Irrigation au goutte-à-goutte : l’ORMVA accélère la reconversion dans la région de Tadla

Le bassin hydraulique d’Oum Er-Rabia, l’un des plus touchés par la pénurie d’eau dans le pays, fait face à un déficit hydrique qui nécessite une gestion plus rationnelle des ressources disponibles. Cela permettrait de pérenniser les filières agricoles à haute valeur ajoutée de la région de Béni Mellal-Khénifra.

C’est pourquoi l’Office régional de mise en valeur agricole du Tadla (ORMVAT) pilote plusieurs projets afin d’adapter les pratiques d’irrigation aux défis climatiques actuels. Une volonté qui s’inscrit dans le cadre du Plan national d’économie d’eau d’irrigation (PNEEI).

Pour commencer, 98.700 hectares sont visés pour la conversion individuelle à l’irrigation au goutte-à-goutte, avec déjà 67.500 hectares réalisés.

En parallèle, la réalisation et l’amélioration des canaux d’irrigation dans les périmètres de petite et moyenne hydrauliques s’étendent sur 1.590 kilomètres, avec l’objectif d’atteindre 1.728 kilomètres en 2030.

En outre, dans le périmètre irrigué de Béni Moussa, la reconversion à l’irrigation au goutte-à-goutte progresse également. 36.179 hectares sont visés pour cette conversion collective, avec des réalisations jusqu’en 2022 de 22.335 hectares, soit 62% de l’objectif.

Ces initiatives font partie du Plan de développement agricole de la région, qui bénéficie d’une superficie agricole utile (SAU) de 960.000 hectares, dont 205.000 hectares en irrigué.

Cette superficie contribue à l’agriculture nationale à hauteur de 28% pour la betterave à sucre et 20% pour les agrumes. D’ailleurs, ces derniers ont enregistré des exportations de 21.000 tonnes en 2024-2025.

En outre, des filières spécifiques comme le sésame (1.500 ha en moyenne), le grenadier (2.000 ha) et la Niora (2.000 ha) sont également présentes dans la région.

La filière de l’olivier, qui s’étend sur 109.482 hectares, contribue à hauteur de 15% à la production nationale, avec une récolte de 81.000 tonnes.

La filière de l’amandier couvre 24.650 hectares et produit 2.300 tonnes, représentant 2,4% de la production nationale.

La filière de la pomme s’étend sur 5.053 hectares et génère une production moyenne de 78.368 tonnes, soit 12% de la production nationale.

La filière de la grenade occupe 2.626 hectares et produit 34.305 tonnes, contribuant ainsi à 50% de la production nationale.

En ce qui concerne les viandes rouges, la production s’élève à 75.000 tonnes de viande, avec un cheptel composé de 170.000 têtes de bovins, 2.400.000 têtes de moutons et 790.000 têtes de caprins. Enfin, la filière du lait produit 150 millions de litres de lait.

Zone industrielle de Bni Ykhlef : création de la joint-venture avec le chinois Holley Global

Encore du concret pour le projet de création d’une zone d’accélération industrielle (ZAI) à Bni Ykhlef, dans la province de Khouribga.

Le 3 mars, le conseil de la région a donné son feu vert aux accords signés antérieurement entre le Maroc et le groupe chinois Holley Global, leader mondial en matière de création et de gestion de zones franches industrielles.

La future zone d’accélération industrielle abritera, selon les accords signés entre les deux parties, des entreprises industrielles spécialisées dans les domaines de l’automobile et des pièces de rechange, de l’électromécanique, des meubles et du textile, des appareils électroménagers, des produits électroniques, des fourrages, ainsi que des produits énergétiques renouvelables.

Avec un investissement de 1,5 milliard de dirhams, elle devra être à l’origine de la création de 15.000 à 20.000 emplois.

Une joint-venture sino-marocaine

Médias24 a eu accès au texte de l’accord portant création d’une joint-venture qui se chargera du pilotage de cette ZAI.

Sa dénomination officielle est « Maroc Huashuo (North Africa) Industrial Park Development« , une société par actions simplifiée détenue à 80% par Strategy HG Navi Capital PTE. LTD., une filiale de Holley Global basée à Singapour, et à 20% par la région de Béni Mellal-Khénifra.

Le capital social de départ est de 500.000 euros.

Le terrain du projet de cette future ZAI est situé dans la collectivité territoriale de Bni Ykhlef, couvrant une superficie d’environ 300 hectares et appartenant aux terres collectives (soulaliyate) d’Ouled Messaoud et d’Ouled Meknassi. S’y ajouteront plus de 7,7 hectares acquis par la région pour 2,4 millions de dirhams.

Si la joint-venture est basée dans la province de Khouribga, ses statuts l’autorisent à ouvrir des succursales, des agences et des bureaux, que ce soit au Maroc ou à l’étranger.

Quant à ses missions, elles se déclinent comme suit :

Pour rappel, le projet de cette ZAI était au centre de la visite, fin février, d’une délégation de la région Béni Mellal-Khénifra en Chine à la rencontre des dirigeants du groupe Holley global.

Des pôles thématiques pour booster le développement de la région de Béni Mellal-Khénifra

La région de Béni Mellal-Khénifra (BMK) mise sur une nouvelle stratégie de développement territorial à travers la création des pôles thématiques régionaux. Ces pôles « constitueront un levier puissant pour fédérer les acteurs économiques, sociaux et institutionnels autour de thématiques clés adaptées aux réalités de la région », apprend-on.

Agriculture durable, industries de transformation, digitalisation, tourisme responsable ou encore inclusion sociale… Chaque pôle est conçu comme « une plateforme d’innovation et d’accélération des projets structurants« . L’objectif est clair : « Éviter la dispersion des efforts, rationaliser les investissements et garantir un impact maximal sur le développement régional ».

L’implication des différents acteurs locaux, qu’ils soient publics, privés ou associatifs, est au cœur de cette stratégie. La démarche se veut « inclusive, évitant les décisions descendantes pour favoriser un processus de concertation et de co-construction« . Cette approche participative vise à ancrer les initiatives dans les réalités locales et à maximiser leur efficacité.

L’ancrage territorial est un élément clé de cette stratégie. Chaque initiative déployée au sein des pôles thématiques « s’appuie sur une analyse approfondie des potentialités et des défis de la région ». Par exemple, dans le secteur de l’agro-industrie, le pôle dédié « permet de structurer une filière compétitive et génératrice d’emplois en capitalisant sur les richesses agricoles locales et en intégrant des approches de transformation à haute valeur ajoutée ».

Le pôle dédié à la digitalisation, quant à lui, « ouvre la voie à une modernisation des services et à une intégration progressive des technologies dans le tissu économique local ». Cette initiative vise à renforcer la compétitivité des entreprises et l’attractivité du territoire.

Au-delà des secteurs économiques, cette approche cherche également à « renforcer la cohésion sociale et l’équité territoriale« . La région BMK fait face à un défi majeur : « La réduction des disparités entre zones urbaines et rurales« . Les pôles thématiques apportent une réponse pragmatique à cette problématique en « structurant des écosystèmes de développement adaptés aux spécificités locales« . Cela permet de « mieux répartir les opportunités et d’assurer une montée en compétences des populations », essentielle pour une croissance inclusive et durable.

Cette nouvelle manière de concevoir l’action publique s’inscrit dans l’ambition nationale d’une régionalisation avancée. Elle démontre que « le succès d’un modèle de gouvernance territoriale ne repose pas uniquement sur la délégation de compétences aux collectivités, mais surtout sur la mise en place de mécanismes de coordination efficaces et sur une vision stratégique partagée ».

Béni Mellal-Khénifra devient ainsi « une référence en matière de structuration territoriale, une région où l’innovation institutionnelle sert une finalité concrète : améliorer le cadre de vie des citoyens et créer un environnement propice à l’investissement et à l’épanouissement des acteurs locaux ».

Le pari porté par le wali de la région « ne se limite pas à une réforme administrative, il s’agit avant tout d’un engagement en faveur d’un développement harmonieux, pragmatique et tourné vers l’avenir ». En mettant en place « des outils adaptés aux réalités locales, en impliquant toutes les parties prenantes et en assurant un suivi rigoureux des actions », cette approche façonne une nouvelle trajectoire pour BMK.

« Elle prouve que lorsqu’une vision politique se conjugue avec une gestion territoriale efficace, le développement régional devient une réalité tangible et porteuse d’espoir ».

Mise en service de 15 centres de santé urbains et ruraux dans la région de Béni Mellal-Khénifra

Il s’agit du Centre de santé urbain de premier niveau de  » Souk Sebt  » et des centres de santé ruraux de deuxième niveau «  Sidi Aissa  » et « Bni Oukil » situés dans la province de Fkih Ben Salah, qui offriront leurs services à environ 67.000 habitants.

Dans la province de Khouribga, ce sont deux centres de santé urbains de premier niveau qui ont été lancés, à savoir les centres « Ibn Abdoun » et « Al Qods » de même que le centre de santé urbain de deuxième niveau « Moulay Youssef ». De plus, les habitants de la province bénéficieront des services des centres de santé urbains de premier niveau « Al Fath » à Oued Zem et « 20 Août » à Bejaâd.

De leurs côtés, les habitants de la province d’Azilal auront accès aux services des centres de santé ruraux de deuxième niveau « Abachkou » et de premier niveau « Ouzoud« , en plus des dispensaires ruraux « Indjarne » et « Tifni« .

Sur un autre volet, le centre de santé de deuxième niveau « El Amria » sis à Béni Mellal et les centres de santé de deuxième niveau de Ouaoumana et de Tighssaline à Khénifra renforceront l’offre de santé au profit des citoyens de la région.

Dans une déclaration à la presse, Kamal Elyansli, directeur régional de la Santé et de la protection sociale a précisé que l’ouverture de ces centres de santé s’inscrit dans le cadre de la mise en oeuvre des hautes instructions royales visant à améliorer l’accès aux soins au profit de l’ensemble des citoyens, soulignant que ces centres, incluant des maisons d’accouchement et dotés de matériel de pointe, ont pour objectif d’offrir un accueil plus humain et personnalisé aux patients à la lumière de l’adoption du dossier médical partagé.

Le lancement de ces établissements s’inscrit, de même, dans le cadre de la politique de proximité adoptée par le ministère de tutelle dans le but de rapprocher les services de santé aux citoyens à travers le programme de réhabilitation de 1.400 centres de santé à l’échelle nationale. Ces centres ambitionnent d’améliorer la qualité des prestations de soins fournis aux citoyennes et citoyens.

Ces centres, réhabilités et équipés par le ministère permettent de renforcer l’offre de soins dans la région de Béni Mellal-Khénifra en répondant aux besoins croissants de la population cible et en rapprochant les services de santé de plus de 655.000 habitants.

Ces infrastructures, qui font partie de la nouvelle génération d’établissements de soins de santé primaires, offriront une gamme diversifiée de services et un panier de soins, contenant des consultations médicales générales, des soins infirmiers, le suivi des maladies chroniques telles que le diabète et l’hypertension artérielle, la santé de la mère et de l’enfant, la santé scolaire, les services de sensibilisation et de l’éducation à la santé.

Il est à noter que le ministère de la Santé et de la protection sociale a mobilisé des équipes médicales spécialisées pour assurer des services médicaux et curatifs de qualité. Ces structures ont été dotées d’un système d’information intégré qui contribuera à améliorer l’orientation des patients et à fournir des soins aux citoyens. Ce système permet également aux patients de recevoir des soins au niveau régional et national.

La cérémonie de lancement de ces centres par visioconférence s’est déroulée au « Centre de santé de Sidi Aissa » à Fkih Ben Salah en présence du wali de la région Béni Mellal-Khénifra, Mohamed Benribag, du gouverneur de la province de Fkih Ben Salah, du président du conseil de la région Béni Mellal-Khénifra, d’élus et de responsables du ministère de tutelle.

(Avec MAP)

Des ambassadeurs et des diplomates européens en visite dans la région de Béni Mellal-Khénifra 

Selon un communiqué de la représentation de l’Union européenne à Rabat, cette visite souligne l’attachement de l’UE envers son partenariat avec le Maroc et son importance pour la région, et témoigne de l’engagement partagé en faveur de la prospérité et du développement économique et social inclusif.

Selon la même source, les membres de la délégation ont ainsi été reçus par le wali de la région Béni Mellal-Khénifra, par le président du conseil régional, par le président du conseil provincial de Béni Mellal et par le président du conseil communal de Béni Mellal.

Patricia Llombart Cussac, ambassadrice de l’Union européenne au Maroc, a déclaré : « Le partenariat entre le Maroc et l’Union européenne repose sur un ensemble de valeurs partagées et une ambition commune : promouvoir une prospérité partagée afin de façonner un développement durable et inclusif. Nous sommes ici à Béni Mellal, avec mes collègues ambassadeurs des États membres de l’Union européenne, pour mieux connaître les opportunités et défis de la région de Béni Mellal-Khénifra et illustrer la contribution de ce partenariat au développement local. L’UE et les autorités marocaines œuvrent conjointement pour le soutien à l’emploi et la prospérité des petites et moyennes entreprises, agissant comme un catalyseur pour la création d’emplois dans la région. Cette visite conjointe UE-États membres et l’engagement des autorités locales ouvrent la voie à des collaborations plus solides dans divers domaines ».

Les membres de la délégation visiteront l’Agropole de Béni Mellal, fruit d’un partenariat public-privé, visant la valorisation de la production agricole de la région et le développement de son attractivité en tant que pôle agro-industriel, le Centre d’interprétation du patrimoine sur le site touristique de Aïn Asserdoune, la Coopérative Sanad, 100% féminine, afin de découvrir les produits du terroir locaux et traditionnels. Les ambassadeurs de l’UE et des États membres accrédités au Maroc auront également un échange convivial avec les représentants de la société civile et la jeunesse de la région.

Cette visite, d’après la même source, vise également à mettre en avant les initiatives conjointes en faveur de l’inclusion économique et sociale des femmes et des jeunes, ainsi que de la participation citoyenne. Elle se déroule dans un esprit « Team Europe », une initiative visant à mobiliser conjointement les ressources de l’UE, de ses États membres et d’institutions financières, notamment la BEI et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), pour renforcer l’impact de leurs actions dans les pays partenaires.

Au programme de ces deux jours, une série de visites de projets de coopération Maroc-UE sera organisée.

Voici par ailleurs la liste des ambassadeurs et diplomates présents lors de cette visite :

Reportage. À Afourer, les agriculteurs accusent le coup, mais ne baissent pas les bras

Afourer baigne dans les rayons d’un soleil brûlant, en ce dimanche 3 février. Mais les morsures du froid glacial qui traverse la cité à flanc de montagne rappellent que l’hiver n’a pas encore dit son dernier mot. Dans ce bassin agricole par excellence, les apparences peuvent être trompeuses.

À première vue, tout semble aller pour le mieux. Située à une vingtaine de kilomètres de Béni Mellal, Afourer est peuplée d’oliviers. Il est d’ailleurs impossible de ne pas en apercevoir un dans son champ de vision. En levant les yeux, ce sont les cimes enneigées du Jbel Ghenim qui attirent notre attention. 

À plus de 2.000 mètres d’altitude, les cimes partiellement enneigées de Jbel Ghenim dominent la plaine d’Afourer.

Sur la plaine, la croissance des céréales va bon train et les vaches laitières ont du foin pour s’alimenter. « Il y a même de l’eau dans le barrage Bin El Ouidane », se réjouit Mohamed, la soixantaine, dont la poignée de main calleuse en dit long sur la dureté de son activité agricole.

Un champ de céréales en pleine croissance.

Mais ce tableau idyllique se dérobe dès que l’on va au-delà des apparences. En réalité, la neige ne recouvre qu’en partie le sommet du Ghenim. Le développement des céréales est inégal d’un champ à l’autre. Et les vaches n’ont plus que la peau sur les os. En outre, le taux de remplissage du barrage Bin El Ouidane, situé à une soixantaine de kilomètres en amont de la plaine d’Afourer, dépasse à peine 5%, soit l’équivalent de 69 millions de mètres cubes.

Célèbre pour ses agrumes, et en particulier ses mandarines, Afourer fait partie des zones agricoles ayant souffert de cinq années consécutives de sécheresse. À tel point que les cultivateurs ont dû revoir leurs attentes à la baisse. Désormais, chaque chute de neige ou épisode pluvieux est perçu comme une véritable bénédiction.

Une parcelle abandonnée transformée en terrain de football.

Au-delà des parcelles agricoles abandonnées, désormais transformées en terrains de football pour les enfants, il suffit de s’approcher des canaux d’irrigation qui longent les exploitations pour mesurer l’ampleur des dégâts. Les algues qui se développaient sur les parois ont cédé la place à une épaisse couche de poussière, symbole de la pénurie d’eau traversée par une ville où l’agriculture est au cœur de l’activité, façonnant non seulement le bâti, mais l’ensemble du mode de vie des habitants.

Un canal d’irrigation où la poussière s’est accumulée, conséquence du manque d’eau.

À l’ombre de grands figuiers, les maisons ne dépassent jamais un étage. Les cadres des portes laissent invariablement entrevoir des poulaillers, des ruches et autres équipements agricoles. Aux alentours, les chiens de garde, les poules et le bétail cohabitent harmonieusement.

Cependant, la sécheresse menace autant ce beau tableau que le patrimoine culturel et les traditions des agriculteurs, dont les exploitations dépendent en grande partie de la pluviométrie. Arbres fruitiers, céréales, légumineuses et betteraves sucrières semblent être sous perfusion, ne devant leur survie qu’aux rares lâchers provenant du barrage Bin El Ouidane, mais aussi, et surtout, à l’eau de la nappe phréatique, déjà en surexploitation.

En matière de durabilité, il reste beaucoup à faire, d’autant plus que les pratiques agricoles sont loin d’être irréprochables et que le passage de témoin entre les générations ne tient plus qu’à un fil. Il y a quelques décennies, l’eau était le dernier des soucis des agriculteurs d’Afourer. Mais ce temps est révolu. Aujourd’hui, elle est leur principale préoccupation. À y regarder de plus près, le destin de la ville a toujours été intimement lié à cette ressource inestimable.

Les eaux du barrage Bin El Ouidane sont insuffisantes

Depuis les années 1950 et le lancement de ses travaux de construction, le barrage Bin El Ouidane, troisième plus grande retenue d’eau du pays par sa capacité de stockage (1,2 milliard de m³), a profondément influencé le paysage agricole de la région. « Plusieurs exploitants à Afourer étaient autrefois installés dans la vallée de Bin El Ouidane. Mais beaucoup d’entre eux ont trouvé refuge sur cette plaine, car la terre y est fertile. Mon père en faisait partie”, nous explique Abdelhak, tout en creusant à la force de ses bras des rigoles pour irriguer ses céréales, entourées de jeunes oliviers.

Sur le papier, le barrage Bin El Ouidane remplit une double fonction : la production d’énergie et l’irrigation. Si aujourd’hui la Station de transfert d’énergie par pompage (STEP) d’Afourer tourne à plein régime, les eaux du barrage sont insuffisantes pour répondre à la fois à la demande en eau potable et à l’irrigation.

Preuve en est, les coupures d’eau courante dans plusieurs communes urbaines et rurales de la province de Béni Mellal, mais aussi les récoltes des cultures phares d’Afourer qui étaient bien loin des espérances. Sans surprise, le prix de l’huile d’olive a atteint encore une fois des sommets. Toutefois, les agriculteurs refusent de s’apitoyer sur leur sort.

« Comme je ne peux pas arrêter mon activité agricole, j’ai planté quelques oliviers et un peu de céréales. J’aurais pu choisir de semer de la betterave, mais il n’y a pas d’eau. D’ailleurs, plusieurs de mes voisins ont misé sur cette culture cette année, mais ils rencontrent des difficultés pour irriguer”, affirme Abdelhak.

À l’occasion de la campagne agricole 2024-2025, le ministère de l’Agriculture ambitionne de redynamiser la filière de la betterave sucrière avec une superficie de 40.000 hectares à l’échelle nationale, soit le double de la campagne précédente. Avec 10.000 hectares, le programme d’assolement de la plaine de Tadla met un accent particulier sur cette culture qui revêt une importance socio-économique indéniable, car elle fournit à la fois du sucre et de l’alimentation pour le bétail. 

« Il y a eu deux lâchers d’eau à partir du barrage Bin El Ouidane depuis le début de la campagne », nous explique Mustapha, qui cultive trois hectares de betteraves sucrières avec son père Mohamed. « Mais c’est insuffisant », déplore-t-il, insistant sur la rigueur nécessaire pour entretenir une culture qui doit être surveillée comme le lait sur le feu. 

En pointant du doigt un champ de betteraves délimité par des oliviers, Mustapha affirme qu’en plus de l’irrigation, « il faut faire très attention aux insectes ravageurs, qui représentent une menace pour les récoltes, du premier au dernier stade de croissance. Et avec cette vague de froid, on craint également le gel qui brûle les plantes ». 

 

Un champ de betterave sucrière.
La betterave sucrière revêt une grande importance socio-économique.

Mais si les temps sont durs pour l’agriculture à Afourer, l’oléiculture cristallise les espoirs et semble avoir de beaux jours devant elle. « Les agrumes consomment énormément d’eau, tout comme la betterave. Seul l’olivier résiste aux conditions climatiques actuelles », assure Abdelhak. « J’ai planté ces arbres il y a un an et demi. Ils entreront en production dans cinq ans », reprend-il, précisant qu’il a opté pour la picholine, une variété française. 

« Certains disent que les variétés espagnoles sont meilleures car elles offrent un plus grand rendement et entrent en production plus tôt. Mais qualitativement, l’huile des variétés françaises reste la meilleure ». Mais aussi résistants soient-ils, les oliviers ne peuvent survivre sans eau sur une longue période. Preuve en est, un verger d’oliviers en déperdition, à quelques centaines de mètres de là.

Des oliviers en déperdition.

Pour éviter une telle mésaventure, « j’irrigue mes oliviers deux fois par mois. En été, à cause de la pénurie d’eau, le verger est irrigué une fois tous les mois dans le meilleur des cas. Même si avec la chaleur, il en faudrait beaucoup plus », indique notre interlocuteur. Abdelhak a envisagé d’installer un système d’irrigation goutte-à-goutte, car il est conscient que l’irrigation de surface n’est pas durable.

Une irrigation par écoulement d’eau en surface.

Si j’avais cette somme, je préférerais l’utiliser pour aider mon fils à émigrer

Mais il n’a pas eu la force d’aller au bout de la procédure nécessaire pour bénéficier des subventions étatiques. Une démarche qu’il juge trop complexe et surtout inadaptée à l’urgence de la situation. Ainsi, il considère qu’il n’a d’autres choix que de pomper l’eau d’un puits dont il est propriétaire. Si dans d’autres régions la situation de Abdelhak serait enviée, il n’en mène pas large pour autant. « Je puise l’eau à 40 mètres. Pour moi, c’est beaucoup, car il y a à peine dix ans, je pompait à 20 mètres de profondeur », se souvient-il. 

« Je n’ai pas les moyens d’auto-financer l’installation d’un système d’irrigation localisé. Il me faudrait près de 60.000 DH. Si j’avais cette somme, je préférerais l’utiliser pour aider mon fils à émigrer car, de toute façon, je ne souhaite pas qu’il perde son temps en faisant ce métier », confie-t-il non sans une pointe d’amertume dans la voix.

Il faut dire qu’au même titre que la disponibilité des ressources hydriques, la succession est l’un des défis à surmonter en vue de la pérennité du secteur agricole. Qui plus est dans la région Béni Mellal-Khénifra, où l’activité a perdu près de 60.000 emplois à cause de la sécheresse.  

La pénurie d’eau est un terreau fertile pour le désintérêt croissant de la nouvelle génération pour l’agriculture, dans une région où l’immigration est considérée comme une échappatoire face à l’incertitude. Depuis plusieurs décennies, de nombreux habitants, principalement de jeunes agriculteurs, émigrent en quête de meilleures opportunités économiques, notamment en Europe et au Moyen-Orient. 

Une fuite en avant qui ne dit pas son nom, alimentée par des conditions climatiques difficiles qui réduisent le champ du possible. « Il y a encore quelques années, les opportunités dans le secteur agricole étaient nombreuses », affirme Hamid, la quarantaine. « Si les récoltes céréalières n’étaient pas bonnes, les agriculteurs avaient d’autres ressources financières comme la vente des olives ou du lait. Mais aujourd’hui, toutes les filières sont sous pression », déplore cet éleveur de vaches laitières, dont le cheptel sert aujourd’hui de variable d’ajustement. 

« Je possède actuellement huit vaches laitières contre dix-huit il y a cinq ans. Je me retrouve dans l’obligation d’en vendre deux par an, car je n’ai plus les moyens de les entretenir en raison de la hausse du prix des céréales fourragères. Je ne pouvais pas continuer à vendre le lait à perte ». 

Je possède actuellement huit vaches laitières contre dix-huit il y a cinq ans. Je me retrouve dans l’obligation d’en vendre deux par an, car je n’ai plus les moyens de les entretenir

Au vu du déficit hydrique dont souffre encore cette année le bassin hydraulique de Oum Er-Rbia, la tendance n’est pas près de s’inverser. « Avant ces années de sécheresse, je produisais jusqu’à 200 balles de foin par hectare. Mais aujourd’hui, j’arrive difficilement à en tirer une soixantaine », déplore Abdelhak. 

Le manque d’eau réduit donc les rendements, ce qui impacte systématiquement les prix de vente du fourrage pour le bétail. Une relation de cause à effet qui ne laisse pas insensibles les agriculteurs d’Afourer et fait appel à une résilience à toute épreuve. « De toute façon, nous n’avons pas d’autres choix », conclut Hamid en commandant une dizaine de balles de foin à Abdelhak. Signe que, malgré les conditions climatiques défavorables, la vie laborieuse des agriculteurs continue, en attendant que l’eau déloge la poussière des canaux d’irrigation de la plaine d’Afourer.

Les bassins d’irrigation, un atout pour l’agriculture à l’épreuve de l’évaporation (infographies)

L’évaporation des eaux s’est intensifiée au cours des dernières décennies sous l’effet de l’augmentation des températures moyennes. Ce ne sont pas uniquement les barrages qui en pâtissent. Les bassins ou bassines d’irrigation, où sont stockées des ressources autrefois protégées dans les nappes phréatiques avant leur extraction, subissent également des pertes significatives dues à ce phénomène naturel.

Si l’évaporation des eaux des barrages est estimée à environ 140 millions de mètres cubes par an, ce chiffre semble dérisoire face à l’ampleur des pertes enregistrées dans les bassins d’irrigation. Ces derniers, majoritairement situés dans des zones plus exposées aux températures élevées et à un important déficit pluviométrique, subissent des niveaux d’évaporation bien plus conséquents.

Selon une récente étude, présentée par Mokhtar Bzioui, expert international en gestion des ressources en eau, lors de la 2e édition des Assises nationales de la régionalisation avancée, environ 950 millions de mètres cubes d’eau s’évaporent chaque année à partir des bassins d’irrigation, dont la majorité sont situés dans la région de Béni Mellal-Khénifra.

Réalisée en collaboration entre l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) et le Massachusetts Institute of Technology (MIT), cette étude met en lumière l’ampleur des pertes hydriques dues à l’évaporation et souligne la nécessité d’adopter des solutions innovantes pour préserver les ressources en eau, particulièrement dans les zones fortement impactées.

 

Capture d’écran extraite du live de la 2ᵉ édition des Assises nationales de la régionalisation avancée.

Plus de 200.000 bassins d’irrigation recensés dans le pays

Il existe deux principaux systèmes pour stocker l’eau en vue de la réutiliser pour irriguer les terres agricoles. Le premier consiste à recueillir l’eau de pluie ruisselant des collines. Dans ce cas, il s’agit d’une retenue collinaire. Le deuxième est appelé retenue de substitution ou bassin.

C’est un réservoir qui est creusé dans le sol puis tapissé d’une bâche en plastique et entouré de digues. L’eau est pompée soit dans les rivières, soit directement dans la nappe phréatique superficielle qui se remplit pendant l’hiver lorsqu’il pleut. Ces réservoirs sont de tailles diverses et peuvent stocker des centaines de mètres cubes d’eau.

Pour un bassin d’irrigation d’un volume de 1.500 m3, « il faut débourser pas moins de 30.000 DH », nous explique un agriculteur. « Il faut d’abord creuser le sol (2.500 DH), puis installer la bâche en plastique (2.500 DH). Mais ce sont l’acquisition du moteur et de la pompe qui représentent les dépenses les plus importantes », précise-t-il.

 

Bassin d’irrigation sous l’effet du soleil

Selon l’étude précitée, 227.042 bassins d’irrigation sont recensés dans le pays, dont plus de la moitié dans la région de Béni Mellal-Khénifra :

– Béni Mellal-Khénifra : 107.245 ; 

– Tanger-Tétouan-Al Hoceima : 55.279 ; 

– Marrakech-Safi : 34.820 ; 

– Rabat-Salé-Kénitra : 7.342 ; 

– Souss-Massa : 7.041 ; 

– Fès-Meknès : 5.701 ;

– Casablanca-Settat : 3.884 ; 

– L’Oriental : 2.464 ; 

– Laâyoune-Sakia El Hamra : 1.219 ; 

– Dakhla-Oued Ed-Dahab : 896 ; 

– Guelmim-Oued Noun : 852 ; 

– Drâa-Tafilalet : 299.

Une méthode qui ne fait pas l’unanimité

« Le recours aux réservoirs de stockage d’eau, qu’ils soient collectifs au niveau des périmètres d’irrigation ou individuels dans les exploitations agricoles, est généralement dicté par de nombreuses considérations”, assure à Médias24 la direction de l’Irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole, relevant du ministère de l’Agriculture.

“Ces réservoirs sont indispensables pour créer des réserves tampon afin de garantir l’adéquation entre l’offre et la demande en eau, pour assurer la décantation des eaux chargées et pour réduire les risques d’approvisionnement en cas de pannes”, explique la même source.

Sauf qu’en période de sécheresse, ces bassins sont alimentés à longueur de journée par les eaux des nappes phréatiques qui ne se renouvellent plus assez pour maintenir un certain équilibre entre l’offre et la demande. D’après les agriculteurs que nous avons sondés, il s’avère que si les bassins sont toujours pleins, c’est parce que les cultures irriguées, à l’instar des maraîchers, nécessitent des rondes d’irrigation, surtout lorsqu’ils sont irrigués grâce au système de goutte-à-goutte.

L’irrigation d’une superficie cultivée ne se fait pas en même temps, mais par ronde. “Nous devons donc puiser dans ces bassins tout au long de la journée pour irriguer l’ensemble de la parcelle”, nous explique l’un d’entre eux.

Or, un bassin, qui n’est pas protégé du soleil et toujours plein, favorise l’évaporation. D’où le fait que cette méthode est loin de faire l’unanimité. « Cette pratique est, en principe, illégale puisqu’elle prive les autres de leur droit à l’eau. De plus, elle aggrave la perte et le gaspillage de cette ressource précieuse à cause de l’évaporation », déplore Mohammed Said Karrouk, climatologue et professeur universitaire.

En effet, d’après l’étude susmentionnée, le volume total perdu en raison de l’évaporation est de l’ordre d’environ 950 millions de m3 (Mm3), soit l’équivalent d’un grand barrage, comme celui d’Ahmed El Hansali :

– Béni Mellal-Khénifra : 608,3 Mm3 ;

– Tanger-Tétouan-Al Hoceima : 88,2 Mm3 ;

– Marrakech-Safi : 144,3 Mm3 ;

– Rabat-Salé-Kénitra : 15,9 Mm3 ;

– Souss-Massa : 21,9 Mm3 ;

– Fès-Meknès : 27,04 Mm3 ;

– Casablanca-Settat : 7,5 Mm3 ;

– L’Oriental : 6,08 Mm3 ;

– Laâyoune-Sakia El Hamra : 11,05 Mm3 ;

– Dakhla-Oued Ed-Dahab : 8,1 Mm3 ;

– Guelmim-Oued Noun : 7,7 Mm3 ;

– Drâa-Tafilalet : 2,6 Mm3.

 

 

Le bassin d’Oum Er-Rabia, exemple des dérives liées aux bassins d’irrigation

Dans les faits, ce n’est pas une surprise que la région de Béni Mellal-Khénifra soit la plus touchée par cette problématique. Plusieurs facteurs y contribuent. Au-delà de la hausse des températures moyennes, il s’agit de la région qui compte le plus de bassins d’irrigation au Maroc car le déficit pluviométrique y est important et le bassin d’Oum Er-Rabia, dont elle relève, n’a jamais connu une sécheresse aussi intense.

Pour preuve, parmi les dix bassins hydrauliques du Royaume, l’Oum Er-Rabia est le seul à avoir enregistré un déficit au cours de l’année hydrologique écoulée. “En 2023-2024, le volume des ressources en eau dans les barrages a enregistré un minimum de 704 millions de m³, contre une moyenne normale de 2,89 milliards de m³”, précise le ministère de l’Équipement et de l’Eau.

 

 

« Le déficit des apports hydriques au niveau des barrages du bassin a enregistré ces dernières années respectivement 38%, 54%, 55%, 77%, 67%, et 74%, par rapport à la moyenne annuelle normale, ce qui a eu un impact négatif sur le taux de remplissage des barrages”, ajoute la même source.

 

 

C’est justement l’absence de dotation agricole à partir des barrages du bassin d’Oum Er-Rabia, notamment les édifices d’Ahmed El Hansali et de Bin El Ouidane, qui pousse les agriculteurs à pomper l’eau des nappes phréatiques, afin d’irriguer des arbres fruitiers (agrumes, grenadiers, oliviers…) et d’autres cultures qui nécessitent un apport en eau important, à l’image de la betterave sucrière ou encore des cultures céréalières.

« Cette pratique explique pourquoi le bassin d’Oum Er-Rabia est asséché, malgré qu’il soit le 2ᵉ plus grand bassin en ressources en eau au Maroc”, regrette le Professeur Mohammed Said Karrouk. « Le volume des eaux souterraines dans le bassin atteint annuellement 528 millions de mètres cubes et souffre d’une surexploitation. Un déficit de 134 millions de mètres cubes par an est enregistré au niveau des nappes phréatiques en l’absence d’équilibre entre le volume d’extraction et l’eau exploitable”, corrobore le ministère de l’Équipement et de l’Eau.

Ainsi, le déficit pluviométrique encourage l’extraction de l’eau à partir des aquifères. Ce qui augmente l’évaporation des ressources de la nappe qui sont stockées dans les bassins d’irrigation, en plein air. Un cercle vicieux dont les solutions pour en sortir ne sont pas légion.

Une couche d’huile en surface

Au niveau des barrages, des solutions pour réduire l’évaporation des eaux ont été mises en place, notamment à travers l’installation de panneaux solaires flottants pour réduire l’évaporation et produire de l’énergie solaire. Cela dit, « Les panneaux solaires n’empêchent pas l’évaporation. Il est possible qu’ils l’augmentent en raison de la chaleur supplémentaire qu’ils génèrent », prévient Mohammed Said Karrouk.

S’agissant des bassins d’irrigation, l’une des solutions proposées est de créer des bassins souterrains pour éviter d’exposer l’eau aux rayons du soleil. Mais pour notre interlocuteur, « au lieu de les stocker dans des bassins souterrains, il serait préférable de les laisser là où elles étaient, dans les nappes phréatiques avant leur pompage ».

« Une méthode qui pourrait être efficace pour les bassins est l’application d’une couche d’huile en surface, mais cette solution n’est pas applicable aux barrages », assure-t-il. Concrètement, l’huile forme une barrière qui empêche les molécules d’eau de s’évaporer directement dans l’air, ce qui pourrait aider à conserver l’eau dans les bassins.

En outre, il est impératif de contrôler l’utilisation de l’eau, notamment dans le secteur agricole. « Nous devons espérer que l’eau revienne du ciel, afin de reconstituer les nappes phréatiques et de remplir les barrages. Mais la surveillance et le contrôle de l’utilisation de l’eau sont essentiels, afin d’éviter de nous retrouver dans la même situation à l’avenir”, espère M. Karrouk.

Toutefois, cela ne sera possible que si la loi permet de telles actions. « Aujourd’hui, l’utilisation de l’eau à des fins agricoles échappe à toute régulation législative. La loi initiale 10/95 intégrait l’agriculture, mais les articles relatifs à son application n’ont jamais été mis en œuvre. Quant à la loi 36/15, elle ignore tout simplement l’agriculture », conclut-il.

185 MDH pour la construction de la Faculté de médecine et de pharmacie de Béni Mellal

Cet appel d’offres vient d’être lancé par l’Agence régionale d’exécution des projets (AREP). Il porte sur les travaux suivants :

L’ouverture des plis est prévue pour le 27 février 2025.

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16,5 MDH pour l’aménagement du site touristique d’Ouzoud

Le coût des travaux est estimé par le maître d’ouvrage à plus de 16,5 millions de DH. L’ouverture des plis est prévue pour le 12 février 2025.

Les travaux à exécuter consistent en ce qui suit :

– Aménagement des circuits du site ;

– Éclairage public ;

– Mobilier urbain ;

– Création d’une fontaine ;

– Création des passerelles de liaison ;

– Construction des toilettes du site ;

– Création d’une aire de jeux pour enfants ;

– Aménagement paysager ;

– Signalisation.

Deux projets de téléphérique à l’étude dans la région Béni Mellal-Khénifra

Dans l’objectif de l’amélioration de l’attractivité touristique de la région Béni Mellal-Khénifra, la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), en collaboration avec la région et les partenaires au niveau local, a lancé un appel d’offres pour la réalisation d’une étude de faisabilité visant à mettre en place deux modes de transport touristique par câble.

Le premier reliera le site de la cascade d’Ouzoud au site qui accueillera le futur projet Dinoparc, tandis que le deuxième reliera le parc Aïn Asserdoun au sommet Tassemit, offrant une vue panoramique sur la ville de Béni Mellal et la plaine de Tadla.

 

Les cascades d’Ouzoud.

Selon les documents relatifs à cet appel d’offres, l’étude vise à définir l’opportunité de développer ces modes de transport touristique par câble pour chacun des deux sites, d’analyser en détail leur faisabilité technique et financière, de réaliser les études conceptuelles, ainsi que de mesurer leur impact touristique, social et environnemental.

L’estimation financière est fixée à 1,2 million de DH pour un délai global d’exécution fixé à 75 jours.

La construction du barrage d’Aguelmous coûtera 54 MDH

L’Agence régionale d’exécution des projets (AREP) de Beni Mellal-Khénifra, agissant en maître d’ouvrage pour le compte du ministère de l’Intérieur, a tranché au sujet du marché de construction du barrage d’Aguelmous.

La construction de ce barrage a été confiée au groupement constitué par les sociétés Fils Services et Smatri (Société marocaine de réalisation des travaux et d’ingénierie). La première est une SARL casablancaise alors que la deuxième est également une SARL ayant ses quartiers généraux à Errachidia.

Le coût des travaux a été fixé à 54,3 millions de DH.

Céréales et oliviers, principaux bénéficiaires des dernières pluies

Les dernières pluies survenues les samedi 12 et dimanche 13 octobre dans plusieurs régions du Royaume insufflent un vent d’optimisme dans le secteur agricole du pays. De nombreuses filières dont les céréales d’automne et l’arboriculture vont en bénéficier. Ces précipitations sont essentielles pour revitaliser le sol et favoriser la croissance des plantes, ce qui renforce les espoirs des agriculteurs en vue de la prochaine campagne.

Si la répartition géographique exacte de ces pluies dans une même province n’est pas précisée, la Direction générale de la météorologie (DGM) fait tout de même état de précipitations cumulées ayant avoisiné les 26 mm dans certaines zones agricoles du pays.

C’est le cas notamment de la province d’El Jadida. À Fès, le cumul des pluies a atteint 18 mm, tandis que 14 mm ont été relevés dans la province de Marrakech.

Selon nos interlocuteurs, « ces pluies se sont manifestées tôt par rapport à la précédente campagne », notamment dans la région de Fès-Meknès. Contacté par Médias24, Mostapha Mrhari, chef de division des filières de production agricole à la Direction régionale de l’agriculture (DRA) de Fès-Meknès, souligne que ces précipitations sont extrêmement bénéfiques pour les cultures.

Une bonne nouvelle pour la campagne céréalière, sachant que la région de Fès-Meknès représente environ 37% de la production nationale, soit l’équivalent de 12,4 millions de quintaux lors de la campagne précédente, à partir d’une superficie emblavée de 578.720 hectares. Les récentes pluies auront donc un impact positif, car elles permettront aux agriculteurs de « labourer leurs champs et de préparer un lit de semences », explique Mostapha Mrhari.

Ce dernier souligne également les effets bénéfiques des précipitations sur les arbres fruitiers, notamment l’olivier. La superficie totale des oliveraies dans la région de Fès-Meknès est de 389.000 hectares, dont seulement 50.214 hectares en irrigué. Il est donc évident que les pluies sont essentielles. D’autant que, jusqu’à présent, les conditions climatiques n’étaient pas optimales.

Dès lors, les dernières précipitations « permettront d’augmenter le taux d’huile dans les olives et de compenser la perte de rendement », affirme notre interlocuteur. En outre, les arbres fruitiers entrant en dormance, comme les amandiers, qui s’étendent sur environ 60.000 hectares dans la région, seront également positivement impactés. Bien que certains arbres ralentissent leur activité à cette période de l’année, l’eau demeure cruciale pour leur santé à long terme.

Elle permet de stocker l’humidité dans les racines, les aidant ainsi à rester hydratés. De plus, un sol humide protège les racines du gel, réduisant les risques de dommages. Enfin, les précipitations automnales préparent le sol pour le printemps, lorsque les arbres auront besoin d’eau pour soutenir leur nouvelle croissance.

Plus au sud, dans la province de Marrakech, les précipitations seront tout aussi bénéfiques pour l’arboriculture et en vue de l’établissement des cultures céréalières. En revanche, on ne peut pas en dire autant pour les zones agricoles de la province de Béni Mellal, car les précipitations enregistrées demeurent insuffisantes pour avoir une incidence réelle sur les cultures.

« Jusqu’à présent, il n’y a eu que 5 à 6 mm de cumul pluviométrique », déplore la DRA de Béni Mellal-Khénifra. Toutefois, des averses orageuses de 30 à 60 mm sont annoncées par la DGM dans plusieurs provinces, dont Azilal et Béni Mellal.

Si ces prévisions se concrétisent, la préparation du sol pour le semis des céréales (500.000 ha) sera facilitée. « Les cultures sucrières (13.500 ha), dont la betterave, en bénéficieront également, au même titre que l’arboriculture », espère la DRA de Béni Mellal-Khénifra. Une région où les arbres fruitiers tiennent une place importante, notamment les agrumes (18.900 ha) et les oliviers (102.000 ha).