La culture de cannabis entame sa troisième année au Maroc, sous la supervision de l’Agence nationale de réglementation des activités liées au cannabis (ANRAC), après sa légalisation en 2022 et deux années concluantes.
Léger décalage dans le calendrier de la Beldya
Les préparatifs pour cette nouvelle campagne ont démarré en début d’année, après le conseil d’administration de l’Agence, qui s’est tenu le 26 décembre 2024.
Selon nos informations, le calendrier de la campagne connaîtra un léger décalage concernant la variété Beldya. Les semis, initialement prévus début mars, accusent un léger retard en raison des conditions climatiques.
En effet, le Royaume a connu un mois de mars particulièrement pluvieux. Des chutes de neige ont également frappé les provinces où la culture du cannabis est autorisée, à savoir Al Hoceima, Chefchaouen et Taounate. Ce n’est donc qu’une quinzaine de jours après Aïd al-Fitr que les semis de la Beldya ont démarré. Un démarrage timide, certes, mais la campagne sera prometteuse cette année, estiment nos sources.
Les autorisations délivrées pour cette variété et les contrats signés pour cette troisième année donnent un aperçu de cette campagne, avec des superficies qui devraient doubler. « Mais il est encore tôt pour parler d’un doublement effectif », précisent nos sources.
« À ce stade, il s’agit simplement de prévisions », ajoutent-elles, assurant que « la demande des agriculteurs pour cette variété est beaucoup plus importante que l’an passé ».
En effet, 2024 a été une année pilote pour la Beldya, et la première récolte autorisée de cette variété a été bonne. Au total, 1.701 ha ont été semés par 1.767 agriculteurs regroupés en 109 coopératives. 2.786,7 t issues de cette variété ont été produites, avec un rendement moyen de 17 q/ha.
En termes de certification, 1.717 q de semences ont été autorisées par l’ANRAC, sur la base de 112 autorisations d’utilisation octroyées par l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) à 112 coopératives.
Pour ce qui est des autorisations, « tout est prêt pour cette variété pour cette année, et les contrats avec les opérateurs ont été signés », ajoutent nos interlocuteurs.
Pour les variétés importées, plus de 30% des importateurs ont déposé leurs demandes auprès de l’ONSSA
Quant aux semis pour les variétés importées, ils devraient démarrer en juillet ou en août. « Plus de 30% des importateurs ayant manifesté leur intérêt pour ces variétés ont déposé leur demande auprès de l’ONSSA », nous confie-t-on.
« Cette phase a démarré en janvier. Les importateurs autorisés ont deux mois devant eux pour importer leurs semences, à savoir les mois d’avril et mai, avant le démarrage des semis ».
Rappelons que 468 ha ont été semés avec les variétés importées en 2024, par 880 agriculteurs regroupés en 80 coopératives. La production s’est élevée à 1.295 t, avec un rendement moyen de 28 q/ha. En ce qui concerne la certification, 7,6 millions de semences importées ont été certifiées par l’ANRAC, sur la base de 30 autorisations d’importation octroyées par l’ONSSA à 21 importateurs.
Toutes ces étapes ont toutefois été précédées par une semaine de rencontres organisée à Al Hoceima par l’ANRAC, impliquant tous les opérateurs du secteur sans exception. Le but de cette semaine était de faire le point sur l’état d’avancement du secteur, sur les problématiques à résoudre et sur les préoccupations des coopératives, avec un accent particulier sur la commercialisation.
Les agriculteurs avaient, à cette occasion, exprimé le besoin d’une formation en bonnes pratiques agricoles, un besoin auquel l’ANRAC a répondu immédiatement, avec des formations réalisées par des spécialistes dans les trois provinces.
Les agriculteurs autorisés ont également bénéficié, en début de campagne, de l’accompagnement de l’ANRAC, dont les équipes étaient présentes dans chaque direction commerciale provinciale afin de les assister dans leurs démarches et de résoudre toutes les problématiques rencontrées, notamment sur le terrain.