Cannabis licite : une délégation ghanéenne s’enquiert de l’expérience marocaine

Selon nos informations, les échanges avec ladite délégation ont porté sur le cadre réglementaire, les protocoles de suivi et de contrôle et les mécanismes de valorisation du cannabis.

La délégation s’est particulièrement intéressée à la structuration de la chaîne de valeur et à la sécurisation des relations commerciales entre les agriculteurs et les opérateurs.

« L’ANRAC a programmé en faveur de cette délégation une série de visites techniques au sein de l’Agence marocaine des médicaments et produits de santé (AMMPS) ainsi que dans plusieurs unités industrielles et pharmaceutiques », indiquent nos sources.

« Ces visites ont pour objectif de permettre aux représentants ghanéens de découvrir les procédures d’enregistrement des produits et les normes rigoureuses de transformation et de fabrication de produits de cannabis en vigueur dans le Royaume », nous explique-t-on.

La visite de la délégation au Maroc s’achèvera par des rencontres sur le terrain avec des agriculteurs, des coopératives locales de production et des opérateurs.

Cannabis : les préparatifs de la quatrième campagne à un stade avancé, dans l’attente de conditions climatiques plus clémentes

Il s’agit de la quatrième année depuis le lancement du cadre légal du cannabis. Après trois années concluantes en termes de récoltes, les agriculteurs des trois provinces où la récolte du cannabis est autorisée au Maroc préparent la nouvelle campagne pour l’année 2026.

Les préparatifs de la nouvelle campagne ont débuté en décembre

Selon nos informations, l’Agence nationale de réglementation des activités liées au cannabis (ANRAC) s’y est pris à l’avance cette année. Les réunions habituelles de préparation de la nouvelle campagne ont été tenues dès le mois de décembre 2025.

Elles ont eu lieu notamment avec les agriculteurs autorisés par l’ANRAC, dans les provinces de Taounate, Al Hoceima et Chefchaouen, et ont permis de discuter des nouveaux dispositifs à adopter et des modalités de mise en œuvre de la campagne.

Un échéancier précis pour le dépôt des autorisations et les opérations de récolte

L’ANRAC a, à l’occasion, transmis aux agriculteurs un échéancier précis fixant les différents délais, notamment pour le dépôt des demandes d’autorisation auprès de l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), ainsi que pour les opérations de récolte.

La date limite de dépôt des dossiers concernant la variété locale « Beldya » a été fixée au 20 décembre 2025, tandis que celle relative aux variétés importées a été arrêtée au 20 février.

Cette anticipation vise à mieux encadrer le déroulement de la campagne. L’objectif est de garantir toutes les dispositions nécessaires à la réussite de cette quatrième campagne, tout en rappelant aux investisseurs et aux agriculteurs l’importance du respect du cadre réglementaire régissant le secteur.

Rappelons-le, pour la Beldya, les semis démarrent généralement en début d’année, vers le mois de février. En ce qui concerne la variété importée, les semis démarrent habituellement vers le mois de juillet ou août.

Le démarrage de la campagne en attente de conditions climatiques plus clémentes

Selon nos informations, les conditions climatiques défavorables ont légèrement retardé le démarrage effectif de la campagne. Mais malgré cela, les cultures de la Beldya devraient bientôt commencer.

En effet, des précipitations importantes se poursuivent depuis plusieurs semaines, notamment dans le nord du pays. Des chutes de neige ont également frappé plusieurs provinces dans cette zone, notamment Al Hoceima et Chefchaouen.

Les agriculteurs ont d’ores et déjà déposé leurs demandes d’autorisation auprès de l’ONSSA pour l’utilisation de la variété locale, en attendant une amélioration des conditions climatiques permettant le lancement des travaux agricoles.

Les protocoles conjoints entre l’ANRAC et l’ONSSA sont également instruits. Il ne reste donc plus qu’à attendre des conditions climatiques plus favorables pour entamer les opérations de semis.

En principe, les opérations de culture de la Beldya devraient débuter cette année vers la fin du mois de février. Mais en cas de persistance de conditions climatiques difficiles, ce calendrier pourrait être prolongé jusqu’au 31 mars.

Les prévisions de la production de la Beldya bientôt déterminées

Pour ce qui est des prévisions de production pour la Beldya, elles devraient être arrêtées d’ici une quinzaine de jours.

Ces prévisions sont essentielles pour encadrer la production du cannabis. Seules les récoltes qui font l’objet de contrats de vente entre les coopératives et les acheteurs sont autorisées. Tout excédent est détruit et fait l’objet d’un PV.

Pour rappel, en 2025, l’ANRAC avait autorisé l’utilisation de 3.966 quintaux de semences locales Beldya, sur la base de 264 autorisations octroyées par l’ONSSA à 112 coopératives. Quant à la production, elle avait été multipliée par deux par rapport à 2024. Une superficie de 4.751 ha de cannabis avait été semée l’année passée, contre 2.164 ha en 2024, dont 4.138 ha de la variété Beldya, et 613 ha de variété importée.

Parallèlement à ces préparatifs, l’ANRAC intensifie ses efforts sur les volets de la commercialisation et de l’exportation, devenus des enjeux centraux pour la structuration et la pérennité de la filière.

Rappelons que le Maroc a exporté, en 2025, la résine de cannabis vers plusieurs pays étrangers, notamment en France, en Suisse, en République tchèque, au Luxembourg, au Portugal, en Australie et en Afrique du Sud.

Cannabis licite : l’ANRAC dresse le bilan 2025, les superficies cultivées ont doublé par rapport à 2024

Le chantier de la légalisation du cannabis se poursuit d’une année à l’autre. Les efforts pour encadrer et promouvoir la filière légale au Maroc s’intensifient.

Médias24 effectue un suivi permanent depuis le premier jour de cette réforme et vous livre les chiffres de 2025. On constate ainsi que la superficie semée en cannabis licite a plus que doublé par rapport à celle de 2024.

Plus de 4.000 autorisations délivrées en 2025

En 2025, l’ANRAC a délivré 4.003 autorisations contre 3.371 autorisations en 2024. Il s’agit, dans le détail, de :

3.903 autorisations d’exercice de l’activité de culture de cannabis, lesquelles ont été délivrées aux agriculteurs ;

100 autorisations d’exercice d’autres activités ayant été délivrées à 63 opérateurs (transformation, commercialisation, exportation, importation de semences, transport, exportation de semences, ou encore création et exploitation de pépinières).

L’Agence a par ailleurs certifié 6,2 millions de semences de variétés importées de cannabis sur la base de 37 autorisations d’importation octroyées par l’ONSSA à 23 importateurs.

Ce chiffre est en baisse par rapport à 2024, où il se situait à environ 7,6 millions de semences certifiées, sur la base de 30 autorisations d’importation octroyées par l’ONSSA à 21 importateurs.

Près de 4.000 q de semences Beldia autorisés en 2025

L’ANRAC a également autorisé, en 2025, l’utilisation de 3.966 quintaux de semences locales « Beldia » sur la base de 264 autorisations octroyées par l’ONSSA à 264 coopératives.

En 2024, 1.717 q de semences Beldia ont été autorisés sur la base de 112 autorisations octroyées par l’ONSSA à 112 coopératives.

Quant à la production licite, la superficie semée en cannabis licite a été multipliée par plus de deux en 2025, par rapport à celle de 2024.

Une superficie de 4.751 ha de cannabis a ainsi été semée en 2025 par 5.493 agriculteurs regroupés en 366 coopératives contre 2.169 ha semés en 2024 par 2.647 agriculteurs regroupés en 185 coopératives.

Les 4.751 ha semés en 2025 se répartissent comme suit :

4.138 ha de la variété locale Beldia ;

613 ha de la variété importée.

111 autorisations retirées en 2025

L’ANRAC a également réalisé 5.430 opérations de contrôle de conformité aux dispositions réglementaires réparties comme suit :

2.801 opérations de contrôle de l’activité de culture de cannabis licite ;

300 opérations de contrôle de l’activité d’importation des semences ;

642 opérations de contrôle de l’activité de commercialisation ;

59 opérations de contrôle de l’activité d’exportation ;

71 opérations de contrôle de l’activité de transformation ;

1.557 opérations de contrôle de l’activité de transport.

Ces contrôles ont conduit au retrait de 111 autorisations auprès des opérateurs qui n’ont pas respecté les dispositions règlementaires.

Le Maroc, exportateur de cannabis

L’Agence a également exporté, en 2025, de la résine de cannabis vers plusieurs pays étrangers, notamment en :

– France ;

– Suisse ;

– République tchèque ;

– Luxembourg ;

– Portugal ;

– Australie ;

– Afrique du Sud.

Cannabis légal : le compte est bon pour les semis de la Beldya

« Au dimanche 8 juin, plus de 4.000 hectares ont été plantés en ce qui concerne la Beldya », nous confie-t-on.

« Pour les variétés importées, les importations se poursuivent toujours, pour un démarrage des semis prévu en juin », ajoutent nos sources.

« Les semences importées sont stockées au niveau des pépinières, pour être plantées par la suite ».

Rappelons que pour la Beldya, les préparatifs de cette troisième campagne avaient démarré en début d’année. Les semis, initialement prévus début mars, ont accusé un léger retard, en raison des conditions climatiques, notamment des précipitations qu’a connues le Royaume en début d’année.

Les opérateurs s’attendent toutefois à une bonne campagne, meilleure que celle de l’an passé.

Quant aux semis pour les variétés importées, plus de 30% des importateurs ayant manifesté leur intérêt avaient déjà déposé leur demande auprès de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) en avril dernier.

Les visages cachés de la dépendance : portraits de Marocains ordinaires face à l’extraordinaire combat

Au Maroc, comme ailleurs, les addictions touchent toutes les couches de la société. Elles ne sont ni une faiblesse morale, ni une déviance volontaire. Ce sont des maladies multifactorielles, qui enferment des individus dans une spirale dont il est difficile de sortir seul.

En tant que psychiatre addictologue, j’ai accompagné de nombreuses personnes dans ce combat. Voici quelques portraits anonymisés, pour incarner une réalité trop souvent ignorée.

Pr Youssef El Hamaoui, psychiatre addictologue à Casablanca

Portraits de la dépendance

>Amina, 28 ans – L’illusion douce des benzodiazépines

Jeune cadre dynamique, Amina avait recours aux anxiolytiques pour « tenir le coup » au travail. Ce qui devait être une solution temporaire est devenu une dépendance invisible. Les insomnies, les tremblements et les crises d’angoisse ont remplacé le réconfort initial. Ses proches, ne voyant rien, ont pensé à une dépression passagère. Il a fallu plus de trois ans avant qu’elle ose consulter.

>Karim, 35 ans – La banalisation du cannabis

Au Maroc, près de 6% des jeunes consomment du cannabis régulièrement¹. Karim, lui, avait commencé à 16 ans. « Tout le monde fumait », disait-il. Vingt ans plus tard, il ne reconnaissait plus son propre visage dans le miroir : perte d’emploi, isolement, crises de panique. Il croyait encore que le cannabis était « moins grave que l’alcool ». La psychothérapie a d’abord déconstruit ces idées, avant de reconstruire un projet de vie.

>Mehdi, 42 ans – Les jeux d’argent, l’autre addiction silencieuse

Mehdi a découvert les jeux en ligne lors d’un congé maladie. Très vite, il a parié plus que ce qu’il pouvait se permettre. Les dettes se sont accumulées, et avec elles la honte, les mensonges et l’éloignement familial. Les jeux d’argent pathologiques touchent environ 1 à 2% de la population générale², mais sont rarement diagnostiqués. La thérapie l’a aidé à reprendre confiance et à renouer avec ses proches.

>Youssef, 17 ans – Prisonnier des écrans

Youssef passait ses nuits à jouer en ligne. Son sommeil, son humeur, ses études : tout a sombré. L’addiction aux écrans est aujourd’hui une préoccupation croissante, notamment chez les adolescents³. Le dialogue avec ses parents, suivi d’une prise en charge structurée (psychoéducation, sevrage numérique progressif), a permis un retour progressif vers la réalité.

La dépendance au Maroc : une réalité préoccupante

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les troubles addictifs touchent environ 5,4% de la population mondiale⁴. Au Maroc, les données sont plus fragmentaires, mais les études disponibles indiquent :

– Une consommation régulière de cannabis chez près d’1 jeune sur 15¹
– Une prévalence de l’usage nocif d’alcool sous-estimée en raison du tabou⁵
– Une montée inquiétante des addictions comportementales (jeux, écrans, achats compulsifs)³
– Moins de 0,5 psychiatre pour 100.000 habitants au Maroc⁶

Les structures spécialisées sont encore rares. Beaucoup de personnes souffrent en silence, faute de prise en charge accessible, ou par peur du jugement social.

Briser le silence : une responsabilité collective

La dépendance est une maladie. Elle touche l’humain dans sa fragilité, sa solitude, mais aussi dans sa capacité à rebondir. Le traitement repose sur une approche globale : psychothérapie, soutien familial, parfois traitement médicamenteux.

Mais il faut surtout oser parler, écouter sans juger, accompagner sans culpabiliser. C’est dans la relation, dans le lien thérapeutique, que commence souvent la guérison.

Un chemin de reconstruction

Chacune de ces histoires est une victoire en devenir. Derrière chaque dépendance, il y a une personne. Un passé. Une souffrance. Mais aussi une force insoupçonnée.

Notre rôle, en tant que professionnels de santé, parents, enseignants ou citoyens, est de tendre la main. D’ouvrir des portes. Et de rappeler qu’il est toujours possible de s’en sortir.


Références :

1. Enquête nationale sur les comportements de santé des jeunes – ONDA Maroc, 2022
2. Petry NM. Pathological Gambling: Etiology, Comorbidity, and Treatment. American Psychological Association, 2005
3. Kuss DJ & Griffiths MD. Internet Addiction in Adolescents: A Review of Empirical Research. Int J Ment Health Addict, 2012
4. World Health Organization. Global Status Report on Alcohol and Health, 2018
5. Belghazi T. L’alcool au Maroc : usages, risques et regards sociaux, Revue Aswat, 2021
6. Atlas de la santé mentale – OMS Maroc, 2021

Contact auteur :

Pr Youssef El Hamaoui
Psychiatre – Addictologue – Professeur de psychiatrie à Casablanca
Site : https://addictions.ma

Cannabis : léger décalage dans le calendrier de la Beldya, une campagne prometteuse en perspective

La culture de cannabis entame sa troisième année au Maroc, sous la supervision de l’Agence nationale de réglementation des activités liées au cannabis (ANRAC), après sa légalisation en 2022 et deux années concluantes.

Léger décalage dans le calendrier de la Beldya

Les préparatifs pour cette nouvelle campagne ont démarré en début d’année, après le conseil d’administration de l’Agence, qui s’est tenu le 26 décembre 2024.

Selon nos informations, le calendrier de la campagne connaîtra un léger décalage concernant la variété Beldya. Les semis, initialement prévus début mars, accusent un léger retard en raison des conditions climatiques.

En effet, le Royaume a connu un mois de mars particulièrement pluvieux. Des chutes de neige ont également frappé les provinces où la culture du cannabis est autorisée, à savoir Al Hoceima, Chefchaouen et Taounate. Ce n’est donc qu’une quinzaine de jours après Aïd al-Fitr que les semis de la Beldya ont démarré. Un démarrage timide, certes, mais la campagne sera prometteuse cette année, estiment nos sources.

Les autorisations délivrées pour cette variété et les contrats signés pour cette troisième année donnent un aperçu de cette campagne, avec des superficies qui devraient doubler. « Mais il est encore tôt pour parler d’un doublement effectif », précisent nos sources.

« À ce stade, il s’agit simplement de prévisions », ajoutent-elles, assurant que « la demande des agriculteurs pour cette variété est beaucoup plus importante que l’an passé ».

En effet, 2024 a été une année pilote pour la Beldya, et la première récolte autorisée de cette variété a été bonne. Au total, 1.701 ha ont été semés par 1.767 agriculteurs regroupés en 109 coopératives. 2.786,7 t issues de cette variété ont été produites, avec un rendement moyen de 17 q/ha.

En termes de certification, 1.717 q de semences ont été autorisées par l’ANRAC, sur la base de 112 autorisations d’utilisation octroyées par l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) à 112 coopératives.

Pour ce qui est des autorisations, « tout est prêt pour cette variété pour cette année, et les contrats avec les opérateurs ont été signés », ajoutent nos interlocuteurs.

Pour les variétés importées, plus de 30% des importateurs ont déposé leurs demandes auprès de l’ONSSA

Quant aux semis pour les variétés importées, ils devraient démarrer en juillet ou en août. « Plus de 30% des importateurs ayant manifesté leur intérêt pour ces variétés ont déposé leur demande auprès de l’ONSSA », nous confie-t-on.

« Cette phase a démarré en janvier. Les importateurs autorisés ont deux mois devant eux pour importer leurs semences, à savoir les mois d’avril et mai, avant le démarrage des semis ».

Rappelons que 468 ha ont été semés avec les variétés importées en 2024, par 880 agriculteurs regroupés en 80 coopératives. La production s’est élevée à 1.295 t, avec un rendement moyen de 28 q/ha. En ce qui concerne la certification, 7,6 millions de semences importées ont été certifiées par l’ANRAC, sur la base de 30 autorisations d’importation octroyées par l’ONSSA à 21 importateurs.

Toutes ces étapes ont toutefois été précédées par une semaine de rencontres organisée à Al Hoceima par l’ANRAC, impliquant tous les opérateurs du secteur sans exception. Le but de cette semaine était de faire le point sur l’état d’avancement du secteur, sur les problématiques à résoudre et sur les préoccupations des coopératives, avec un accent particulier sur la commercialisation.

Les agriculteurs avaient, à cette occasion, exprimé le besoin d’une formation en bonnes pratiques agricoles, un besoin auquel l’ANRAC a répondu immédiatement, avec des formations réalisées par des spécialistes dans les trois provinces.

Les agriculteurs autorisés ont également bénéficié, en début de campagne, de l’accompagnement de l’ANRAC, dont les équipes étaient présentes dans chaque direction commerciale provinciale afin de les assister dans leurs démarches et de résoudre toutes les problématiques rencontrées, notamment sur le terrain.

Cannabis : état des lieux des préparatifs de la nouvelle campagne de culture

Si l’année 2023 a permis d’évaluer l’adoption des bonnes pratiques culturales pour les semences de cannabis importées, en 2024, l’accent a été mis sur la variété locale, la Beldya.

Après deux années concluantes en termes de récoltes, avec le soutien de l’Agence nationale de réglementation des activités liées au cannabis (ANRAC), les agriculteurs des trois provinces où la production de cannabis est autorisée au Maroc préparent la nouvelle campagne pour l’année 2025.

Les préparatifs ont débuté en janvier

Ces préparatifs ont démarré au début de l’année, juste après le conseil d’administration de l’ANRAC, tenu le 26 décembre dernier, apprend-on auprès de sources bien informées.

Une semaine de rencontres a ainsi été organisée à Al Hoceima, impliquant tous les opérateurs du secteur sans exception, pour faire le point sur l’état d’avancement du secteur, des problématiques à résoudre et des préoccupations des coopératives, avec un accent particulier sur la commercialisation.

À cette occasion, les agriculteurs ont exprimé le besoin d’une formation en bonnes pratiques agricoles (GACP), un besoin auquel l’ANRAC a répondu immédiatement, d’après nos informations.

Une formation a ainsi été réalisée par des spécialistes de l’agence sur le GACP dans les trois provinces, qui ont consacré deux jours à chacune d’entre elles.

Les agriculteurs autorisés dans ces trois provinces bénéficient également, en ce début de campagne, de l’accompagnement de l’ANRAC, dont les équipes sont présentes dans chaque direction commerciale provinciale, afin de les assister dans leurs démarches et de résoudre toutes les problématiques qu’ils rencontrent, notamment sur le terrain, nous explique-t-on.

« La dynamique dans le secteur est donc là », estiment nos interlocuteurs. « Elle se manifeste notamment par la présence, pour la première fois, à l’Officine Expo-Pharma Africa Meeting qui a eu lieu du 6 au 8 février à Marrakech, de certains opérateurs du secteur du cannabis qui ont exposé leurs produits aux côtés de pharmaciens. Les acteurs du secteur sont donc conscients de l’importance d’occuper de la place sur le marché ».

Cette initiative marque ainsi une avancée majeure dans la légalisation et l’expansion du secteur du cannabis au Maroc.

Démarrage des semis en mars pour la Beldya, en mai pour les semences importées

Selon nos informations, en ce qui concerne les semences importées, les semis ne démarreront qu’en mai prochain. À ce jour, seuls deux opérateurs se sont déclarés pour cette activité et collaborent avec les coopératives de l’année précédente afin de déterminer s’ils poursuivent avec les mêmes variétés ou s’ils introduisent de nouvelles semences.

Pour ce qui est de la variété Beldya, les coopératives marocaines ont déjà commencé à soumettre leurs demandes d’utilisation de semences à l’ANRAC et à l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA). Les premiers semis devraient commencer dès le début du mois de mars prochain, une fois les autorisations obtenues.

Plus de 140 autorisations d’importation de semences et de transformation retirées

Nos sources nous confient par ailleurs que, chaque fin d’année, un état des lieux est réalisé afin de garantir la conformité avec les dispositions réglementaires en vigueur.

La loi est claire : les titulaires d’autorisations de transformation doivent obligatoirement conclure des conventions avec des coopératives de production. Tout retard ou défaut de contractualisation entraîne un avertissement d’un mois, durant lequel les opérateurs concernés sont appelés à se justifier. Passé ce délai, l’autorisation est automatiquement retirée.

Des délais stricts sont également exigés en ce qui concerne l’importation des semences. Si la campagne agricole se termine sans la conclusion d’accords avec les coopératives, des mises en demeure pour retrait d’autorisation sont adressées aux opérateurs concernés, leur accordant un délai de 30 jours pour régulariser leur situation.

D’après nos informations, à ce jour, plus de 140 autorisations ont déjà été retirées, principalement pour les opérateurs de transformation et d’importation de semences qui n’ont pas respecté leurs engagements contractuels.

« L’objectif principal de ces autorisations est de structurer la chaîne de valeur agricole, en garantissant que l’agriculteur ne soit pas laissé en attente par un transformateur non opérationnel », rappellent nos sources. Ainsi, une autorisation d’agriculture ne peut être délivrée qu’une fois que l’opérateur de transformation est prêt à prendre le relais. Nos sources précisent enfin que « ce sont les transformateurs qui définissent le besoin sur le marché, d’où l’importance des contrats avec les coopératives ».

Par ailleurs, au moins 270 mises en demeure ont été émises par l’ANRAC en ce début d’année, qui concernent les autorisations de commercialisation, de transport et d’exportation. Les contrevenants disposent d’un mois pour se conformer aux règles avant un retrait définitif de leurs autorisations.

Saisie de 9,8 tonnes de drogue à Imintanout, six arrestations

Selon un communiqué de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), cette opération a été menée sur la base d’informations fournies par la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST).

Cette opération, qui s’est déroulée dans la localité dite Eddher relevant du caidat de Kouzment Imintanout, a permis l’arrestation de six personnes âgées entre 29 et 59 ans, dont un auxiliaire d’autorité et un ancien conseiller communal.

Les prévenus, ajoute la même source, ont été arrêtés en flagrant délit au moment où ils s’apprêtaient à passer à l’acte pour convoyer la drogue, disséminée sur plusieurs lieux, par voie maritime.

Les enquêteurs ont de même saisi un véhicule utilitaire portant de fausses plaques d’immatriculation ainsi qu’une embarcation pneumatique et un moteur.

La drogue saisie à Imintanout, mardi 21 janvier.

Cannabis. Production, autorisations, bénéficiaires…, le bilan des activités de l’ANRAC en 2024

Le conseil d’administration de l’ANRAC s’est tenu ce jeudi 26 décembre, à Rabat. L’occasion de dresser le bilan de ses activités en 2024 et d’élaborer des pistes de travail pour l’année 2025.

Place donc au bilan de cette année 2024.

L’ANRAC a examiné et traité, au cours de cette année, 4.158 demandes d’autorisation, et en a délivré 3.371 dont les bénéficiaires sont les suivants :

– 3.056 autorisations au profit de 2.907 agriculteurs pour l’activité de culture et de production de cannabis contre 430 autorisations délivrées en 2023 ;

– 315 autorisations au profit de 158 opérateurs.

Elles se répartissent comme suit :

Les 158 opérateurs concernés comprennent :

Pour ce qui est du travail de certification, l’ANRAC a certifié 7,6 millions de semences importées de cannabis sur la base de 30 autorisations d’importation octroyées par l’ONSSA à 21 importateurs. Elle a aussi autorisé l’utilisation de 1. 717 quintaux de semences Beldia, sur la base des 112 autorisations d’utilisation de ces semences octroyées par l’ONSSA à 112 coopératives.

En 2024, 2.169 hectares ont été plantés en cannabis licite par 2.647 agriculteurs regroupés au sein de 189 coopératives. Voici la répartition de ces plantations :

Quant à la production en cannabis licite en 2024, elle s’élève à 4.082,4 tonnes, avec un rendement moyen de 20 q/ha. Cette production est répartie comme suit :

Au conseil d’administration de l’ANRAC, il a été souligné que les opérations de suivi et de contrôle réalisées par cette institution durant l’exercice 2024 ont montré que toutes les activités relatives au cannabis, entreprises par les agriculteurs et les opérateurs, sont conformes aux dispositions réglementaires.

Pour ce qui est de l’année 2025, l’ANRAC s’est engagée à redoubler ses efforts pour consolider les actions entreprises et promouvoir les initiatives requises pour structurer le développement de la filière du cannabis dans un cadre légal qui assure aux agriculteurs un exercice sécurisé et valorisé de leur activité, et qui garantit aux opérateurs de cette filière des conditions optimales d’accessibilité aux marchés internationaux. La finalité est de contribuer au développement socio-économique des zones concernées par la réglementation, à savoir les trois provinces de Chefchaouen, Taounate et Al Hoceïma.

-oOo-

Rappelons que cette année 2024 a connu un grand fait marquant : la grâce royale accordée le 19 août à 4.831 personnes en relation avec la culture illicite du cannabis. Ce geste royal a été bénéfique aux concernés et à leurs familles. Il leur a permis de se consacrer de nouveau à leur gagne-pain quotidien, mais dans la légalité et sans craindre de se retrouver pourchassés ou derrière les barreaux.

L’autre point saillant dans le bilan de l’ANRAC est l’augmentation substantielle des cultures licites autorisées par cet organisme étatique. La légalisation du cannabis pour des usages licites a d’abord bénéficié aux agriculteurs, à leurs familles et aux coopératives qui ont été créées. Et quand l’activité licite progresse, cela signifie que l’activité illégale recule. 

Pharma 5 dévoilera bientôt le 1er médicament marocain à base de cannabis

Ce médicament sera produit par Pharma 5. Actuellement, toute la chaîne est prête et maîtrisée, de la récolte jusqu’à la production finale du médicament. Le groupe attend à présent la fixation du prix ainsi que la validation du nom final de ce médicament par la Direction du médicament et de la pharmacie (DMP), relevant du ministère de la Santé.

Le premier générique au monde de l’Epidyolex

L’épilepsie touche environ 400.000 personnes au Maroc. Si 70% de ces patients sont sensibles aux médicaments de la forme courante de cette maladie, les 30% restants sont atteints d’une épilepsie rebelle, échappant au traitement. Il s’agit d’environ 100.000 marocains.

Cette forme grave, qui touche principalement les enfants et les personnes âgées, provoque jusqu’à 40 crises d’épilepsie par jour. L’alternative pour ces patients est la neurochirurgie. Celle-ci n’est toutefois pas courante au Maroc, et coûte très cher. Elle peut également entraîner de graves effets secondaires comme la perte de l’odorat, de l’ouïe ou encore de la parole.

Pour pallier cette situation, Pharma 5 a développé le premier médicament 100% marocain, à base de cannabis (CBD), dédié principalement à traiter l’épilepsie rebelle. Il s’agit également, selon nos sources, du premier générique au monde du médicament le plus vendu traitant l’épilepsie, à savoir l’Epidyolex. 

Ce médicament princeps a été enregistré en Europe et aux Etats-Unis à partir de 2018. Aux Etats-Unis, il a bénéficié d’une procédure exceptionnelle, rapide, et il a été accompagné par les autorités américaines, parce qu’il s’adressait à des malades n’ayant pas d’alternatives thérapeutiques. Il a été enregistré dans les deux pays de façon très rapide par un laboratoire britannique, qui le propose à des prix très élevés, aux alentours de 1.500 euros (soit environ 18.000 DH).

Le Maroc n’était toutefois pas sur le radar de ce laboratoire. C’est le cas également de plusieurs autres pays à revenus faibles et intermédiaires. Il n’y a donc pas été déposé pour être enregistré.

Une cible de 100.000 marocains à atteindre progressivement

Pharma 5 a donc développé la copie conforme de ce médicament princeps, avec les exigences de qualité aux normes les plus strictes au monde, parce que le groupe vise non seulement le marché marocain, mais aussi l’export dans tous les pays qui voudront enregistrer ce médicament.

Le groupe a réussi à le développer grâce à son expertise dans l’industrie pharmaceutique, mais aussi, parce que ce médicament n’était pas breveté au Maroc. Cela démontre ainsi la capacité des acteurs privés à se mobiliser pour générer des opportunités quand la loi le permet.

Il s’agit donc d’une première, qui remet le Maroc à égalité sur la ligne de départ avec d’autres pays dans ce secteur, qui avaient, eux, légalisé la plante depuis de nombreuses années.

Le groupe cible les 100.000 marocains qui échappent actuellement au traitement courant, mais de manière progressive. Il lui faudra d’abord s’assurer de la volonté des patients de consommer ce produit. Pour ce faire, une campagne de sensibilisation et d’éducation pour dé-diaboliser le cannabis est ainsi prévue pour accompagner le lancement de ce médicament.

La mise en marché prévue durant le premier semestre de 2025

Ce médicament, qui a été fabriqué dans le cadre d’un partenariat public-privé avec la DMP et l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC), a été développé en un temps record.

Les études et recherches ont duré près de 3 ans, c’est-à-dire depuis la légalisation du cannabis au Maroc pour des usages licites.

Son développement (R&D) a nécessité près d’une année. Pharma 5 a obtenu l’Autorisation de mise sur le marché (AMM) par la DMP en septembre 2024, soit 9 mois après le développement de ce médicament.

Pharma 5 attend à présent la validation du nom final de ce médicament par la DMP, ainsi que la fixation du prix de vente, qui sera moins élevé de 50% par rapport au médicament disponible en Europe et aux USA.

Le prix de ce médicament marocain sera fixé par la DMP en prenant en considération plusieurs critères, notamment l’évaluation scientifique de ce produit et de son efficacité. Cette opération nécessite environ 3 mois depuis l’obtention de l’AMM.

Sa mise sur le marché est prévue durant le premier semestre de 2025. Si la capacité de production n’a, à ce stade, pas encore été définie, le groupe s’engage à fournir les capacités nécessaires, évitant toute rupture sur le marché.

L’étape qui suivra est la procédure de remboursement. Dès que son prix sera fixé, Pharma 5  déposera un dossier pour demander son remboursement par les caisses de sécurité sociale.

Quid de l’usage ?

Ce médicament pourrait être utilisé par les enfants à partir de 2 ans, étant les plus touchés par cette forme grave de l’épilepsie aux côtés des personnes âgées. Il sera toutefois soumis à une prescription médicale, principalement des médecins neurologues. Il est présenté sous forme de solution buvable en flacon (sirop), disposant de 10 g d’isolat de CBD pharmaceutique, avec deux pipettes.

Si ce médicament est dans un premier temps dédié au traitement de l’épilepsie, le groupe ambitionne de mener de nouvelles recherches et essais afin de couvrir les autres maladies possibles.

Sur le volet relatif à l’agriculture, ce médicament a été développé à partir de graines importées du cannabis, la Beldya étant à peine à sa première récolte cette année. Ces graines sont cultivées par trois coopératives à Chefchaouen, constituées d’au moins une cinquantaine d’agriculteurs. Le groupe envisage également de faire des recherches et essais sur la Beldya, pour connaitre ses potentiels dans le secteur pharmaceutique.

Enfin, il s’agit d’un investissement de 250 millions de DH, dont le tiers a déjà été engagé. Le volet recherche et développement représente 25 à 30% de cet investissement. Sur ce volet, le groupe a bénéficié d’une subvention dans le cadre du programme Tatwir.

Ce produit sera, à terme, exporté vers tous les pays où il n’est pas breveté. Notons toutefois que le brevet de ce médicament prendra fin en 2027, ce qui ouvrira de nouvelles portes au groupe.

Près de 4 tonnes de chira saisies à Béni Mellal

Cette opération sécuritaire qui a eu lieu dans une ferme située dans une zone rurale aux environs de la ville de Souk Sebt Ouled Nemma, a permis l’arrestation d’un suspect âgé de 35 ans et la saisie de la cargaison de drogue dans un entrepôt au niveau de la ferme précitée, outre la saisie de deux voitures de transport de marchandises ainsi qu’une somme d’argent soupçonnée être le butin de trafic de drogue.

Le mis en cause a été placé en garde à vue à la disposition de l’enquête judiciaire menée sous la supervision du parquet compétent, tandis que les recherches et investigations se poursuivent pour appréhender l’ensemble des personnes impliquées dans cet acte criminel après identification de leur identité, ajoute la même source.

L’ANRAC bientôt dotée d’un système d’information intégré

Selon les documents relatifs à cet appel d’offres, la prestation objet du marché vise à mettre en place un système d’information intégré destiné à couvrir plusieurs domaines fonctionnels essentiels de l’ANRAC. Parmi ces domaines figurent la gestion des achats et des appels d’offres, la gestion du stock de fournitures, des immobilisations et du parc automobile, ainsi que la gestion de la comptabilité sous ses différentes formes : générale, budgétaire, analytique et de trésorerie.

La solution cible répond à des objectifs spécifiques. Elle doit simplifier la gestion des processus financiers et comptables, tout en fluidifiant les flux de données entre les différents acteurs et les circuits validés. Par ailleurs, elle permettra une meilleure maîtrise des délais et une optimisation du traitement des tâches couvertes, tout en garantissant un suivi précis des données pour appuyer la prise de décision éclairée.

Le délai d’exécution pour la mise en œuvre de ce système est fixé à 300 jours calendaires.

Par ailleurs, et pour répondre à ses besoins croissants en équipements informatiques, l’agence vient de confier la mission d’acquisition de matériel informatique à la société Next Generation Services, pour un montant d’environ 1,2 million de DH. Le délai d’exécution est établi à 3 mois