais aussi son pendant, le financement bancaire.

Des chiffres décorrélés de la conjoncture économique

On y apprend sans surprise depuis la publication des résultats des principales banques nationales qu’en 2023, la rentabilité des banques marocaines a montré une amélioration notable par rapport à l’année précédente. Le résultat net du secteur s’est établi à 12,7 milliards de DH, en hausse de 20,4%, alors même que le PIB n’a réalisé que 3,5% de croissance. Mieux encore, en 2023, le coût du risque a augmenté tout comme d’ailleurs celui des ressources bancaires.

Comment expliquer cette magnifique embellie, alors que l’économie nationale reprend à peine du poil de la bête après la séquence Covid-19 et l’inflation post-reprise et guerre en Ukraine ?

Globalement, en termes de Produit net bancaire (PNB), mesurant la différence entre les produits et les charges d’exploitation bancaire, les marges d’intérêts se sont appréciées de 3,6% passant de 36,2 MMDH en 2022 à 37,5 MMDH en 2023. En termes relatifs, dans la structure du PNB, cette part s’est rétractée à 67% contre 75% en 2022.

Cette baisse relative de la participation des marges d’intérêt, principal produit des banques, dans la structure du PNB est due aux performances exceptionnelles des marges sur opérations de marché qui ont bondi à 10,4 MMDH en 2023 contre seulement 4 MMDH en 2022. Les marges sur commissions sont, elles, passées de 8,4 à 9 MMDH.

Captation de valeur

Dit simplement, les banques marocaines ont pu dégager une rentabilité plus qu’intéressante à la faveur d’une conjoncture de taux élevés.

Dans le détail, en 2023, les taux débiteurs, c’est-à-dire ceux facturés aux clients, ont connu une augmentation moyenne de près d’un point de pourcentage contre une hausse du coût des ressources, c’est-à-dire essentiellement la rémunération de l’épargne, de seulement 0,5 point de pourcentage.

Selon les chiffres de Bank Al-Maghrib, le taux débiteur moyen est passé de 4,33% en 2022 à 5,26%, soit une augmentation de 93 PdB. Cette hausse est due en partie à l’augmentation des taux des crédits aux particuliers et aux entreprises, conséquence de l’augmentation du taux de la Banque centrale. En contrepartie, le coût moyen des ressources bancaires est passé de 0,98% à 1,42%, soit une augmentation de seulement 44 PdB.

Cette différence relative de 49 PdB permet aux banques d’améliorer leur rentabilité sans produire beaucoup de crédits, puisque, la croissance moyenne de l’octroi du crédit était en 2023 d’à peine 4,8%, contre 6,1% en 2022.

C’est d’ailleurs une des principales caractéristiques du système bancaire marocain : la décorrélation entre le coût des ressources et les taux débiteurs. Le système favorise ainsi une indexation de ces taux sur le taux interbancaire plutôt que sur le coût des ressources et d’exploitation de chaque banque. Ce qui fait que la concurrence ne se joue qu’à la marge, surtout auprès des grands comptes avec de gros montants, tandis que l’essentiel du marché est constitué de TPME et de particuliers.

Des ressources quasi gratuites

Cette « anomalie » permet aux banques de maintenir de larges marges brutes au niveau du crédit, car la plupart de leurs ressources ne viennent ni du marché interbancaire ni des avances et pensions de la Banque centrale.

Elles viennent des dépôts, en grande majorité gratuits, des clients de ces mêmes banques. Ce faisant, les banques appliquent textuellement le fameux adage marocain : « Frire avec sa propre graisse ».

À plus de 70%, les dépôts bancaires à vue – et donc gratuits au Maroc – représentent le principal matelas de liquidité des établissements financiers permettant de donner le crédit. À 820 MMDH en 2023, dont 621 MMDH de dépôts de particuliers, ces dépôts couvrent près de 75% de l’encours bancaire pour la même année (1.111 MMDH). Arrivent en deuxième lieu les comptes sur carnet à 183 MMDH, puis les dépôts à terme à 128 MMDH. Le renchérissement relatif des rémunérations de ces deux derniers segments a fait que le coût de la ressource a légèrement augmenté. Toutefois cette rémunération n’était pas aussi importante que celle des taux débiteurs.

Selon le dernier rapport annuel de la Banque centrale, la hausse des taux créditeurs était « limitée » à 34 PdB pour ceux à 6 mois à 2,45%, et de 31 pb pour ceux à 12 mois à 2,79% à fin 2023.

Le reste des ressources des banques est constitué essentiellement par leurs fonds propres et les dettes contractées auprès de la Banque centrale, à près de 130 MMDH en 2023. Viennent enfin les dettes que les banques contractent entre elles à travers le marché interbancaire, à plus de 32 MMDH.

L’Etat a aussi joué un rôle crucial dans la rentabilité des banques en 2023. Cela s’est fait notamment à travers les systèmes de garanties pouvant atteindre 80%, voire 100% pour les crédits aux entreprises et certaines catégories de particuliers, notamment les segments les plus risqués.

L’État prend en charge le risque…

Divers programmes ont été mis en place pour soutenir les entreprises, notamment comme les programmes de Tamwilcom (ex-Caisse centrale de garantie), réduisant ainsi le risque bancaire associé à ces prêts. Les garanties de l’État aussi bien aux entreprises et particuliers ou à travers la garantie aux Entreprises et établissement publics (EEP) ont permis de maintenir des niveaux de solvabilité et de liquidité confortables pour les banques, contribuant à la stabilité et la rentabilité du secteur.

Selon le communiqué de Tamwilcom, issu de son conseil d’administration tenu en mars (en attendant le rapport annuel), les mécanismes de financement garanti ont enregistré une croissance de +14% par rapport à 2022, alors que la croissance globale du crédit bancaire aux secteurs non financier était à peine de 2,7%. L’augmentation des prêts garantie ont permis un encours de plus de 53 MMDH, selon le communiqué. Or il se trouve que la croissance de l’encours global, tous secteurs confondus, était d’à peine 56 MMDH, selon les chiffres de Bank Al-Maghrib.

Cette croissance était, selon le rapport de la Direction de la supervision bancaire, essentiellement tirée par les prêts aux EEP qui ont crû de plus de 20 MMDH. Ces prêts sont bien évidement sans risques, et bénéficient en outre de la garantie de l’Etat.

Combinés, ces mécanismes de garantie en plus de l’augmentation significative des emprunts aux EEP ont ainsi largement contribué à juguler la hausse du coût du risque et à améliorer le taux d’emploi des ressources.

Ce faisant, l’Etat contribue largement aux bénéfices des banques en dé-risquant les compartiments de crédit les plus risqués, notamment ceux portés par les TPME (91% des engagements de Tamwilcom), tout en offrant des niveaux de rentabilité supplémentaires pour les banques, aussi bien dans le segment des prêts aux EEP qu’aux nouvelles catégories d’entrepreneurs, grâce aux programmes comme Intelaka qui a généré plus de 9 MMDH d’encours supplémentaires au secteur bancaire. Au total, ce sont près de 28 MMDH qui ont été accordés par la Banque centrale pour les divers régimes de soutien aux crédits risqués dans le cadre des programmes de soutien au financement de la TPME, des associations de micro-crédit, des banques participatives, etc.

… et offre de l’activité bien rémunérée

C’est à se demander si la fonction de prise de risque du secteur bancaire au niveau de l’économie nationale n’est pas partiellement prise en charge par l’Etat, au service du maintien du niveau de rentabilité des banques. Ce qui soulève aussi la question du risque dégagé des bilans des banques, mais qui pèse désormais sur Tamwilcom qui a vu ses engagements, selon sa communication financière de 2023 atteindre 119 MMDH, soit quasiment 11% de l’encours du crédit au Maroc.

L’autre source de revenus offerte par l’Etat aux banques, même de manière indirecte, est générée par l’augmentation des besoins de financement du Trésor, prélevée sur le marché. À la faveur de l’augmentation des taux, ainsi que celui du besoin de financement public, les banques ont pu plus que doubler leurs marges sur les opérations de marché. Ainsi, comme cité en début d’article, ce compartiment du produit net bancaire est passé de 4 MMDH à plus de 10 MMDH, réalisant de fait une année historique pour les banques qui se voient largement récompensées pour leur soutien au déficit public.

À cela s’ajoute l’augmentation des divers revenus de commissions prélevées, parfois de manière indue. Ainsi les commissions perçues sur prestations de services ont totalisé près de 10 MMDH, marquant une progression de 7%, en relation avec l’amélioration des revenus issus des commissions sur moyens de paiement de 11,5%, alors même que le nombre d’ouvertures de compte ou la distribution de nouvelles cartes bancaires n’ont augmenté que de 7%, et que les charges générales d’exploitation des banques n’ont augmenté que de 2,6%. Le retard accumulé par l’Etat pour la mise en place d’une digitalisation accélérée du secteur ainsi que l’ouverture de fenêtres concurrentielles significatives dans la dématérialisation des moyens de paiement et le déploiement des solutions de fintechs maintiennent ces niveaux de commissionnement élevés, parfois de manières artificielles et sans valeur ajoutée concrète pour l’économie et les usagers.

Mis bout à bout, ces éléments montrent bien que le secteur s’en sort avec des marges intéressantes sans finalement prendre trop de risques – sa raison même d’exister. Ces chiffres importants pointent, d’une part, la bienveillance de l’Etat vis-à-vis du secteur financier en évitant de le bousculer, notamment par une ouverture à la concurrence et, d’autre part, un glissement du secteur vers une position de rente confortable. Alors que les enjeux économiques du Maroc se complexifient dans un environnement mouvant, la place du secteur bancaire dans le financement compétitif de l’activité économique se pose plus que jamais avec acuité.